OD

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 29 mai 2019

Deuxième semaine grecque à Paris

Mes chers amis de la Librairie hellénique Desmos organisent à Paris, du 9 au 16 juin prochains une deuxième "Semaine grecque". Je n'y serai que par le coeur, puisque je suis au fin fond de l'Egée, mais si vous êtes à Paris, n'hésitez pas !

Lectures, film, concerts, il y en a pour toutes les oreilles !

Demandez le programme en cliquant ici !

Elections européennes, résultats en Grèce

D'abord une petite précision : comme j'avais écrit, à la fin de mon précédent billet, que je ne répondrais pas aux commentaires qu'il susciterait, je n'ai effectivement pas publié les commentaires qu'il a suscités.

Pour le reste, la liste UPR pour laquelle j'ai voté, et pour laquelle je ne regrette nullement d'avoir voté, a progressé en voix de manière significative par rapport aux précédentes élections. Ma conviction reste inchangée - il faut construire aujourd'hui une offre souverainiste qui tienne la route de la nature que j'indiquais dans mon précédent papier - et mes réserves à l'égard de l'UPR également - on ne bâtit pas un pôle à vocation majoritaire en exigeant des ralliements.

Pour le reste, j'en ai un peu marre de la délectation morose du genre : "Oui c'est lui le vrai vainqueur de ces élections, c'est le plus grand politique depuis Mitterrand, on le combat mais il faut bien reconnaître son génie tactique"...

Eh bien Non.

Il a perdu - avec moins de 10% du corps électoral - bien qu'il n'ait rien en face de lui : un RN nul, des gauches de droite atomisées parce qu'elles ont accepté l'UE et l'euro, une droite en décomposition, des idiots utiles écolos, une LFI en errance qui a choisi les élucubrations d'Autain et Obono plutôt que Kuzmanovic...

On en est là parce que l'UE et l'euro ont détruit le champ politique en privant de tout sens et contenu les alternances, et il restera - ce qui n'a rien à faire avec son prétendu génie - si, les souverainistes (qu'on les appelle comme on veut) de droite et de gauche restent incapables de s'unir et de structurer un programme de législature, clair, pour la Libération et d'aller au combat sur ce programme.

Quant à la Grèce, la participation est en baisse par rapport aux dernières européennes (2014) même si elle a sans doute été dopée par la tenue simultanée de municipales et régionales. Et ces trois élections sonnent le glas du pouvoir syriziste qui a été contraint de concéder des législatives anticipées en juillet.

En effet, les scrutins ont donné un écart est historiquement au plus haut (près de 10 %) entre les deux premiers partis, ceci malgré le côté repoussoir du chef de la droite (Nouvelle Démocratie), véritable caricature du vieux système clientélo-clanique. Tsipras, avec sa majorité parlementaire étroite et ne reposant que sur quelques traîtres du parti avec lequel il a gouverné depuis 2015 et qui a quitté la coalition après l'accord de Prespa avec la République désormais dite de Macédoine du Nord, ne pouvait plus maintenir la fiction d'élections allant au terme constitutionnel de sa mandature à l'automne.

Pour autant, la dispersion sur de micropartis, qui traduit le déboussolage complet de l'électorat grec, est telle qu'elle rendrait difficile pour la droite, si reproduction à l'identique lors des législatives anticipées de début juillet, d'avoir une majorité absolue.

Enfin la percée d'une droite nationaliste plus présentable qu'Aube dorée, notamment grâce à l'accord avec la République dite de Macédoine du Nord imposé au peuple grec qui le rejette à une très large majorité, pourrait bien s'amplifier aux législatives.

Le maintien des pasokiens autour de 7,5% devrait néanmoins permettre la reconstitution du gouvernement préSyriza.

Ainsi Tsipras raterait ce que je pense être son objectif: être indispensable à une grande coalition pour laquelle il n'avait pas de mots assez beaux à propos de l'Allemagne. Reste pour lui à décrocher une sinécure européenne !

Ainsi s'achèverait la mission historique de Syriza: avoir fait passer tranquillou ou presque ce que la droite n'aurait sans doute pas réussi à faire passer sans convulsion, y compris l'extension de l'OTAN à la République dite de Macédoine du Nord, et restituer le pouvoir à la droite une fois le sale boulot accompli.

