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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

vendredi 17 août 2018

Air France

Donc, il n'y aurait pas de Français capable de diriger Air France et il faut payer un Canadien trois fois plus que son prédécesseur pour refuser toute augmentation de salaire aux personnels.

Un Canadien spécialiste du bas coût...

Un Canadien réputé pour son absence d'inclination au dialogue social et sa grande sollicitude pour les actionnaires...

Un Canadien dont la candidature a été poussée par Delta Airlines, actionnaire minoritaire et concurrent d'Air France...

Un Canadien adoubé par l'inénarrable Lemaire.

Vous ne trouvez pas que ça sent très fort la vente des bijoux de famille sous pression euro-allemande, comme d'hab.

Vu que la croissance, mythique, impossible tant qu'on a l'irréformable euro, il va bien falloir vendre, et vendre et vendre et vendre encore le capital social, notre capital commun, pour satyisfaire aux exigences de Bruxelles et Berlin.

Le viaduc de Gênes, les 4000 pompiers grecs en moins qui font tourner un incendie à la tragédie : on s'en b... fout, on continue et on continuera, jusqu'au bout.

Après Alstom et les chantiers de l'Atlantique... bientôt Air France ? Avant ou après la SNCF ? La mondialisation heureuse continue. Enfin, chez nous... Bon vous nous laissez partir le 25 août et après vous pouvez vous mettre en grève tant que vous voulez.

Si, juste, après la définition de traître, la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie française donne l'exemple suivant : "On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l'on méprise toujours les traîtres."

jeudi 16 août 2018

Ah, la faute à pas d'chance !

Ou à ces salauds de peuples du sud qui ne savent pas se gouverner, et qui le seraient bien mieux depuis Berlin, si seulement ils avaient un peu de bon sens !

Et bien sûr, les idiots utiles vont nous dire que ce qui est arrivé à Gênes, c'est à cause de la Mafia, des carences de l'Etat italien, comme l'incroyable mortalité des derniers incendies en Grèce est la faute des constructions illégales et comme ce que subissent les Grecs depuis dix ans, ils l'ont mérité parce qu'ils sont voleurs, fraudeurs, feignants. Comme ce qui arrivera sur un des ponts français identifiés par le rapport du Sénat, ce sera la faute à... Comme ces salopards qui se noient sur les plages françaises, que c'est leur faute ou la faute à pas d'chance: 720 CRS sur les plages en 2002, 460 en 2015, 297 cette année... et un record de 1758 noyades (dont une sur cinq mortelle) du 1er juin au 9 août, soit deux fois plus qu'en 2015, alors que le nombre de CRS est un peu plus d'1,5 fois inférieur. Comme le prochain accident d'aviation en France n'aura rien à voir avec la vétusté du système d'aiguillage aérien (un avion dont on a perdu la trace il y a peu, pendant plusieurs minutes et qui en a frôlé un autre), sur laquelle ne cessent d'alerter les aiguilleurs du ciel, mais qu'on n'a pas remplacé... Parce que y'a pas d'sous ? Ben non, faut bien payer le coût de l'euro. Jour après jour. Mois après mois. Budget après budget. Service public après service public.

Mais non, ça n'a aucun rapport ! D'ailleurs, c'est bien bien simple, rien n'a jamais aucun rapport avec la vérité révélée qui fonde les traités européens et s'est incarnée dans l'euro. C'est la faute à la Mafia, aux Grecs, aux Ritals, à pas d'chance...

Alors trêve de plaisanteries : oui, bien entendu l'accident de Gênes a évidemment une cause principale. Le modèle euro- allemand qui nous détruits, nous nations européennes, nos démocraties, notre Etat social, nos capacités à concevoir et préparer l'avenir, à investir, comme à gérer et entretenir ce que nous avons hérité du passé. Le modèle euro- allemand, c'est-à-dire, la privatisation des infrastructures et des services publics dont le but est dé dégager du cash pour les actionnaires - pas d'assurer la sécurité des usagers. Le retrait de l'Etat, partout, toujours, toujours plus, jamais assez, pour laisser le champ libre aux prédateurs qui ne sont nulle part assez gavés, jamais. Les contraintes budgétaires générées par l'infâme, scélérate et stupide monnaie unique - et ses règles de fonctionnement allemandes, infâmes, scélérates et stupides - qui empêchent l'Etat et les collectivités locales d'investir, d'entretenir, de remplir leurs fonctions - à commencer par la protection des citoyens.

Atlantia, qui avait la concession du viaduc effondré (quels que soient ses défauts de construction, il revient au concessionnaire d'y assurer la sécurité plutôt de que de distribuer des dividendes à ses actionnaires) a aussi racheté les aéroports de Nice, Cannes, Saint-Tropez, elle est pour 15 % actionnaire du tunnel sous la Manche et l'actionnaire italien du tunnel du Mont-Blanc. Elle était favorite pour le rachat d'Aéroport de Paris.

Il faut être bien sourd et aveugle pour prétendre que tout cela n'a rien à voir avec l'Union européenne et le poids écrasant des lobbys à Bruxelles ? Alors que Bruxelles exige la privatisation du rail ou, en France, de quelques trois cents barrages. A Atlantia, qui les entretiendra aussi bien que le viaduc de Gênes ? Il faut être bien anesthésié par l'idéologie germano-européo-libérale pour soutenir que le désengagement de l'Etat de toutes ses fonctions n'a rien à voir avec le coût de l'euro.

L'Europe, ce n'est pas la paix. L'Europe, c'est la guerre permanente faite par les lobbys aux peuples, l'Europe c'est la prédation organisée et généralisée des biens publics par les intérêts privés, et les Etats réduits à l'impuissance par une monnaie dont les règles allemandes interdisent à ces Etats de remplir leurs fonctions parmi lesquelles la protection des citoyens. L'Europe ce n'est pas la paix, parce que désormais, en Grèce où des malades sont privés de traitements vitaux, en Italie ou ailleurs, chaque jour l'Europe tue.

Aucun aéroport n'est privatisé dans cet enfer bolchévique que sont les Etats-Unis. Et l'horrible, l'imbécile Trump est arrivé au pouvoir avec un programme de rénovation et développement des infrastructures inédit depuis le New Deal.

Mais sur Facebook, on apprenait avant-hier et hier, du spécialiste de l'Allemagne Mathieu Pouydesseau les informations suivantes :

"En Allemagne, le déficit d’investissement dans les infrastructures publiques est évalué à plus de 200 milliards, et des tunnels ferroviaires se sont déjà effondrés, heureusement sans victimes.

