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jeudi 2 février 2017

Aveuglement de caste...

Même l'intérêt électoral a du mal à l'emporter sur la solidarité de caste.

C'est instructif. Mais le problème est en réalité d'une tout autre ampleur : c'est que cette caste, qui depuis 40 ans a abandonné tous les leviers réels de l'action politique à Berlin, sous prétexte d'Europe, n'est pas que politiquement faillie, elle l'est aussi par son mode de vie hors sol qui l'empêche de voir combien ses turpitudes, qu'elle considère comme des à-côtés normaux, indissociables des fonctions publiques qu'elle monopolise sans avoir parfois jamais eu aucun contact avec la vie réelle (Fillon n'a jamais vécu hors de ce bocal), sont devenus insupportables pour le peuple... auquel elle ne cesse de prêcher le sacrifice - au nom du réalisme.

L'impuissance, le privilège et la morgue ne font pas bon ménage : il y a dans tout cela quelque chose de l'autisme d'une cour qui ne voit ni l'effet dévastateur de l'affaire du collier de la reine ni, 40 ans et une révolution plus tard, du milliard des émigrés, celui d'un Guizot qui refuse d'entendre la rumeur montant des banquets républicains, celui de la fête impériale ou de l'insouciant carrousel ministériel de la IVe envoyant au casse-pipe le contingent en Algérie...

mardi 28 octobre 2014

Non !

Aujourd'hui, 28 octobre : jour du Non à l'ultimatum italien de 1940, qui débuta l'une des pages les plus glorieuses de l'histoire grecque. Attaquée par l'Italie fasciste depuis l'Albanie, l'armée grecque, mal préparée par le régime fasciste qui s'était installé à Athènes par un coup d'Etat en août 1936, l'armée grecque, inférieure en nombre et en équipement, résiste victorieusement et repousse l'agresseur loin à l'intérieur du territoire albanais.

C'est la première victoire de la 2e guerre mondiale contre un pays de l'Axe. C'est une victoire décisive dans le cours de la guerre puisqu'elle forcera Hitler à intervenir dans les Balkans au printemps 1941, les résistances grecque et yougoslave l'obligeant alors à retarder son offensive contre l'URSS. Quant à la résistance des Crétois, elle dissuadera le haut-commandement allemand de toute opération ultérieure aéroportée d'envergure. Du coup, les armées allemandes n'arriveront pas devant Moscou avant l'hiver et il manquera beaucoup d'avions perdus en Crète pour ravitailler Stalingrad...

La résistance grecque face à l'agression italienne puis allemande en 1940-1941, avant la Résistance populaire puis armée durant l'Occupation qui sera l'une des plus précoces et des plus puissantes en Europe, est donc un événement majeur du second conflit mondial. Elle n'est pas le fait du régime, dont les atermoiements diplomatiques empêcheront l'aide anglaise de monter assez en puissance avant l'attaque allemande : le régime et le commandement fascistoïde de l'armée ne veulent pas faire cette guerre que leur impose Mussolini. Cette victoire est avant tout le résultat de l'élan patriotique de tout un peuple, malgré des élites aussi inclinées à la trahison des intérêts nationaux qu'aujourd'hui. Et c'est cet élan que figure cette gravure d'Alivizatos Tassos représentant la mobilisation civile des femmes d'Epire sur lesquelles reposa largement l'alimentation des combattants de l'armée d'Albanie en armes et en munitions, par des chemins de montagne difficilement praticables.

mardi 3 juin 2014

Monsieur Bricolage fait du mécano

Ce type est une calamité...

C'est tout de même un tour de force de réussir à transformer une réforme indispensable en une improvisation aux résultats absurdes, concoctée au fil de marchandages hasardeux entre des féodaux rances qui ne représentent que leurs propres intérêts, sans la moindre once de consultation des populations, sans réflexion préalable sur les enjeux économiques et symboliques.

Au fait : pourquoi pas une région Midi-Pyrénées-Pas-de-Calais ???

Et pour ajouter la cerise sur le gâteau, Mr Bricolage informe du haut de son empyrée, ses bon peuples, par voie de communiqué des résultats de son lamentable mécano, en concédant que le Parlement pourra en délibérer (!) mais qu'il ne va pas falloir tergiverser... On comprend pourquoi au PS, quand il est parti, même les chiottes ne fonctionnaient plus (dixit Martine Aubry).

