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mardi 24 avril 2018

Question de posture

Je préviens charitablement le prochain qui parle de "posture gaullienne" pour la visite du p'tit chez les Yankees que je sors mon revolver.

D'abord il n'y a pas de posture gaullienne, il y a une politique qui répond à des principes.

Ensuite, qu'on pense ce qu'on veut de De Gaulle et de sa politique étrangère, celle-ci était précisément l'inverse, dans ses prémisses comme dans ses manifestations, de celle du p'tit. De Gaulle rompt en effet avec la doctrine diplomatique de la IVe République, qui est de nouveau celle des gouvernements français depuis Sarkozy jusqu'au p'tit : s'aligner sur les Etats-Unis afin de tenter de les influencer en montrant qu'on est un bon élève (c'est d'ailleurs le même précepte qui dirige notre politique européenne, avec l'Allemagne en place des Etats-Unis).

Pour de Gaulle, on n'influence jamais rien en s'alignant, on pèse en ayant une parole et des mains libres.

Ca s'appelle l'indépendance et c'est l'exact opposé de la diplomatie du p'tit.

vendredi 20 avril 2018

Le p'tit, la Cheffe et la sortie du "plan d'aide"

Une partie de la CDU/CSU veut la tête de la Cheffe qui a "trop lâché" au SPD et tremble que la moindre concession ne fasse encore grimper l'AFD... cette partie n'ira qu'en se renforçant avec le temps et les sondages favorables à l'AFD.

La Cheffe, esprit étroit qui n'a jamais pris de décision, depuis qu'elle est au pouvoir, en matière européenne comme en toute autre matière, qu'en fonction d'étroits intérêts de politique intérieure, ne lâchera donc rien au p'tit qui peut toujours se carrer ses projets de réforme de la zone euro... On pourrait presque aller jusqu'à l'en remercier !

D'autant que la "crise grecque" va sans doute faire un joyeux come-back durant l'été : contrairement au discours officiel rien n'a redémarré, l'effet-retard de la baisse de l'euro sous 1,10 dollar (qui, seule, a permis d'arrêter la dégradation en Grèce et s'est traduite par une molle reprise ailleurs) s'efface, en Grèce comme ailleurs ; la remontée autour de 1,23-1,25 va de nouveau étouffer les économies les plus faibles de la zone et replonger les autres dans une stagnation à la baisse. Quant à la sortie du "plan d'aide" européen (qui n'a jamais été un plan d'aide, sinon aux banques françaises et allemandes gavées de dette grecque), présentée jusqu'ici comme un triomphe annoncé, elle risque fort de se transformer, comme je le dis depuis des mois, en débâcle à côté de laquelle le Blitzkrieg de 1940 fera figure de guerre de position. Ce qui, apparemment, commence à se chuchoter dans les médias aux ordres et provoque la dénégation outrée de Moscovici... C'est dire si on est rassuré !!!

La Frankfurter Allgemeine, elle, a récemment publié un article au vitriol (on dirait raciste, s'il y avait juif, arabe ou noir, en place de grec) à l'égard des Grecs, comme au bon vieux temps des débuts de la "crise grecque", dont la "philosophie", pour faire court, est qu'il n'y a rien à faire avec ces gens-là, que rien ne change dans ce pays de m..., que plus on les aide et plus ils sont pareils. Bref, qu'il n'y a aucune chance d'en faire jamais de bons Allemands.

Dans ces conditions, le seul but de la Cheffe est de durer encore et encore et elle sait très bien que son attelage des perdants moribonds n'ira pas au bout du mandat. La Grosse Ko c'est les soins palliatifs : ne rien faire et attendre la mort en espérant qu'elle viendra le plus tard possible.

mardi 17 avril 2018

Je viole le droit, mais pour sauver l'honneur...

Si je viole le droit international en attaquant un pays souverain sans mandat de l'ONU ni déclaration de guerre (ce qui me permet de violer, au moins dans son esprit, la Constitution qui prévoit que la déclaration de guerre doit être autorisée par le Parlement), c'est pour défendre "l'honneur de la communauté internationale". En somme, si je viole les lois de la communauté internationale c'est pour défendre son honneur.