En Italie, même logique budgétaire, même effet :

“Nous avons un vaste problème de remise à neuf des infrastructures qui sont devenues obsolètes. A cela s'ajoute le problème de la maintenance et de la répartition des compétences au niveau de la gestion de la manutention », notait récemment Amedeo Genedani, président de Unatras, la confédération des transporteurs. La situation est d'une telle gravité que de nombreuses sociétés spécialisées dans la construction de ponts préfèrent jeter l’éponge, en raison d'un manque de moyens. « Il y a un problème au niveau des fonds qui se répercute sur toute la construction car il faut réduire les coûts tout au long de la filière. Ce mécanisme pervers remet en question la sécurité et la prévention », assurait l’an dernier Massimo Ferrarese, patron de la société de construction INVIMIT.”"

Puis :

"Je vous ai dit hier que les communes allemandes avaient accumulé 48 milliards de retard d’investissement rien que dans les écoles et collèges?

On arrive ici au summum de l’acmée culminante de l’apogée triomphante de de la raison stupide:

Aujourd’hui, on a appris que les collectivités locales allemandes ont accumulé un ... excédent budgétaire de plus de 7 milliards, faisant suite l’an dernier à un ... excédent de 6 milliards....

Mais ne vous inquiétez pas : d’après les éditorialistes, « les collectivités locales ne sont pas encore sorties d’affaire, et doivent continuer à épargner ».

Dans un pays au solde net vis à vis du reste du monde de 200 milliards par an...."

Logique délirante, évidemment... La logique des 4000 postes de pompiers en moins en dix ans en Grèce et des incendies qui tuent ! La logique d'Atlantia et du viaduc de Gênes qui tue !

Combien faudra-t-il encore de catastrophes pour que les peuples comprennent que, depuis Maastricht, nos prétendues élites nous ont engagés collectivement dans une spirale délirante et mortifére ?

Privatisations, retrait de l'Etat, coupes budgétaires pour satisfaire à l'idéologie ordolibérale allemande qui est le fondement idéologique de l'euro : le "modèle euro-allemand" est à l'évidence à bout de souffle ; mais nos prétendues élites, bornées, obnubilées par leur idéologie qui date du XIXe siècle, confites dans leurs certitudes, refusent de le voir. A l'imitation des élites soviétiques des années 1980. Reste à savoir si l'effondrement du viaduc de Gênes, qui révèle de manière spectaculaire et tragique les tares mortelles de ce système dans lequel on nous a englués depuis des décennies sous prétexte d'Europe, sera quelque chose du même ordre que Tchernobyl pour l'empire soviétique en son temps. Le symptôme avant-coureur de l'implosion d'un empire, le symptôme avant-coureur de l'effondrement d'un empire qui, sur le billet de 500 euros, a fait figurer un pont reliant deux nulle part.

Demain, on parlera d'Air France, tiens, pour changer... ou pas.

mardi 14 août 2018

L'Europe, ce n'est pas la paix, en fait ; c'est le pont !

Dix ponts écroulés en Italie depuis cinq ans. Et ce n'est pas la faute à pas de chance.

Il y a quelques jour, notre délégué à la sécurité routière, ici, en France, déclarait à BFM : "Quand les routes sont en mauvais état les gens roulent doucement".

Il dit quoi aujourd'hui le délégué, après l'effondrement du viaduc de Gênes ?

La réalité, c'est que les politiques européennes, à force de couper partout dans les crédits, tuent !

Qu'il s'agisse des pompiers en moins en Grèce ou de l'entretien des infrastructures.

En Allemagne, ce modèle indépassable, devant lequel il est hérétique de ne pas faire au moins trois génuflexions par jour, les camions doivent parfois faire des dizaines de km de détour pour livrer une usine parce que 40 % des ponts sont vétustes et ne sont plus entretenus comme il faudrait. Le réseau routier français, qui fut le meilleur du monde, se dégrade - avec l'approbation satisfaite du guignol à la sécurité routière - et les collectivités locales, privées des crédits nécessaires - afin de payer le coût de l'euro -, ne peuvent plus consacrer les sommes nécessaires à leur remise en état.

On nous dit que le viaduc de Gênes avait fait l'objet de travaux en 2016... Des travaux suffisants ou au rabais pour satisfaire aux exigences budgétaires auxquelles se sont soumis les gouvernements du Parti démocrate ?

Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, n'a pas tout-à-fait la même analyse que notre Gugusse à la sécurité routière : «Il y a une bonne partie de l'Italie qui doit être mise en sécurité. S'il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l'argent que nous devrons mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option.»

Ah oui, mais ça ne compte pas, Salvini c'est un vilain, un méchant... un fasciste. Le problème c'est que votre euro et votre Europe allemande, irréformables, verrouillés, cadenassés de toute part, ils sont en train d'en fabriquer par milliers. Partout en Europe.

lundi 13 août 2018

Ils ont des dollars, nous avons Allah...

Dixit le sultan.

Le match s'annonce passionnant !

Kravmaga, boxe thaï, MMA, pancrace, ultimate fighting... ou lutte à l'huile ?

En tout cas, la dégringolade de la livre turque se poursuit. Après avoir touché de nouveau un plus bas ce matin, puis avoir tenté un rebond, le cours de la monnaie turque face au dollar affiche une baisse de 8 à 9 % au moment où j'écris ces lignes.

Erdogan (outre le match Allah-billet vert) : c'est un complot. Non.

Le PIB turc, qui a culminé à 950 milliards de dollars en 2013 était de 840 milliards en 2017.

La bulle qu'a gonflée l'AKP, arrivée au pouvoir en 2002 après la ravageuse crise financière de 2000-2001, et que l'AKP a exploitée à fond par un système de corruption généralisée qui lui a permis de financer son système clientéliste islamiste (charité islamique du Parti substituée à la politique sociale de l'Etat), était fondée sur l'aide américaine, les fonds européens de préadhésion et de chantage aux migrants, l'afflux de capitaux à court terme et une croissance intérieure fondée non sur les salaires (le mouvement syndical a été durement réprimé, comme toutes les forces constituant un ferment démocratique dans la société turque, afin de maintenir un niveau de salaire attractif pour les industries délocalisées d'Europe occidentale) mais sur l'endettement des particuliers, dans un pays où il n'existait pas, encouragé par le gouvernement de manière totalement irresponsable (d'où une hausse des importations à forte valeur ajoutée ajoutée, alors que les exportations turques sont à faible valeur ajoutée).

Aujourd'hui, la politique étrangère d'Erdogan l'a brouillé avec les Etats-Unis, et ceci après que les capitaux à court terme ont commencé à fuir depuis un bon moment déjà : la balance courante (balance commerciale, solde du revenu des placements, solde des transferts financiers) est négative depuis 2002 et a atteint 5,57 % du PIB en 2017 (0,86 % pour la France).

Aujourd'hui, la Banque centrale turque n'a pas les moyens de soutenir sa monnaie, ses réserves de change (moins de 100 milliards de dollars) ne lui permettant pas d'acheter durablement de la livre pour soutenir son cours.

Quant aux taux d'intérêt, ils sont de 17,75 % depuis juin et une hausse supplémentaire conduirait à éteindre complètement le moteur de la croissance intérieure fondée justement sur l'endettement des ménages... Raison pour laquelle Erdogan exclut - pour l'instant - une intervention de la Banque centrale dans ce sens.

