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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

mercredi 17 octobre 2018

Delphi Initiative

Le site de "Delphi Initiative", né d'un mouvement d'intellectuels contre l'abolition de la démocratie par la dictature de la finance, reprend hier mon entretien, fin août, avec Coralie Delaume, pour Polony TV sur la situation en Grèce et en Turquie. Et j'en suis bien heureux.

D'autant que, pour une fois, mon homme me trouve bien dans cette vidéo : à marquer d'une pierre blanche !

Pour ceux qui l'auraient ratée, ça me permet de vous la remettre !

mardi 16 octobre 2018

Tigrane à Lexikopoleio (Athènes) : la vidéo est en ligne

Jeudi soir dernier, je présentai Tigrane l'Arménien dans la belle librairie francophone d'Athènes, To Lexikopoleio. Dans ce lieu chaleureux, dont Odile Brehier et Yannis Skoufis ont su faire un précieux endroit de partage et d'échanges (avec chatte : elle s'appelle Lexi, bien sûr, et elle est d'une admirable placidité !), j'avais déjà présenté les trois tomes de La Grèce et les Balkans, en compagnie de Panagiotis Grigoriou et de sa Grèce fantôme.

Cette fois, c'est Mari-Mai Corbel, critique et écrivain, que j'avais rencontrée à Marseille, lors de la semaine consacrée à la Grèce au Mucem en 2014. Elle était alors en partance pour Le Pirée où elle vit aujourd'hui et s'est noué un dialogue entre nous, à cette occasion, qu'elle a bien voulu poursuivre autour de ce livre. Fine lectrice, elle a bien vu tout ce qui me tenait au coeur en écrivant ce livre : merci à elle d'avoir animé cette soirée, comme à Odile et Yannis de m'avoir accueilli.

Et cerise sur le gâteau, la vidéo est en ligne... A Athènes comme si vous y étiez !

samedi 13 octobre 2018

Scission au PS : une vraie tragédie grecque !!!!

Papandréou a quitté le PASOK pour fonder un parti-cul, désormais allié au PASOK, ainsi qu'au parti-cul euro-hystérique Potami, fondé par l'argent de Bruxelles, en état de mort cérébrale (et électorale), ainsi qu'à l'ex-aile droite de Syriza devenue la Gauche démocratique, le tout formant un puissant Mouvement pour le changement qui fera bien 7 à 8 % aux prochaines législatives... Juste devant, ou derrière les brutes néo-nazies.

Rien à voir avec Maurel, Lienemann (que j'aime bien... mais qui a quand même mis 20 ans à s'apercevoir que le canard n'avait pas de tête !) ou Hamon bien entendu !

Maurel, comment vous dire... Le soir des élections grecques de septembre 2015, sur France Culture, ce brave garçon m'a rétorqué : "Mais le PASOK, enfin, tout de même, il est de gauche !"

C'est vous dire où Maurel voit la gauche !!! Parce qu'il semblait sincère, en plus, le bougre...

Quand je vous dis et que je vous répète que la Grèce a été et continue à être notre laboratoire !

Pendant que se joue cette tragédie au PS dont dépend l'avenir du monde, le sultan d'Ankara a réouvert en grand la vanne à migrants vers la Grèce. Naturellement, aucun Daesh - que la Turquie a aidé, financé par le blanchiment des produits, dont le pétrole, exportés des territoires que Daesh contrôlait, auquel elle a livré des armes, dont elle a soigné les combattants, qu'elle a protégés des offensives kurdes et qu'elle utilise désormais comme supplétifs de son armée d'occupation en Syrie, contre ces mêmes Kurdes -, naturellement donc, aucun Daesh sur le retour ne peut se mêler à ce nouveau flux, organisé par le pouvoir islamiste turc, si cher à Kizyvienne et qu'il chouchoute dès qu'il peut.

Vous pensez bien que les Turcs l'empêcheraient !

Mai moi, hier soir, pour la première fois depuis le Bataclan, je suis entré sur le territoire français, à Roissy, sans le moindre contrôle d'identité.



Allô, le ministre de l'intérieur... Ah non, c'est vrai, on n'en a plus !

