OD

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 28 mai 2017

Serrage de pogne légendaire...

En arriver à commenter une poignée de main pour faire la démonstration que notre Génie sans bouillir, qu'ils ont promu comme une nouvelle lessive, est désormais l'Etoile polaire sur laquelle le monde entier a les yeux fixés, que le monde entier nous envie et que ce monde a bien raison d'admirer, ébahi, jusqu'à l'extase, vu que Génie sans bouillir va bientôt marcher sur l'eau, en dit long sur l'abîme de flagornerie dans lequel a sombré une partie considérable de cette corporation qu'on appelle les journalistes.

Moi, tout cela m'a irrésistiblement rappelé Coluche avec "virile, les phalanges qui blanchissent et les visages qui se crispent" en place de "longue et chaleureuse"...

vendredi 5 mai 2017

Géométrie très très variable...

Rappelons que c'est sous la pression de la très très démocratique Union européenne, de la très très chancelière de ladite Union, Angela Merkel, et du très très ministre des Finances Schäuble de la même Union, très très partisans tous les deux de l'arrivée au pouvoir d'un banquier d'affaires en France, qu'en novembre 2011 l'extrême droite entra au gouvernement grec, pour la première fois depuis la chute de la dictature militaire en 1974, dans le gouvernement d'un autre très très banquier, Loukas Papadimos, ancien vice-président de la Banque très très centrale et très très européenne, pour appliquer un très très démocratique mémorandum qui ressemble par bien des points au programme très très GOPE (Grandes orientations de politique économique) du Banquier français.

Comme quoi, en régime d'Union européenne, l'antifascisme est à géométrie très très variable.

Par ailleurs, on apprenait hier dans L'Humanité que : "Le « Parti Égalité Justice » (PEJ), officine officieuse de l’AKP en France, souhaite présenter 68 candidats dans des circonscriptions urbaines. Cette organisation compte en son sein des islamistes et des fascistes issus de la sinistre organisation des « Loups Gris ». Elle s’est illustrée récemment par des tentatives d’entrisme dans diverses institutions, le fichage d’opposants au référendum d’avril 2017 et par des appels à la haine d’imams inféodés au pouvoir d’Ankara. La présence de ce parti dans le paysage électoral français risque d’attiser le nationalisme et faire taire les démocrates turcs et kurdes de France. Le Parti communiste français (PCF) appelle instamment le ministre de l’Intérieur à diligenter sans délai une enquête pour défaire cette manœuvre contre la démocratie et la République françaises. L'immixtion du dictateur turc dans le scrutin législatif français doit être condamnée fermement par les autorités de notre pays."

Comme quoi le fascisme aujourd'hui... comme on dirait pour le statut de couple sur Facebook : "Cest compliqué". Mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'avec notre Banquier-président tout cela va rapidement rentrer dans l'ordre !

mercredi 26 avril 2017

Macron ou le syndrome européen

En Grèce, En Marche ! s'appelle Potami (Le Fleuve) et Macron Théodorakis, mais c'était déjà allé trop loin en 2015 pour que les gens s'y laissent prendre. Alors il y a eu Tsipras qui, au final, a joué le même rôle.

En Italie, Macron s’appelle Renzi et c’est venu par un coup d’Etat intérieur au parti dit de gauche PDS ; ça c'est très vite usé.

En Espagne, Marcron s’appelle Rivera, En Marche ! porte le nom de Ciudadanos (Citoyens), et ça a suffisamment marché pour permettre à la droite de rester au pouvoir grâce au soutien faux-cul des socialistes.

Chaque fois, il s’est agi de faire croire qu’on faisait du neuf afin de donner un répit au vieil empire germano-européen en voie d’effondrement sur lui-même mais dont les peuples ne parviennent pas à comprendre qu’il faut se débarrasser pour retrouver des marges de maîtrise de leur propre destin. Chaque fois, il s’est agi de fournir une roue de secours au carrosse du désastre qui nous emporte à toute berzingue vers l’abîme.