A suivre !

vendredi 10 août 2018

La bulle turque en train de crever ?

Jusqu'à -27% en séance aujourd'hui (-15,57 % à l'heure où j'écris ce billet) pour la livre turque qui ne cesse plus de dévisser depuis des semaines (-40 % depuis le début de l'année).

En conséquence, Trump annonce le doublement des taxes sur l'acier et l'aluminium décrétées au début de l'année.

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C'est une lutte nationale", a déclaré le sultan dans un récent discours. Nul doute que les Turcs l'entendent !

L'AKP est arrivée au pouvoir à la faveur de la crise financière de 2000-2001 qui avait marqué l'échec complet des partis au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire de 1980 et qui n'a été jugulée que grâce à l'aide économique américaine (en raison de la situation géostratégique de la Turquie).

Depuis 2002, l'AKP est restée au pouvoir grâce à une croissance économique, largement artificielle, reposant sur trois piliers : les fonds européens de préadhésion, puis issus du chantage aux migrants ; la délocalisation d'activités industrielles d'Europe de l'Ouest permise par une libéralisation à marche forcée de l'économie et une répression du mouvement syndical, l'explosion de l'endettement privé qui, comme en Grèce dans les années 2000, est assigné par le pouvoir au rôle de palliatif du faible niveau des salaires.

Dans La Grèce et les Balkans, en 2013, je relevais ainsi les similitudes entre les deux économies :

"Les deux économies sont moins dissemblables qu’il y paraît : déficit structurel des balances commerciales, poids des invisibles, la croissance grecque des années 1996-2007 et la croissance turque depuis 2003 reposent sur un afflux de capitaux à court terme qui peuvent se retirer rapidement, des salaires bas et une consommation des ménages jusque-là pas ou peu endettés dopée par un encouragement inconsidéré du recours au crédit (+40 % au premier semestre 2011 en Turquie) qui contribue à creuser le déficit courant, puisque l’industrie nationale, à faible valeur ajoutée, ne produit pas les biens achetés, à forte valeur ajoutée (les ventes d’automobiles augmentent, par exemple, de 75 % au premier semestre 2011 en Turquie)."

Bref, une économie de bulle.

Parallèlement, la corruption organisée par le pouvoir (président, clan familial, parti), prélevait une partie de la manne pour enrichir la caste proche du pouvoir et alimenter la "charité islamique" du Parti chargée de suppléer les carences de Etat en matière sociale, et de financer ainsi un système de clientélisme à grande échelle grâce auquel, en plus de la fraude et de la répression de complots imaginaires, l'AKP a pu se maintenir au pouvoir depuis 2002.

Aujourd'hui, c'est tout ce système qui apparaît en bout de course. Au moment même où le sultan est parvenu à installer un pouvoir quasi dictatorial.

Mais l'aventurisme criminel du régime en Syrie et le flirt appuyé avec Moscou (qui n'a, à mon avis, jamais été dupe d'un retournement d'alliance turc : comment un chef d'Etat aussi russe et pragmatique que Poutine pourrait-il croire à une alliance russo-turque ??? Il tire pragmatiquement ce qu'il peut tirer du sultan, et voilà tout...) n'ont fait qu'exaspérer le protecteur américain qui, aujourd'hui, est défié sur sur tous les plans (géostratégique en Syrie où Ankara joue les restes de Daesh contre les Occidentaux et leurs alliés Kurdes, militaire par l'achat de matériel russe alors que la Turquie est la deuxième armée de l'OTAN, symbolique avec l'exigence de l'extradition de Gülen réfugié aux Etat-Unis et maintenant l'arrestation d'un pasteur américain...) semble jouer l'accélération de la chute.

Le gouvernement AKP arrivé au pouvoir en 2002 avec le mot d'ordre "0 problème avec les voisins" est aujourd'hui totalement isolé dans son environnement régional (hormis la dictature azérie): de l'ex-allié israélien au régime du Caire, de Damas à Erevan bien sûr, Erdogan a créé un climat diplomatique régional hostile à la Turquie quasi général. Le rapprochement avec l'Iran chiite (alors qu'Erdogan aspire au leadership du monde sunnite) n'est que de façade, les provocations à l'égard de la Grèce ont atteint à la fin du printemps un niveau rarement atteint depuis 1974 et deux soldats grecs, égarés ou enlevés sur la frontière du nord, sont détenus au secret pour "espionnage" depuis plus de cinq mois. Quant au néo-ottomanisme qui se manifeste sans vergogne dans les Balkans (ARYM, Bosnie, Albanie, prétendu Etat kosovar...), il est aussi agressif que... sans réel débouché.

Certes l'irresponsable et lâche UE (j'ai écrit ici sur le surréaliste sommet de Varna en mars, avec l'inénarrable Juncker) continue imperturbablement à se taire sur les provocations du tyranneau, et à le financer - avalant sans brocher, l'une après l'autre, toutes les couleuvres turques. Mais dans des pays européens de plus en plus nombreux (Autriche, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Belgique...) l'instrumentalisation par le pouvoir AKP et sa succursale d'extrême droite des minorités turques locales commence sérieusement à inquiéter : vote massif en faveur de la dérive dictatoriale du sultan, enfants revêtus d'uniformes et défilant devant le drapeau turc, ou "manifestations culturelles" dans lesquelles les mêmes enfants doivent mimer une bataille dans laquelle les glorieux Ottomans mettent en déroute des chrétiens infidèles...

De fait, une économie ne vit pas indépendamment de la géopolitique et une économie de bulle finit toujours par crever. De sorte que lorsque l'aiguillon géopolitique s'approche de la bulle...

Mais avec quel effet domino ? Je serais curieux de connaître l'exposition... - au hasard - de la Deutsche Bank, spécialiste en actifs pourris, au risque turc...

mercredi 8 août 2018

Il y a cent ans...

Le 8 août 1918, alors que les armées alliées sont sous pression depuis mars et la paix de Brest-Litovsk, signée par les bolcheviks, qui à permis au grand état-major allemand de concentrer ses troupes sur le front français, alors qu'il a fallu tenir sous les coups de boutoirs répétés de l'Empire allemand en attendant la montée en puissance de l'armée américaine, Foch, commandant en chef interallié depuis le 26 mars lance une attaque franco-britannique entre Amiens et Albert.

Ludendorff, adjoint du chef de l'état-Major Hindenburg, mais qui assure en réalité le commandement opérationnel, futur suppôt de toutes les extrême droites allemandes, y compris le NSDAP d'Hitler dont il sera député en 1924 et qui le soutient à l'élection présidentielle de 1925 avant qu'Hitler ne le marginalise, qualifiera le 8 août, dans ses mémoires, de "jour de deuil de l’armée allemande".