Dormez en paix, braves gens !

jeudi 11 octobre 2018

Un petit point d'ambiance sur la situation politique en Grèce

Donc, peu avant l'accord avec l'ARYM, que d'aucuns essayent de sauver en achetant des députés de l'opposition à Skopje, à coup de dollars, afin de permettre au Parlement de s'asseoir sur le résultat du référendum que l'opposition a emporté en prônant une abstention qui invalide le scrutin et qui aurait dû arrêter le processus, la moribonde société grecque d'électricité a dépensé les sous des abonnés Grecs, auxquels on coupe l'électricité quand ils ne peuvent pas payer leurs factures, non pour investir dans la modernisation de réseaux et d'unités de production souvent archaïques, vieillissants, défaillants, mais pour acheter une non moins moribonde société arymienne... Les abonnés Grecs, qui se trouvent être aussi des citoyens, ont quelque mal à avaler cette nouvelle couleuvre de "gauche radicale".

Tandis que le même citoyen apprend que le frère du ministre de "gauche radicale" de l'Economie fait son beurre à la tête d'une société rachetant et liquidant des sociétés en faillite...

Tandis que le ministre de la Défense, opposé à l'accord négocié par son gouvernement avec Skopje, est parti à Washington proposer, de son propre chef et aveu, aux Ricains un plan de rechange que son gouvernement n'a ni délibéré ni adopté...

Tandis que ledit gouvernement compte faire adopter l'accord avec Skopje, contre la volonté du parti avec lequel il gouverne en coalition, grâce à un parti-cul d'opposition créé avec l'argent de Bruxelles, en état de mort cérébrale...et électorale.

Tandis que, pour tenter de se refaire une virginité patriotique, ce gouvernement de marionnettes ressort l'attrape couillons de la dette de guerre allemande sur laquelle chacun connaît la réponse de Berlin... Et la capacité de Tsipras et des siens à tordre le bras de l'Allemagne.

Et tandis que le sultan rouvre en grand la vanne à migrants, sans doute afin d'obtenir quelques milliards de plus de l'UE.

Le naufrage du gouvernement Tsipras, c'est long. Surtout vers la fin.

Le problème, c'est que, comme chez nous, la suite, quelle qu'elle soit, avec le retour au pouvoir des cliques de droite aussi germanolâtres que la clique de "gauche radicale" à l'agonie, ne s'annonce pas plus réjouissante.

Épuisement du système européen de fausse alternance des personnels sans alternance de politique. Les Grecs grognent, s'indignent, ricanent... Jusqu'à ???

vendredi 5 octobre 2018

Du référendum arymien et du régime de progagande dans lequel nous vivons

Je ne m'étais donc pas planté dans mon anticipation des résultats du référendum.

En revanche, je n'avais pas anticipé, le traitement hallucinant de cette nouvelles par RFI, que je capte ici, et, semble- t-il pat l'ensemble des médias français : 90 % de Oui, c'est magnifique, merveilleux, super génial, youpee, yop la boum !!!

Bon il n'y a eu que 35 % de participation, mais c'est finalement accessoire.

Ceci est parfaitement caractéristique du régime de propagande la plus éhontée dans lequel nous vivons, le régime d'Union européenne dans lequel la démocratie se résume à faire dire aux peuples ce qu'on attend qu'ils disent.

Il ne saurait y aoir d'exception à cette règle européenne fondamentale. Ou bien alors on s'assoit sur leur réponse.

En l'occurrence, comme je l'ai expliqué ici, c'est la participation qui était essentielle, puisque le référendum est invalide sous 50% et que les opposants à l'accord ont prôné l'abstention pour obtenir l'invalidation. Et le pourcentage des Oui qui n'est donc que très très très très accessoire, parce que 90% de 35%...

Il s'agit en réalité d'une magistrale gifle pour le pouvoir arymien, les partisans de l'accord et leurs patrons (UE, Etats-Unis) et d'un grand succès pour ses opposants et pour la Russie qui voyait avec déplaisir une nouvelle dilatation de l'OTAN.

Mais c'est le contraire exact qu'on nous sert. Comme disait Goebels: plus c'est gros...

