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dimanche 10 juin 2018

En finir avec le IVe Reich

Je suis heureux d'avoir été sollicité par Fadi Kassem pour être l'un des premiers signataires de cet appel dont le PRCF a pris l'initiative.

Une fois de plus, l'exemple italien montre la nécessité absolue de mettre à bas l'Union européenne, afin de pouvoir rebâtir une république sociale, de rouvrir les choix démocratiques cadenassés par les traités et qui réduisent les élections - comme l'exemple italien vient une fois de plus de l'illustrer - à un choix entre ceux qui sont admis à gouverner parce qu'ils sont partisans de la même politique prédéterminée par les traités.

Détruire l'UE n'est pas un but en soi, mais c'est une condition nécessaire pour reconstruire la démocratie; c'est aussi la condition pour reconstruire, par la culture, l'entente, la coopération (pas par la contrainte, la concurrence du Marche ou crève, les Marchés financiers érigés en arbitres des élections, l'écrasement des peuples qui disent Non, la liberté d'échanger les capitaux pour les faire échapper à l'impôt et des travailleurs pour les réduire en semi-esclavage...), une entente de peuples égaux et souverains, alors que s'établit dans l'UE, au fil des ans, une pyramide des peuples, comme le IIIe Reich était fondé sur une pyramide des prétendues races.

Je ne crois pas aux Plans A, B, ou Oméga ; je ne crois pas que cette Europe soit réformable ou réorientable ; je ne crois pas que l'équation personnelle de tel leader ("Avec moi, ça ne sera pas comme avec Tsipras", "La France n'est pas la Grèce" et autres balivernes) y change quoi que ce soit.

Je ne crois pas non plus aux agendas cachés : on le fera, mais on ne peut pas le dire, parce que si on le disait on perdrait les élections. On a gagné le référendum de 2005 alors que le rapport de force de départ était éminemment défavorable au Non, parce qu'on a réussi à poser politiquement les enjeux, de manière claire, de la droite à la gauche, parmi ceux qui avaient compris ce qu'impliquait ce traité, et parce qu'en le disant clairement, le peuple s'est massivement saisi du sujet.

Qui veut mener une "Autre politique"dans cette Europe sans avoir préparé la sortie, sans avoir averti le peuple qu'il faudrait en sortir, d'emblée, et sans rien négocier d'autre que les conditions de la sortie - ce qui signifie, si c'est la France qui sort, les conditions de la dissolution -, se fera écraser par la BCE, les Marchés...

Dans ces conditions, il faut appeler et appeler encore au rassemblement - sur le modèle du CNR - de tous ceux qui, de la gauche à ce qui reste de droite démocrate et sociale, sont conscients de cette nécessité.

Je suis fondamentalement un gaulliste social, je n'ai jamais été marxiste ni communiste, je ne partage donc pas toutes les options du PRCF, mais comme les initiateurs de cet appel, je pense que la sortie de l'euro et de l'UE est la condition absolument nécessaire pour rouvrir un vrai débat démocratique, c'est-à-dire projet contre projet, débat impossible dans un cadre européen, qu'on ne peut pas réformer, qui contraint les choix politiques par les options inscrites dans des traités scélérats ; j'ai 60 ans et je n'ai plus eu d'engagement partisan depuis l'âge de 22 ans, lorsque j'ai rendu la carte du RPR, que j'avais prise quelques mois plus tôt, après l'appel dit de Cochin, dès qu'il fut acquis que l'appareil et les élus de ce parti n'iraient jamais à la rupture européenne que j'appelais déjà de mes voeux.

Aujourd'hui, j'ai signé cet appel... et je vous appelle à le rejoindre.

mercredi 6 juin 2018

Histoire de courbes et de pointe

D'abord les courbes...

Voici celle des achats d'obligations allemandes de la BCE...

Et voici celle des achats d'obligations italiennes par la même BCE...

Mais c'est purement technique, n'est-ce pas ?! Et fortuit de surcroît !

Pas la moindre arrière-pensée de pression sur le nouveau gouvernement italien, bien sûr ! Il faudrait avoir un esprit considérablement mal tourné pour voir dans le parallélisme de ces deux courbes, la volonté politique de faire monter les taux auxquels l'Italie pourra emprunter sur le Marché, et de faire baisser ceux de l'Allemagne. Bref, de faire "prendre conscience" aux investisseurs du risque qu'ils prendraient en achetant du papier italien que la BCE n'achète plus.

Non ! rien de politique on vous dit. Juste du technique et du fortuit ! Juste parce que beaucoup d'obligations allemandes arrivaient à terme en même temps. Du technique, bordel !

Technique, c'est-à-dire politiquement neutre ! Sur quel ton faut-il vous le répéter !

Tout aussi techniquement et fortuitement, le patron de la Banque centrale allemande vient apparemment de dire ce matin que les Marchés (vous savez, la main invisible dans la culotte de la démocratie) n'avaient pas tort d'anticiper la fin de l'assouplissement quantitatif de la BCE. Histoire - techniquement - de faire repartir l'euro à la hausse vers les 1,20 et d'asphyxier un peu plus les économies du sud. Techniquement.

Mais c'est technique, hein ! Toujours rien à voir avec des pressions sur le nouveau gouvernement italien qui a obtenu hier la confiance du Sénat et va obtenir celle de la Chambre aujourd'hui.

Le plus drôle c'est quand un vrai casque à pointe (dans la meilleure tradition teutonne, le Bild, torchon le plus lu en Germanie, avait d'abord insulté le feignant de bouffeur de pâtes Draghi qui, comme tous les Italiens, ne pouvait que fabriquer de la fausse monnaie, puis lui avait décerné un casque à pointe d'honneur, puis le lui avait retiré au moment du QI... oh la la, je sens que je suis sur un terrain glissant : stigmatiser l'italianophobie allemande est sans doute un peu germanophobe sur les bords...) va remplacer Draghi.