Partout, ça s’installe grâce au ralliement de la nomenklatura affolée de voir le peuple remettre en question sa position dominante – son dû.

Partout, les très vieilles recettes, usées jusqu’à la trame, portées par des oligarques cacochymes blanchis sous le harnais de 40 ans d’échecs euro-ordolibéraux, avec le soutien des idiots utiles, se cachent derrière le même jeune visage lisse aux yeux vides. Avec en France, une touche hystérique de ridicule pseudo-messianique.

Tout ça avec l'argent de qui ? Comment monte-t-on en un rien de temps ce genre de mouvement kleenex ?

Avec, ici et maintenant, la muleta du pseudo-fascisme qu’on agite sous les naseaux du taureau pour être certain qu’il se précipite bien, avec l'élan voulu, droit sur l’épée du matador germano-bruxellois. Mais le vote Le Pen ne sort pas de nulle part, comme l'écrit si bien aujourd'hui Jacques Sapir, et, nonobstant les jappements frénétiques de toutes les sortes de chiens de garde, on ne fait pas barrage avec la politique qui ne cesse depuis des lustres d'amener l'eau au moulin du FN.

Enfin si ça ne marche pas, derrière, il y a toujours celui qui fait croire qu’une "alternance à gauche" est possible, mais qui, comme il ne veut pas/ne peut pas (intellectuellement) rompre avec le dogme européen, est/sera broyé (avec ou sans son consentement) pendant qu'il croit négocier quelque chose, par des moyens de coercition financiers et monétaires préparés de longue main à l'usage de ceux qui croient encore, après l'expérience grecque, que parce qu'ils sont eux et parlent haut, on les écoutera.

Mais dans ce cas-là aussi c’est bingo puisque, comme en Grèce, le système germano-européen tue toute idée même de "gauche" pour au moins 30 ans : anthropologiquement plié, comme l'écrit l'ami Panagiotis Grigoriou.

Car il n'y a rien à négocier ; il n'y a qu'à partir ou à subir.

La seule solution pour briser ce cercle infernal et vicieux qu'on nous présente comme le cercle de la raison, c'est d'expliquer clairement avant d'arriver au pouvoir pourquoi et comment il faut en sortir, c'est de le rompre en arrivant au pouvoir par des mesures immédiates et radicales de sauvegarde – à commencer par le rétablissement de la monnaie nationale et le contrôle des changes. Et puis ensuite on négocie : les termes du divorce. C'est-à-dire la seule chose qu'il y a à négocier avec ce bastringue européen. Faute de quoi on est cuit. Qu'on le veuille ou non, qu'on en ait conscience ou non.

Il n'y a ni réforme possible ni issue démocratique dans le cadre du carcan européen : un carcan, ça se brise ou on y crève.

lundi 24 avril 2017

Lendemain d'élection

Macron rassemble ce soir moins de 25 % de 80 % des inscrits : légitimité d'une huître.

Il ne gagnera de toute façon que par défaut. S'il gagne. Ce dont je ne suis nullement convaincu.

Une grande partie des électeurs de tel ou tel n'ira pas voter et comme l'a montré une récente étude l'abstention différentielle risque de lui faire très mal.

De toute façon sa victoire ne sera que mathématique, pas politique. Et avec quelle majorité gouvernera-t-il ? Un président de la Ve république (qui n'a rien d'une "monarchie présidentielle") n'a que bien peu de pouvoirs sans majorité parlementaire.

Tout cela ne fait que commencer.

Soir d'élection

Pour moi, trois leçons du scrutin d'aujourd'hui.

1/ L'élection présidentielle reste l'élection de loin la plus mobilisatrice en France. Qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore, c'est ainsi. Il est du coup très contradictoire de vouloir gagner cette élection tout en refusant d'incarner la fonction à laquelle elle donne accès puisqu'on annonce vouloir détruire cette "monarchie présidentielle" qui n'existe pas. Elle n'existe pas car la Ve République n'est pas une monarchie présidentielle mais un parlementarisme rationalisé : le président de la République n'a guère de pouvoirs sans majorité législative comme l'ont prouvé les 3 cohabitations passées et comme le prouvera la prochaine qui pourrait bien ne guère tarder.

