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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. »

Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».

Depuis  sa création, ce blog a eu successivement comme tête de Turc un parvenu mal élevé, une espèce de ridicule Monsieur Prudhomme, et ce Kizyvienne que les medias de service, après avoir fait sa campagne d’une manière éhontée, tentent de nous faire passer pour un intellectuel, alors qu’il est seulement le mandataire d’une caste persuadée de savoir mieux que les peuples ce qui est bon pour eux - ce que, depuis la Grèce ancienne, on appelle une oligarchie. Un représentant bouffi d’arrogance et privé d’intelligence politique (on rapporte que le général de Gaulle disait du patron du Monde : « qu’est-ce qu’il est intelligent, mais qu’est-ce qu’il est con ! »), archétypal de la trahison de ce qu’il est convenu d’appeler les élites qui, sous couvert d’Europe, ont décidé de liquider la démocratie et l’Etat social, de privatiser tous nos biens communs, de soumettre à l’Allemagne et à ses intérêts notre vieille nation recrue d’épreuves depuis plus de mille ans qu’elle a entrepris de se constituer.
Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! cette providence de l’oligarchie grâce à laquelle on a enfin pu vider le suffrage de tout contenu et réduire l'élection à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible. Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui assure la libre circulation des capitaux afin qu’ils puissent filer là où le travail coûte le moins, là où l’impôt est le plus faible ; l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui permet d’importer des travailleurs à bas coût afin de pouvoir enfin démanteler les droits et les protections, de réduire les pensions et ne plus augmenter les salaires de ceux à qui on avait dû tant lâcher pour cause de trouille de la contagion communiste. Enfin, grâce à l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! on peut les soumettre à la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme, ainsi que le montre le laboratoire hellène, dans lequel, depuis 2009, on martyrise, on écorche et on tue ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

jeudi 18 avril 2019

Episode II

Voici donc la deuxième partie de mon entretien avec Olivier Rousseau pour l'excellent site Soverain.

mercredi 17 avril 2019

Notre-Dame, les larmes des crocodiles, la charité des premiers de cordée et le Reich

En rage dès hier soir !!!

Y'a plus de sous ! Alors on a encore dû faire des économies de bout de chandelles sur les travaux à Notre-Dame... "Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes" tonnait Bossuet.

La même histoire qu'avec les incendies meurtriers en Grèce l'été dernier. A force de couper dans les budgets, partout, pour donner confiance à l'Allemagne et payer le coût exorbitant de l'euro qui nous ruine un peu plus, année après année, mois après mois, jour après jour...

La flèche (de Viollet-Leduc, mais peu importe : elle était devenue inséparable de ce monument du coeur du pré carré des rois qui ont fait la France, un monument dont la symbolique nationale dépasse largement sa dimension religieuse, la France de ce monument où fut chanté le Te Deum de la Libération de Paris, en 1944, sous les balles tirées des combles par les nazis et les collabos) s'effondre, le panache de fumée depuis nos fenêtres du XIVe.

La France regarde, éberluée, stupéfaite, cet incroyable symbole de la présidence Macron.

Macron qui prononce trois mots insipides. Qui sonnent faux, comme tout ce qui sort de bouche. Macron qui retient à grand peine, dirait-on, un rictus - sans doute espère-t-il profiter un peu, sondagièrement, de la catastrophe : ces gens-là ne pensent jamais qu'à l'intérêt personnel qu'ils peuvent tirer de n'importe quelle situation, fût-elle tragique.

En rage dès ce matin !!!

Si Pinault (qui s'empresse de faire savoir sa "générosité" à des medias de service qui s'empressent de diffuser l'indécence) payait des impôts à hauteur de ce qu'il devrait payer, la France n'aurait pas à faire organiser par des clowns médiatiques des lotos ridicules ou à aller faire le tapin aux États-Unis pour entretenir son patrimoine, ni à déployer des bâches publicitaires sur les chantiers et attendre les aumônes des Pinault (déductibles de leurs impôts futurs) pour restaurer les chefs-d'oeuvre que nous avons collectivement hérités de notre histoire et qui sont détruits par 40 ans d'impéritie d'un ministère de la Culture qui considère le patrimoine comme une variable d'ajustement budgétaire et de trahison des "élites" françaises, par les coupures de budgets tous azimuts qu'elles ont imposées sous prétexte d'Europe, d'euro et pour donner confiance à l'Allemagne !

Les trahisons, ça se paye !

Moi, pour restaurer Notre-Dame, je suggère plutôt un emprunt forcé sur les gros patrimoines, exilés fiscaux ou pas, remboursable sans intérêt et dans huit cents ans.

Puis je pars donner deux cours à mes chers étudiants retraités de Créteil - le dernier de la saison. Et en sortant je comprends que les exilés et autres optimisateurs fiscaux ont engagé un concours : ce sera à celui qui pisse son fric le plus loin pour justifier ses turpitudes par sa charité et s'offrir, avec toujours la même complicité servile des médias de service, à l'admiration et à la reconnaissance publiques.

Dégoût.

Et l'ectoplasme qui fait fonction de ministre de la Culture, il ne se sent bien sûr ni coupable ni responsable de rien. Surtout pas d'avoir continué à faire du patrimoine une variable d'ajustement aux Diktats du Reich.

Nausée.

Cette nomenklatura vérolée et ses airs de circonstance déplorant les effets des causes qu'elle chérit et a établies en système depuis 40 ans, je n'ai cessé de la combattre, elle me répugne depuis longtemps, désormais je la hais. Elle est la dernière forme en date du parti de la trahison aussi vieux que ce pays. Je ne décolérerai plus jusqu'à ce que ces gens soient chassés, punis - au moins frappés d'indignité nationale.