Ce jour-là, on pourra se réjouir de la tronche de Micron et de tous ceux qui, à gôôôche, font encore semblant de penser qu'on peut réorienter ou réformer l'euro...

Finalement, un vrai casque à pointe, bien bouché, psychorigide à souhait - un vrai casque à pointe, quoi ! - c'est encore le meilleur moyen de faire péter le bastringue... Techniquement bien sûr !

lundi 4 juin 2018

Ces unes racistes qui vous font haïr l'Allemagne

Une Allemagne, telle qu'en elle-même, qui se voyait autrefois à la pointe d'une pyramide de races et qui voit aujourd'hui l'Europe comme une pyramide de peuples dont elle occupe la pointe, ceux qui refusent de céder à l'injonction permanente de devenir de bons Allemands ne méritant que mépris et insultes. Hier les salauds de fainéants fraudeurs et voleurs grecs, aujourd'hui les salauds de fainéants, fraudeurs et voleurs italiens.

C'est tellement beau "L'Europe c'est la paix", "L'Europe c'est la fraternité".

dimanche 3 juin 2018

C'est pas beau l'Europe ? (bis)

Peut-être aurait-il dû ajouter : et moins draguer les filles ? Tant qu'on y est... pourquoi ne pas se lâcher complètement ???!!! Ou y'a de la gêne et pas de racisme bas de gamme, y'a pas d'plaisir !

Et puis boire moins aussi... Ah non c'est vrai qu'avec Jean-Claude, on ne plaisante pas avec la bouteille !

samedi 2 juin 2018

C'est pas beau l'Europe ?

La paix, l'amitié entre les peuples, tout ça, tout ça... C'est vrai que du côté de Tulle, on connaît le savoir-faire allemand en terme de pendaison.

vendredi 1 juin 2018

Coup d'Etat (partiellement manqué) en Italie et censure en Espagne

Effondrement de la Deutsche Bank en bourse, banque systémique reconnue comme la plus dangereuse du monde et gavée jusqu'à la gueule d'actifs toxiques, elle a perdu plus de 71% de sa valeur depuis 5 ans, plus de 41% depuis le 1er janvier... 28% depuis trois mois, 19 % depuis un mois, + de 10 % en une semaine... mais c'est du ministère italien des Finances que la Troïka, c'est-à-dire l'Allemagne, devrait prendre le contrôle ;

taxation des importations européennes par Trump qui vise essentiellement le dumping allemand (la diplomatie du bisou, ça marche décidément à tous les coups: retrait des accords sur le climat et sur l'Iran, taxation des importations européennes : c'est carton plein pour le naze de l'Elysée qui devrait, en mesure de rétorsion, exiger la restitution de l'arbre et des pellicules de son veston !), car si l'euro est surévalué pour les pays qu'il étouffe, il est sous-évalué pour l'Allemagne et lui permet d'accumuler un excédent commercial indu ;

coup d'Etat partiellement manqué en Italie : on verra à l'usage si la concession du M5S et de la Ligue est seulement tactique ou tsipriapique, mais la réalité, en attendant, c'est que la politique de la coalition est incompatible avec l'euro et qu'il lui faudra renoncer soit à sa politique soit à l'euro... et avec des gens comme Bagnai, elle le sait ;

chute du chien de garde austéritaire et larbin zélé de l'Allemagne Rajoy (l'austérité pour le peuple, le fric pour moi et le PP) qui ouvre forcément une période d'instabilité en Espagne ;

sortie qui sera forcément chaotique de la Grèce du plan dit d'aide (aide aux banques françaises et allemandes, pas à la Grèce ni aux Grecs) dans un pays qui qui ne pourra pas se refinancer sur les marchés, en encore moins avec la crise des taux que vont provoquer les situations italienne et espagnole, dans un pays qui, pas plus que tous ceux, y compris le nôtre, que l'euro étouffe, ne peut pas redémarrer avec l'euro : vous avez vu comment, une fois de plus, à chaque fois depuis tant d'années, les prévisions de croissance sont revues à la baisse et qu'on se demande pourquoi la croissance ralentit soudain : mes lecteurs, ici, le savent ! Combien de fois ai-je répété qu'il n'y avait eu aucune reprise, qu'il ne pouvait pas y en avoir : des politiques déflationnistes ne peuvent créer de l'activité économique ! En Grèce, deux études sont sorties cette semaine : une montrant que 30 % des salariés grecs qui ont encore un emploi sont payés moins de 385 euros, et une autre que des dizaines de milliers de salariés doivent désormais survivre a lors que leurs salaires ne sont plus payés que très irrégulièrement et partiellement : l'UE et l'euro réinventent l'esclavage, ni plus ni moins, et un pays ne peut redémarrer sans consommation intérieure que les mesures imposées par l'Eurogermanie depuis bientôt dix ans rendent atones. Et ça va continuer puisque qu'il y avait ces jours-ci une énième grève générale contre les coupes tous azimuts, de nouvelles dans les retraites, exigées par l'Eurogermanie et exécutées servilement par le gouvernement dit de gauche radicale. La relative stabilisation de la situation des derniers mois a juste été l'effet retard de la baisse du taux de change de l'euro entre 1,05 et 1,10 dollar durant presque un an... mais depuis l'euro est remonté jusqu'à 1,25 (actuellement autour de 1,17) : l'asphyxie par l'euro est donc logiquement de retour ;

surcroît de tension géopolitique à prévoir après la présidentielle turque, qu'Erdogan soit reconduit ou que sa principale challenger, aussi boutefeu que lui, l'emporte et alors que la livre turque s'effondre...