L'accord est donc en principe mort ; ce qui signifie que Tsipras n'aura pas à diviser sa majorité et aller chercher les voix de Potami, ce particule créé par Bruxelles et qui est en état de mort cérébrale même s'il fait encore semblant de respirer. Un peu comme l'UE en somme.

Tigrane à Lexikopoleio : c'est à Athènes le 11 octobre

jeudi 27 septembre 2018

Tir groupé

Avant mon départ de Paris, j'ai donné un entretien à Polony TV et à l'excellente Coralie Delaume, sur l'escroquerie médiatique de la sortie de la Grèce des plans d'aide européens, qui n'ont jamais aidé que les banques occidentales gavées de dette grecque à ne pas sombrer avec nos économies. Et Coralie m'a fait aussi un peu parler de la Turquie : je ne me suis point trop fait prier !

Et puis arrivé à Nisyros, Alexia Kefalas m'a demandé une tribune pour le journal Ta Nea, l'équivalent du Figaro grec. Sans partager la ligne politique de ce journal lié aux conservateurs de la Nouvelle Démocratie, mais il s'agit d'une tribune, donc d'une libre parole, j'ai bien sûr accepté avec plaisir d'exposer à des lecteurs grecs pourquoi il n'y a pas d'issue pour la Grèce tant que la Grèce voit son activité économique dépendre d'une monnaie allemande, l'euro, et des déséquilibres croissant que l'existence de cette monnaie impose à l'ensemble des pays de cette zone monétaire absurde et criminelle - hormis l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas. Je remercie Alexia et son mari, rédac chef, de leur confiance et de la liberté totale d'expression qu'il m'ont donnée, liberté qui devient inimaginable dans les médias français (à l'exception du Figaro Vox et de quelques autres sites d'info sur Internet, peut-être bientôt dans Marianne puisque Natacha Polony en est devenue la patronne...)

Cette publication prenait place dans un numéro spécial, paru le 8 septembre, à l'occasion de la rentrée politique de Tsipras qui a fait toute sorte de promesses de baisses d'impôts et d'augmentations de salaires pour... 2020 et 2021. C'est-à-dire pour quand il aura été battu et sera dans l'opposition. Ce garçon est décidément plein de ressources et d'idées originales !

Mon nom figurait à la Une du journal, devant ceux de Jean-Paul Fitoussi et Thomas Piketty : on n'a beau ne pas avoir la grosse tête, àa fait plaisir !

La rédaction a titré ce texte "La sortie du cauchemar est encore loin". Et je vous en donne le texte en français ci-dessous :

La tragique imposture de l’euro fut de faire croire aux peuples qu’on créait une monnaie européenne afin de procurer à tous plus de stabilité, d’emploi et de prospérité, alors que l’euro est bien plus qu’une monnaie. C’est un mode de gouvernance dessaisissant les peuples d’un instrument essentiel de la maîtrise de leur destin : la souveraineté monétaire. Et en raison des conditions de la négociation du traité de Maastricht (notamment sa calamiteuse conduite par la partie française), ce mode de gouvernance est essentiellement allemand, fondé sur l’ordolibéralisme, une idéologie héritée de l’histoire et des pathologies propres à l’Allemagne, caractérisée par la défiance à l’égard des pouvoirs démocratiques, l’exigence de soustraire l’économie à la délibération politique, et l’établissement de règles intangibles définissant un Ordre économique supérieur à la Constitution.

On comprend mieux, dès lors, l’avertissement de Jean-Claude Juncker (28 janvier 2015) à la majorité grecque tout juste élue : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », la sereine violation par l’UE des résultats du référendum de l’été suivant, ou le front du refus opposé par l’eurogroupe au ministre Varoufakis. Celui-ci présentait des propositions pragmatiques, d’ailleurs modérées et insuffisantes, auxquelles l’eurogroupe ne pouvait être accessible puisque sa position est idéologique : peu importent les pots cassés économiques, les dégâts démocratiques, les drames humains et les morts, puisque la Règle doit être respectée. Dans l’UE, comme autrefois en URSS, l’échec ne peut venir de l’imbécillité de la Règle ni provoquer sa remise en cause, il ne peut qu’être l’effet d’une insuffisante application de la Règle et justifier son durcissement.