Et l'offensive lancée ce jour-là ne s'arrêtera plus avant la signature de l'armistice du 11 novembre.

Dans cette bataille d'Amiens, dernier tournant de la guerre, la Ire armée française, la IVe armée britannique (Anglais, Canadiens, Australiens), ainsi qu'une division américaine perdront près de 50 000 hommes.

Aujourd'hui, le prince héritier et la Premier ministre du Royaume-Uni étaient à Amiens pour célébrer cette bataille et ses combattants qui ont mis fin aux ambitions impérialistes du Reich allemand.

La France était représenté par... la ministre de la Défense. Encore heureux qu'elle était libre ! On a échappé à Benalla ou Schiappa !!!

Il est vrai que le Premier ministre était en randonnée et que ce qui nous tient lieu de président de la République avait piscine, récemment payée par le contribuable, et qu'il est très occupé à manigancer son prochain lamentable petit coup de com, un serrage de louche d'une quinzaine de figurants, baptisé "bain de foule" par des médias à côté desquels ceux de la Roumanie des Ceaucescu commencent à faire province et petit genre, ou un baiser donné à un gamin dans un mouvement absolument spontané que n'auraient renié ni Nicolae ni Elena, ces Etoiles polaires, Danubes de la pensée et Génies des Carpates que notre Jupiter est incontestablement en passe de surpasser dans l'amour délirant que lui porte son bon peuple.

"Non, mais vous ne croyez tout de même pas que je vais quitter ma piscine pour célébrer une bande de pouilleux qui se sont fait trouer la peau pour libérer le sol français et lancer le mouvement qui aboutirait à la défaite de mes patrons allemands !"

samedi 4 août 2018

Panagiotis et les incendies en Attique

J'attendais bien sûr avec impatience l'analyse de Panagiotis Grigoriou, mon ami, sur les jours tragiques qu'a vécus l'Attique.

Comme d'habitude, je vous recommande de le lire (et de l'aider si vous le pouvez : il en a besoin pour continuer à nous informer, hors de ces médias qui griment la réalité en fonction de leur choix idéologique unique, lorsqu'ils en parlent).

Et je n'ai, évidemment, pas été surpris de constater, combien, une fois de plus, nous sommes d'accord.

mercredi 25 juillet 2018

Pour aider les Grecs : arrêter les mensonges et donner, si on peut

Hier je me suis fait insulter, sur Facebook, par un zigomard, doublé d'un paltoquet dont le "feedback" (dixit) était que l'Eurogermanie n'est pour rien dans cette catastrophe et que les seuls responsables sont les Grecs, feignants, corrompus... On connaît cette saloperie de chanson, on ne l'a que trop entendue depuis dix ans, mais manifestement elle continue à courir sur les lèvres, jusque sur celles des expatriés français dans ce pays que, au coeur de la catastrophe, ils ont encore le coeur de dénigrer et d'accabler.

La réalité c'est qu'en bientôt dix ans, sous le règne eurogermanique, tous les services publics grecs ont été saccagés, réduits à l'impuissance, que les matériels n'ont pas été renouvelés, que les effectifs des pompiers et de la protection civile ont fondu (4000 en moins, chiffre à vérifier : nous sommes un certain nombre à nous y employer), qu'on leur a refusé, malgré de nombreuses grèves, un statut permanent, qu'on a porté l'âge de leur retraite à 67 ans et diminué tout ensemble leur salaire (850 euros).

On atteint les 80 morts et on recherche encore des dizaines de disparus.

Au cas où vous souhaiteriez venir en aide aux victimes de cette tragédie, la mairie de Rafina (région la plus touchée pour l'instant, mais l'incendie de l'Ouest Attique inquiète beaucoup aussi), la Croix Rouge et Médecins du monde ont ouvert des comptes dédiés. Je vous en communique ci-après les références :

1) La mairie de Rafina-Pikermi :

TRAPEZA PIREOS - Banque du Pirée

ΙΒΑΝ: GR20 0172 1860 0051 8609 2291 418

2) Médecins du monde :

ETHNIKI TRAPEZA TIS ELLADOS - BANQUE NATIONALE DE GRECE

IBAN: GR27 0110 1410 0000 1412 9611 217

ALPHA BANK

IBAN: GR06 0140 1990 1990 0200 2002 401

ΤΡΑΠΕΖΑ ΠΕΙΡΑΙΩΣ - Banque du Pirée

IBAN: GR03 0172 0180 0050 1800 5706 640

3) Croix Rouge Grecque :

ΤΡΑΠΕΖΑ EUROBANK ΕΡΓΑΣΙΑΣ A.E. - TRAPEZA EUROBANK ERGASIAS A.E.

IBAN : GR6402602400000310201181388

mardi 24 juillet 2018

Nouvelle tragédie grecque

L'Attique brûle.

7 foyers allumés en même temps semble-t-il, dont certains dans des régions désertes où personne ne va

Puis un feu qui se propage grâce à un vent terriblement déchaîné: plusieurs centaines de maisons brûlées, et déjà au moins 70 morts : un désastre.

Tragédie absolue... une de plus qui s'abat sur mon pays de coeur, martyrisé depuis 2010 par l'Euro-Germanie...

Quels que soient les causes - criminelles d'après l'Exécutif, il reviendra à l'enquête de l'établir et si oui, criminalité économique, intérieure ou extérieure en vue de déstabiliser un peu plus un pouvoir à l'agonie ? - et les dysfonctionnements propres à la Grèce (permis de construire, constructions illégales, défaillances des services locaux), ce bilan tragique et qui ne cesse d'augmenter est bien sûr lié au milieu (un des incendies a gagné des zones d'habitat dispersé dans une immense pinède), à des conditions météo exceptionnelles (un vent d'une force inaccoutumée) ; il ne peut être pour autant découplé des politiques criminelles imposées à la Grèce par la Germano-Europe depuis 2010, qui ont écorché ce pays, qui l'ont affaibli à tous les points de vue, qui ont aggravé tous les dysfonctionnements auxquels elles prétendaient remédier (évidemment les coupes dans les salaires et les droits sociaux ne font que renforcer la petite corruption des "enveloppes" qui devient un revenu de complément nécessaire pour permettre aux fonctionnaires de survivre, comme elles diminuent l'efficacité de tous les agents publics, municipaux comme les autres, qui doivent occuper un ou deux autres emplois) et, comme il et qui ont touché, bien entendu, les pompiers comme les moyens matériels de lutte contre l'incendie.