Il ne pouvait pas y avoir, ici et maintenant, de convergence des luttes (fantasme de soixante-huitard attardé qui refuse de définir une ligne claire sur l'UE et l'euro), mais peut-être assistons-nous enfin à une convergence des crises provoquée par l'imbécile hégémonie allemande, résultat du scélérat traité de Maastricht, voulu par Mitterrand, et du rapport psychiatrique des Allemands à la monnaie qui nous ont collectivement enfermés dans une impasse.

Depuis la trahison de Tsipras, je me suis fait progressivement à l'idée, que vu la lâcheté de 98 % des politiques, paralysés devant l'euro et l'Allemagne, comme ils l'étaient devant les coups de force allemands des années 1930, ce seraient les tares du système et rien d'autre qui, à un moment, atteindraient la masse critique provoquant son effondrement.

Comme disait Churchill, à la fin 41 je crois, nous ne sommes peut-être pas au début de la fin, mais je crois bien que nous sommes à la fin du début !

jeudi 31 mai 2018

La Marche sur Rome...

En suite de mon post d'hier, le député au pseudo-parlement européen MarKus Ferber, social chrétien bavarois, vient de déclarer qu'en cas d'insolvabilité de l'Italie, "la Troïka devrait marcher sur Rome pour y prendre le contrôle du ministère des Finances"... comme après la chute de l'allié Benito en 1943, en somme.

mercredi 30 mai 2018

Coup d'Etat à l'italienne

D'abord il y eut 2005 et les deux Non, français et néerlandais, transformés en Oui par transsubstantiation parlementaire.

Puis l'Italie et la Grèce connurent, presque simultanément, un premier coup d'Etat européen: le remplacement, sous intense pression germano-européenne, de deux présidents du Conseil élus, Papandréou et Berlusconi, par deux banquiers non élus, Papadimos et Monti. Le premier ne tenta pas même, tant il était haï, de se présenter aux élections suivantes avec un parti leurre. Le second se hasarda à l'expérience et fut écrasé par le suffrage universel, au profit d'un autre leurre : le Parti démocrate à l'intérieur duquel Matteo Renzi réussit un putsch pour parvenir au pouvoir, bénéficia d'un massif "effet belle gueule", grâce auquel son parti fit un score historiquement haut aux dernières élections européennes, avant d'être rattrapé par sa politique - celle de l'UE et de l'euro, c'est-à-dire celle de l'Allemagne -, et de sombrer au référendum de décembre 2016.

Mais Renzi a laissé deux héritages. Le premier, c'est la trame d'une loi électorale scélérate d'une incroyable complexité (elle fut en partie annulée par la Tribunal constitutionnel avant d'être retripatouillée par les partis fidèles à la Germano-Europe, dont la seule motivation était d'empêcher l'accession au pouvoir du Mouvement 5 étoiles, comme autrefois les partis du système de la IVe République inventèrent une loi, très proche, dite des apparentements, seulement dans le but d'empêcher le Rassemblement du peuple français du général de Gaulle d'emporter les législatives de 1951). Le second c'est le président de la République Sergio Mattarella, vieux crocodile de la Démocratie chrétienne, député durant sept législatures, quatre fois ministres (dont la première sous Andreotti), puis juge au Tribunal constitutionnel : une espèce de concentré de la Caste politique italienne, rescapé du naufrage de la DC, rescapé du naufrage de la coalition dite de centre gauche de L'Olivier... Un inoxydable produit du système élu, pour sept ans, le 31 janvier 2015, au 4e tour de scrutin, par 665 des 991 députés et sénateurs.

Précisons qu'entre-temps Chypre avait connu elle aussi un coup d'Etat européen, qui ruina nombre d'entrepreneurs et paupérisa une partie importante de la population. Puis ce fut l'épisode du second coup d'Etat germano-européen en Grèce, entre la première et la seconde élection législative grecque de 2015, l'annulation germano-européenne des 61,31 % de Non - avec la complicité de Tsipras et de sa bande -, l'étouffement systématique de l'économie grecque et la spoliation des biens privés et publics des citoyens grecs, à une échelle encore jamais vue, dans un pays réputé vivre en démocratie, en temps de paix.

Et voilà donc qu'aujourd'hui, le porte-manteau germano-européen Mattarella, en vertu d'une lecture éminemment contestable de la Constitution, vient de refuser de nommer un gouvernement jouissant d'une majorité élue par plus de 50 % des Italiens ayant pris par au vote, sous le prétexte qu'un des ministres ne lui convient pas, et alors que c'est au Président du Conseil de nommer les ministres et aux Chambres d'investir le gouvernement. Enfin le porte-manteau germano-européen Mattarella nomme, pour le substituer au président du Conseil conforme à la majorité issue des élections, un président du Conseil, Cottarelli, surnommé "Monsieur Ciseaux" en raison de sa rage à opérer des coupes dans tous les budgets de l'Etat, afin de conformer l'Italie aux critères d'austérité imposés par la Germano-Europe - c'est-à-dire un symbole des politiques que les électeurs italiens viennent de rejeter massivement.

En outre Cottarelli est... banquier bien sûr ! Et ancien du FMI par dessus le marché.

Mais n'oubliez pas, hein ? L'Europe c'est la paix. Ou pas.

En tout cas, l'Europe c'est bien la Banque. La Banque, la Banque, la Banque... chante une fois encore la Germano-Europe, comme Carmen, lisant les cartes, chantait : la Mort, la Mort, la Mort...

En réalité, nous sommes aujourd'hui en Italie face à un crise comparable à celle qu'a connue la IIIe République française naissante, le 16 mai 1877 : un conflit de légitimité entre un président élu par un parlement dont la majorité à été écrasée dans les urnes et la nouvelle majorité.

La seule différence, de taille, c'est que le président italien est la marionnette d'une puissance étrangère.