Décidément, chaque jour davantage, il mérite le surnom d'Hollandréou dont l'avait affublé Alexis Tsipras lorsque, au lendemain de son élection, déjà courageux, il avait refusé de recevoir ce dernier, de peur de provoquer un froncement de sourcil de la chancelière du Reich.

Ce type n'est pas seulement une calamité ; il devient un danger pour la République.

vendredi 30 août 2013

Leçon de démocratie aux Communes

L'article 35 de notre Constitution prévoit bien que "La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement", mais l'astuce, depuis des décennies, c'est que les guerres ne sont plus déclarées. L'exécutif, en France, peut donc engager des troupes sur des théâtres extérieurs sans que le Parlement ait à se prononcer. Ce qui est évidemment contraire à la démocratie comme à l'esprit des constituants de 1958. Pour légitimer ce déni de démocratie, on a donc récemment introduit, à l'article 35, des alinéas scélérats qui disposent que : "Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote."

Et hop ! le tour est joué... Puis on ajoute : " Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort."

Il s'agit là d'une prérogative, exorbitante en démocratie, de l'exécutif et qui a été introduite sous prétexte de "renforcer les droits du Parlements !" puisque, auparavant, l'exécutif n'avait pas même à informer l'Assemblée si la guerre n'était pas déclarée. Sophisme, bien entendu, car en 1958, hors les accords de défense ratifiés par le Parlement, il était hors de question que des armées françaises fussent engagées sur un théâtre extérieur sans déclaration de guerre.

Au contraire, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, s'il n'a pas de Constitution, a lui un vrai Parlement - mère de tous les Parlements contemporains - ainsi qu'une vraie et longue culture parlementaire. Il est donc inimaginable pour un Anglais que le Premier ministre puisse engager la vie d'un seul soldat britannique, pour une quelconque raison, sans que le Parlement ait donné son aval. C'est toute la différence entre une Constitution qu'on déforme pour mieux pouvoir en violer l'esprit, et un usage que nul gouvernement britannique n'oserait enfreindre !

Or un vrai Parlement, ça sert, parfois. C'est ce que nous ont montré les Communes hier soir, en infligeant une cuisante gifle à Cameron, successeur du menteur Blair qui avait affirmé que des armes de destruction massive irakiennes étaient braquées sur Londres et pouvaient être tirées en moins d'une heure.

Tous nos va-t-en-guerre de socialistes expéditionnaires et de journalistes à la botte et à la cervelle de moineau devraient en prendre de la graine, eux qui n'ont pas encore compris, après le Kosovo, l'Afghanistan, l'Irak, la Libye (et même le Mali où les succès islamistes ont été la conséquence du désintérêt pour les problèmes politiques et économiques de ce pays créés par les frontières coloniales, exacerbés par les politiques d'ajustement criminelles du FMI et la mondialisation libérale, instrumentalisés par les islamistes, de l'irresponsable opération de Libye qui a disséminé les armes et d'une résolution ONU stupide, présentée par la France, laissant le champ libre six mois aux islamistes) que les guerres soi-disant "justes" ou soi-disant humanitaires ne réglaient rien, qu'elles ne faisaient qu'aggraver les situations, ajouter du chaos au chaos, de la cruauté à la cruauté, des morts aux morts, et rendre des solutions politiques encore plus improbables. Il faut en finir avec cette illusion de l'usage unilatéral de la force par le soi-disant Axe du Bien contre les méchants.

Si on avait sérieusement discuté avec la Russie depuis deux ans, au lieu de tout faire pour l'ignorer ou passer par dessus les intérêts légitimes d'une puissance qui, que cela nous plaise ou non, après avoir été humiliée par l'Occident pendant une décennie et demie, est redevenue une grande puissance, si au lieu des menaces et des invectives on avait discuté sérieusement avec l'Iran, qui n'est ni meilleur ni pire que nos chers alliés saoudiens et qataris, et qui est une grande nation (ce qui n'est le cas ni de l'Arabie ni du Qatar qui sont des sociétés anonymes fondamentalistes aux mains d'un clan, qui financent la plupart des terroristes et qui tueront demain les chrétiens de Syrie comme ils ont tué ceux d'Irak grâce à l'invasion anglo-américaine), quel que soit son régime, si on ne s'était pas illusionné depuis dix ans sur le rôle régional délétère de la Turquie, son impérialisme néo-ottoman et son islamisme soi-disant modéré, la question de Syrie ne serait à l'évidence pas arrivée là où elle en est et serait peut-être même déjà du passé.