L'autre grande leçon du scrutin c'est la débandade piteuse des dissidents syrizistes. Un peu plus d'1,5 % pour Zoé Kontantopoulou, moins de 0,6 pour Laïki Enotita empêtré à ce niveau dans des querelles d'appareil ! On ne se refait pas... Quant à la liste trompe l'oeil de Varoufonvaréformerleuropepourlafaireplushumaine, qui espérait jusqu'à hier avoir décroché un siège juste au-delà du seuil des 3% (3,1), elle se retrouve, après recomptage à 2,9% et ledit siège va à la droite.

Dimanche, deuxième tour dans les municipalités et régions non pourvues au premier, notamment l'Attique, la plus importante du pays, détenue par Syriza depuis 2014 et qui devrait lui échapper.

Bref, Syriza ce n'est pas seulement la Bérézina de la gauche radicale qui, en régime européen, est une droite comme les autres, c'est un paysage qui, même hors d'Olympie et de Delphes, est un champ de ruines... Et ce n'est pas demain que va commencer la reconstruction.

lundi 20 mai 2019

Élections européennes : que faire ?

Et d’abord quel est l’enjeu au plan européen ?

Il s’agit d’élire des représentants français à une assemblée qui n’a de parlement que le nom et ne fait qu’en singer les procédures (voir le chapitre XV de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe intitulé : Le « parlement européen » : une imposture).

L’Union européenne est un monstre antidémocratique au profit duquel on a dessaisi des leviers de toute action sur le réel les représentations nationales et les pouvoirs légitimes issus des élections nationales afin d’en transférer la maîtrise à des instances technocratiques placées hors du champ du débat démocratique.

Les appareils politiques et leur personnel ont été acteurs – ou complices lorsqu’ils étaient dans l’opposition – de cette grande liquidation démocratique qui leur évite d’avoir à gouverner, c’est-à-dire à choisir. Leur rôle se réduit désormais aux aménagements à la marge et au maintien de l’Ordre européen, lorsqu’il paraît menacé par des peuples excédés de voter dans un sens ou dans l’autre pour voir, au final, s’appliquer la même politique. Pour le reste, les exécutifs nationaux mettent en œuvre des politiques prédéterminées par les traités, et les parlements nationaux enregistrent des textes produits « ailleurs » par des instances fonctionnant hors de tout contrôle démocratique réel. C’est d’ailleurs ce qu’ont parfaitement compris les Britanniques, qui ont une vraie culture parlementaire, et c’est la raison essentielle de leur vote en faveur du Brexit.

Au plan européen, l’enjeu est donc quasiment nul. Tout juste la poussée prévisible des eurosceptiques et eurocritiques de différentes obédiences contraindra-t-elle sans doute les conservateurs et socialistes qui règnent en connivence sur l’hémicycle à partager les sinécures avec les libéraux, voire avec les écologistes. Cela compliquera sans doute un peu le fonctionnement de cette chambre, mais n’aura aucune conséquence réelle puisqu’elle n’a, dans les faits, aucun pouvoir.

L’imposture de la réforme

Chacun sait par ailleurs que cette Europe ne sera pas réformée parce qu’elle est irréformable. Et parce qu’elle a été construite pour servir exactement à quoi elle sert : priver les peuples de toute prise sur le réel et sur leur destin au profit d’une oligarchie économique, seule patronne de cette Europe. Il n’y aura jamais 27 ou 28 exécutifs pour, soudain, ensemble, avoir la révélation qu’il faut remplacer, au centre de cette construction, la sacro-sainte concurrence par la coopération, faire un euro plus humain ou je ne sais quelle autre fadaise.

Les pays qui bénéficient du détachement des travailleurs – indispensable soupape qui leur évite de graves troubles sociaux – bloqueront toujours la réforme du système des travailleurs détachés, et il en va de même sur tous les sujets. Ainsi le rapport pathologique que l’Allemagne, du fait de son histoire propre, entretient avec la monnaie exclut-il toute réforme de l’euro, monnaie dysfonctionnelle qui ne cesse d’enrichir les pays les plus forts et d’asphyxier les plus faibles.

L’UE et l’euro sont un carcan et on ne réforme pas un carcan : on le brise et on s’en libère, ou on y crève.