Car Mattarella n'a pas refusé de nommer à l'Intérieur Matteo Salvini au motif que sa politique migratoire serait incompatible avec les traités européens ou les droits de l'Homme ; non, il a refusé de nommer Paolo Savona, un éminent économiste de 81 ans, ancien patron et président de la confédération patronale italienne (bref, un révolutionnaire !), ministre des Finances, pour l'unique raison que celui-ci, après avoir été partisan de l'euro, défend aujourd'hui que l'euro est une cage de fer allemande dans laquelle expire l'économie italienne - la pure et simple vérité.

Les masques sont donc une fois encore tombés : c'est l'ordre européen, c'est-à-dire l'ordolibéralisme allemand, qui conditionne désormais, partout en Europe, l'exercice du suffrage universel, qui contraint les choix des électeurs - en application du théorème Juncker énoncé au moment de la "crise grecque" : pas de démocratie contre les traités européens. C'est-à-dire pas de démocratie du tout. Explicitement désormais, le rite électoral est désormais limité à un concours de mode destiné à désigner le plus jeune, le plus avenant ou le mieux habillé parmi ceux qui ont accepté de conduire la seule politique acceptable - déterminée ailleurs, par la Caste qui sait mieux que les peuples ce qui est bon pour eux, hors de tout contrôle démocratique, et pour l'éternité des temps. Et c'est encore mieux si c'est un banquier et le plus soumis aux volontés de l'Allemagne : Macron, par exemple.

Une fois de plus, la preuve est faite que ce qu'il est convenu d'appeler l'Europe est incompatible avec la démocratie. Et comme on ne la changera plus, comme on ne la réorientera plus, parce qu'elle a été précisément conçue, dès l'origine, pour servir exactement à quoi elle sert, soit on choisit la démocratie et on sort de l'euro et de l'UE, soit on choisit de rester dans l'UE et l'euro et on enterre la démocratie.

C'est bien là qu'est le noeud gordien de la question italienne qu'il faut trancher, si l'on ne veut pas voir mourir la démocratie en Italie comme ailleurs en Europe. Hier soir, en meeting à Naples, Luigi di Maio, le leader du M5S n'a pas dit autre chose : "Pour revenir aux urnes, nous n'avons pas besoin du drapeau du mouvement, mais du drapeau italien, car dans ces couleurs il y a le peuple italien et la souveraineté appartient au peuple italien, pas au peuple allemand."

Alors ? Gouvernement "technique" (sous-entendu "neutre", alors qu'on nomme à sa tête un idéologue de la soumission aux dogmes allemands) sous la houlette de "Monsieur Ciseaux" pour gagner quelques mois et surtout mettre l'Italie à genoux devant les marchés, afin que la majorité trouve une situation dans laquelle elle aura pieds et poings liés. Forcer la Ligue et M5S à prendre l'engagement de rester dans l'euro où ils seront ligotés, et pilonner que la sortie de l'euro conduirait les Italiens à la ruine, à la pauvreté, à la faillite. Alors que c'est juste le contraire : la sortie de l'euro est la condition du redressement italien. Jouer autant qu'on peut sur la trouille durant ce répit.

Mais si ça foire ? Comme en France en 2005, comme en Grèce pour le référendum (car si plus de 61 % des Grecs ont dit Non en 2015, ce n'est certes pas qu'ils étaient tous pour une sortie de l'euro, mais vu l'intense propagande, du matin au soir et du soir au matin, leur pilonnant qu'un Non signifierait la sortie de l'euro et l'expulsion de l'UE, c'est bien qu'ils en ont assumé le risque). Comme avant le Brexit et les prévisions d'une Tamise rouge de sang et des nuages de criquets ravageant le Yorkshire si les Britanniques votaient Leave.

Alors, à l'instar du président monarchiste Mac Mahon en 1877 refusant de confier le pouvoir à la majorité républicaine élue en 1876 et qui choisit finalement de démissionner après que les urnes eurent renvoyé une majorité républicaine à la Chambre en octobre 1877, le porte-manteau germano-européen Mattarella devra bien se soumettre ou se démettre (selon les mots de Gambetta, à Lille, le 15 août 1877, durant la campagne électorale) si le peuple italien confirme son choix dans un nouveau scrutin.

Or c'est ce qu'indique le premier sondage réalisé depuis la crise institutionnelle déclenchée par le porte-manteau Mattarella puisque la Ligue (qui est bien autre chose qu'une extrême droite comme en témoigne le fait qu'Alberto Bagnai, économiste qu'on ne peut classer à droite a été élu sénateur sous cette étiquette) gagnerait 10 points, passant de 17,3 % à 27,5 %, tandis que le M5S se tasserait de 32,7 % à 30 % : la coalition déjà majoritaire dont le porte-manteau refuse de nommer le gouvernement, représentant donc près de 60% du corps électoral. Sans compter qu'une des extrêmes droites, Fratelli d'Italia, partenaire lors des dernières élections de Berlusconi et de la Ligue, s'est déclarée hier opposée aux décisions du porte-manteau et disposée à entrer dans la coalition.

Que peut-on dire, dès lors, sinon que la politique germano-européenne du porte-manteau est en train d'élargir et de cimenter un bloc patriotique, face aux partis de l'étranger (pour reprendre l'expression de "l'Appel de Cochin" lancé par Chirac en 1978) : effondrement du berlusconisme à 8 % et stagnation du PD sous 25%.

Pour tout vous dire, j'étais plutôt sceptique sur la capacité et la résolution de la coalition italienne à résister aux pressions de l'Euro-Germanie (le traumatisme de la trahison Tsipras n'est pas près de s'effacer chez moi et je crois n'être pas seul dans ce cas) ; il n'en est pas moins indubitable que le refus de cette coalition de passer sous les fourches caudines du porte-manteau me paraît de bon augure pour la suite... à hauteur de ce qu'une concession sur la nomination du ministre des Finances aurait représenté d'incapacité ou d'absence totale de volonté, avant même d'accéder au pouvoir, à résister aux pressions de l'Eurogermanie.