Il faut lui reconnaître une chose, au p'tit : il ne manque jamais d'air.

C'est en somme la justification du crime d'honneur : il a regardé ma soeur avec un oeil irrévérencieux, donc l'honneur me commandait de le tuer. Et l'honneur étant une catégorie juridique sur le contenu de laquelle, en matière de relations internationales, j'attends des précisions, à ce compte-là, n'importe quelle nation pourra, à l'avenir, justifier n'importe quelle agression dans à peu près n'importe quelle circonstance en prétendant, elle aussi, défendre l'honneur au mépris du droit...

A part ça, il croyait sans doute être acclamé en sauveur de "l'Europe", alors qu'il s'est pris quelques belles volées de bois vert (parions que nos chers médias aux ordres n'en lèveront pas la langue !).

Ne reconnaissant aucune légitimité à l'assemblée qui n'a aucun titre à porter le nom de Parlement européen - parce qu'elle n'a rien d'un Parlement et qu'il n'y a pas de peuple européen - je ne partage pas d'images venant de cet aréopage sans légitimité.

Mais c'est assez drôle tout de même.

Après le trompe-l'oeil de la réforme de la directive "travailleurs détachés" qui n'a rien réformé du tout et le gros Nein de la capitale du Reich aux projets de réforme de la zone euro et de l'UE du petit gouverneur de province, la campagne d'Europe du p'tit commence à prendre des airs de Bérézina.

Finalement, avec sa morgue, il n'est pas exclu qu'il soit l'étincelle qui fasse pour de bon sauter le bastringue européen. On peut toujours rêver !

samedi 14 avril 2018

Je frappe, tu frappes, nous frappons...

Donc ça y est ! Le p'tit a tiré son coup. Au prix du missile, ça fait tout de même cher le dépucelage.

La meilleure analyse de la chose, comme souvent quand il s'agit de la Russie, car il s'agit de la Russie - n'est-ce pas ? -, la Syrie et les armes chimiques à la Colin Powell présentant sa fiole de sucre en poudre au Conseil de sécurité de l'ONU, ne sont dans cette affaire qu'une très grosse ficelle, la meilleure analyse, disais-je, est celle de Jean-Robert Raviot, immédiatement suivi de Jacques Sapir. Voici donc ce que le premier écrivait ce matin sur Facebook :

"Je suis assez vieux pour avoir vécu en pleine conscience l'opération "Belgrade-1999" et l'opération "invasion de l'Irak-2003", toutes deux aussi illégales, d'ailleurs, que les frappes qui viennent d'être faites cette nuit sur Damas.



Ces dernières n'ont rien de comparable. Pour les Occidentaux, il s'agit juste, si vous me permettez, de "tirer sa crampe" et de se rassurer sur sa force. Et aussi, bien sûr, de tenter d'entraver la procédure de vérification, par les inspecteurs de l'ONU qui devaient arriver aujourd'hui, des fameux bombardements chimiques de Douma.

Sur 103 missiles tirés, nous dit le Mindef russe, plus de 90 ont été détruits ou détournés. Aucun des missiles visant l'aéroport de Damas n'a atteint son but. Au prix du missile, ça fait quand même cher la petite sortie... En gros, cette opération est un désastre. Mais chut!...

Au fond, cette petite sortie sonne comme un aveu d'impuissance de plus dans une guerre où les Occidentaux n'ont que la supériorité de la force alors que tout se joue par la ruse, l'intelligence des situations, la maîtrise de la bonne information, le sens du timing...

Les Occidentaux sont donc "en retard d'une guerre". Ils n'ont pas vraiment compris que leur supériorité militaire écrasante n'était plus que relative, à l'heure de la généralisation des conflictualités asymétriques. Pour les Américains, la "full spectrum dominance" est devenue impossible. Beaucoup l'ont déjà compris, mais, apparemment, pas ces imbéciles de néo-cons et leurs aficionados politiciens et autres experts de divers acabits, américains comme européens, et en particulier nos néo-cons à la française, totalement à la ramasse... Le naufrage stratégique total de la France se poursuit, bref, nihil novi sub sole..."