Or pour la Grèce, comme pour tous les pays, nombreux, dont l’économie n’a pas des fondamentaux similaires à ceux de l’économie allemande, cette Règle signifie l’asphyxie. Car si, du fait de ses caractéristiques propres, l’économie allemande est peu sensible au taux de change tandis qu’elle pèse d’un poids déterminant dans sa formation, un euro fort est au contraire ravageur pour la France, l’Italie et de nombreux autres pays… dont la Grèce au premier chef, alors que celle-ci ne pèse pour rien dans la détermination de ce taux de change. Pour repartir, l’économie grecque, mais aussi l’italienne, la française, etc., auraient besoin d’une dévaluation ajustant la valeur de leur monnaie à leurs structures, leurs forces et leurs faiblesses.

L’euro l’interdisant, ces États sont condamnés à « ajuster » par la baisse sans fin des salaires, des pensions, des prestations sociales, par de nouveaux impôts et coupes budgétaires. La sortie des mémorandums (provisoire ou non) n’y change rien, la loi d’airain de l’euro et les Marchés qui en sont les gardiens continueront à les imposer : « l’obéissance aux marchés sera récompensée, la désobéissance sera punie », écrivait un des fondateurs de l’ordolibéralisme, Wilhelm Röpke, dans un livre de 1942 intitulé La Crise sociale du présent.

D’autant que la dette grecque reste insoutenable, que la faible baisse du chômage n’a été acquise que par le départ en émigration de la partie la plus dynamique de la population, dont l’éducation a été payée par le contribuable grec mais qui va créer de la valeur ajoutée ailleurs, que la paupérisation massive empêche tout redémarrage de la consommation intérieure, principal moteur des économies développées, et que la croissance de 2017 a tout d’un « rebond du chat mort », compensation provisoire et mécanique d’un excès de baisse.

En réalité, puissamment dysfonctionnel, l’euro ne cesse d’enrichir les États les plus riches de l’eurozone et d’appauvrir les autres. Pour la Grèce, en sortir en 2015 aurait été plus difficile qu’en 2010 ou 2012, ce le sera davantage demain qu’en 2015 ou qu’aujourd’hui, parce que l’euro ne cesse de détruire le potentiel productif et humain du pays, parce qu’il ne cesse de justifier la spoliation des patrimoines privés et public, de produire de la défiance politique… Mais l’euro est un carcan, et un carcan ne se réforme pas (l’Allemagne qui en profite ne l’acceptera jamais) : on en sort ou on y crève.

mercredi 26 septembre 2018

Référendum dimanche en ARYM

A l'approche du référendum sur l'accord Tsipras-Zaev de dimanche, je vous remets cet article publié en février sur Le Vent se lève, à propos de cette négociation qui débutait alors, replacée dans le cadre de long terme de la question macédonienne.

Pour mémoire, la question posée aux électeurs de l'ARYM évite soigneusement d'évoquer le compromis sur le nom (République de Macédoine du Nord) comme la modification de la Constitution arymienne dans ses articles irrédentistes (il faudra au Parlement une majorité des 2/3 pour enclencher le processus puis la même majorité pour valider les modifications, alors que le gouvernement Zaev a été investi par une majorité de 2 voix).

Question : "Etes-vous pour l'adhésion à l'UE et à l'OTAN en acceptant l'accord entre la République de Macédoine et la République hellénique?"

On voit de suite comment on tente de détourner le problème du fond du litige (l'irrédentisme d'une partie de l'opinion de l'ARYM) vers l'adhésion à l'UE et l'OTAN... la validation de l'accord entraînant la levée du veto grec à l'adhésion de Skopje à ces deux organisations.

Rappelons aussi que le président de l'Acienne République yougoslave de Macédoine, Gjorgje Ivanov, a refusé de signer le texte de l'accord, lequel a dû faire l'objet d'une seconde délibération au Parlement avant d'être signé par le président du Parlement (albanophone) et non par celui de la République qui a déclaré, il y a quelques jours, qu'il n'irait pas voter.

En effet, la VMRO (droite nationaliste et irrédentiste) dont il est issu, arrivée première aux élections législatives de 2016 après dix ans de pouvoir mais incapable de former une coalition majoritaire, et qui est contre cet accord vise avant tout un scrutin invalide.