Quant au résultat du vote à venir, il est évident que le porte-manteau ayant explicitement refusé de nommer le ministre des Finances en raison de son hostilité à l'euro, plus le réflexe patriotique sera massif, et plus le mandat de rupture avec cet euro donné à la nouvelle majorité confirmée sera clair.

Et il faut dire que, pour entretenir et développer ce réflexe, on peut compter sur la morgue et la bêtise politique crasse de la Caste eurogermanique. Car ils sont tellement bêtes, tellement coupés des réalités, des peuples, tellement étrangers au patriotisme et aux gens que leur politique torture et tue chaque jour, tellement sûrs d'eux-mêmes et dominateurs, qu'ils vont peut-être finir par faire péter leur bastringue... A la manière dont la Nomenklatura soviétique a tué l'URSS et provoqué son effondrement.

Ainsi, hier, on apprenait par un tweet de l'interviewer (sur la Voix de l'Allemagne, la Deutsche Welle) du commissaire allemand Günther Hermann Oettinger que celui-ci lui avait déclaré : "Les marchés vont apprendre aux Italiens à voter correctement".

Voilà qui est dit sans complexe ! La caste eurogermanique - et sa branche française, la clique Macron - répudient désormais toute hypocrisie dans la brutalité de ses propos. Ils sont à ce point hors sol, qu'ils ne se rendent même plus compte de ladite brutalité qui révèle aux peuples le hideux mufle de leur dictature bancocrate au service de l'ordolibéralisme allemand.

Il faut dire que le coco Oettinger, commissaire chrétien démocrate du IVe Reich, n'en est pas à son coup d'essai. Dans mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, paru fin 2016, j'écrivais ainsi à son propos : "À l’Économie numérique, Juncker nomme l’Allemand Günther Hermann Oettinger. Comme ministre président du Land de Bade-Wurtenberg, celui-ci avait déclenché, en 2007, une violente polémique par son éloge funèbre, fort ambigu, d’un de ses prédécesseurs, forcé de démissionner en 1978 à la suite de révélations sur son passé de juge sous le IIIe Reich. Puis en 2011, Oettinger (« canard boiteux » dont le gouvernement s’est débarrassé en « l’expédiant » à Bruxelles, selon un document de l’ambassade américaine à Berlin révélé par Wikileaks) avait proposé qu’on mette en berne, devant les bâtiments de l’Union, les drapeaux des États endettés et même de remplacer les fonctionnaires grecs supposés incompétents par des fonctionnaires européens…"

Quant au tweet, démenti pour la forme (ce qui ne trompe personne sauf les gogos qui sont toujours d'accord pour avaler une couleuvre après l'autre), sitôt qu'on s'est aperçu des ravages qu'il allait provoquer dans l'opinion italienne, l'im-Monde de chez nous le qualifie de gaffe. Quel humour ! Le quotidien de la Caste regrette encore, lui, qu'on dise la vérité toute crue : c'est contre-productif ! Mais ce n'est pas une gaffe, Messieurdames de l'im-Monde, c'est bien un système de gouvernement ! (NB : la réponse du Commissaire du IVe Reich serait en réalité : "Ma préoccupation est, et mon attente est, que les prochaines semaines montreront que les marchés, que les emprunts d'Etat, que le développement économique de l'Italie pourraient être si radicaux qu'ils constitueraient un signal possible pour les électeurs, de ne pas choisir les populistes de gauche et de droite"... ce qui revient exactement au même !)

D'ailleurs, la presse de la métropole allemande du IVe Reich ne dit pas autre chose. Elle remet ça avec entrain et sans le moindre complexe. Ainsi, après les PIGS, le Club Med, et les fainéants voleurs de Grecs, l'ami Lenny Benbara nous apprend-il, dans Le Vent se lève que : "l’hebdomadaire des élites allemandes, ''Der Spiegel'', a publié un éditorial dans lequel on explique que la Ligue et le M5S sont «des piques-assiettes» et en remet une louche : «Comment pourrions-nous définir autrement le comportement d’un pays qui demande de financer le farniente et qui menace ensuite ceux qui sont sommés de régler leurs dettes ? Au moins, les clochards disent merci quand on leur donne quelque chose.» "

Mais on est loin du racisme, n'est-ce pas ? Et l'Europe c'est la paix... Sauf quand il s'agit de taper sur la gueule de ces salauds du sud.

jeudi 10 mai 2018

Cheval et lavabo...

La chancelière du Reich remet le prix du Reich à son Gauleiter français...

Ca me rappelle cette réponse de Pierre Juillet à Chirac, après que celui-ci l'eut remercié pour son rôle dans la conquête de la mairie de Paris : « c'est bien la première fois qu'un cheval remercie son jockey ».

Un peu plus tard, le même Juillet (d'autres attribuent la saillie à Marie-France Garaud, mais l'un étant l'alter ego de l'autre et réciproquement...), désabusé sur les qualités du poulain, aurait dit aussi : « Je le croyais taillé dans le marbre dont on fait les statues. Je me suis rendu compte que c'était du marbre dont on fait les lavabos »... Enfin, lavabo, c'est la version pour oreilles enfantines, on dit que la réalité se trouverait quelque part entre « chiottes » et «bidet » : qui fera jamais la lumière sur ce point... savoureux de l'histoire ?

En tout cas, « il se croyait » au lieu de « je le croyais » et ça peut resservir tel quel aussi.

mercredi 9 mai 2018

Vingt mille lieues sous les mers

Et pendant ce temps-là, Merkel vend six sous-marins dernier cri à Erdogan (et la technologie qui lui permettra d'en fabriquer d'autres) - sans doute histoire de foutre un peu plus le bordel en Egée et autour de Chypre : l'Europe, la paix, la solidarité, tout ça, tout ça...