Et ce soir, il repointe son vilain mufle : mauvais acteur - aussi. Sa prof de théâtre ne devait pas être un as.

Il aurait fait un mauvais curé: homélie nulle. Pathétique.

Et un mauvais chef de projet. Cinq ans, mon oeil ! Même l'archevêque de Paris au JT émet des doutes.

En fait on se demande en quoi il ne serait pas nul. C'est aussi ce que doit se demander sa grande amie la chancelière en fin de vie sous respirateur artificiel qui lui envoie ces jours-ci baffe sur baffe.

Qui ne le baffe pas d'ailleurs ? Même sa justice, celle qui coffre les gilets jaunes à tour de bras pour complaire à l'Eborgneur du Touquet... c'est dire ! qui annule la désastreuse privatisation de l'aéroport de Toulouse qu'il a conduite avant de se faire élire par effraction à la magistrature suprême.

"Bon à rien ? Mais ce serait encore trop dire. Tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout !" (Charpin, dans Le Schpountz).

Comment restera-t-il dans l'histoire ? des yeux crevés, des mains arrachées, Notre-Dame brûlée.

Qu'il s'en aille ! et le plus tôt sera le mieux !!!

Malraux, lui, à une époque où la France était bien moins riche qu'aujourd'hui créa le ministère des Affaires culturelles accomplit en matière de protection du patrimoine (secteurs protégés, nettoyage des façades noires, etc.), de son enrichissement (loi sur les dations), comme d'action culturelle (décentralisation, maisons de la culture...) une tâche titanesque.

La loi programme du 31 juillet 1962 relative à la restauration des grands monuments historiques pour la période 1962-1966, dite loi des 7 monuments, permet d'importants travaux à Fontainebleau, Versailles, Vincennes, Reims, au Louvre, aux Invalides et à Chambord.

La loi du 4 août 1962 sur les "secteurs sauvegardés", permet de protéger les ensembles urbains historiques ayant conservé leur caractère et leur unité architecturale, le plus souvent en centre ville. En 1970, quarante secteurs auront été sauvegardés.

La deuxième loi programme du 28 décembre 1967 sur la restauration des monuments historiques pour la période 1968-1970 concerne une centaine de monuments dont la cathédrale de Strasbourg, Notre-Dame (précisément)et l'abbaye de Fontevraud entre autre.

Ça s'appelait une politique culturelle !

Et c'était autre chose que les ectoplasmes Nyssen ou Riester, liquidateurs de notre patrimoine comme leur patron l'est de la nation tout entière.

La rage ne me quitte plus.

mercredi 10 avril 2019

Hier sur Sud Radio

Hier dans l'après-midi (pourquoi je n'ai pas eu le temps de prévenir les lecteurs de ce blog), j'ai été invité par Philippe Rossi à participer, de 19h00 à 20h00, à son émission "Les Vraies Voix / Seul Contre Tous", en compagnie de Patrick Mignon (Debout la France) et Jean-Marc Guyot (Gilets jaunes constructifs) consacrée au Brexit et à l'Union européenne.

En cliquant ici vous pouvez voir et écouter l'émission sur la page Facebook de Sud Radio.

En cliquant ici, vous pouvez écouter l'émission (sans les images).

La République en Nazes et la Grande Daube Nationale

LREM, c'est quand même un incroyable ramassis de nazes. Voilà donc que l'opposition ose s'opposer: mais quelle audace ! Voilà donc que le Sénat ose contrôler l'Exécutif: mais quel scandale ! Voilà donc que des citoyens mécontents osent faire usage de leur droit constitutionnel de manifester : mais quels séditieux ! Qu'on les éborgne !!! Voilà donc que des parlementaires osent mettre en oeuvre une disposition constitutionnelle pour faire appel au peuple: mais quelle abomination ! Quelle horreur !! Quelle infamie !!!

A part ça, ces gens, à l'imaginaire d'étudiants en école de commerce de catégorie C se rêvant en directeurs des ressources humaines et rêvant de transformer un pays millénaire en province du Reich dépossédé de tout ce qui fait son identité et son existence se réclament de la démocratie, de l'Etat de droit, et du progrès... Le progrès de l'indigence intellectuelle sans doute.

Sinon la Grande Daube Nationale servie par les médias de service depuis des semaines commence sérieusement à puer la charogne : Copions et collons, copions et collons... et vive le débat faisandé.

A part ça, La République en Nazes fabrique une lois contre les fèques niouzes, et la presse de service n'enfinit pas de dénoncer lesdites fèques concoctéées par les complotisssssses, populissssssses et autres méchant nationalisssses...

Nous vivons vraiment des temps parodiques.

vendredi 5 avril 2019

Vieilleries et Etat poule

D'abord, chers amis, si vous voulez visionner mon passage au magazine d'information Focus sur ERT hier soir (ce qui m'a évité de me taper le pensum du Grand Débat avec une écrasante majorité de zozos qui veulent réformer l'UE - on ne réforme pas un carcan, on le brise ou on y crève), c'est ici en replay et à 1h30 du début tout juste ; la traduction simultanée couvre en partie ma voix, bien sûr, mais en prêtant l'oreille, on entend mon propos en français). L'interviewer a eu la bonne idée de me poser des questions sur le couple franco allemand (clin d'oeil à l'amie Coralie Delaume, ''Le couple franco-allemand n'existe pas''). J'en ai donc profité pour mettre le couvert sur l'euro et la nécessité de mettre un terme à l'UE. Il y a aussi Christophe Guilly ou Polony écrasant Guetta dans les passages intéressants... Sapin, Macarian ou le Syrizisme résiduel parisien pour la Voix de son Maître.