Car pour que le résultat du référendum soit validé, il faut non seulement que le Oui l'emporte par 50% + 1 voix, mais que la participation soit d'au moins 50% des électeurs inscrits. Ils vaut donc mieux, dans cette perspective, que les électeurs slaves hostiles à l'accord s'abstiennent, ajoutant leurs voix aux sans doute très nombreux abstentionnistes albanophones plutôt que de leur demander de voter Non. En allant voter, ils feraient grandir les chances d'une validation du scrutin sans être certains que le vote Non soit majoritaire. En effet, il est douteux que le référendum voit une ruée aux urnes des électeurs albanophones bien plus intéressés par l'union avec Tirana et Pristina que par cette question. Et quelle serait la viabilité d'un accord acquis contre la majorité de la majorité slave; grâce à l'appoint des Albanophones ?

Les sondages indiquent plutôt une participation autour de 45 %.

La VMRO joue donc très habilement l'invalidation. On saura dimanche si elle a eu raison.

De même, en Grèce les sondages donnent-ils une large majorité, autour de 70%, hostile à cet accord conclu sous intense pression américano-UE (et contre la volonté russe qui verrait une fois de plus l'OTAN s'étendre dans les Balkans), par deux gouvernements extrêmement faibles. Car les Grecs indépendants, partenaires de coalition de Tsipras, refusent de voter sa ratification qui ne pourra être acquise que par le petit parti eurohystérique Potami, lui-même en état de mort cérébrale et qui ne retrouverait aucun député en cas d'élections législatives...

Bref encore un bel exercice de démocratie à la sauce UE, avec, naturellement, Merkel et tous les oligarques de l'Ouest mobilisés pour imposer leur décision...

vendredi 21 septembre 2018

Tigrane dans France Arménie

Je ne sais pas pourquoi, avant de partir, je n'ai pas partagé cet entretien avec Tigrane Yegavian paru dans le numéro de juillet-août de France-Arménie.

Je reviens dans les jours qui viennent avec la tribune que j'ai publiée dans Ta Nea (Le Figaro grec) et l'entretien avec Coralie Delaume sur Polony TV/

Sinon tout va bien. Les amis puis mon homme sont repartis vers la France depuis une semaine. J'avance bien dans mon Thémistocle, entre plage et bricolage.

A bientôt !

vendredi 24 août 2018

A plus tard !

Bon les gens, je vais me faire plus rare. Je repars pour "notre" île demain et cette fois jusque vers la mi-octobre.

Le jeudi 11 octobre, pour ceux qui sont à Athènes, j'aurai le plaisir de présenter mon Tigrane l'Arménien, chez les excellents Odile et Iannis, à la librairie To Leikopoleio. Ne faites pas trop de bêtises tout de même pendant mon absence.

Moi, je vais tâcher de boucler le manuscrit de mes Mémoires de Thémistocle.

Cela dit, en principe, la revue Le Comptoir devrait publier dans les semaines qui viennent un entretien avec l'excellent Galaad Wilgos autour de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, et j'ai enregistré ce matin, avec l'excellente Coralie Delaume, un autre entretien, sur la situation en Grèce et en Turquie, pour Polony TV.

Donc vous ne serez pas totalement débarrassés de moi !

lundi 20 août 2018

Désastre grec et aveuglement idéologique

Libération publie aujourd'hui un papier de Fabien Perrier fort juste sur la description de la situation même si on pourrait y ajouter quelques éléments.

Ainsi pour des milliers de salariés grecs les salaires ne sont plus, depuis longtemps, versés régulièrement. La vaporisation du droit social jointe au chômage de masse a en réalité installé la toute-puissance des employeurs qui payent ce qu'ils veulent quand ils veulent. Le chantage au licenciement ou/et les difficultés des entreprises font que bien souvent les salaires ne sont versés que tous les deux, trois ou cinq mois.

Ainsi les commerçants dont les impôts et taxes divers, cotisations patronales, s'élèvent, du fait de la fiscalité délirante imposée par l'Euro-Germanie, jusqu'à 78 % du chiffre d'affaires - vous avez bien lu chiffre d'affaires et pas bénéfices, ce qui bien évidemment n'a fait que doper l'économie grise, sans quoi le nombre des faillites et des fermetures serait encore plus apocalyptique. Ainsi des nouvelles énièmes coupes tous azimuts que le gouvernement de "gauche radicale" s'est engagé à faire au 1er janvier 2019.