En réalité je crois qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter. Il y a en effet, de manière récurrente dans l'histoire, des démonstrations de force (en l'occurrence essentiellement à usage des opinions de ceux qui roulent des mécaniques et dans l'espoir de regagner quelques points de popularité dans les sondages en jouant au chef de guerre) qui traduisent surtout la faiblesse intellectuelle et militaire des perdants et qui sont une expression d'impuissance.

Il serait bien sûr déterminant de savoir combien, réellement, parmi les missiles tirés ont été détruits. Des sources laissent entendre que sur la centaine de missiles balancés par les occidentaux, 70 à 90 auraient été abattus avant d'atteindre leurs cibles par la défense aérienne russe et sans qu'elle ait eu besoin d'employer ses armes les plus modernes. Il faut bien entendu être prudent, cette guerre est une guerre de propagande des deux côtés. Mais enfin cette démonstration de force occidentale n'est sans doute pas très loin du fiasco.

Ce que nous cachera évidemment le bourrage de crâne médiatique, le plus probable étant que les pseudo-journalistes et les pseudos experts n'évoqueront même pas la question, trop occupés qu'ils sont à tresser des couronnes de laurier à notre Cesarion de carnaval.

Il y a trois jours, j'écrivais : "Sacrée pub pour les S400 russes s'ils arrêtent tous les missiles que Trump et son roquet français crachent - s'ils les crachent. Cela dit je ne suis pas certain que Trump les crachera autrement que pour la forme (...) M'est avis en tout cas que, si les S400 ne laissent pas passer les Tomahawk, les usines russes vont devoir accélérer les cadences pour satisfaire la demande. Et que ça va serrer des fesses à l'OTAN..."

Si la défense anti-missiles russe de la Syrie a bien abattu 71 ou 90 de la centaine de missiles tirés, ce qui s'est passé cette nuit serait une vraie belle claque pour l'OTAN et une excellente nouvelle pour l'industrie de défense russe. La courbe des commandes des systèmes anti-missiles sera sans doute, dans les mois prochains, un indicateur sur ce qui s'est passé réellement, bien plus fiable que la parole aboyée en boucles depuis ce matin par tous les chiens du système.

Pour le reste, la question de l'usage par le gouvernement Assad d'armes chimiques dont l'Organisation pour l'interdiction des armées chimiques a été chargée de la destruction et a assuré qu'elles avaient été détruite à 100 %, reste entière. Ce qui est certain, c'est que le bombardement de cette nuit rend toute enquête sérieuse et impartiale impossible. Ce qui est non moins certain, c'est que les djihadistes de la Ghouta étaient les seuls à avoir intérêt à provoquer des frappes occidentales alors que le régime était de toute façon certain de reprendre à bref délai, le contrôle de la région en question et n'avait aucun intérêt à y faire usage de ces armes. Disposaient-ils de chlore ? Chacun sait que c'est parfaitement possible et que de précédentes attaques avec de telles armes ont déjà été opérées par ces groupes djihadistes qui n'ont jamais hésité à se servir de la population sous leur emprise, comme bouclier, pour couvrir leurs opérations. Enfin, si les Occidentaux ont bombardé des unités de production reconstituées par le régime, y a-t-il eu dissémination de produits toxiques dans les populations ? Ou alors comment ont-ils opéré pour faire en sorte qu'il n'y en ait pas ?

jeudi 12 avril 2018

Crash en mer Egée

Un Mirage 2000-5 grec s'est crashé aujourd'hui en Egée au retour d'une énième mission d'interception de chasseurs turcs violant l'espace aérien grec, et après avoir été baladé par les Turcs de Mytilène à Rhodes et retour...