Seule face aux spéculateurs qui ont mis la Grèce à genou en 2010, seule face aux provocations et violations de sa souveraineté par une Turquie (dont on sait aujourd'hui, par le témoignage de l'ancien Premier ministre Yilmaz, que ses services spéciaux furent à l'origine de vagues d'incendies dans les îles durant les années 1990...) financée par l'UE dans le même temps où celle-ci étrangle la Grèce, affaiblie par bientôt dix ans de politiques euro-germaniques criminelles dont les Nomenklaturas locales, y compris celle de gauche dite radicale, se sont faites les serviles relais, seule face au renvoi de 1500 migrants dont la si généreuse Merkel ne veut plus, la Grèce se trouve aujourd'hui confrontée à une tragédie d'ampleur exceptionnelle - une de plus .

lundi 23 juillet 2018

Papy fait de la résistance

Résumé de l'audition de Gégé par la commission des lois de l'assemblée nationale de la République française érigée en commission d'enquête : c'est pas moi, c'est ma soeur, k'a cassé la machine à vapeur...

En plus d'être crédible, c'est suprêmement élégant !

Ou le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, numéro 3 du gouvernement, soutien de la première heure de Minus Ier, qui a eu un rôle déterminant du début à la fin de sa campagne est un naze de chez naze, et il devrait rentrer dans son EPHAD, ou il se paye allègrement la fiole des parlementaires et du peuple français en prétendant ignorer qui est le voyou favori qui marque Minus à la culotte depuis le début de ladite campagne.

Si je ne me trompe, dans le second cas, ça s'appelle du parjure. Et il devrait rentrer dans son EPHAD après la case tribunal.

Bref les Branquignols ne sont pas que sur les bancs parlementaire de La République en Baffes ; ils dirigent aussi le ministère de l'Intérieur.

dimanche 22 juillet 2018

Caligula à l'Elysée

"Son goût pour tous ceux qui lui avaient plu allait jusqu'à la folie. Il embrassait en plein spectacle le pantomime Mnester ; et si, pendant que cet histrion dansait, quelqu'un faisait le moindre bruit, il se faisait amener le perturbateur, et le flagellait de sa main. (...) Il donna, un jour, au cocher Eutychus, comme présent de table, après une débauche, deux millions de sesterces. Il aimait tant un cheval nommé Incitatus, que, la veille des courses du Cirque, il envoyait des soldats commander le silence dans tout le voisinage, afin que le repos de cette bête ne fût point troublé. Il lui fit faire une écurie de marbre, une auge d'ivoire, des couvertures de pourpre, des colliers de perle : il lui donna une maison complète, des esclaves, des meubles, enfin tout ce qu'il fallait pour que ceux qu'on invitait, en son nom, à venir manger chez lui, fussent traités magnifiquement. On dit même qu'il lui destinait le consulat." (Suétone, Vie des Douze Césars, Caligula, LV)

Alors, où est le problème ?!

En vérité, l'avalanche de révélations que nous subissons peut nous interroger : qui a été élu président, Caligula ou Ubu ?

Tabassage de citoyens par un nervi de 26 ans promu pour on ne sait quelle raison par Ubu ou Caligula, usurpation de fonction et d'insignes pour tabasser plus tranquillement, port d'armes contre l'avis du ministère de l'Intérieur, logement de fonction attribué après la prétendue sanction "la plus dure", au Quai Branly où ne sont en principe logés que des responsables de très haut niveau, passage d'une réserve à l'autre du grande de sergent à celui de lieutenant-colonel affecté au cabinet du directeur général de la gendarmerie, puis radiation pour être recruté par la gendarmerie comme expert (mais de quoi ? de tabassage de citoyens ???), attribution à un gros bras d'une habilitation à entrer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale (niveau supérieur de l'habilitation réservé, de l'aveu même du président de l'Assemblée, à une demi-douzaine de collaborateurs du président de la République, mais pourquoi au juste ? aller secouer des députés récalcitrants jusque dans les chiottes du Palais Bourbon ?), voiture de police dernier cri dont les plus hauts responsables policiers ne sont pas tous dotés (les policiers de terrain, qui travaillent avec des bouts de ficelle et des moyens vétustes, dans des commissariats délabrés apprécieront) alors que le type n'est ni policier, ni assermenté, n'au aucune compétence reconnue par aucun diplôme et que l'Elysée le poussait même à candidater au tour extérieur pour être sous-préfet... sans avoir ni l'âge minimum ni les titres requis, attitude méprisante envers les policiers et gendarmes sur lesquels il s'arroge une autorité que rien de lui confère, et l'on apprend désormais qu'il avait toute licence pour réorganiser la sécurité présidentielle à sa main, aux dépens des professionnels et des hiérarchies régulières...

On nous annoncerait demain que le nervi de 26 ans était pressenti pour remplacer le directeur général de la DGSE, qu'il allait être promu général en chef de la Garde républicaine et commandant des Pompiers de Paris qu'on ne s'en étonnerait pas plus que ça !

Tout cela est époustouflant, ahurissant et évidemment inconcevable dans un Etat de droit. Dans n'importe quelle démocratie, le ministre de l'Intérieur, sinon le Gouvernement tout entier, le directeur de cabinet du président de la république, le secrétaire général de l'Elysée et le préfet de police - au moins ! - auraient démissionné.

Dans cette affaire de cornecul, personne ne relève cependant ce qui me semble être pourtant la plus grosse (et la plus signifiante) peut-être des innombrables bizarreries : dans ce genre de situation, à ce niveau de l'Etat, un collaborateur qui plombe son chef, on lui demande sa démission et on l'obtient en quelques minutes, au pire en quelques heures.

De surcroît s'il ne s'agit que d'un "gros bras".

Un poste de ce genre ne tient que de la confiance de qui vous y a nommé.

La procédure de licenciement, dans ce genre de circonstance est, sauf erreur de ma part, une première absolue.

Elle signifie donc que le type a refusé de démissionner. Comment est-ce diable possible ?

A moins que celui qui refuse ait cru avoir de quoi tordre le bras au bout duquel est la main qui l'a élevé et nourri.

Quant à la leçon de cette affaire - pour l'instant ! - c'est que la Ve République, comme je l'ai expliqué maintes fois ici, est bien un régime parlementaire... quand les députés choisissent de jouer leur rôle au lieu de subir.

En 48h00 l'Exécutif, le président de l'Assemblée, la majorité composée de larbins aux ordres qui ont fait preuve comme jamais de leur inexistence, ont été obligés de concéder une commission d'enquête, la publicité des débats de celle-ci et finalement la suspension des débats sur la scélérate réforme constitutionnelle, dont on peut espérer désormais que les sénateurs auront l'estomac de la faire capoter définitivement comme ils en ont le pouvoir.

Comme je l'avais annoncé ici et ailleurs dès les lendemains de l'élection législative, la majorité d'ectoplasmes et de branquignols s'est évanouie au premier coup de pétoire ; pire, le maître des horloges, Jupin en personne est terré dans son château et la totalité des ministres est aux abonnés absents. Même Castaner, ministre des relations avec le Parlement et patron de la République en Baffes, plutôt qu'en Marche, et à ce titre employeur du nervi adjoint du nervi présidentiel, n'ose plus aventurer un doigt de pied dans l'hémicycle !