mercredi 12 juin 2013

L'Europe tue la démocratie en Grèce

Depuis hier et, dans la même journée, l'annonce de la fermeture et la fermeture par décret, sans même consultation du Parlement, sous la pression de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne), de l'audiovisuel public - chaînes de télévision nationale, pédagogique, internationales, stations de radio publique nationales et locales) - entraînant la mise au chômage immédiat de plus de 2200 personnes, le gouvernement grec a franchi un pas supplémentaire dans sa dérive autoritaire, a attenté une fois de plus à l'Etat de droit, a supprimé un élément essentiel du droit à l'information et du pluralisme politique. C'est désormais clairement la dictature qui se profile à l'horizon du coup d'Etat - rampant et permanent - que constitue la politique européenne Merkhollande imposée à ce peuple martyrisé depuis plus de trois ans.

Depuis hier, je fulmine et j'enrage. Parce que depuis hier il est clair que, sous le masque de l'Europe, c'est bien la bête immonde qui se tapit, plus dangereuse encore lorsqu'elle est costumée en fonctionnaire européen plutôt qu'en nervis au crâne rasé. Alors ce soir je suis un peu moins malheureux de lire, sur le site Okeanews qui mène le même combat que moi, l'appel d'Etienne Balibar.

Qu'enfin s'élèvent des voix françaises contre les ravages et les conséquences incalculables pour les peuples européens, et d'abord pour le peuple grec, de la politique conduite par ce qu'on appelle "l'Europe" ! Il est plus que temps que cesse le silence complice des intellectuels sur les crimes contre la souveraineté, la liberté et la démocratie qui se commettent sous couvert d'Europe.

Merci à Etienne Balibar !

"Au moment où le FMI recon­naît à demi-mots que les pri­va­ti­sa­tions et restruc­tu­ra­tions impo­sées par la Troïka en échange des prêts sup­po­sés réduire la dette sou­ve­raine grecque condui­saient en fait le pays à la ruine, la même Troïka – dont font éga­le­ment par­tie la Commission Européenne et la BCE – est venue à Athènes renou­ve­ler ses exi­gences. Elle l’a fait en des termes tels que le gou­ver­ne­ment grec a décidé de pré­ci­pi­ter l’asservissement de la Grèce à la dic­ta­ture néo-libérale de l’intérieur et de l’extérieur. La fer­me­ture bru­tale de la Télévision publique (ERT), par des méthodes qui relèvent du coup de force, consti­tue à la fois une atteinte gra­vis­sime à la liberté d’expression et d’information, contraire aux trai­tés fon­da­teurs de l’Union Européenne, et un nou­vel exemple de la façon dont celle-ci est en train d’évoluer vers l’autoritarisme au mépris de l’intérêt de ses peuples. Nous, citoyens euro­péens, ne pou­vons et ne devons pas l’accepter. Nous appe­lons tous nos conci­toyens à cla­mer leur indi­gna­tion et à sou­te­nir la grève géné­rale des tra­vailleurs et des jour­na­listes grecs. Nous exi­geons de nos repré­sen­tants à Strasbourg et à Bruxelles qu’ils imposent immé­dia­te­ment la réou­ver­ture de l’ERT et la reprise de ses émis­sions. Le moment est venu de mettre un coup d’arrêt à la des­truc­tion de la nation grecque, ainsi qu’à la déna­tu­ra­tion de l’Europe par ses propres gou­ver­ne­ments sou­mis au dik­tat de l’oligarchie financière."

jeudi 21 mars 2013

Les bancocrates euro-allemands déclarent la guerre à la démocratie

Les malfrats de Bruxelles, de Berlin et de Francfort ont clairement, ce soir, déclaré la guerre à la démocratie. le Parlement chypriote ayant, hier, refusé le hold-up sur les épargnants qu'ils avaient planifié, Draghi, le bankster de Goldman Sachs passé à la tête de la BCE a décrété, d'après les mots de Jacques Sapir "un « blocus » économique, c’est-à-dire dans les termes du droit international à une action qui équivaut « acte de guerre »."