Par ailleurs, le quotidien Kathimerini annonce aujourd'hui qu'une lettre a été adressée au ministre de la Culture, il y a un mois, par plus de trente responsables de musées et de services archéologiques régionaux (éphories) et faisant part de leur "préoccupation" concernant la nomination dans les musées et services archéologiques, de personnes n'ayant rien à voir avec l'archéologie, titulaires d'un diplôme en administration publique ou d'un diplôme de troisième cycle en administration de la culture, sans avoir jamais eu la moindre expérience de fouille. Des nominations parfaitement irrationnelles, sauf si on prend en compte l'appartenance partisane des heureux bénéficiaires de ces nominations.

En réalité, en plus du reste, Syriza s'est parfaitement coulé dans le très vieux moule clientéliste qui fonctionnait alternativement au bénéfice de la droite et du PASOK. Il ne l'a nullement répudié, il l'a investi et en a usé à son profit.

En réalité aussi, le but de l'UE et de ses mémorandums n'a jamais été de "réformer" la Grèce ou de la "sauver", mais de liquider son Etat social et de spolier les Grecs de leurs biens nationaux et individuels.

Or, quand vous tuez l'Etat social, au périmètre déjà peu étendu en Grèce en raison des régimes autoritaires des années 1945-1974 qui ne l'avaient pas construit comme cela s'est passé ailleurs en Europe de l'Ouest, vous renforcez mécaniquement ce qu'un sociologue grec a appelé l'Etat poule. Puisque vous n'avez aucune sécurité par le droit, la solidarité, vous tentez de l'acquérir en obtenant un emploi public. Et la délivrance d'un emploi public devient alors un moyen de sécuriser les cadres et les militants méritants du parti au pouvoir.

Un des autres sujets qui agitent depuis quelque temps les medias et l'opinion grecs est l'ascension et l'enrichissement spectaculaires d'un pizzaloio syriziste...

Par ses politiques, l'UE a donc considérablement renforcé les fondements de l'Etat poule clientéliste qui est un cancer pour la Grèce, à la fois parce qu'il rend les services de l'Etat inefficaces et parce que, paradoxalement, il affaiblit la confiance du citoyen (et donc le consentement à l'impôt) dans l'Etat. Le citoyen recherche les faveurs de l'emploi public et en même temps il constate que l'Etat, du fait de son inefficacité, résultat en partie du clientélisme, ne lui rend jamais en services ce qu'il paye en impôt. Cercle vicieux que les dix dernières années n'ont fait que renforcer... et que la droite, avec le clan Mitsotakis à sa tête - champion toute catégorie en matière de clientélisme - continuera à alimenter en récupérant le pouvoir lorsque Syriza aura achevé son rôle historique qui aura été de faire avaler aux Grecs tout ce que la droite n'aurait peut-être pas osé/réussi à lui faire avaler.

Avec une curieuse synchronie, comme c'est désormais souvent le cas en Grèce où l'accumulation des catastrophes produit des effets cumulatifs, on apprenait aussi que Cosco, l'entreprise d'Etat chinoise qui a racheté plus de 60 % du Pirée et souhaite acquérir... le reste et toute une partie de la côte vers l'ouest - tant qu'on y est ! -, ainsi que les autorités s'inquiètent des restrictions aux pharaoniques travaux prévus par les Chinois recommandées par le Conseil supérieur de l'archéologie dont l'avis est... heureusement consultatif : nous voilà soulagés !

Ben oui quoi ! Qu'est-ce qu'ils vont encore nous faire chier avec leurs vieilles pierres et leurs vieilleries dont personne n'a rien à foutre ?! Alors que le grand État communiste de la planète et le seul gouvernement de gauche radicale d'Europe-c'est-la-paix ont de si beaux projets d'avenir !

jeudi 4 avril 2019

Télévision grecque, Soverain, Forum du gaullisme et... la Grèce va mieux !!!

Pour ceux que cela intéresseraient, j'interviendrai le 13 avril prochain au XVe Forum du gaullisme, autour de la question de l'indépendance, sur la question européenne bien entendu. Apparemment, l'ami David Cayla, interviendra dans la table-ronde suivante sur l'économie.

Si cela vous intéresse, le programme détaillé et le bulletin d'inscription - il faut vous inscrire - est ici !

Et ce soir, vers 22h30 - 23h00, je pense, je participerai à l'émission Focus que la télévision publique grecque ERT diffusera de Paris.

Enfin, l'excellent site Soverain publie une critique (fort agréable à lire pour l'auteur) de mes 30 bonnes raisons pour sortir de L'Europe.

Pour le reste, comme on pourra le constater ci-après, et comme le chantait encore ce matin France Inter - Radio Paris, pour mieux dire -, la Grèce va mieux !

La preuve ? On a appris hier qu'à Komotini, dans le Nord du pays, un homme âgé de 38 ans est mort dans l'incendie de sa maison, au 103, rue Labyrinthos. Cet incendie a été provoqué par des bougies, son frère, avec qui il cohabitait, a pu sortir à temps de la maison. L'électricité avait été coupée en raison d'une dette envers la compagnie d'électricité.