Mais qui sont donc ces gens, arrivés au pouvoir par effraction la seule grâce de circonstances exceptionnelles et de réseaux dont on aimerait bien, aujourd'hui, connaître la nature et la nationalité ?

Des réseaux qui, aujourd'hui, ont apparemment, au moins en partie, lâché le petit génie. Car que l'offensive soit partie du Monde et qu'elle ait été à ce point relayée par la presse de révérence et de service ne laisse guère de doute, à mon avis, sur le fait que "on" ait mis un certain nombre de journalistes - peu soucieux, à l'ordinaire, de chercher noise au pouvoir - sur un certain nombre de pistes.

Des réseaux de la haute fonction publique, fatiguée d'être méprisée, malmenée, violentée par un prince capricieux aspirant à l'autocratie et qui promeut en fonction de la seule faveur personnelle dont on voit, dans l'exemple qui nous occupe qu'elle est accordée sur des critères qui ne prennent en compte ni la compétence, ni la dignité, ni l'honneur ?

Ou/et réseaux étrangers ?

Visite ratée du petit génie à Washington, G7 explosif, sommet de l'OTAN qui ne le fut pas moins, déclaration de Trump rangeant l'UE parmi les ennemis des Etats-Unis qui en ont été historiquement les parrains et les patrons de cette UE, déclaration sur l'usage de la planche à billets qui a pour but de faire remonter le cours de l'euro (surévalué pour la plupart des pays européens, mais massivement sous-évalué pour l'Allemagne pour qui elle est un instrument de dumping massif devenu intolérable pour Washington) à des niveaux qui conduiront mécaniquement à son explosion, offensive de la CSU contre une Merkel à l'agonie, affaiblissement de May par les brexiteurs durs, sortie inopinée de cette affaire de nervi qui date de deux mois et demi et avalanche en un temps record de révélations s'enchaînant sans laisser le temps à l'Exécutif de reprendre haleine : il y a là une chronologie qui peut poser question.

Qu'on me comprenne bien : je ne dis pas qu'il s'agit d'un montage. Juste d'une mise en musique et tempo. Peut-être.

Les services d'intelligence et d'influence américains sont solidement implantés, en France comme ailleurs en Europe, depuis 1945. Ils ont leurs correspondants et leurs caisses de résonance dans les médias et chacun sait qu'à l'ambassade américaine, on écoute avec attention la plupart des choses qui se disent à l'Elysée voisin. Tout cela n'est bien sûr qu'une hypothèse, mais si le petit génie pouvait être un pion qu'on a aidé à accéder au pouvoir à un moment, il peut être aussi devenu une cible alors que les orientations fondamentales de ceux qui l'ont poussé ont changé. C'est le risque pour les marionnettes.

Et ce risque est plus grand encore lorsque la marionnette cultive à ce point la suffisance, le culte de soi, l'arrogance - l'hybris - de se faire piéger.

jeudi 19 juillet 2018

Nervis et spadassins

15 jours de mise à pied... Ça veut dire qu'il n'a plus droit à la matraque ou aux poings et qu'il ne peut frapper les citoyens interpellés par les force de l'ordre qu'à coups de pied ?

On n'avait pas encore aperçu ce côté sombre d'un nouveau monde qui ressemble chaque jour davantage à une vieille, très vieille lune - aussi vieille que la tyrannie. Car les pouvoirs autoritaires, surtout lorsqu'ils sont détenus par des gens peu maîtres d'eux-mêmes et tout emplis de la conscience de leur génie, ont toujours eu tendance à s'entourer d'hommes de main chargés de ramener tel ou tel à la raison tout en jouant les agents provocateurs qui créent le désordre - réel ou fabriqué (touchez-en deux mots à Erdogan que notre président aime tant !) - dont toute tyrannie tire sa légitimation.

A la la fin du VIe siècle de notre ère, déjà, Pisistrate ne s'empara-t-il pas du pouvoir en se montrant au peuple, plein de sang, après que son visage avait été opportunément coupé par son barbier, afin de réclamer au peuple et d'en obtenir la garde de porte-gourdins qui lui permit ensuite de monopoliser le pouvoir ?

Mais aucun rapport entre les casseurs du 1er mai et le barbier, ni entre un adjoint au chef de cabinet et un porte-gourdins ! Il faudrait vraiment avoir mauvais esprit pour se laisser aller à d'aussi acrobatiques rapprochements.

Surtout quand on se rappelle un certain tweet du 1er mai...

Ah c'est bien vrai, ça, les violences sont une... lèpre ! Surtout quand les nervis et les spadassins usurpent l'autorité légitime et se griment en ce qu'ils ne sont pas pour donner libre cours à leurs instincts... ou obéir à des ordres.

Ils n'ont pas encore pensé à forcer les opposants à boire de l'huile de ricin ?

Dire qu'il fallait à tout prix faire barrage au fascisme...

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi, cet épisode m'aura enrichi, puisqu'il m'a fait découvrir cette fonction d'invité de la présidence de la République, par la police, à une manifestation. Comme disait ma grand-mère : je me coucherai ce soir moins bête que je ne me suis levé ce matin ! Car bêtement, je pensais qu'il y avait une chaîne de commandement dans les forces de l'ordre qui remontait au préfet de police et au-delà au ministre de l'Intérieur qui, en tant que de besoin, informait le président de la République.

Benêt que je suis tout de même : le nouveau monde a tout changé !

En réalité, dans un Etat de droit, tous les supérieurs hiérarchiques de ce type auraient dû avoir sauté, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure dans une remarquable intervention. Mais en réalité, comme le prouve également la soi-disant réforme de la Constitution qui, si elle aboutit, constituerait un changement de régime vers l'autocratie, nous sommes entrés dans un processus de destruction par le haut de la République, de la démocratie et de l'Etat de droit - destruction indispensable à la réalisation du projet oligarchique et tyrannique qu'est l'Union européenne.

Il se voulait Jupiter ; finira-t-il Néron ?

mardi 17 juillet 2018

Grèce : la spoliation continue

Ceux qui suivent régulièrement ce blog savent qu'il y a longtemps déjà que j'écris que ce qui se passe en Grèce est une spoliation à une échelle à mon avis unique en temps de paix. J'ai parlé dès 2015, je crois, de la saison des vautorus et que nous en voyions les résultats dans notre île.

Cette fois, c'est Courrier international qui s'intéresse à ce processus, imposé par l'UE et servilement mis en oeuvre par le gouvernement Tsipras.

Ou comment le libéralisme, dans le cadre européen, géré par un gouvernement dit de gauche radicale, aboutit à l'abolition du droit de (petite) propriété, non par la socialisation, mais par la confiscation au profit essentiel de l'étranger... et des plus riches.

samedi 14 juillet 2018

Quand le roi fainéant boit, le maire du palais danse...

La cirrhose du dos couplée à une sciatique du foie, c'est vraiment terrible...