2/ Dans une période où une grande partie de l'électorat attend plus de sécurité, plus de protection, c'était à mon avis une erreur fondamentale de mettre en avant un "processus constituant" des plus fumeux et des plus inutiles en plus d'être totalement insécurisant, puisqu'il prive de vision d'avenir sur la manière dont le pays sera gouverné. Ceci alors que la Constitution sous laquelle nous vivons depuis 1958 est à la fois démocratique, souple et efficace. On pouvait aller au peuple avec un programme précis de révision constitutionnelle (quel qu'en soit le contenu et j'ai, comme tout le monde, mon avis sur la question). Le jeu de la table rase institutionnelle, alors que la question institutionnelle n'est en rien au centre des préoccupations des Français, qui savent bien qu'aujourd'hui l'essentiel des solutions à leurs problème est ailleurs, était à la fois inutile et risqué.

3/ On a raté dans cette campagne l'enjeu majeur qui était de proposer clairement une sortie de l'euro et de l'UE par la gauche. Avec le temps de parole que supposait la participation à cette élection, on disposait du moyen d'enclencher la pédagogie nécessaire à cette sortie, en expliquant clairement pourquoi aucune autre politique n'est possible dans l'UE et que cette UE est irréformable. Je ne partage pas l'idée selon laquelle ce discours-là aurait conduit à un suicide électoral parce que je pense qu'une très large partie de l'opinion est prête à l'entendre et qu'on ne reconquerra pas l'électorat parti au FN sans le tenir. On a préféré rester dans l'illusion du Plan A et le totalement fantomatique Plan B, sous prétexte de nécessité de conquérir un électorat de toute façon hostile à une sortie. J'ai toujours été persuadé pour ma part, tout en risquant les foudres de mes amis Insoumis, qu'on ne peut gagner sur des équivoques et que, tant qu'à perdre, mieux vaut perdre sur des convictions clairement exprimées. Ce soir, on a perdu, mais on a perdu aussi l'occasion de faire la pédagogie de l'indispensable sortie qui serait si utile pour l'avenir. Et une fois encore on a abandonné le terrain de la souveraineté au FN qui, demain, pourra se targuer d'être le seul défenseur de la Nation face à l'euromondialisme et à son mandataire.

mardi 21 mars 2017

C'est Macron qu'ils nous fourguent

Macron TV qui a commandé un sondage à Macron sondage annonce que Macron est le plus convaincant et le plus présidentiel des présidentiables. On espère que cette nouvelle capitale sera relayée sur Macron Inter, Macron Culture, Marcon Libé, Macron Le Monde, Macron Le Point, Macron L'Express, Macron Match, Macron Les Echos, Macron L'Opinion... car c'est tout de même une information capitale à l'issue d'un débat dont on été exclus par les Macron sondages, 6 des 11 candidats victimes d'une scandaleuse rupture d'égalité d'accès à l'électeur.

Mais ça n'est pas grave puisque le Macron système a déjà désigné le Macron président. Et puis comme de toute façon, c'est Berlin qui décide, on s'en tape.

Et de ce côté-là c'est plus blindé qu'un char Tigre, si vous voyez ce que je veux dire, puisque le SPD et la CDU ont dit que c'est Macron qu'il nous faut !

De mon côté, j'étais dispensé : javais Philharmonie. Monteverdi, Orfeo, Les Arts florissants, c'était tout de même autre chose que ce guignol organisé par les puissances d'argent pour faire croire qu'on est encore en démocratie, entre des leurres destinés à perpétuer le système cinq ans de plus... le tout en éliminant plus de la moitié des candidats : déni flagrant de démocratie que tout démocrate conséquent aurait dû boycotter. Car enfin, soit seuls les candidats désignés par les sondeurs ont le droit d'accès à l'électeur, et alors on a qu'à interdire aux autres de se présenter - ce qui, au moins, aurait le mérite de la clarté - , soit les candidats remplissant les conditions pour se présenter doivent concourir dans des conditions d'égalité.