La veille on apprenait qu'à Keratsini, au nord du Pirée, le mouvement de résistance citoyenne "Je ne paye pas" (den plirono), qui est en pointe dans le mouvement contre les spoliations/ventes aux enchères de biens immobiliers pour dettes fiscales et bancaires, a rebranché, après une semaine de coupure pour une dette de 1200 euros, l'électricité à une famille monoparentale de deux enfants dont la mère souffre d'une maladie cardiaque invalidante, sur liste d'attente pour la greffe de coeur. Le quotidien Kathimerini indiquait le même jour que, désormais, les patients cancéreux devant être soignés par radiothérapie devront attendre jusqu'à trois semaines pour recevoir leur traitement dans les hôpitaux publics de l'Attique - en raison d'un manque de personnel. Pour Giorgos Pissakas, président de la Société hellénique d'oncologie radiothérapeutique, ces délais qui sont désormais la règle sont "inacceptables", en particulier pour les cancers du cerveau et du col de l'utérus. Il affirme que les vies ainsi menacées pourraient être sauvées par l'embauche de... 25 techniciens.

La semaine dernière, on apprenait que c'était au tour de l'hôpital de Nauplie de voir fermé son service d'urgences, les patients devant désormais faire plusieurs dizaines de kilomètres pour en trouver un. et hier encore le syndicat des hospitaliers POEDIN dénonçai la gravité de la situation dans laquelle se trouve l’hôpital pour enfants de Pentelis (nord d’Athènes) du fait de l’arrêt des actes chirurgicaux par manque d’anesthésistes. Sur les quatre anesthésistes de l’établissement, deux seulement sont en exercice car l’une est en congé de maternité et la responsable du département en congé de formation.

Un ami me disait récemment que nombre de malades rénaux d'Alexandroupoli (nord-est) devaient désormais aller faire leur dialyse à Edirne, en Turquie, POEDIN indique qu'à Arta (nord-ouest) les examens de scanner doivent désormais avoir lieu dans les établissement privés.

Le 2 avril, on apprenait encore, par les données officielles du système d'information Helios (2018) du ministère du Travail, que désormais, 1 138 268 des 2 553 990 retraités perçoivent une pension principale inférieure à 500 euros bruts, soit une moyenne de 364 euros seulement.

Quant au gouvernement, il lance la dernière phase de la vente de 50,1% de la compagnie pétrolière nationale Hellenic Petroleum. La société suisse Glencore, ainsi que l’Américain Carlyle et la Néerlandaise Vitol, accompagnés de la Sonatrach algérienne, figurent parmi les candidats au rachat. La grande braderie continue : tout doit disparaître ! (Merci à Constant Kaïmakis qui fait chaque jour sur Facebook une bien utile revue de presse grecque).

Voilà ce que c'est la vie quotidienne dans "la Grèce qui va mieux" de "Radio Paris ment".

Tout va bien et Tsipras est un grand homme ! d'ailleurs, hier, la Commission a recommandé le versement d'1,1 milliard à la Grèce en échange du vote de l'assouplissement, la semaine dernière, des conditions de saisie du domicile principal pour dettes : on lira une fois encore le papier de l'indispensable blog de Panagiotis Grigoriou.

Sur le fond, la Grèce a eu, depuis 2010 et notamment en 2015, le choix entre deux solutions: la désintoxication par la sortie de l'euro ; les tsipriotes ont choisi d'augmenter les doses de drogue. Toujours plus de destruction du potentiel productif, toujours plus de spoliations et de violences sociales, une dette qui reste scotchée à 180 % du PIB, une natalité qui s'effondre, le chômage qui recommence à augmenter malgré l'émigration massive des jeunes formés, un "retour sur les marchés" en trompe l'oeil puisque la Grèce emprunte à un taux insoutenable (3,9%) au regard du niveau de sa dette et de la destruction de son potentiel productif.

Mais peu importe, le drogué obtient sa dose au prix de nouvelles mesures qui aggravent la situation et augmentent sa dépendance à la came européenne. Et puis comme chacun sait, l'Europe c'est la paix et la démocratie !!!

A ce propos d'ailleurs, on apprend que le Conseil d'Etat trouve parfaitement normal que, dans un débat préparatoires aux élections européennes, France 2 n'invite pas les représentants des deux seules listes souverainistes (Asselineau et Philippot). Pendant qu'on y est pourquoi le Conseil d'Etat ne reconnaitrait-il pas le droit de France 2 à n'inviter qu'un membre de la liste LREM favorable au glyphosate à débattre avec un.membre de la liste LREM hostile au glyphosate ? Ça me paraît largement suffisant comme pluralisme.

Et puis pour les municipales à Paris, seulement les 3 candidats LREM, ça me paraît aussi très convenable.

Comme disait saint Thomas d'Aquin: hors de l'européisme point de salut !

On attend avec impatience que le Conseil d'Etat juge le Parti unique amplement assez pluraliste ! Oui oui, décidément, l'Europe (et Macron) c'est la démocratie et l'Etat de droit !!!

On pourrait ainsi faire de substantielles économies qui donneraient peut-être confiance à l'Allemagne : notre but à tous !

lundi 1 avril 2019

Poissons mais pas que...

Tsipras vient de déclarer qu'il allait mettre en oeuvre dans les six mois qui lui restent (en principe !) la politique de gauche sur laquelle il a été élu il y a quatre ans !

Juncker renonce à l'alcool et Kizyvizenne au sucre en poudre,

Radio Paris à être allemand et L'Immonde à diffuser des fèqueniouzes,

BHV décide de faire de la philo et Castagnettes d'apprendre à compter,

Monsieur Alexandre renonce à violer son contrôle judiciaire et son armoire blindée décide de se rendre à la justice,

Le gouvernement, soudain conscient de son incompétence et de sa nocivité, décide de démissionner en bloc,

Schäuble renonce à manger un petit Grec au petit déjeuner et Guetta à se prétendre journaliste,

Quatremer, touché par la grâce, appelle à la dissolution de l'Union européenne et Ruth se met à poser des questions gênantes aux membre de la majorité sans crever les yeux de son interlocuteur avant de commencer l'interview d'un opposant...

et le mouvement des Gilets jaunes s'essouffle !