Dans ces conditions, on comprendra, qu'en absence de tout allègement de la dette, puisqu'on a fait qu'admettre les Grecs au privilège de payer plus longtemps plus d'intérêts d'une dette en partie odieuse, le discours actuel sur la sortie de la Grèce des "plans d'aide", qui n'ont jamais aidé que les banques allemandes et françaises qui s'étaient chargé, au-delà de toute raison et prudence en dette grecque.

On pourrait multiplier les exemples et les compléments à l'infini, tant les criminelles politiques euro-allemandes ont eu d'effets délétères et mortifères sur les Grecs - et qu'elles continueront à en avoir exactement autant qu'hier, et même plus, demain et après-demain, jusqu'à la saint glin-glin. Mais on ne saurait en faire reproche à Fabien Perrier (que je connais et que j'apprécie, qui fait un très beau travail sur la Grèce où il a choisi de vivre pour témoigner, ce qui n'a rien d'un choix de facilité ! même si, comme on va le voir, nous sommes en désaccord sur des points capitaux) qui devait bien entendu sélectionner pour tenir un calibre.

Ce qu'on lui reprochera, en revanche, c'est cette sentence assénée d'emblée au lecteur, et qui n'a d'autre fondement que la doxa européenne élevée au rang de vérité révélée : "le pays vit, selon lui, le «dernier acte du drame des mémorandums» signés pour éviter à tout prix une sortie de la Grèce de l’euro, aux conséquences vraisemblablement encore plus dramatiques." Et voilà, le tour de passe-passe débouchant une fois de plus sur la conclusion que tout le monde aura compris : TINA. C'est bien malheureux, ce qui arrive aux Grecs mais c'est ainsi et il n'y avait pas d'autre solution, puisque la sortie de l'euro eût été pire. Rideau ! Pas de débat possible. La question ne peut même pas être posée.

Le peuple grec a beau avoir refusé les solutions euro-germaniques à plus de 61% à l'été 2015, alors qu'on lui répétait du soir au matin et du matin au soir que, s'il les refusait, il serait expulsé de l'euro et de l'UE, le peuple grec a beau avoir pris le risque de la sortie : la question ne sera pas posée", comme disait le président du tribunal aux défenseurs de Zola durant le procès du "J'accuse", dès lors qu'ils glissaient de la question de la diffamation au cas de Dreyfus qui avait justifié l'article accusé de diffamation.

La question de l'euro ne sera donc pas posée.

Pourquoi ? Parce que les sachants ont décidé que c'eût été pire.

C'est évidemment avec des escamotages de ce genre qu'on fait monter tous ceux qui ne croient plus en la démocratie, dès lors qu'en régime d'Union européenne la démocratie se résume au choix, sur la mine ou l'élégance, de celui qui sera chargé de mener la politique unique - quels que fussent ses dégâts qu'on déplore ensuite.

Eh bien non, Fabien Perrier, ce n'eût pas été pire si les Grecs étaient sortis de l'euro. Parce qu'avec une monnaie dévaluée de 20 ou 25 %, on aurait évité la désindustrialisation, la désertification économique, que le tourisme grec serait redevenu attractif par rapport aux pays comparables ayant des taux de change comparables, qu'on aurait dévalué la dette d'autant (lex monetae) pour autant que le gouvernement grec fût aussi patriote que celui de Nestor Kirchner en Argentine, que les Grecs auraient échappé à la spoliation massive et générale de leur patrimoine privé et public, que l'économie grecque aurait retrouvé des capacités d'exportation et de développements, et qu'elle ne serait plus enfermée aujourd'hui dans une impasse.

Car elle reste enfermée dans une impasse : l'impasse de l'euro. Car malgré la dévaluation intérieure par les salaires, les pensions, les dépenses publiques de toute sorte, malgré la paupérisation et le désastre sanitaire, l'économie grecque ne peut pas repartir avec une monnaie surévaluée par rapport à ses fondamentaux, d'autant plus surévaluée que ses fondamentaux, du fait de l'euro et des politiques qu'il suppose, n'ont cessé, ne cessent et ne cesseront de se dégrader.