Il est donc hors de question pour moi d’apporter mon suffrage à l’une quelconque des listes (LFI, PP-PS, Hamon-Varoufakis, PC, LREM, Verts de différentes variantes, LR, DLF, RN) qui accréditent l’idée d’une possible réforme de l’édifice.

La possibilité de l’abstention

Pourquoi dès lors ne pas s’abstenir ? J’ai joué avec cette idée et de très bons amis opteront pour cette solution sans que cela me choque le moins du monde.

Pour l’un, se plaçant sur un plan très général qui est à mes yeux le plus convaincant, il n’y a plus aucune raison de participer à aucun vote, toute élection étant devenue un simulacre dans le cadre européen où les peuples ne décident plus de rien d’essentiel. C’est, dans la Rome républicaine, la plèbe se retirant sur l’Aventin afin d’arracher des droits aux omnipotents patriciens.

Pour d’autres, il s’agit de délégitimer l’institution à laquelle on nous demande d’envoyer des représentants. Cet argument-là me paraît plus faible. Comme historien, je ne me souviens d’aucun exemple de boycottage d’élection ayant entraîné la moindre conséquence politique positive. Comme historien, je garde le souvenir du boycottage des premières élections grecques d’après-guerre par le parti communiste et les forces démocratiques qu’il avait groupées autour de lui au sein de la Résistance, et ceci pour les meilleures raisons du monde. Le résultat fut que les droites emportèrent 235 sièges sur 354 et que les gouvernements s’appuyant sur cette majorité purent imposer « légalement » toute sorte de régressions, mener une guerre civile, interdire le parti communiste.

Ajoutons qu’aux dernières élections européennes, les taux d’abstention dépassèrent 65 % (Roumanie, Portugal, Lettonie, Hongrie), 75 % (Pologne, Slovénie, Croatie) pour atteindre 80,5 % en République tchèque et 87 % en Slovaquie, sans que cela remette le moins du monde en cause la pérennisation du système : l’oligarchie se moque de la légitimité. Ce qui l’intéresse, c’est qu’un simulacre de parlement – quelles que soient les conditions de son élection – valide les décisions qu’il sera chargé de valider. Dans ces conditions, l’abstention ne change en rien la donne. Ce qui peut la compliquer, c’est qu’un nombre important d’élus soient résolus à compliquer le fonctionnement de la machine à validation.

L’enjeu intérieur

Si l’enjeu de ce scrutin au plan européen est faible, il se double d’un enjeu intérieur : alors que depuis un an le pouvoir macronien est confronté aux conséquences de sa désastreuse politique, de sa pratique tyrannique du pouvoir, de son insupportable arrogance désormais associée à un autoritarisme qui… crève les yeux, quand il n’arrache pas les mains.

L’élection européenne est donc un moyen de sanctionner le gouvernement.

À cet effet, l’abstention me paraît inopérante : vu l’état pitoyable du commentaire politique dans ce pays, on se lamentera durant cinq minutes sur le taux d’abstention en moulinant quelques imbécillités sur le vote obligatoire, puis on passera la soirée et les jours suivants à gloser sur la victoire de celui qui arrivera en première position.

Cette victoire sera évidemment, comme le reste, un dérisoire simulacre. De quelle victoire parle-t-on dans une situation où celle-ci est acquise par moins du quart des 40 % prévisibles de votants, c'est-à-dire probablement par à peine plus de 10 % du corps électoral ?

Et si LREM arrive en tête avec ces 10 ou 12 %, alors qu’elle regroupe, de Royal et Cohn Bendit à Raffarin et aux épigones de Juppé, un bloc qui pouvait représenter, il n’y a pas si longtemps, entre 60 % et 70 % du corps électoral, toute l’éditocratie criera au triomphe du tyranneau et à l’illégitimité des Gilets jaunes qui « ont mis le pays à genoux »…

Or, la seule manière d’empêcher ce scénario, c’est de voter RN, puisque le RN est le seul parti en position de ravir la première place à LREM. On peut le regretter, on peut, comme moi, considérer que ce parti est en somme l’assurance-vie du système puisque tant qu’il est là, il empêche une alternative politique crédible d’émerger, mais c’est ainsi et, comme disait de Gaulle, on ne fait de politique qu’avec des faits.