L'égalité, pas d'équité. L'égalité c'est mesurable, l'équité, ça dépend qui en juge. C'est un concept caoutchouteux qui permet d'éliminer tous ceux qui dérangent. Et la loi des solfériniens substituant l'équité à l'égalité dans la campagne présidentielle est à ranger parmi les lois scélérates.

jeudi 16 mars 2017

Le télévangéliste banquier est à Berlin...

Mais au juste, pourquoi donc ne lui a-t-il pas proposé de la rencontrer à Montoire ?

On attend avec impatience de savoir si la chancelière de notre Reich européen de mille ans trouve l'ectoplasme banco-télévangélique assez habile en danse du ventre et léchage de bottes. Car c'est bien là le seul enjeux "sérieux" de cette élection : savoir qui exécute de manière la plus convaincante la danse du ventre devant notre chancelière à tous et qui lui lèche les bottes avec le plus d'ardeur.

Autrefois, nos rois se faisaient oindre à Reims, maintenant c'est à Berlin que ça se passe. Vous me direz que c'est bien normal puisqu'il s'agit, dans cette élection, de savoir qui conduira la politique de Berlin dictée à Bruxelles (les GOPE, Grandes orientations de politiques économiques). Il est est donc bien normal que la Füherin examine les candidats.

Juste comme ça, un renvoi de texte : "Français, J'ai rencontré le chancelier du Reich (...). Cette première rencontre, entre le vainqueur et le vaincu, marque le premier redressement de notre pays. C'est librement que je me suis rendu à son invitation (...). Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement. C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration." Philippe Pétain, 30 octobre 1940.

dimanche 5 mars 2017

Grèce et Yougoslavie : deux publications sous ma signature

Ce dimanche, sur le blog de Coralie Delaume, L'Arène nue, paraît la première partie d'un papier de synthèse sur la triple impasse dans laquelle se trouve la Grèce. Comme on y a la liberté de parole (contrairement à...) et qu'on peut se permettre d'y être un peu long et complexe, de n'avoir pas à tenir dans des "formats" qui finissent par formater la pensée elle-même, j'en ai profité pour mettre un peu mes idées en ordre sur l'évolution de la tragédie grecque depuis la sortie de La Grèce et les Balkans en septembre 2013, notamment en m'attachant à trois dimensions de cette tragédie : la situation économique (aujourd'hui), la situation géostratégique et la situation politique (à venir).

Sans que le tir groupé ait été prémédité, Le Vent se lève a publié également aujourd'hui, un entretien avec Lenny Bnbr sur la Yougoslavie et... le destin de l'UE.

Du coup, ce 5 mars était un peu mon jour de gloire en même temps que celui de... Fillon !

mercredi 1 mars 2017

Coup d'Etat parlementaire aux Pays-Bas

Evidemment personne n'en parle, mais un nouveau pays de l'UE vient de connaître un coup d'Etat parlementaire. Aux Pays-Bas, où les députés avaient déjà annulé le résultat du référendum de 2005 en adoptant, comme en France, le copier-coller d'un traité repoussé par les électeurs, ils viennent d'annuler derechef un deuxième référendum en ratifiant l'accord d'association de l'UE avec l'Ukraine repoussé par le peuple il y a quelques mois.

Et après ça vous me soutiendrez encore que, en régime d'Union européenne, la démocratie est autre chose qu'une forme vide de sens et de contenu.

Oui, bien sûr, ce référendum n'était consultatif... c'est une excellente raison pour ignorer ce que dit le peuple. Oui, bien sûr, le texte n'est plus exactement le même que celui que le peuple a repoussé : on a changé trois virgules, c'est dire !

Et après ça, dans deux semaines, vous viendrez encore chialer et vous indigner sur le score de l'extrême droite néerlandaise aux législatives.