Ainsi a-t-on avec cet article, un singulier exemple de lucidité sur les conséquences couplé à un total aveuglement - par idéologie eurolâtre qu'il serait anathème de mettre en question - sur les causes. Résultat de 50 ans de formatage des esprits.

dimanche 19 août 2018

Coralie Delaume parle de la Grèce sur France Culture

J'étais en train de préparer à déjeuner et j'ai éteint France Cu en entendant le titre sur la Grèce. Je ne savais pas que Coralie Delaume était l'une des intervenantes et je me suis dit que ça ne valait pas la peine que je me gâche mon aprème, qu'à 60 ans il me faut prendre soin de mon coeur, tout ça, tout ça...

Et puis paf, là j'appends qu'elle a causé dans le poste - et qu'en plus elle me cite. Du coup, je suis obligé d'écouter avant de retourner à mon Thémistocle !

Bon, si vous croyez encore qu'il puisse sortir quelque chose de bien de ce qu'il est convenu d'appeler l'Europe, vous pouvez écouter aussi le sieur Bertoncini - comme on dit sur un autre plan : c'est un vrai remède à l'amour. Si vous n'avez plus d'illusions et que vous voulez vous éviter les coups de sang, vous baissez le sang, vous zappez ce sinistre porte-voix de la doxa libéralo-eurocratique et le propagande berlino-bruxelloise, et vous n'écoutez que Coralie et Angélique Kourounis qui donne une image réelle de ce que pensent les Grecs de cette escroquerie syriziste de la "sortie" de crise" par le "retour sur les marchés".

Et puis le même jour, parce que tout est lié, on apprend ceci : Yawohl Madame ! Natürlich Madame ! Et vous pourriez me foutre une autre beigne sur la joue gauche, madame ? Signé le gouvernement de la "gauche radicale" grecque

vendredi 17 août 2018

Air France

Donc, il n'y aurait pas de Français capable de diriger Air France et il faut payer un Canadien trois fois plus que son prédécesseur pour refuser toute augmentation de salaire aux personnels.

Un Canadien spécialiste du bas coût...

Un Canadien réputé pour son absence d'inclination au dialogue social et sa grande sollicitude pour les actionnaires...

Un Canadien dont la candidature a été poussée par Delta Airlines, actionnaire minoritaire et concurrent d'Air France...

Un Canadien adoubé par l'inénarrable Lemaire.

Vous ne trouvez pas que ça sent très fort la vente des bijoux de famille sous pression euro-allemande, comme d'hab.

Vu que la croissance, mythique, impossible tant qu'on a l'irréformable euro, il va bien falloir vendre, et vendre et vendre et vendre encore le capital social, notre capital commun, pour satyisfaire aux exigences de Bruxelles et Berlin.

Le viaduc de Gênes, les 4000 pompiers grecs en moins qui font tourner un incendie à la tragédie : on s'en b... fout, on continue et on continuera, jusqu'au bout.

Après Alstom et les chantiers de l'Atlantique... bientôt Air France ? Avant ou après la SNCF ? La mondialisation heureuse continue. Enfin, chez nous... Bon vous nous laissez partir le 25 août et après vous pouvez vous mettre en grève tant que vous voulez.

Si, juste, après la définition de traître, la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie française donne l'exemple suivant : "On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l'on méprise toujours les traîtres."

jeudi 16 août 2018

Ah, la faute à pas d'chance !

Ou à ces salauds de peuples du sud qui ne savent pas se gouverner, et qui le seraient bien mieux depuis Berlin, si seulement ils avaient un peu de bon sens !