Pour autant, cette solution ne me convient pas. Non que je crois une seule seconde au retour de la peste brune cher aux antifascistes de carnaval. Mais ce parti porte des valeurs qui sont antithétiques avec celles du gaulliste que je reste. Et il est désormais, comme il l’était avant la séquence Philippot, aussi libéral que tous les partis de droite dure.

Alors que faire ?

Comment, en ayant écrit 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, comment en croyant que la libération du carcan de l’euro et de l’UE est la condition nécessaire (même si elle n’est pas suffisante) à la renaissance de la démocratie dans mon pays, à la restauration d’un État social modernisé et efficace, au retour de la France dans le monde, à la reconquête d’une parole libre, de l’indépendance nationale, de la souveraineté monétaire indispensable à la reprise en main par le politique des leviers économiques, à la mise au pas des lobbys… comment pourrais-je ne pas choisir de voter pour une des deux listes qui ont mis au centre de leur discours cette nécessaire libération ?

Se libérer du carcan européen, c’est permettre la reprise d’un vrai débat démocratique, projet contre projet, c’est rendre au peuple la maîtrise de ses choix. Cela ne sera possible que par la construction d’un rassemblement à vocation majoritaire des souverainistes de toutes options politiques (il y avait dans le Comité national de la Résistance des communistes et des gens venant de l’extrême droite d’avant-guerre) et la mise au point d’un programme de législature destiné à relever en cinq ans tous les défis, nombreux et complexes, que suppose cette nouvelle libération de la France.

Le Brexit nous donne à cet égard deux leçons : l’UKIP, en gagnant les élections européennes de 2014, a forcé le pouvoir conservateur, qui n’en avait aucune intention, à organiser le référendum. Car faute de le promettre, les législatives suivantes, dont l’UKIP aurait polarisé la campagne sur l’enjeu européen, risquaient de se transformer, dans le système électoral britannique de scrutin majoritaire de circonscription à un tour, en déroute pour les tories. Mais également pour le Labour car, aux élections européennes et pour le référendum, l’UKIP et le Leave ont fait leurs meilleurs scores dans les bastions populaires travaillistes (alors que le Remain faisait le plein chez les bobo blairistes), qui s’apprêtent d’ailleurs à voter massivement pour le nouveau Parti du Brexit, créé par Nigel Farage après le virage de l’UKIP vers la droite radicale.

C’est donc en faisant la jonction avec des électorats conservateur et travailliste qu’a été imposé puis gagné le référendum.

La seconde leçon, c’est que, si on laisse aux partis traditionnels le soin de conduire la libération, une fois la victoire acquise sur le principe, ils la convertissent en reconduction de l’asservissement.

Plus que jamais nous avons donc besoin d’un rassemblement qui met au centre du débat politique la nécessité de l’affranchissement et qui soit préparé à le conduire. Et là-dessus, tout reste à faire.

Un choix qui ne vaut pas ralliement

Réglons d’abord la question Philippot. Si on lit les sondages, il semble que sa liste soit la moins éloignée du seuil permettant d’obtenir des élus. Et je ne crois pas que Florian Philippot soit de près ou de loin un fasciste, un antidémocrate, un partisan du régime autoritaire (ce qui en revanche n’a rien d’évident pour Macron !). Mais il a fait une erreur tactique de taille : croire qu’en faisant de l’entrisme au FN il allait en changer le code génétique. La démonstration est faite que c’était une impasse, et le sera encore davantage quand la nièce succédera à la tante.

Philippot est donc aujourd’hui marqué, à tort ou à raison ce n’est pas le problème, d’un stigmate, et ce serait une erreur aujourd’hui que le souverainisme soit associé à cette marque-là.

La question se pose différemment avec l’UPR de François Asselineau. Il est évidemment absurde, si on lit les textes produits par ce parti, si l’on écoute son président à côté duquel je me suis retrouvé une fois en débat, d’y trouver des traces de droite extrême. Asselineau est en réalité une figure très (trop ?) classique de la vie politique française, énarque passé en politique par le biais de cabinets ministériels – de droite dans son cas. Lui reprocher telle ou telle amitié politique d’il y a 10, 15 ou 20 ans est aussi privé de sens que de reprocher à Jean-Luc Mélenchon d’avoir été sénateur socialiste et d’avoir voté Oui au traité de Maastricht. Chacun a son parcours et celui d’Asselineau, comme celui de Mélenchon, s’est fait dans le cadre des institutions démocratiques.