Selon les informations disponibles, le pilote volait bas - en dessous de 6 000 pieds - en raison de la forte nébulosité de l'humidité qui régnait dans la région. Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune mention de dommages mécaniques. Il a apparemment fait un tour au-dessus de Mykonos, train sorti, peut-être pour tenter de se poser sur l'aéroport de l'île, puis est reparti et s'est crashé en mer au nord-est de Skyros, le pilote ne s'est pas, ou n'a pas pu s'éjecter. Apparemment, l'avion avec lequel il faisait équipe a failli connaître le même sort... se retrouvant "cloué à la mer", peut-être en raison d'un problème de radars donnant des informations erronées d'altitude dû à la météo...

Le pilote, Geogios Baltadoros, 34 ans, père de deux enfants, est mort.

L'étonnant c'est que ça n'arrive que maintenant !

Que dit l'UE ? la France ?

Comble de cynisme : ce soir, Erdogan présente ses condoléances à Tsipras !

Macron à la télé...

« Nous avons les preuves... »

Et à ce moment-là Jean-Pierre, du tac au tac, en interviewer incisif que rien n'effraye : "Oui, monsieur le président, et on est obligés de vous croire sur parole après une demi-douzaine d'entubages du même genre depuis le Kosovo ?

Et Jean-Pierre d'enchaîner aussitôt, avec l'intrépidité et l'absence de révérence qui le caractérise : "Au Yémen, monsieur le président, que pensez-vous des massacres commis avec des armes françaises sous les ordres du prince héritier d'Arabie Saoudite que vous receviez hier avec tant de déférence ?"

Puis Jean-Pierre, n'écoutant que son courage et sa déontologie : "Pourriez-vous, monsieur le président, expliquer aux Français, pourquoi vous avez récemment accueilli, et si cordialement, à l'Élysée, le pseudo-président du pseudo-État du Kosovo, que ne reconnaissent ni l'ONU ni l'Union européenne, cet Hashim Thaçi, soupçonné de trafic d'organes prélevés sans anesthésie sur des prisonniers serbes vivants, civils et militaires, qui n'a échappé au Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie que par la disparition ou la rétractation providentielles des témoins de l'accusation, chef d'un État mafieux, plaque tournante des trafics d'êtres humains, de drogue et d'armes qui irriguent nos banlieues, État qui abrite en outre sur son territoire des camps d'entraînement de Daesh ?"

Enfin, Jean-Pierre, répudiant tout reste de pusillanimité, intrépide comme on le connaît : "Et sur les continuelles provocations turques à l'égard de la Grèce et de Chypre, États de l'UE, de la part de la Turquie que l'UE finance à fonds perdus au titre de sa préadhésion et de son chantage aux migrants, alors qu'elle liquide, grâce à cet argent que nous lui versons, nos alliés kurdes de Syrie après leur avoir tiré dans le dos durant des années et soutenu par tous les moyens imaginables ce Daesh dont la même Turquie réorganise et réarme aujourd'hui les rescapés afin d'en faire des supplétifs de son armée, qu'auriez-vous à dire aux Français ?"

Vous comprenez, maintenant, pourquoi j'ai fait romancier ?

samedi 7 avril 2018

Une conférence sans doute passionnante

Ca c'est mardi à 19h00, à la Maison de la Grèce, à l'initiative de l'association Théatra II (Espace du drame antique et scène contemporaine), avec la participation de la Librairie hellénique Des mos, et ce sera sans doute passionnant.

Vinciane Pirenne-Delforge est la nouvelle titulaire de la chaire de religion de la Grèce antique au Collège de France et elle traitera de "Loi des dieux, loi des hommes ? Quelques réflexions sur les honneurs rendus aux morts en Grèce ancienne".

Vichy, Londres et la France... et la grève de la SNCF

Quand l'amie Coralie Delaume s'entretient sur "Vichy, Londres et la France", c'est-à-dire sur les détournements d'histoire et de sens et leurs usages d'aujourd'hui (déculpabiliser les uns pour culpabiliser les autres et légitimer la disparition de la nation française dans le Grand-Tout euro-atlantique), avec l'ami Bertrand Renouvin, c'est forcément passionnant, et c'est forcément à écouter !