Sinon, il y a eu aussi le remaniement d'hier soir - la meuf qui assume de mentir pour protéger Kizyvienne est minister : c'est sacrément bottom up !, histoire d'O, et Amélie ravie de la crêche eurolibérale -, qu'ils ont bien fait d'annoncer le 31 avant minuit, avec son cortège de journaleux de plus en plus pathétiques dans leur tentative de faire passer pour sérieux ce mauvais gag.

Ils ont bien fait aussi de présenter leur liste le 27 mars...

Et puis, ne pas oublier que l'Europe c'est la paix la prospérité ! Et on va la réformer pour la faire encore plus sociale et solidaire !

Mais ce poisson-là a 67 ans : il commence à sérieusement puer la pourriture !

Restent les deux élections d'hier: présidentielle ukrainienne et municipales turques.

De la première, on peut dire que c'est une sacrée réussite de la coproduction Union européenne - Etats-Unis d'Amérique de cette révolution bidonnée qui consista à substituer des oligarques à d'autres et à permettent de s'épanouir, des parades de brutes jusqu'aux hautes sphères du pouvoir, à des antisémites - des durs, des vrais, négationnistes, néonazis certifiés - sans que cela ne déchaîne jamais l'ire de nos moralistes professionnels.

Or donc, hier c'est un comique héros d'une série télévisée où il jouait le rôle d'un président de la République, qui est arrivé en tête de la présidentielle. Incontestablement, nous vivons une période ou triomphe le simulacre : avec Kizyvienne et Castagnettes, comme avec cette présidentielle ukrainienne, on ne devrait plus être très loin du stade ultime.

Pour la seconde, Erdogan s'est donc pris une vraie bonne branlée. Et cela n'étonnera probablement personne, ici, que ça me mette d'une humeur badine.

J'expliquais à l'amie Coralie Delaume, en septembre dernier sur Polony Tv, pourquoi le système AKP était à bout de souffle. Ça se confirme !

Le modèle économique turc est aussi vérolé que l'était le modèle grec, qui faisait en 2006-2007 l'admiration de l'OCDE, du FMI et autres experts qui se plantent systématiquement. Aussi vérolé parce qu'il repose à peu près sur les mêmes bases.

Maintenant, la question est de savoir quel type réponse autoritaire le sultan va apporter à cette magistrale baffe.

vendredi 29 mars 2019

Entretien de Bibi sur Soverain

Le 9 mars dernier, je répondais aux questions d'Aloïs Lang-Rousseau pour l'excellent site souverainiste et qui ne s'en cache pas puisqu'il se nomme Soverain (et pour Infopremière), un site indispensable notamment pour suivre les rebondissements du Brexit puisqu'il traduit régulièrement dans la langue de Molière des articles qui paraissent au royaume de Shakespeare.

Accrochez-vous, il y aura une deuxième partie !

mercredi 27 mars 2019

Grèce : fête nationale sous haute tension

Le pouvoir syriziste n'en finit plus d'agoniser sans l'hostilité d'un peuple qu'il trahi. Trahis les engagements de 2015 : l'espoir est de retour, la dignité nationale, plus un sacrifice pour l'euro, plus un pas en arrière, fin de l'austérité et de l'humiliation.

Trahis les résultats du référendum, trahis la confiance du peuple par la signature et la ratification d'un accord avec l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, sous l'intense pression germano-américaine, afin de permettre l'intégration de l'ARYM dans l'OTAN et l'UE et de poursuivre la stratégie de néo-guerre froide dans les Balkans.

Cette dernière trahison a bien du mal à passer et c'est ce qu'a montré la célébration de la fête nationale du 25 - l'anniversaire du soulèvement de 1821 contre les Turcs.

"L’injustice finit toujours par être vaincue », écrit Makriyannis dans ses Mémoires que le poète Nobel Séféris tenait pour le premier chef d'oeuvre de la littérature grecque contemporaine.

Analphabète imprégné des idées des Lumières, Makriyiannis inventera une écriture pour écrire ces Mémoires sans passer par le filtre d'un érudit (ce qu'ont fait les autres grands capétans de la guerre d'indépendance), dont il était persuadé qu'il le trahirait. Ce personnage m'a fasciné et j'en ai fait le "fil rouge" des chapitres de "La Grèce et les Balkans" consacrés à l'insurrection grecque de 1821 contre les Turcs - que les Grecs commémorent aujourd'hui lors de leur fête nationale - et aux débuts d'un Etat grec à l'indépendance tronquée par les Occidentaux - comme elle l'est aujourd'hui par l'UE. Voici ce que j'écris des débuts de cette insurrection qui fut le début à la fois d'une guerre d'indépendance extraordinairement meurtrière (200000 morts pour une Grèce qui accédera à l'indépendance avec une population d'environ 800000 habitants), d'une révolution politique et sociale, toutes deux inabouties notamment en raison des ingérences occidentales et russe, et de plusieurs guerres civiles... dont la Grèce n'est peut-être pas tout-à-fait sortie encore aujourd'hui...