Cette fois les choses sont donc parfaitement claires ; il s'agit pour la nomenklatura euroallemande de nier le principe même de la souveraineté populaire.

A cette attaque frontale, deux mouvements politiques français - seulement ! - ont sauvé l'honneur, le Parti dit socialiste persévérant dans sa ligne de capitulation tous azimuts qui le conduira, j'en suis convaincu, à plus ou moins brève échéance, dans la même poubelle de l'histoire que son homologue grec le Pasok.

Pour Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) : "Par cette déclaration de guerre, la BCE montre son vrai visage : celui d'une oligarchie devenue folle et suicidaire. Mario Draghi sera le Néron de l'Union européenne. A l'image de tous ces technocrates de Bruxelles et de Francfort, il refuse de voir son monde s'effondrer et dans sa chute est prêt à entrainer l'Europe dans le chaos."

Quant au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, je suis particulièrement heureux que l'accélération de la crise le conduise, ces jours-ci, à clarifier enfin son discours sur l'euro et l'Europe.

Sa déclaration de ce soir montre en effet une nette évolution vers... mes positions.

"La décision du banquier central Mario Draggi de ne plus alimenter Chypre en euros jusqu’à ce que Chypre capitule intervient pourtant après un vote souverain du parlement national. C’est un acte d’agression inacceptable. Il montre que l’euro est non seulement un luxe Merkelien couteux mais aussi un dangereux moyen d’action contre la souveraineté d’un peuple. Il s’agit d’un abus de pouvoir, certes mais aussi d’une alarme qui doit être entendue. La France ne peut cautionner cette violence sauf à l’autoriser contre elle-même le cas échéant. S’il faut désormais choisir entre la souveraineté du peuple et celle de l’euro, la France doit choisir le peuple. La décision du banquier central est un tournant dans l’histoire de l’union européenne. Elle impose un choix : soit changer le statut de la banque centrale et donc celui de l’euro pour sécuriser la souveraineté des peuples, soit renoncer à l’euro Merkel."

Reste encore à constater que toute réforme est impossible, ce qui relève de l'évidence - avec ou sans Merkel. Et que l'urgence est donc pour nous, comme pour beaucoup de peuples et d'économies en Europe, de recouvrer notre souveraineté monétaire et de sortir d'un euro mortifère qui n'a été, par sa conception même, et dès sa création, qu'un instrument de la nouvelle forme de l'impérialisme allemand.

L'erreur historique de Mitterrand d'avoir conclu, aux conditions de Kohl, le funeste et scélérat traité de Maastricht, nous aura coûté très cher. Une croissance molle ou pas de croissance du tout durant 20 ans, l'asphyxie de nos exportations, l'accumulation d'avantages compétitifs exorbitants pour l'Allemagne grâce auxquels elle a accumulé des excédents commerciaux qui sont notre dette, la ruine pure et simple de l'Europe du Sud, la destruction systématique depuis quatre ans, en Europe du sud et en Grèce notamment, de la protection sociale, de l'Etat de droit, de la démocratie, l'esclavagisation des travailleurs et la déstructuration de la société qui aboutira au chaos - comme dans l'Argentine de la fin des années 11990.

Ce processus Chevènement et Séguin l'avaient prévu et en avaient prévenu au moment du référendum sur Maastricht. Leur analyse a été vérifiée point par point. Le drame politique de ce pays aient qu'ils n'aient pas su restructurer le débat politique autour de ce clivage fondamental. Hollande mène la même politique que Sarkozy parce qu'il est convaincu, comme lui, même si c'est pour des raisons différentes et même s'ils divergent sur les modalités, que ce carcan doit être maintenu. Mais ce carcan nous conduit aujourd'hui à la mort de la démocratie, à la destruction de l'Etat social, à une logique de guerre civile déclarée par les plus riches à tous es autre et, au final, à la guerre tout court. Il est donc aujourd'hui vital de rompre avec cette logique de souffrance et de mort.

vendredi 9 novembre 2012

Champignons de Paris polonais et giroles américaines...