Car naturellement, la Commission, une fois encore, dément l'évidence devant l'accablante/hilarante vidéo (la énième, après Rome pour l'anniversaire des traités , le sommet dans je ne sais plus quel Etatcule balte, ceux qui, avec une population inférieure de 900 000 habitants à la région Auvergne-Rhône Alpes, cumulent deux vice-présidences stratégiques de la Commission !) de Jean-Claude au sommet de l'OTAN|] (remarquez le petit sourire de Teresa).

On te l'avait pourtant dit, Jean-Claude, pas plus de quatre litres d'eau de Cologne avant un sommet !

Mais la Commission dément : vilainies, calomnies ! Son patron a juste une sciatique, un mal de dos... et honni soit qui malt y pense !

Et comme d'hab, les médias français entourent les exploits jeanclaudesques d'un voile pudique de silence, alors que, dans les presses européennes, ces exploits font, à chaque fois, l'objet de commentaires ironiques. Ainsi que je l'indiquais, fin 2016, dans une note de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe : "En juin 2014, alors que le Premier ministre Cameron s’oppose à sa nomination, le très sérieux quotidien conservateur britannique Daily Telegraph intitule un article : « Craintes sur les problèmes de boisson de Juncker ». D’autres médias font régulièrement état des comportements excentriques de Juncker, comme lors de l’accueil des chefs d’État et de gouvernement au sommet de Riga, le 26 mai 2015, où il embrasse le Premier ministre belge Michel sur le front, propose sa cravate au Grec Tsipras, adresse au Hongrois Orban un « salut dictateur ! ». Une semaine après le référendum sur le Brexit, il déclare devant le Parlement : « J’ai vu et entendu et écouté plusieurs dirigeants d’autres planètes… ». Enfin, la presse allemande évoque de manière récurrente ses « problèmes de santé », notamment depuis que la chancelière Merkel, qui avait appuyé de façon déterminante sa nomination, semble souhaiter son remplacement.

"Quand tu commences au cognac au petit-déj, ton équilibre n'est plus très sûr au moment du calva du goûter. " Proverbe luxembourgeois.

Il est vrai que, lors de ses rencontres apéritives avec les petits hommes verts qui dirigent les autres planètes, ceux-ci doivent servir à Jean-Claude d'étranges breuvages.

Et puis il a toutes les excuses du monde, Jean-Claude ! Ce type si sympa qui a écorché les Grecs en leur faisant la morale, après avoir transformé sa principauté en bordel à financiers et lessiveuse d'argent sale, après être tombé sur un scandale dans lequel il était accusé d'avoir exercé des pressions sur la justice et mis les services de sécurité au service d'intérêts privés. Ce démocrate irréprochable qui asséna en 2015 à des Grecs qui avaient mal voté qu'il ne peut y avoir de démocratie contre les traités européens. Le même qui, quatre ans plus tôt, confessait que la politique monétaire étant une question sérieuse, elle devait se décider dans le secret et les « débats sombres » pour lesquels il avouait son penchant. Sombres mais arrosés ?

En tout cas, maintenant, on sait que, si à 0,5g d'alcool dans le sang tu n'as plus le droit de conduire une bagnole, à 10g tu as toujours celui de conduire l'UE.

Qu'on me permette, juste, de citer une deuxième fois mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe :

"Ministre des Finances (1989-2009), Premier ministre (1995-2013), Juncker a été, durant un quart de siècle, l’homme fort du Luxembourg, dont l’industrie financière est devenue l’activité essentielle. En 2001, le scandale Clearstream révèle l’importance, dans les pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent, de cette boîte noire de la finance internationale installée au Luxembourg, lui-même considéré par bien des spécialistes comme un des paradis fiscaux les plus opaques. Mais le Luxembourg, qui a criminalisé l’atteinte au secret des affaires, se borne à poursuivre le journaliste Denis Robert qui a révélé l’affaire. En 2002, un volume du rapport de la mission d’information parlementaire française, présidée par Vincent Peillon et dont le rapporteur est Arnaud Montebourg, pointe sans ambages la « dépendance politique » du Luxembourg « à l’égard du secteur économique de la finance », le qualifie de « paradis financier au cœur de l’Europe » et de « place financière exposée au blanchiment ». En outre, peu après la nomination de Juncker à la tête de la Commission, on apprendra que, sous son gouvernement, le Luxembourg a signé 340 conventions d’optimisation fiscale avec des sociétés multinationales (là encore, les lanceurs d’alerte qui ont révélé ce scandale Luxleaks sont poursuivis). Soit un système de captation (légal) des ressources fiscales d’autre États de l’UE – notamment la Grèce, à laquelle le président de l’Eurogroupe Juncker (2005-2013) reprochait son inefficacité à collecter l’impôt ! Et encore faut-il ajouter que le gouvernement Juncker tombe, en décembre 2013, sur une affaire de fichage massif illégal (1), et d’écoutes qui l’étaient tout autant, par des services secrets étroitement liés à l’OTAN.

(1) Le scandale commence en novembre 2012 par les révélations d’un ancien directeur du Service de renseignement d’État du Luxembourg (SERL) sur un système de fichage illégal, depuis les années 1960, des citoyens, personnalités politiques, associations, entreprises. Il évoque l’existence de 300 000 fiches dans un pays de moins de 580 000 habitants. Une partie ayant probablement été détruite, la commission d’enquête parlementaire en découvrira 13 000, révélant en outre que le SERL a été mis à la disposition d’intérêts privés et utilisé pour déstabiliser un magistrat. Lâché par ses alliés socialistes, Juncker est contraint à la démission en décembre 2013."

Bref, un type sympa, intègre, sobre et au-dessus de tous soupçon !

Après, on a eu de grands alcoolo dans l'histoire : Staline ne crachait pas sur une vodka et les rapports de Sir Winston avec le whisky sont devenus légendaires. On raconte qu'un jour, lady Astor, grande dame travailliste dont les prises de bec avec Churchill étaient aussi fréquentes que musclées, lui décocha un jour : "Mais vous êtes ivres, monsieur le Premier ministre". "Sans doute, madame, répliqua Winston. Mais la différence entre vous et moi, c'est que demain matin j'aurai dessaoulé alors que vous serez toujours aussi laide."

Le problème, avec Jean-Claude, c'est qu'on n'est même plus certain qu'il dessaoule... Et que cela fait bien les affaires de son chef de cabinet... allemand (nationalité qui relève bien sûr totalement et seulement du hasard). Car chacun le sait, qui a appris autrefois (dans ces âges obscurs de lèpre nationaliste où l'on enseignait encore l'histoire de France) ses leçons sur les Mérovingiens : un roi fainéant fait l'affaire de son maire du palais.

Tellement qu'en février dernier, ledit chef de cabinet, Martin Selmayr, a été nommé par le roi fainéant, contre tous les usages et règles de procédure, secrétaire général de la Commission, soit le poste le plus élevé dans la hiérarchie bruxelloise.