Quant à ce qui se passe aujourd'hui dans notre beau pays, vous vous doutez bien que cela ne me laisse pas plus indifférent que l'escalade conduite en Méditerranée orientale par le sultan (nouvelles violations de l'espace aérien grec avec des avions armés, au risque de - ou pour provoquer un - incident grave qui permette des "représailles", et réplique grecque, et c'est bien la responsabilité d'un gouvernement de parer à une agression pour tenter de la dissuader), ou le Nein retentissant - et qui a pourtant fait bien peu de bruit dans nos médias - opposé par la Kaiserin Merkel aux fantasùagories de réforme de la zone euro du petit Gauleiter Macron : seconde fois que le jeune homme se fait renvoyer à ses bonnes oeuvres dans le champ européen, après la réforme en trompe-l'oeil de la directive travailleurs détachés qui n'a rien réformé, sauf retouches cosmétiques qui n'ont rien changé et ne changeront rien.

Or donc, il s'agit désormais ici de la mise en concurrence (car il ne s'agit pas, on vous répète sur tous les tons, de privatisation, hein, non ça, ce sera dans deux ou trois ans, ni de la fermeture des petites lignes : non, ça on fera porter le chapeau aux régions qui devront en assumer l'impopularité au fur et à mesure qu'on réduira leurs dotations) de tout ce que nous considérons comme des services publics n'est ni une nécessité, ni un progrès, ni une fatalité, ni le sens de l'histoire auquel nous n'aurions pas d'autre choix que de nous laisser aller. La mise en concurrence de tout ce que nous considérons comme des services publics est la conséquence de l'idéologie qui est l'origine et le coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la construction européenne.

Combattre aujourd'hui la conséquence de cette idéologie dans le service public ferroviaire est aussi légitime qu'indispensable - car si ça passe pour le ferroviaire, viendra ensuite la liquidation de l'hôpital public, du service public d'éducation...

Cesser de répéter qu'on peut réorienter ou réformer l'Union européenne et expliquer qu'il n'y a pas d'autre choix que d'en sortir si l'on veut conserver des services publics qui en soient, si l'on veut sortir de cette spirale mortifère de la mise en concurrence généralisée, prélude à la privatisation, est tout aussi indispensable.

Car l'ouverture à la concurrence n'est qu'un piège à cons bruxellois, la vraie question c'est de faire en temps utile les investissements et de donner les moyens nécessaires au bon fonctionnement du service public.

Mais pour cela il ne faut pas avoir une monnaie surévaluée qui étouffe l'économie et empêche de dégager les moyens nécessaires. Mais pour cela, il faut être indépendant et souverain, c'est-à-dire qu'il faut que le Parlement fasse démocratiquement et librement ses choix budgétaires, sans être prisonnier ni de critères de déficit tombés du ciel avec les tables de la loi de Maastricht, ni des directives idéologiques d'une Union européenne dont le but a été, depuis sa création, de contourner et de réduire à néant la volonté démocratiquement exprimée par les peuples en posant comme des évolutions inévitables les conséquences de faits accomplis idéologiques et technocratiques qui doivent à tout prix échapper à la délibération démocratique.

Car dans le cadre européen, tel qu'il a été construit dès l'origine et qui ne sera ni réformé ni réorienté parce qu'il a été conçu pour servir précisément à quoi il sert, le citoyen n'est qu'un imbécile à éduquer, un manant qui n'entend rien à rien, un crétin congénital qui ne veut pas comprendre où est son intérêt et que les gens qui savent savent forcément mieux que lui ce qui est bon pour lui.

C'est l'essence même - depuis Monnet - de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne".

Dans ces conditions, les mécanismes démocratiques ne sont bons que s'ils permettent aux gens qui savent d'accéder et de se maintenir au pouvoir - grâce à un appui massif des médias et dans un jeu électoral dessiné de manière à ce que les castors portent au pouvoir le candidat de l'oligarchie en "faisant barrage" à...

Ensuite vient le temps du gavage des oies citoyennes. On ne négocie pas avec des imbéciles, on ne prend pas en compte les arguments et les objections des manants, on ne s'abaisse bas à changer ses plans parce que des crétins congénitaux manifestent, se mettent en grève ou votent : cf référendums de 2005 en France ou 2015 en Grèce, parmi d'autres...