En Australie, un ministre Syriza s'est fait copieusement hué par la communauté grecque de Melbourne : Traîtres ! est sans doute le mot qu'on aura le plus entendu ce 25 mars, sortir de tant de gosiers populaires. Et le chant militaire "Illustre Macédoine", espèce d'hymne à la Macédoine depuis les guerres balkaniques de 1922-1923 à l'occasion desquelles la Macédoine égéenne fut rattachée à la Grèce, le chant le plus entendu, entonné par la foule ou par des troupes, alors furieusement acclamées, aux quatre coins du pays, comme en défi au gouvernement qui l'avait jugé, cette année, indésirable.

Aux Etats-Unis, aucun ministre ne s'est risqué : les Gréco-Américains avaient, semble-t-il, prévenu qu'il s'exposerait à des manifestations trop peu agréables.

Quant à la Grèce même, avant l'arrivée de Syriza au pouvoir, en 2015, les deux fêtes nationales (25 mars et 28 octobre, anniversaire du Non à Mussolini) avaient à de nombreuses reprises donné lieu à des manifestations d'hostilité à l'égard des politiques au pouvoir - tant qu'on avait pris l'habitude de tenir le peuple soigneusement tenu à l'écart des célébrations officielles. Le 25 mars 2015, après la victoire de Syriza - et avant le référendum et sa trahison par Syriza -, la fête nationale avait pris des airs de Libération. Puis au fil des trahisons, on en était revenu à une hostilité sourde... qui a tourné ce 25 mars, en de nombreux endroits, en manifestations de haine, de rage impuissante: des députés Syriza ont été hués, ont dû être exfiltrés, des heurts plus ou moins violents ont éclaté entre la foule et les forces de l'ordre.

Pour comprendre cette ambiance, pour mesurer la vertigineuse fracture qui sépare désormais le peuple de l'ensemble des partis dits de gouvernement - Syriza au premier chef -, il faut une fois encore lire le papier de mon ami Panagiotis Grigoriou sur l'indispensable blog greekcrisis (aidez-le, si vous le pouvez, il en a besoin pour continuer à nous tenir informer de ce qui se passe là-bas, vraiment, et qui est aux antipodes des discours officiels des Moscovici, relayés par les organes de propagande qui se prétendent d'information... voir notamment les statistiques fiscales en fin de cet article) et regarder les vidéos vers lesquelles conduisent les liens de son article.

Ajoutons encore à cette ambiance, les deux dernières provocation/humiliation d'Erdogan. La veille de l'anniversaire du soulèvement des Grecs contre le sultan ottoman, le néo-sultan, largement financé par l'UE, qui se présente de plus en plus (au fur et à mesure que s'accumulent ses difficultés intérieures) comme le restaurateur de l'ottomanisme, annonce (d'habitude il laisse cette annonce maintes fois répétée à des sous-fifres) une possible re-transformation de Sainte-Sophie en mosquée. Plus grande Eglise du monde pendant des siècles, symbole s'il en est de l'hellénisme chrétien, Sainte Sophie avait été transformée en mosquée après la prise de Constantinople en 1453, jusqu'à ce que Mustapha Kemal en fasse un musée (NB : Sainte Sophie de Trébizonde/Trabzon a déjà été "retournée" au culte musulman).

Puis le jour même de la fête nationale, alors que Tsipras s'était rendu à Agathonissi, une île de l'Egée orientale sur laquelle les Turcs contestent la souveraineté grecque et dont l'espace aérien est régulièrement violé par l'aviation turque, des avions guerre turcs ont "harcelé" l'hélicoptère du Premier ministre sur la route du retour, le forçant à des manoeuvres d'urgence jusqu'à ce que la chasse grecque intervienne. Voilà pour cette "étrange" fête nationale.

Reste l'état de cette Grèce qui, selon Moscovici, la Nomenklatura européiste et ses médias de service, comme selon les Syrizistes résiduels irait de mieux en mieux. Après tant d'autres preuves, voici les dernières statistiques concernant les déclarations de revenus de 2018 :

- les revenus déclarés en 2018 s'élèvent à 73,6 milliards d'euros contre 100,3 en 2010, soit une baisse de 26,7 % ;

- 946 344 ménages appartiennent à la catégorie de revenus correspondant à la classe moyenne contre 1 253 476 en 2017 soit une baisse de près de 25 % en un an ;

- un million de contribuables (dans un pays de moins de 11 millions d'habitants) hébergent chez eux un ami ou un parent ;

- 58,9 % des contribuables déclarent un revenu annuel inférieur à 10 000 euros ;

- 4 ménages sur 10 déclarent un revenu annuel entre 0 et 5000 euros ;

- 644 790 familles déclarent un revenu annuel de 0 euro;

- 19 869 contribuables déclarent un revenu annuel supérieur à 100000 euros.

Après ça, je ne vois même pas comment on pourrait contester que l'Europe et l'euro c'est la paix et la prospérité !

jeudi 21 mars 2019

Samedi à Saint-Malo !

C'est après-demain à Saint-Malo, à l'invitation des Philhellènes de la Côte d'Emeraude, et c'est ouvert à tous !

samedi 16 mars 2019

La vie est belle !

Se piquer la ruche en boîte ou se faire un ouiquende à la neige: y'a des priorités dans la vie !

Les protestations des gueux et un maintien de l'ordre responsable, on s'en tape. On ne peut pas tout faire.

Elle n'est pas belle, la vie ?!

Il est vrai qu'entre ses virées au Maroc ou sur le lac de Genève, quelqu'un manque à La Mongie ! Un seul être vous manque et tout est dépeuplé !

Au fait, où est-ce qu'il fait la bombe, ce soir, le ministre de l'Intérieur ? Je suis sûr, en tout cas, qu'il va mettre le feu à la piste !

Bonne détente, monsieur le ministre ! Bon ouiquende, monsieur le président ! On espère que la vodka est de qualité et la neige bonne - pendant que Paris s'embrase.