Quant aux militants de l’UPR, j’ai, comme tout souverainiste qui n’est pas membre de ce mouvement, eu maille à partir avec des excités, parfois agressifs, au zèle excessif et, au final, contre-productif. Passons. Je vois aussi que ce parti est l’un des rares à avoir une force militante réelle portée par des convictions fortes. Si je me suis joint à son cortège du 1er mai, c’est aussi que je voulais y voir de plus près. J’y ai vu des gens de tous âges, des personnes issues de l’immigration brandissant fièrement le drapeau tricolore et aucun crâne rasé, beaucoup de jeunes racontant facilement comment ils avaient été européennement formatés dès le collège et comment ils avaient pris conscience du mensonge. J’ai parlé avec des gens me disant que leur premier engagement politique avait été chez Montebourg, chez Chevènement, à la LFI…

Alors voilà, c’est décidé : je voterai UPR.

Non que je crois au destin d’Asselineau ! Assurément l’homme n’est pas sans qualités : il connaît les textes et ses dossiers. Trop, pourrait-on dire ; son discours est trop techno, trop juridique pour percer dans l’opinion, même s’il me semble qu’il commence à s’en affranchir. Il a surtout eu le grand mérite de prendre enfin à bras-le-corps la question de la sortie. Mais il n’articule aucun récit, ne donne corps à aucun imaginaire. On ne fait pas plus rêver un peuple avec un taux de déficit budgétaire qu’avec l’article 50 du traité…

Cet article, d’ailleurs, est un de mes points de désaccord avec l’UPR : on a vu de quel piège il s’agissait avec le Brexit. La libération ne peut être qu’un acte unilatéral, rapide, radical. Car si la France force la porte de la cage, la cage explose. Ensuite, on ira voir les autres pour négocier avec eux ce qu’on peut garder, dans un cadre strictement intergouvernemental.

J’entends aussi toutes les réserves, les critiques, les intelligentes analyses sur les défauts et les insuffisances de l’UPR. Et pour certaines, je les partage. En outre, comme je ne cesse de l’expliquer aux militants UPR avec lesquels je suis en contact sur Facebook, on ne se décrète pas CNR à soi tout seul, on ne fait pas un rassemblement par injonction au ralliement, de surcroît quand, malgré une base militante active, on a un socle électoral inférieur, selon toute vraisemblance, à 2 %. Un rassemblement, cela se construit. Que l’UPR et Asselineau aient leur place dans un tel rassemblement relève de l’évidence ; ils ne peuvent pas l’être à eux seuls.

Mais enfin de quoi est-il question le 26 mai ? D’élire un président ? De désigner une majorité au Parlement dont sera issu un gouvernement ? Non. Quoi qu’on vote le 26 mai, cela ne changera rien, ni en France ni en Europe.

Dès lors que j’ai éliminé l’abstention et le vote RN pour « empêcher Macron d’arriver en tête », il s’agit pour moi de dire que je crois indispensable pour mon pays, pour mon peuple, pour la démocratie, de nous libérer de l’euro et de l’UE. Et pour cela, je n’ai à ma disposition qu’un bulletin : celui de la liste UPR.

Je pense que cette prise de position va provoquer des réactions… disons contrastées, sans doute hostiles, de la part de gens aussi sincères dans leurs convictions souverainistes que je le suis ou que le sont les militants UPR. Je n’y répondrai pas, non par mépris, mais parce que je m’interdis de polémiquer avec qui que ce soit qui partage la conviction que la France doit briser les barreaux de cette nouvelle prison des peuples qu’est l’UE. Nous aurons un jour ou l’autre à travailler ensemble. Je ne veux pas insulter l’avenir.

dimanche 19 mai 2019

Au fond de la poche droite...

Pour tous ceux qui, dans ce monde de brutes, voudraient passer un superbe moment de lecture, entre un moine et un chiot, dans un monastère perdu sur un rocher battu par les vents et où le moine Vikentios est le dernier survivant, je vous recommande plus que vivement Au fond de la poche droite de Yannis Makridakis, remarquablement traduit par Monique Lyrhans.

La mort de sa seule compagne, la chienne Sissi, plonge Vikentios dans la tristesse, la confrontation avec la mort et la solitude absolue. Mais la chienne est morte en mettant au monde trois chiots... C'est dense, immobile et pourtant si vivant, poignant.