Enfin, on ne pourra plus dire qu'il n'y a pas de retour sur investissement sur l'argent filé à Erdogan par l'Union européenne au titre de l'aide aux migrants.

lundi 5 mars 2018

Elections italiennes et suicide du SPD allemand

Depuis hier soir, la gogoche éclate rituellement en cris d'orfraie, en imprécations ou en lamentations sur le retour du péril noir en Italie. Il faudrait, un jour, que cette gogoche s'avise que l'effet mécanique du merveilleux projet européen, auquel cette gogoche collabore par principe (que, au mieux, et en dépit de tout évidence et bon sens, elle prétend réformer ou refonder) et dont elle ne parvient à percevoir ni la nature intrinsèque ni qu'il est vital de s'en débarrasser, c'est sa propre mort - cérébrale puis physique.

Car en transférant la souveraineté de la nation, qui vote et choisit entre des projets concurrents, à l'échelon européen où les décisions sont prises par des organismes apatrides, inféodés à l'Allemagne et aux lobbys économiques, hors de tout contrôle démocratique réel (le prétendu parlement européen n'est pas un Parlement et ne le sera jamais), ce projet européen vide l'échelon national de toute prise sur les questions essentielles de la vie de la nation, du peuple.

Et du coup, il vide aussi de toute légitimité et de toute utilité une gogoche dont la légitimité et l'utilité étaient de prétendre changer la condition réelle, la vie réelle des catégories populaires. Puisque, en acceptant, pire en coproduisant, le cadre européen, cette gogoche se prive du même coup de toute possibilité d'action réelle sur la condition et la vie de ces catégories. Puisque, au nom du projet européen, elle collabore avec fidélité et zèle au démantèlement de toutes les protections et redistributions dont la conquête a constitué sa raison d'être.

C'est la raison pour laquelle, partout en Europe, les peuples se détournent de la gogoche, que la gogoche est la première victime de ses propres choix européens, et qu'elle laisse la place à des partis qui ne sont fascistes que dans les fantasmes de la gogoche. Ces partis qui naissent et grandissent partout, à cause du vide généré par le suicide européen des gogoches, sont des partis d'un type nouveau, aux thématiques et à la sociologie composites, dont les caractéristiques dépendent du contexte national dans lequel ils se créent et se développent.

Crier au fascisme, comme crier au loup, ne sert à rien et ne mène nulle part. Ce qui mène quelque part, c'est de comprendre enfin qu'il n'y a aucun avenir, économique, social, démocratique dans l'Union européenne, que l'Union européenne est une machine à faire de l'inégalité, de la pauvreté, du désespoir, du pouvoir oligarchique sans contrôle et que si nous voulons, partout en Europe, sortir de l'impasse politique actuelle, il faut avant tout sortir de l'Union européenne.

Ce n'est pas une condition suffisante - le débat politique entre projets concurrents reprendra ensuite - mais c'est une condition absolument nécessaire. Et tandis que la gogoche SPD allemande a continué, hier, à creuser sa tombe en reconduisant la GroKo merkellienne, les élections italiennes du même hier n'en sont qu'une preuve supplémentaire.

Spécifiquement sur l'Italie, victimes des choix européens mortifères de la caste politique qui a reçu, hier, une cuisante leçon, cet article de mon ami Frédéric Farah.

lundi 26 février 2018

Roule, roule, train du plaisir !

Il est fort, tout de même, Toto ! D'abord il commande un rapport au mec qui a privatisé Air France en sachant parfaitement ce qu'il y aura dans le rapport. Un taliban de la privatisation, de la rentabilité et de la baisse des coûts ne va pas prendre la défense du service public.

Donc le taliban rend son rapport avec un énôrme chiffon rouge : la suppression des petites lignes.

Puis Doudou du Havre intervient, main sur le coeur et oeil de velours : moi, la suppression des petites lignes, jamais ! Les yeux dans les yeux des Français, je jure... Tu vois comme je sais écouter la sourde protestation qui monte des profondeurs du pays ! Mais du coup, il faudra avaler le reste.

C'est à dire les GOPE de l'UE sur le ferroviaire.

Le truc des actions incessibles : impayable, si j'ose dire ! Combien de fois, déjà, il a servi ?

Quant aux petites lignes, je m'en lave les mains. C'est aux régions de s'en démer... Mais pas un sou de plus pour les régions - GOPE obligent.

Et puis faut bien réformer, le monde a changé. Ben oui, Doudou, et puis il n'y a bien sûr qu'une seule façon de réformer : en obéissant au doigt et à l'oeil à Bruxelles et Berlin.

Sainte TINA priez pour nous !

Reste la dette... On verra ça plus tard ! quand ils auront fait les efforts nécessaires.

Vous reprendrez bien un petit clystère ? Il est prescrit par ordonnance berlino-bruxelloise. A la grecque !

Non, moi je vous dis, Toto il est fort. Et si on ne réagit pas maintenant, on l'aura pour 10 ans. Minimum !

Roule, roule, train du plaisir !

PS... juste pour la plaisir !

La fille qui doit avoir une carte de journaliste puisqu'elle dégoise sur une chaîne dite, par antiphrase, d'information en continu, pose sa dernière question à un syndicaliste : "Donc vous êtes prêts à prendre les usagers en otage ?"

C'est vrai que, dans ce pays, les écoles de journalisme ont fait du bon boulot.

lundi 12 février 2018

Schadenfreude...

En deux jours papa Schultz vient de se vautrer dans les grandes largeurs : après avoir juré que le SPD ne regouvernerait pas avec Merkel puis avoir négocié avec Merkel un accord de gouvernement, après avoir juré qu'il ne serait pas ministre puis annoncé qu'il prenait les Affaires étrangères à son gute Kamerad Sigmar Gabriel, il a été obligé de renoncer à son ministère et perdu la présidence du parti.