Selmayr, dont tout le monde reconnaît la brutalité et l'autoritarisme, avait fait ses classes chez un autre cador des précédentes Commission, Vivian Reding. Qu'on veuille bien me pardonner de citer une deuxième fois mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe à propos du destin de cette brave femme à son sortir de la Commission (tandis que son ex-patron, Barroso, entrait chez Goldman Sachs ): "La Luxembourgeoise Viviane Reding, commissaire à la Culture (1999-2004), à la Société de l’Information et aux Médias (2004-2010), vice-présidente en charge de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté (2010-2014), intègre trois conseils d’administration dont celui de la fondation liée au géant des médias allemands Bertelsmann – tout en étant député européenne depuis 2014."

Et Le Monde qui feint de découvrir ces jours-ci que les pseudo-parlementaires européens reçoivent des millions des lobbys pour lesquels ils travaillent tout en prétendant représenter leurs électeurs... Ah si seulement les pseudo-journalistes du Monde avaient lu mes 30 bonnes raisons !...

Mais revenons à Selmayr... sa nomination par le roi fainéant (mais pas alcoolique) soulève un tollé. Et que croyez-vous qu'il arriva ? Le prétendu parlement européen vota une résolution condamnant la nomination et demandant la réouverture de la procédure... mais rejeta l'amendement exigeant la démission de Selmayr. Forcément, un Allemand ! vous n'y pensez pas, ce serait de l'antigermanisme primaire et viscéral !!!

Résultat des courses ? Jean-Claude ayant menacé de démissionner si on faisait des misères à son maire du palais, la Commission s'est écrasée mollement, refusant de rouvrir la procédure de nomination. Et le prétendu parlement l'a fermée. Puis le maire du palais s'est nommée une vice-président aux petits oignons - comme par hasard seule candidate.

Mais n'oubliez pas : l'UE c'est la paix et la démocratie... et puis on va la réformer pour mettre l'humain au centre !

lundi 9 juillet 2018

Guignolade présidentielle

Rappelons une fois de plus que la Ve République est un régime parlementaire et non présidentiel. C'est le Premier ministre qui (article 20) détermine et conduit la politique de la nation et c'est pourquoi il est responsable devant le Parlement qui a la faculté de le renverser par une motion de censure. C'est lui et nul autre qui, lors d'un discours de politique générale suivi d'un vote de confiance ou en engageant sa responsabilité sur un texte qu'il juge capital, vérifie qu'il dispose de la confiance de la représentation nationale. Et il ne peut pratiquement gouverner s'il ne dispose pas de cette confiance. C'est notamment ce qu'ont démontré les trois cohabitations : la France fut alors gouvernée, contre les orientations du président, dès lors que la majorité parlementaire lui était également opposée, justement parce que la Ve République est un régime essentiellement parlementaire.

Les deux stupides révisions de 2000 et 2008, toutes deux de convenance (Chirac pensait pouvoir être réélu plus facilement pour un quinquennat que pour un septennat ; Sarkozy, égocentrique et admirateur maladif des Etats-Unis d'Amérique, entendait pouvoir singer à sa guise le discours sur l'état de l'Union du président américain, dans un régime politique radicalement différent de la Ve République) ont introduit un indicible désordre et une funeste confusion dans le fonctionnement d'institutions dont le but était de mettre fin à l'instabilité ministérielle de la IIIe République finissante et de la IVe, doublée d'une dictature des minorités et des appareils politiques que suppose le scrutin proportionnel (car ce ne sont plus, en système proportionnel, les électeurs qui désignent les élus, mais les appareils partisans qui distribuent les places éligibles sur des listes, comme va encore le montrer le scrutin pour la désignation des pseudo-députés au pseudo-parlement européen, et ce sont les groupes charnières, minoritaires ou ultra-minoritaires qui dictent leurs conditions pour faire et défaire les majorités) en rationalisant le fonctionnement du parlementarisme, non en lui substituant un régime de type présidentiel.

Les débats du Comité consultatif constitutionnel de 1958 sont là-dessus aussi clairs que la pratique constante de 1959 à la funeste instauration du quinquennat. Lorsque, en 1962, l'Assemblée nationale censure le gouvernement Pompidou, le président de la République dissout celle-ci, c'est-à dire qu'il demande au peuple de trancher entre sa légitimité présidentielle, distincte de celle de l'Assemblée, et la légitimité de celle-ci ; le peuple eût-il renvoyé une majorité conforme à celle qui avait censuré le gouvernement que de Gaulle, comme MacMahon en 1877, n'aurait eu d'autre choix que se soumettre ou se démettre.

L'exercice auquel se livre aujourd'hui ce qui tient lieu de président de la République est donc une simple aberration au regard de la logique de la Ve République comme des principes fondamentaux de tout régime parlementaire.

Ne peuvent et ne doivent s'exprimer devant la représentation populaire que ceux qui sont responsables devant elle et qu'elle peut congédier. Réduire la représentation nationale au rôle d'auditoire passif ne pouvant exprimer critiques et voeux pieux qu'après le départ de celui auquel elle répond est une stupidité doublée d'une absurdité. Ainsi, par exemple, le souverain britannique, dans un régime qui est la matrice de toutes les démocraties représentatives, ne lit-il devant son Parlement que le discours écrit par son Premier ministre, chef de la majorité parlementaire.

Il est pitoyablement savoureux de voir aujourd'hui des parlementaires indignes de leur mission cautionner cette guignolade et de voir s'indigner des membres de LR , fossoyeurs de la Constitution qu'ils prétendent défendre alors qu'il y a dix ans ils votaient presque comme un seul homme (avec 10 socialistes et radicaux) la révision constitutionnelle qui a permis cette guignolade. Il est risiblement pathétique de voir des élus socialistes dont l'honneur eût été, dès l'élection de Hollande, d'obtenir l'abrogation de cette révision aussi bête que nuisible, critiquer une pratique qu'ils ont cautionnée et continuent à cautionner.

Une fois de plus, Macron n'est qu'un symptôme et un aboutissement de la confusion mentale qui règne dans nos prétendues élites et du viol des principes élémentaires de la démocratie représentative (largement dû à l'appartenance à l'UE qui démonte, pierre à pierre, la démocratie que nous avons héritée de notre histoire) dont elles sont devenues coutumières par habitude de soumission européenne.

De sorte que l'absurdité devient la norme.

Et qu'on ne vienne surtout pas me chauffer les oreilles avec une VIe république qui conjuguerait l'impuissance impersonnelle chère à Mme Girard et le happening permanent. Nous avons besoin, en ces temps difficiles, d'une Constitution qui conjugue la démocratie, la responsabilité et l'efficacité : c'est exactement ce qu'était la Ve République, qui a fait la preuve qu'on pouvait gouverner dans la démocratie et avec efficacité dans des temps autrement troublés, avant qu'on la défigure par des révisions européennes ou en raison d'imbéciles et subalternes raisons de circonstance.