Quand on s'assoit sur les peuples et qu'ils comprennent que la démocratie est devenue du pipeau, ils se vengent avec les moyens du bord.

jeudi 9 février 2017

La Tribune met sa rédaction au garde-à-vous : on n'y lira plus Romaric Godin !

Je me disais justement hier que je n'avais rien lu de Romaric Godin depuis un moment... et comme lui-même m'avait dit, les dernières fois où nous nous sommes vus, qu'on lui avait demandé de "mettre la pédale douce" sur certains sujets et que son avenir à La Tribune lui paraissait incertain depuis l'arrivée au capital du journal du PDG d'un groupe de... nettoyage, j'étais un peu inquiet.

Et bien voilà, l'inquiétude est confirmée. On apprend aujourd'hui que le service macroéconomie de La Tribune est supprimé : vous ne lirez plus Romaric Godin, Mathias Thépot, Fabien Piliu... leur parole est trop libre, trop iconoclaste pour la pensée unique et la dictature européiste.

Tous les amis de la Grèce et des Grecs (entre autres) n'auront plus qu'à regretter le travail unique dans la presse française que faisait Romaric depuis des années et qui valait à La Tribune une fréquentation exceptionnelle.

Mais les gens qui ont pris le contrôle de ce média n'ont apparemment rien à faire de ce genre de journaliste et de parole libre. Il veulent, comme ailleurs, des gens au garde-à-vous idéologique.

mardi 7 février 2017

Grèce - euro : le retour

Nouvel indice d'un changement de paradigme... que la plupart des candidats à la présidentielle refusent encore de prendre en compte : le fédérateur caché (pour reprendre l'expression de De Gaulle) qui, depuis l'origine, a téléguidé ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne" a changé de politique. Comme si le marionnettiste avait décidé de ranger la marionnette au placard des ustensiles inutiles.

Ted Malloch, économiste, professeur à l'Université anglaise de Reading, qui devrait être le nouvel ambassadeur des EU près l'UE (pressenti, pas encore nommé..., il semble qu'on fera tout à Bruxelles pour empêcher sa nomination, mais si Trump l'a choisi, cela signifie bien un choix politique), a déclaré hier, alors que se prépare la réunion sur la dette grecque au FMI, que la Grèce ne pouvait continuer à souffrir ainsi de stagnation et ajouté : "Je ne veux pas parler à la place des Grecs, cependant, du point de vue d'un économiste, il y a très fortes raisons pour la Grèce de quitter l'euro"... ce qui devrait, selon lui, s'accompagner d'un plan d'aide à la sortie.

Naturellement, une sortie du "risque grec" de l'euro provoquerait probablement sa réévaluation - désirée par Washington. Jusqu'où ? Jusqu'à rendre intenable le maintien de l'Italie, du Portugal, de l'Espagne... de la France ??? J'ai souvent écrit (et je ne suis pas le seul) que la première sortie serait sans doute le début de la fin. D'autant qu'une fois montré aux spéculateurs qu'on peut sortir de l'euro, ceux-ci ne se priveront pas d'aller tester les autres maillons faibles.

Après les déclarations de Trump au Times et au Bild, après sa sortie sur l'euro trop faible qui avantage les exportations de l'Allemagne, le message de la nouvelle administration américaine est de plus en plus clair : les Etats-Unis n'ont pas intérêt à ce que se pérennise, par le biais de l'UE et de l'euro, une hégémonie allemande sur le continent. Tous ceux qui choisiront de quitter la prison des peuples de l'UE et de l'euro devraient donc, de plus en plus clairement, pouvoir compter sur une aide américaine.

Quant à la situation en Grèce, elle apparaît de plus en plus insaisissable. Aujourd'hui ce sont les interrogations et la polémique sur une escale "secrète" et imprévue de Tsipras à Paris qui occupent les médias. Elle a été révélée par l'opposition conservatrice, et aurait permis au Premier ministre de rencontrer le PDG de L'Oréal, qui s'apprêterait à faire un gros investissement en Grèce, mais surtout de faire une escapade jusqu'à... la banque Rothschild. Et c'est sur la nature et le contenu des discussions qui s'y sont tenues que porte la polémique.