Quant à Mutti Merkel, qui a abandonné le ministère des Finances au SPD, elle est dans le collimateur de ceux qui, dans son parti, voient là, la concession de trop et veulent se débarrasser de celle qui aura réalisé les pires scores électoraux de son parti depuis l'après-guerre et réussi le tour de force de faire perdre à la CDU-CSU le monopole des droites.

Mais ce que j'adore, dans cette affaire, c'est l'argument du leader de l'aile radicale de la CDU, Jens Spahn qui a manifestement l'étoffe d'un Schäuble : "Je ne voudrais pas que le Premier ministre grec Alexis Tsipras ouvre le champagne parce que certains s'imaginent qu'avec un ministre SPD on va pouvoir à nouveau faire plus de dettes et moins de réformes".

L'obsession grecque des Teutons est décidément fascinante !!!

Reste à savoir ce que décidera la base du SPD le 4 mars : Grosse Ko or not Grosse Ko, that is the question ! Et ça n'a pas l'air joué d'avance, les jeunes du parti faisant activement campagne pour le Nein. De toute façon, et Merkel parviendrait-elle à insuffler la vie à cet avorton gouvernemental en gestation depuis bientôt 5 mois, que sa Grosse Ko me paraît bien mal partie...

Schadenfreude, je vous disais.

vendredi 22 décembre 2017

Bonne fin d'année à tous mes lecteurs

Comme d'habitude, nous partons sur notre île pour le changement d'année.

Deuxième changement d'année depuis le début de l'ère Syriza... L'espoir qui semblait pouvoir affranchir le peuple grec de l'esclavage eurogermain à la fin de 2014 paraît si lointain...

Cette fin d'année est marquée, en Grèce, par deux faits assez significatifs d'un état d'esprit.

J'ai parlé ici maintes fois du processus massif de spoliation à l'oeuvre en Grèce sous gouvernement eurogermain dont Syriza s'est fait la docile courroie de transmission. La confiscation de biens immobiliers (environ 200 000 d'après la presse grecque) pour dette est depuis des mois un des sujets centraux de la vie quotidienne en Grèce. Et les ventes aux enchères faisant suite à ces confiscations sont régulièrement l'objet de mobilisations populaires dans les tribunaux empêchant leur tenue. Tellement régulièrement que le gouvernement de gôche dite radicale a d'abord pris des dispositions pour que ces ventes puissent désormais se dérouler par Internet.

Mais c'était manifestement insuffisant et la direction eurogermaine du pays a fait savoir qu'il fallait aller plus loin afin d'accélérer le processus.

Hier, le gouvernement de gôche dite radicale a donc fait passer à l'Assemblée une loi punissant de 6 mois de prison ferme quiconque voudra essayer d'empêcher le déroulement de la mise aux enchères.

Ainsi va la gôche radicale en régime d'Union européenne.

Le second événement a eu lieu la nuit dernière et vient après d'autres (notamment l'attentat contre le banquier Papadimos, bénéficiaire du coup d'Etat eurogermain qui licencia le Premier ministre élu Papandréou en 2011 pour le remplacer par cet ancien vice-président de la BCE) du même genre. Il s'agit d'un attentat à la bombe - d'une puissance respectable et qui a fait des dégâts matériels importants - contre la Cour d'appel d'Athènes. Un commando de quatre personnes, filmées par les caméras de surveillance, revêtues de tuniques blanches, portant casques de chantier, le visage masqué, a déposé la bombe et tiré à la kalachnikov en direction du gardien. La presse grecque évoque une Organisation révolutionnaire d'autodéfense...

Que la violence eurogermaine, relayée par le gouvernement Syriza, débouche sur des violences de la part d'une partie de la population, exaspérée, dans une société où la mouvance anarchiste a toujours été présente, voilà qui ne saurait étonner. Elles pourraient d'ailleurs - opportunément - justifier une rétractation de l'Etat de droit et des libertés individuelles et publiques dont il apparaît chaque jour davantage que - à l'inverse exact de son discours officiel - l'Union européenne est le vecteur.

D'autant qu'à ces menaces s'ajoutent celles d'une Turquie manifestement de plus en plus agressive. Pourquoi donc le gouvernement grec a-t-il invité Erdogan à Athènes ? Il faut croire que l'unique but (puisque c'est l'unique résultat) était de permettre au président turc (150000 fonctionnaires révoqués, 50000 personnes emprisonnées depuis le coup d'Etat bidon de 2016, des condamnations qui tombent comme à Gravelotte par dizaines d'années, à la suite de procès iniques, des observateurs européens interdits d'entrer dans la salle d'audience où vient de commencer celui des deux principaux dirigeants du Parti démocratique des peuples dont le crime a été de recueillir 12,96 % des voix aux législatives de juin 2015 et qui risquent respectivement 83 et 142 ans de prison...) de répéter haut et fort, en Grèce, comme il le fait en toute occasion depuis six mois, que le traité de Lausanne (1923) est caduc - c'est à dire que la Turquie ne reconnaît plus ses frontières avec la Grèce.

L'amateurisme de l'équipe au pouvoir à Athènes est décidément confondant ! Car les responsables grecs ont feint la surprise et le mécontentement. Mais que diable pouvaient-ils attendre d'autre ?

Puis cette semaine le ministre des Affaires étrangères turc a déclaré devant la Grande Assemblée nationale que la Turquie "récupérerait" des (les?) îles de l'Egée, que ce soit par la négociation... ou par la force.

Et que dit l'Union européenne, dont la Turquie occupe et colonise déjà, depuis 1974, le tiers d'un de ses Etats membres ? Rien. Les négociations d'adhésion ne sont ni rompues ni suspendues. Juncker ne déclarait-il pas, au lendemain du coup d'Etat bidon, qu'il s'agirait là d'une grave erreur ?