A vrai dire, depuis Marie-Antoinette, je ne suis pas certain qu'on ait eu au pouvoir une caste aussi coupée de toutes les réalités, incompétente, irresponsable. Ca en est même chaque jour plus fascinant.

Restent les télés de désinformation en continu qui pleurent à chaudes larmes sur le sort des "commerçants des Champs-Elysées" : multinationales de faux luxe, Qataris, Emiratis, oligarques de tous horizons...

Les mêmes télés pleurent moins sur les commerçants quand ils sont étouffés par les multinationales de la grande distribution.

Maintenant, si vous avez un peu temps (moi, ces jours-ci, il me manque cruellement, ce qui vous explique la rareté de mes billets), je vous recommande quelques lectures et vidéo :

- un passionnant entretien sur le Brexit, à rebours de la doxa bavée continuellement par les chiens de garde de l'Ordre germano-européen dont Le Point fait pourtant partie ;

- une vidéo de l'excellentissime Olivier Passet de Xerfi canal sur la dérive autoritaire du capitalisme néo-libéral. Tant il est vrai qu'on sait, au moins depuis Pinochet et le mémorandum ultra libéral de ses Chicago boys, que la dictature peut être à l'agenda de ceux qui considèrent que l'opposition des peuples à leur idéologie doit être brisée à n'importe quel prix ;

- un article de l'eurofanatique Quatremer, furieux depuis quelque temps de constater que les tares natives de ce qu'il a contribué à ériger en religion conduisent le monstre antidémocratique de l'Union européenne à un inévitable naufrage, et qui, schizophrène, vaticine de plus en plus véhémentement contre ces tares consubstantielles à l'objet qu'il continue à vénérer, consacré aux ramifications et conséquences (jusqu'à un suicide) de la nomination de l'Allemand Selmayr par le poivrot en chef de la Commission, au poste de plus élevé dans la technostructure de l'UE, contre toutes les règles de ladite UE (je fais une exception pour la citation d'un article de Libération, que je boycotte, parce qu'il montre à quel point de déboussolage des eurobéats et des médias de service qui en sont les serviles porte-voix nous en sommes arrivés : le Titanic sombre et l'orchestre a de plus en plus de mal à jouer en mesure la polka du bonheur européiste) ;

- le dernier livre de mes amis Coralie Delaume et David Cayla : 10+1 questions sur l'Union européenne, qui vient de paraître. C'est clair, précis, concis !

La vie est belle !

Se piquer la ruche en boîte ou se faire un ouiquende à la neige: y'a des priorités dans la vie !

Les protestations des gueux et un maintien de l'ordre responsable, on s'en tape. On ne peut pas tout faire.

Elle n'est pas belle, la vie ?!

Il est vrai qu'entre ses virées au Maroc ou sur le lac de Genève, quelqu'un manque à La Mongie ! Un seul être vous manque et tout est dépeuplé !

Au fait, où est-ce qu'il fait la bombe, ce soir, le ministre de l'Intérieur ? Je suis sûr, en tout cas, qu'il va mettre le feu à la piste !

Bonne détente, monsieur le ministre ! Bon ouiquende, monsieur le président ! On espère que la vodka est de qualité et la neige bonne pendant que Paris s'embrase.

A vrai dire, depuis Marie-Antoinette, je ne suis pas certain qu'on ait eu au pouvoir une caste aussi coupée de toutes les réalités, incompétente, irresponsable. Ca en est même chaque jour plus fascinant.

Restent les télés de désinformation en continu qui pleurent à chaudes larmes sur le sort des "commerçants des Champs-Elysées" : multinationales de faux luxe, Qataris, émiratis, oligarques de tous horizons...

Les mêmes télés pleurent moins sur les commerçants quand ils sont étouffés par les multinationales de la grande distribution.

Maintenant, si vous avez un peu temps (moi, ces temps-ci, il me manque cruellement, ce qui vous explique la rareté de mes billets), je vous recommande quelques lectures et vidéo :

- un passionnant entretien sur le Brexit, à rebours de la doxa bavée continuellement par les médias de service dont Le Point fait pourtant partie ;

- une vidéo de l'excellentissime Olivier Passet de Xerfi canal sur la dérive autoritaire du capitalisme néo-libéral : on sait au moins depuis Pinochet et le mémorandum ultra libéral de ses Chicago boys que la dictature peut être à l'agenda de ceux qui considèrent que l'opposition des peuples à leur idéologie doit être brisée à n'importe quel prix ;

- un article de l'eurofanatique Quatremer, furieux depuis quelque temps de constater que les tares natives de ce qu'il a contribué à ériger en religion conduisent le monstre antidémocratique de l'Union européenne à un inévitable naufrage, et qui, schizophrène, vaticine de plus en plus véhémentement contre ses tares consubstantielles à l'objet qu'il continue à vénérer, consacré aux ramifications et conséquences (jusqu'à un suicide) de la nomination de l'Allemand Selmayr par le poivrot en chef de la Commission, au poste de plus élevé dans la technostructure de l'UE, contre toutes les règles de ladite UE (je fais une exception pour la citation d'un article dans Libération parce que cela montre entre autre à quel point de déboussolage des eurobéats nous en sommes arrivés : le Titanic sombre et l'orchestre a de plus en plus de mal à jouer en mesure la polka du bonheur européiste) ;

- le dernier livre de mes amis Coralie Delaume et David Cayla : 10+1 questions sur l'Union européenne, qui vient de paraître. C'est clair, précis, concis !

jeudi 7 mars 2019

La privatisation qui tue : Aéroports de Paris... Signez et faites signez

Le dépeçage en règle de la nation par la bande qui s'est emparée du pouvoir, derrière la marionnette qui siège à l'Elysée, atteint avec le projet de privatisation des Aéroports de Paris un sommet inégalé en France dans la spoliation, par son but comme par ses modalités.