Face aux imbéciles, aux manants et aux crétins congénitaux, il n'y a qu'une seule chose à faire : de la PEDAGOGIE.

Or donc, de mon point de vue, il convient de soutenir cette grève. C'est un enjeu fondamental pour ne pas basculer vers le destin que connaît aujourd'hui la Grèce. Car, de mon point de vue, les cheminots ne se battent pas pour eux, ils se battent pour le service public, qui au nom de logiques budgétaires absurdes liées à la nature même du "projet européen", a été mis, par manque d'investissement, dans l'impossibilité de remplir correctement ses tâches et qui au nom de la mise en concurrence qui est au coeur, dès l'origine, du même "projet européen", devrait être ouvert à la concurrence, avant d'être, évidemment, privatisé dans quelques années.

Ils se battent pour tous les services publics, ils se battent pour nous tous, ils se battent pour préserver un bien de la nation.

En ce qui me concerne, j'ai donc donné à cette cagnotte, la plus importante de celle qui ont été lancées pour aider les cheminots à tenir - pour eux, pour nous, pour la nation, pour briser la volonté destructrice de ce qui fait notre République sociale d'un gouvernement de rencontre et de capitulation permanente. Si vous le pouvez, vous aussi...

lundi 2 avril 2018

Guerre du Kippour à la grecque ?

Erdogan tentera-t-il le "coup de la guerre du Kippour" en attaquant la Grèce pendant les Pâques orthodoxes, le ouiquende prochain ?

Les rumeurs vont bon train en Grèce où cela ne surprendrait pas grand monde. Il semble que nous rentrions dans une période à haut risque après les innombrables déclarations et provocations turques (dernière en date : Erdogan est allé réciter des prières à Sainte-Sophie d'Istanbul, transformée en mosquée en 1453 lors de la prise de la Ville - il y a notamment rendu un hommage appuyé au sultan Mehmet II dit le Conquérant -, et que Kémal avait déconfessionnalisée pour transformer le monument en musée... sa retransformation en mosquée est une vieille et symbolique revendication des islamistes turcs) en mer Egée comme à Chypre qui font monter la tension depuis plus d'un an, et parallèlement à l'opération d'Afrin...

Prise de contrôle d'îlots inhabités, histoire de tester la réaction des Etats-Unis, et accessoirement de l'UE, dont Erdogan a pu mesurer récemment les capacités de lâcheté par le déblocage de 3 nouveaux milliards au titre du chantage aux migrants par la Commisssion puis par l'exercice de reptation à ses pieds de Jean-Claude Juncker lors du récent dîner de Varna ? Attaque contre des îles habitées régulièrement désignées comme turques par Ankara - Kastellorizo, Phamakonisi, Agathonisi - pour tester les capacités de réplique de l'armée grecque (après neuf ans d'écorchage de la Grèce par l'UE qui déverse des milliards sur la Turquie au titre du chantage aux migrants ou de la préadhésion) à une armée turque cinq fois plus puissante mais saignée, elle, par huit ans de purges islamistes des officiers supérieurs aux sous-officiers ? Opération de plus grande envergure ?

Il ne semble en tout cas pas absurde que le sultan, grassement subventionné par l'UE, puisse penser, ne serait-ce que par une opération limitée, casser la saison touristique d'une Grèce dont le tourisme est, après neuf ans de politiques européennes, le seul moteur économique qui tourne encore à peu près, même si l'immense transfert de propriété par quoi se traduisent aussi les politiques européennes a fait passer nombre d'infrastructures hôtelières et aéroportuaires dans des mains étrangères et délocalisé en Europe occidentale une grande partie des recettes générées par le tourisme en mode colonial du all inclusive (localisation des recettes dans les pays de départ, les retombées sur place ne sont plus que les prestations de service locales payées au plus bas et les salaires de misère de l'hôtellerie, quand on n'a pas recours à du personnel roumain ou bulgare qu'on peut encore payer moins cher)...