Ce livre est un petit bijou.

Un des avantages de Nisyros, c'est qu'ici je peux me remettre à lire tout en écrivant... ce dont je suis parfaitement incapable à Paris.

Hier soir, après la soupe de poissons maison (poissons achetés au pêcheur le matin), j'ai donc attaqué un livre d'une nature un peu différente mais qui s'annonce déjà passionnant et, pour meszigues, jubilatoire - en plus de la qualité de l'écriture sensible dès les premières pages. Il s'agit de Vers la Révolution. Et si la France se soulevait à nouveau ? de Fabrice Grimal, écrit et publié avant les Gilets jaunes. Sans aucun doute, je serai amené à vous en reparler!

jeudi 9 mai 2019

L'imposteur Tsipras en grandes manoeuvres

Nous voilà donc de retour à Nisyros...

Et à peine arrivés, nous apprenons que l'imposteur Tsipras, vient de sortir de son grand chapeau toute une série de mesures (baisses de la TVA sur ceci, baisses d'impôts, 13e mois ou les pensions...) : il y en a pour tout le monde... mais seulement à partir de 2019 et surtout 2020 !!!

Enfumage préelectoral... L'imposteur n'est plus à une imposture près. Le voilà qui promet le contraire, à moins de trois semaines des élections municipales, régionales et européennes, de ce qu'il a fait depuis 2015, en sachant fort bien qu'il ne sera plus au pouvoir dans six mois et que ce qu'il propose ne sera pas appliqué.

En réalité, la Grèce n'est sortie de rien du tout. Au dernier trimestre 2018, sa dette a atteint son plus haut historique par rapport au PIB (+ de 181 %), son potentiel productif a fondu du tiers, le chômage n'a été stabilisé en trompe l'oeil que par le départ en émigration des plus jeunes ou des mieux formés, perte sèche pour l'économie du pays, l'activité ne redémarre pas et le seul moteur qui tourne encore est celui du tourisme dont les recettes sont délocalisées par le all inclusive alors que les coûts environnementaux, sans cesse plus lourds, sont à la charge du pays, dont les biens publics ont été bradés et tandis que les petits propriétaires vivent une spoliation d'une ampleur inédite en temps de paix...

La dette reste donc insoutenable et il faudra bien entendu, après les élections, demander un nouveau prêt aux institutions européennes qui sera conditionné par un nouveau mémorandum dont la première exigence sera l'annulation des mesures que Tsipras vient d'annoncer ; s'il obtient la confiance de la Chambre pour les mettre en oeuvre.

Mais il faut bien tenter à tout prix de limiter la casse électorale. Depuis un moment déjà, j'écris que l'analyse de Tsipras est sans doute que, puisque la droite discréditée durablement et dirigée par une figure caricaturale du système qui a conduit la Grèce où elle est aujourd'hui ne parviendra sans doute pas à la majorité absolue, Syriza, tout aussi discrédité, doit tout tenter afin d'être assez haut pour être le partenaire obligé d'une grande coalition à l'allemande dont Tsipras a fait de vibrants éloges.

Cette dernière manoeuvre est en parfaite cohérence avec ce schéma. La question qui se pose est de savoir s'il veut "tomber à gauche" tout de suite - il demande un vote de confiance sur sa nouvelle version de 'on rase gratis", mais demain et après-demain - afin de pouvoir faire une campagne "de gauche" à des élections législatives très rapides avant l'été, ou s'il pense que ces mesures en trompe l'oeil lui permettront de tenir jusqu'à l'automne, dans la mesure où il est impossible aujourd'hui à l'eurogroupe et à la Commission Juncker expirante, en pleine campagne européenne puis composition d'une Commission qui va sans doute être très compliquée à constituer avec les commissaires nommés par des gouvernements eurosceptiques et après la poussée électorale des différentes formations non eurobéates, de prendre des mesures immédiates de rétorsion contre un gouvernement Tsipras qui joue donc les affranchis à bon compte.

Exécrable stratège, Tsipras confirme ainsi qu'il est un excellent tacticien. Est-ce que ce sera suffisant vu le niveau de rejet et d'exécration de son gouvernement ? L'avenir nous le dira.