D'autant que, dans le même temps, Schäuble multiplie les menaces, annonçant que si le FMI se retire du plan d'aide à la Grèce, il n'y aura plus de plan d'aide.

Paradoxalement, et pour des raisons opposées, la politique de Schäuble rejoint, sur la Grèce, celle de Trump. Il est hors de question pour la CDU, après les ahurissantes bévues de Merkel en matière d'immigration, de consentir le moindre effort financier qu'il faudrait justifier, à l'approche des élections, devant un électorat de plus en plus sensible aux thèses de l'AFD. D'autant que la CSU bavaroise est elle aussi sur des positions de plus en plus intransigeantes.

Pour moi, la question centrale est aujourd'hui de savoir si Schäuble a déjà décidé la fin de l'euro, ou s'il bluffe. Sacrifier l'euro, ce serait sacrifier l'avantage compétitif énorme qu'il donne à l'Allemagne sur ses partenaires, mais aussi vers l'extérieur de l'eurozone, puisque le Mark (comme le dit Trump) devrait être bien plus cher que n'est l'euro. Mais faire preuve d'intransigeance à l'égard de la Grèce sera électoralement payant... et les effets négatifs de la fin de l'euro sur l'économie allemande ne se feraient sentir qu'après les élections. Le retour au Mark, en outre, a toute chance de provoquer un réflexe patriotique de regroupement autour de la CDU et priverait l'AFD d'une partie de ces arguments. Or, contrairement à ce que professe ici la germanolâtrie ambiante, les choix des responsables allemands, depuis des lustres, sont avant tout dictés par des intérêts électoraux à courte vue - ceux d'un électorat de retraités de plus en plus dominant dont le seul souci est qu'une politique monétaire de fer garantisse sa rente.

A suivre !

dimanche 5 février 2017

Schäuble (re)pousse la Grèce vers la sortie

En Grèce, les traîtres ont fait leur office. Ils ont reculé la sortie de l'euro - dont je dis avec d'autres, depuis 2010 qu'elle est de toute façon inéluctable - le temps de permettre le pillage du pays par les Allemands, les Chinois ou les vertueux Français.

Bradage des infrastructures, du littoral, transferts de propriété de la terre et de la propriété immobilière avant la spoliation programmée d'une partie des comptes bancaires,, dépeçage de l'économie, liquidation de plus du tiers du potentiel productif : et maintenant, sortez !

Les gouvernements grecs avaient le choix entre le déshonneur et la sortie de l'euro ; ils ont eu le déshonneur et ils auront la sortie de l'euro - mais de la pire façon qui soit !

Et pendant ce temps-là, le leurre - ou le sot - Hamon chante les louanges de l'Europe et le resserrement de l'étreinte du bourreau. Et pendant ce temps-là, le triste - et austère, sauf pour sa famille - Fillon, célèbre la jouissance morose de la soumission à l'Allemagne. Et pendant ce temps-là, l'extatique Macron, marionnette des puissances d'argent transformé en recours par une machine médiatique affolée par le naufrage de Fillon, son candidat naturel, prêche sur le ton de la transe, de la possession, ou de celui qui sniffe trop de sucre en poudre, la soumission exaltée à la même Allemagne.

mardi 31 janvier 2017

Pénélope et Marcel Aymé...

Pénélope, la très très attachée parlementaire n'avait pas de badge pour entrer au Palais Bourbon... Et alors ? Qu'est-ce que ça prouve ? Vous n'avez pas lu Marcel Aymé ? Et si elle est passe-murailles, hein ? Qu'est-ce que vous répondez à ça ?!