L'un et les autres sont expliqués avec une parfaite clarté dans la vidéo de ce youtubeur : je vous en prie, lecteurs de ce blog, prenez les 12 minutes nécessaires pour l'écouter.

Et je vous en prie, tout de suite après, signez et diffusez à vos proches, à vos amis, la pétition qu'ont rédigée mes amis Coralie Delaume et David Cayla, dont je suis le 4e signataire. Elle a désormais dépassé les 100 000. Il nous faut faire front, en masse, à cette tentative de spoliation d'un actif éminemment stratégique et rentable de la nation par l'oligarchie.

C'est un hold-up ! Dressons-nous !

mardi 5 mars 2019

A un contre trois, hier soir, sur La Chaîne Parlementaire (LCP)

Hier soir, l'émission Droit de suite, sur LCP, diffusait un documentaire sur la genèse des traités de Rome (très légende dorée, évidemment, mais avec parfois quelques répliques qui permettaient de comprendre ce que fut, dès l'origine, la nature de la Chose), puis un débat où je me suis retrouvé seul hérétique face à trois desservants de la secte - Bourlanges, Toscano, Stark.

J'en suis ressorti assez content d'avoir réussi à énerver Bourlanges, et fier d'avoir pu dire quelques mots de la Grèce... D'avoir pu rester calme et souriant, aussi, ce qui a manifestement contribué à énerver ledit Bourlanges, furibard à la sortie du plateau. Furibard aussi parce qu'ils n'ont pas pu dérouler tranquillement leur propagande habituelle.

Il y avait bien sûr tant d'autres choses à dire, mais à un contre trois... j'ai fait ce que j'ai pu ! Et je dois rendre hommage au présentateur, Jean-Pierre Gratien : j'avais la crainte, avant, de n'être qu'un alibi de faux pluralisme (comme c'est si souvent le cas sur les étranges lucarnes), il m'ai laissé développer à plusisurs reprises un propos articulé, a rebondi plusieurs fois sur mes propos, m'a laissé le dernier mot sur l'euro. Bref, il a été parfaitement fair-play, comme dirait un Brexiteur !

Mais ce qui est le plus fascinant, dans cet exercice, ce fut de me faire mielleusement accuser par Toscano de complotisssse, parce que je parlais des archives du Département d'Etat américain ou des flots d'argent américain déversés sur les Saints Pères de l'Europe et les mouvements fédéralistes (ben oui c'est vrai, quoi, la CIA c'est une invention de complotisssse et chacun sait que les Etats-Unis n'emploient que des moyens limpides et honnêtes pour défendre leurs intérêts !)... sans parler de ce qu'il dit de son propre pays.

Enfin ma fierté est d'avoir pu caser trois mots sur le sort de la Grèce. Ce dont je me fais un devoir.

Spoliation et emprunt...

Grèce : nouvelles de la spoliation massive des petits propriétaires (journal Ta Néa).

On apprend aujourd'hui que 40 000 biens immobiliers devraient être confisqués par l'Etat en 2019, en conséquence de l'établissement du cadastre exigé par les créanciers de la Grèce.

En effet, pour s'inscrire au cadastre, il faut aujourd'hui fournir des pièces que beaucoup de Grecs n'ont pas ou plus (droit ottoman, transfert des propriétés ottomanes à l'Etat et occupation par de petits propriétaires grecs qui en ont eu la jouissance puis, sans acte, la propriété, durant le siècle qui a suivi la guerre d'indépendance, destructions de la dernière guerre ou de la guerre civile), il faut aussi se payer les services d'un géomètre pour établir précisément les limites des propriétés (ce que nombre de petits propriétaires paupérisés ne peuvent pas faire), les actes de vente ne portant souvent que des limites imprécises (la nôtre : du jardin de machin à la rue et de la maison de chose au gros arbre...), ce que bien des Grecs ne peuvent plus faire aujourd'hui.

Comme ce cadastre, concédé à une société privée évidemment, est établi par tranches régionales, Ta Néa précise que 15 000 propriétés sont déjà en cours de confiscation et que le rythme de croisière est estimé à 20 000 par an pour les années à venir.

Moralité : l'établissement du cadastre va permettre de spolier légalement les petits propriétaires au profit de l'Etat qui revendra ensuite ces propriétés confisquées, à qui ? Pour quoi ?

N'est-ce pas beau, l'Europe et un gouvernement de "gauche radicale ?

Par ailleurs le dit gouvernement de "gauche radicale" crie victoire : il vient d'emprunter 2,5 milliards d'euros à 10 ans au taux de... 3,9 % ! Alors que les taux sont historiquement bas et inférieurs à 1 % pour la plupart des pays européens.

Ainsi se resserre un peu plus encore le noeud coulant de la dette autour du cou des Grecs.

Car ces intérêts rendent la dette grecque (que la déflation imposée par l'UE et le FMI devait ramener en quelques années sous les 100 % du PIB alors qu'elle reste à 180 %) toujours plus insoutenable, renforcent l'emprise des créanciers et rendent inévitable un énième mémorandum. Mais il faut bien tenir jusqu'aux élections pour que le pigeon électeur aille voter - à droite très probablement par rejet de la clique Syriza, une droite qui mènera exactement la même politique que ladite clique, seule, ou en alliance avec le PASOK, ou en alliance avec Syriza !