Mon marchand de fruits et légumes n'a plus que des champignons de Paris... de Pologne et des giroles... des Etats-Unis d'Amérique.

Merci à l'euro surévalué d'au moins 40% qui enlève toute compétitivité aux produits français (bricolages de TVA ou pas) et dont la seule justification est de garantir la valeur des fonds de pension des retraités du Reich (oh, pardon, d'Allemagne) !

Merci au grand marché européen de la connerie !!

Merci au libre-échange du masochisme européen, seul espace commercial au monde a être ouvert à tous les vents !!!

Et après, on s'étonnera que le déficit commercial ne cesse de gonfler la dette, et on nous répétera qu'il faut de la "rigueur", c'est-à-dire de la récession avec au bout, comme en Grèce, la suppression de l'Etat social et de la démocratie pour être compétitifs !

jeudi 27 janvier 2011

Fillon contre l'euthanasie

"Déjà que la populace veut être payée pour travailler et qu'elle prétendrait, paraît-il, toucher des retraites à rien foutre !

Autrement dit, elle refuse de crever au boulot et voudrait en plus mourir quand ça lui chante ?! Vous avouerez que les gens n'ont aucun bon sens et manquent totalement de logique !

En tout cas, il faut mettre le holà rapidement à toutes ces fadaises : on leur donne le petit doigt et le lendemain ils réclament le bras.

Non mais à ce train-là, je vous assure, les bonnes femmes vont pas tarder à réclamer la pilule et le droit d'avorter.

Manquerait plus que les pédés veuillent se marier, aussi !!!???"

dimanche 19 décembre 2010

Madame de Romilly est morte

Et c'est une grande perte pour l'hellénisme, la science, l'humanisme.

Pour avoir eu la chance de l'interviewer longuement (en 2002 à la demande de le revue franco-hellénique Desmos-Le Lien qui a publié cet entretien dans son numéro 10-11), sur le thème "la Grèce ancienne pour penser l'avenir" je puis de surcroît témoigner de sa gentillesse, de sa bienveillance, de son exquise manière de vous mettre à l'aise, et de son incroyable familiarité avec les Anciens. Nous avions rendez-vous à 14h00. J'arrivai à 13h50 et la trouvai, confus, assis dur les marches d'escalier du hall de son immeuble : elle m'attendait là parce que, si elle m'eût attendu chez elle, le temps de trouver l'interphone avec ses yeux qui ne voyaient plus guère, elle m'eût fait attendre... quelques minutes !

Au fil de notre entretien, Mme de Romilly m'avait cité Hésiode, et j'avais eu l'incroyable surprise en retournant au texte lors de la mise au point la version écrite de notre entretien de constater qu'elle l'avait cité... littéralement, sans la moindre approximation. Ses yeux l'avait trahie, pas sa profonde connivence avec ses écrivains qui sont si loin et dont le message est souvent si actuel. Je lui avais également demandé si, pour les conférence qu'elle préparait alors sur Hippocrate, elle se faisait aider par un étudiant qui aurait sans doute été ravi d'un tel privilège. Elle m'avait aussitôt répondu que non, qu'une telle aide eût pu se transformer en handicap si l'étudiant n'avait pas rangé à sa place exacte chaque livre dans sa bibliothèque et que d'ailleurs, sa véritable bibliothèque était sous ses cheveux blancs, qu'elle n'avait besoin de l'autre que pour des vérifications, qu'à cela ses yeux presque éteints, mais pas totalement, et sa machine à lire suffisaient.

Mme de Romillly était de ces rares remparts qui nous restent contre la barbarie qui nous menace chaque jour un peu plus. Contre la barbarie de ceux qui, depuis des lustres, veulent la peau des études grecques et de l'humanisme et contre qui elle a lutté jusqu'au bout.

Aujourd'hui, je suis triste.

Que les dieux veillent sur vous, Mme de Romilly, et qu'Hermès, psychopompe, conduise avec cette douceur grecque à laquelle vous avez consacré un livre, votre âme jusqu'aux Champs élyséens, au-delà de l'Achéron.

Vous avez bien mérité de la Grèce, de la culture et de l'humanité !

lundi 18 février 2008

Humeurs blogueuses


« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !

Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.

Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».

De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...