Les Solfériniens sont mauvais joueurs : je gagne, tu me suis ; mais si c'est toi qui gagnes, je me mets en retrait. C'est amusant, cette histoire de coïtus interruptus ! Ca en dit long aussi sur le sens de la démocratie chez ces gens-là. En somme, c'est comme le référendum de 2005 : tu refuses d'avaler mon traité par référendum, je te l'administre par le fondement. Ou encore : pile, je gagne ; face, tu perds.

M'est avis qu'à LR comme au PS un certain nombre de gugusses commencent à réaliser que les primaires sont un piège à cons. Un vrai piège pour les vrais c...

Quant à la Grèce, deux piliers historiques de la presse grecque, le Vima et Ta Nea, ferment leurs portes. Et mettent leurs journalistes sur le carreau, après tant d'autres, et sans la moindre perspective de réembauche ailleurs. Comme dit l'Autre : ça va mieux ! On a sauvé la Grèce ! Vive l'Europe ! L'ironique, dans cette affaire, c'est que ces quotidiens ont défendu mordicus, bec et ongles, depuis cinq ans, l'Europe et les politiques mortifères qu'elle a imposées à la Grèce. Les même politiques qui, aujourd'hui, les tuent.

samedi 28 janvier 2017

Chypre...

Pendant que se déroulent ici des guignolades fillonesques et primairo-pasokiennes aussi dérisoires que pathétiques, le monde tourne. Notamment à Chypre où s'est engagée une négociation à haut risque sous la pression d'un Erdogan plus dangereux que jamais.

Sur son indispensable blog (aidez-le, si vous le pouvez, c'est la liberté d'informer autrement que vous aiderez), l'ami Panagiotis Grigoriou vient de consacrer à la situation chypriote trois papiers fondamentaux, magistraux et passionnants (et si vous voulez plus de précisions sur l'historique la question chypriote, vous pouvez aussi lire... La Grèce et les Balkans, du Ve siècle à nos jours).

Vous trouverez donc :

- la première partie en cliquant ici ;

- la deuxième en cliquant là ;

- et la troisième en cliquant une troisième fois.

jeudi 17 novembre 2016

Merkel et Erdogan...

On apprend aujourd'hui par l'AFP, à la fois qu'il y a un "monde libre" (opposé à ? la Turquie ? L'Arabie Saoudite ? le Qatar ??) et que Merkel a été catapultée le leader d'icelui. Merkel... si, si, celle qui s'est assise sur la Constitution, l'Etat de droit, les prérogatives du Parlement, les élections et le référendum grecs.

Veine ! ca c'est de l'info où je ne m'y connais pas !!!



En revanche, ni l'AFP ni nos médias de révérence n'ont relevé la cinglante humiliation essuyée à Ankara par le ministre des Affaires étrangères de ladite leader du monde libre, Frank-Walter Steinmeier :  : la primaire de la droite et les fadaises de Macron, c'est tout de même vachement plus important !

Or donc, le ministre du sultan s'est ouvertement payé la tête du ministre de la Chancelière du Reich en accusant l'Allemagne, en conférence de presse, d'être un refuge pour terroristes, blaguant sur la peine de mort ("le peuple veut la peine de mort...et ma femme aussi"), sur la liberté de la presse et les micros qui marchaient mal de sorte que les journalistes allemands n'ont pu poser de questions, puis assénant que la Turquie "en a plein le nez" de recevoir des remontrances. sans compter que les Turcs ont de nouveau menacé d'ouvrir la vanne à migrants...

Le tout, sans que Steinmeier ne bronche ou ne décide, vu cette humiliation publique, de reprendre son avion. Mais la presse allemande, elle célèbre l'héroïsme de Steinmeier qui n'a pas hésité une seconde à afficher... une mine renfrognée ! Afficher une mine renfrognée en pareille circonstance, ça c'est du courage !

Quelle superbe politique tout de même, de la part du nouveau leader du monde libre qui a consisté à aller cautionner le sultan à la veille des élections législatives puis à lui refiler 6 milliards.

Avec un leader comme celui-là, le monde libre n'a même pas besoin d'ennemi !