Là encore, on voit tout l'attachement de l'UE aux droits fondamentaux, à la liberté de la presse et d'expression....

La même UE continue d'ailleurs à financer largement le régime Erdogan (qui fut l'indispensable allié de Daesh...), en plus des 6 milliards alloués en 2015 par la chancelière du Reich pour que le sultan mette fin à son chantage aux migrants. Au titre de l'Instrument de préadhésion, la Turquie aura reçu - sans aucune contrepartie et au mépris de prétendus principes de l'Union - en 2020, 10,64 milliards d'euros depuis 2002... sans compter non plus les programmes méditerranéens. Et dans une opacité totale d'usage par les autorités turques (enrichissement personnel, utilisation clientéliste par l'AKP, le parti islamiste d'Erdogan), opacité régulièrement dénoncée - sans la moindre conséquence - par la Cour des comptes de l'Union.

Joyeux Noël et bonne fin d'année !!!

mardi 5 décembre 2017

Euro et déflation

Je répondais tout à l'heure à une réaction de Philippe, un lecteur habitant la Grèce, à un de mes précédents posts. Il me disait son impression de voir quelque chose comme un regain d'activité qui donnerait raison à la propagande du redémarrage.

La première chose qu'il faut dire - et il le dit lui-même en citant Cosco ou Vinci - c'est que, si redémarrage autre que conjoncturel il y avait, il ne profiterait guère aux Grecs à la fois du fait de la spoliation des biens publics et privés organisée par ce qu'il est convenu d'appeler l'Europe, de la vaporisation du droit du travail (voir l'article auquel je renvoyai hier sur les pressions de Lafarge ce processus conduit par la même Europe), des salaires de misères versés irrégulièrement, des pensions sans cesse réduite... le tout empêchant évidemment tout redémarrage de la consommation intérieure qui, dans les pays développés est le moteur principal de toute croissance (évaluée je crois, en général à 60 %). La déflation imposée à la Grèce, et qui va encore s'aggraver avec les 78 mesures auxquelles je faisais allusion avant-hier, empêche et empêchera tout redémarrage substantiel et durable de l'économie grecque.

Ce que nous voyons en revanche, en Grèce comme en France, au Portugal ou en Espagne, et qui permet, en Grèce comme ailleurs en Europe du sud, aux trompettes de la propagande d'entonner l'air triomphal de la reprise, c'est l'effet-retard de la dévaluation de l'euro, de plus de 20 % de l'été 2014 (autour de 1,35 dollar) au printemps 2017 (1,05) - dévaluation du tiers de sa valeur si on se place par rapport aux plus haut de 1,5935 de juillet 2008 (taux de change absurde et totalement insupportable pour toutes les économies de la zone euro sauf l'allemande, l'autrichienne et peut-être la néerlandaise.

Cette dévaluation de l'euro est la seule responsable de la relative embellie d'aujourd'hui - relative car, insuffisante, elle n'a permis que de freiner la dégradation, ou au mieux de stabiliser la situation sur des niveaux très bas.

Mais depuis, l'euro est reparti à la hausse ! D'un peu moins de 15 % en six mois, puisqu'il est désormais autour de 1,18 dollar. Mécaniquement, lorsque l'effet retard de cette s de cette réappréciation se fera sentir, la dégradation reprendra.

Je vous recommande de regarder la vidéo que vous trouverez en cliquant sur ce lien, elle explique de manière singulièrement claire comment l'euro est structurellement déflationniste et d'autant plus fortement qu'il s'agit d'économie faible. Comme vous le verrez dans cette vidéo, le taux actuel de l'euro est viable pour la France, il ne l'est ni pour l'Italie (qui aurait besoin d'une monnaie à parité avec le dollar), ni pour le Portugal (taux de change optimal 0,91), ni a fortiori pour la Grèce dont le taux de change devrait probablement se situer, en fonction de ses fondamentaux et de la violente déflation destructrice de potentiel productif qu'elle subit depuis huit ans, autour de 0,8-0,85, soit une surévaluation de l'ordre de 40 % ! Comment voulez-vous qu'une économie redémarre sans moteur de consommation intérieure -étouffé par la déflation - et avec une monnaie qui inflige à ses exportations un handicap de compétitivité de l'ordre de 40 %. C'est parfaitement absurde ! C'est comme si vous demandiez à un athlète de courir une course avec un boulet de 40 kgs attaché à la cheville...

En toute logique européenne de l'absurde - celle qu'on applique aux pays du sud depuis qu'ils sont entrés dans l'euro -, ce déficit de compétitivité devrait donc être compensé par de nouvelles baisses de salaires et de pensions - de l'ordre de 40 %. Mais ces nouvelles baisses, en étouffant un peu plus l'activité, détruiront de nouveau de l'emploi et du potentiel productif. Du coup, la monnaie dont le taux de change est totalement découplé des performances de l'économie grecque, puisque ce taux de change est fixé par les marchés essentiellement en fonction des performances des économies dominantes de la zone, sera toujours et de plus en plus en plus surévaluée, ce qui conduira à de nouvelles coupes...

Ceci s'appelle la spirale déflationniste : c'est elle qui a plongé les Etats-Unis de la crise boursière de 1929 à la Grande Dépression, jusqu'à la rupture de cette spirale infernale par Roosevelt ; c'est elle qui, mise en oeuvre en Allemagne, avec une particulière imbécillité, par le chancelier Zentrum (l'équivalent de la CDU de Merkel et Schäuble) Brüning, fit en quelques mois du groupuscule nazi le premier parti d'Allemagne et amené Hitler au pouvoir.

Comme toujours lorsque j'écris sur l'état de ma pauvre Grèce, et très sincèrement, j'espère avoir tort. Mais je n'y crois pas. Nous verrons bien...