Et bien sûr, les idiots utiles vont nous dire que ce qui est arrivé à Gênes, c'est à cause de la Mafia, des carences de l'Etat italien, comme l'incroyable mortalité des derniers incendies en Grèce est la faute des constructions illégales et comme ce que subissent les Grecs depuis dix ans, ils l'ont mérité parce qu'ils sont voleurs, fraudeurs, feignants. Comme ce qui arrivera sur un des ponts français identifiés par le rapport du Sénat, ce sera la faute à... Comme ces salopards qui se noient sur les plages françaises, que c'est leur faute ou la faute à pas d'chance: 720 CRS sur les plages en 2002, 460 en 2015, 297 cette année... et un record de 1758 noyades (dont une sur cinq mortelle) du 1er juin au 9 août, soit deux fois plus qu'en 2015, alors que le nombre de CRS est un peu plus d'1,5 fois inférieur. Comme le prochain accident d'aviation en France n'aura rien à voir avec la vétusté du système d'aiguillage aérien (un avion dont on a perdu la trace il y a peu, pendant plusieurs minutes et qui en a frôlé un autre), sur laquelle ne cessent d'alerter les aiguilleurs du ciel, mais qu'on n'a pas remplacé... Parce que y'a pas d'sous ? Ben non, faut bien payer le coût de l'euro. Jour après jour. Mois après mois. Budget après budget. Service public après service public.

Mais non, ça n'a aucun rapport ! D'ailleurs, c'est bien bien simple, rien n'a jamais aucun rapport avec la vérité révélée qui fonde les traités européens et s'est incarnée dans l'euro. C'est la faute à la Mafia, aux Grecs, aux Ritals, à pas d'chance...

Alors trêve de plaisanteries : oui, bien entendu l'accident de Gênes a évidemment une cause principale. Le modèle euro- allemand qui nous détruits, nous nations européennes, nos démocraties, notre Etat social, nos capacités à concevoir et préparer l'avenir, à investir, comme à gérer et entretenir ce que nous avons hérité du passé. Le modèle euro- allemand, c'est-à-dire, la privatisation des infrastructures et des services publics dont le but est dé dégager du cash pour les actionnaires - pas d'assurer la sécurité des usagers. Le retrait de l'Etat, partout, toujours, toujours plus, jamais assez, pour laisser le champ libre aux prédateurs qui ne sont nulle part assez gavés, jamais. Les contraintes budgétaires générées par l'infâme, scélérate et stupide monnaie unique - et ses règles de fonctionnement allemandes, infâmes, scélérates et stupides - qui empêchent l'Etat et les collectivités locales d'investir, d'entretenir, de remplir leurs fonctions - à commencer par la protection des citoyens.

Atlantia, qui avait la concession du viaduc effondré (quels que soient ses défauts de construction, il revient au concessionnaire d'y assurer la sécurité plutôt de que de distribuer des dividendes à ses actionnaires) a aussi racheté les aéroports de Nice, Cannes, Saint-Tropez, elle est pour 15 % actionnaire du tunnel sous la Manche et l'actionnaire italien du tunnel du Mont-Blanc. Elle était favorite pour le rachat d'Aéroport de Paris.

Il faut être bien sourd et aveugle pour prétendre que tout cela n'a rien à voir avec l'Union européenne et le poids écrasant des lobbys à Bruxelles ? Alors que Bruxelles exige la privatisation du rail ou, en France, de quelques trois cents barrages. A Atlantia, qui les entretiendra aussi bien que le viaduc de Gênes ? Il faut être bien anesthésié par l'idéologie germano-européo-libérale pour soutenir que le désengagement de l'Etat de toutes ses fonctions n'a rien à voir avec le coût de l'euro.

L'Europe, ce n'est pas la paix. L'Europe, c'est la guerre permanente faite par les lobbys aux peuples, l'Europe c'est la prédation organisée et généralisée des biens publics par les intérêts privés, et les Etats réduits à l'impuissance par une monnaie dont les règles allemandes interdisent à ces Etats de remplir leurs fonctions parmi lesquelles la protection des citoyens. L'Europe ce n'est pas la paix, parce que désormais, en Grèce où des malades sont privés de traitements vitaux, en Italie ou ailleurs, chaque jour l'Europe tue.

Aucun aéroport n'est privatisé dans cet enfer bolchévique que sont les Etats-Unis. Et l'horrible, l'imbécile Trump est arrivé au pouvoir avec un programme de rénovation et développement des infrastructures inédit depuis le New Deal.

Mais sur Facebook, on apprenait avant-hier et hier, du spécialiste de l'Allemagne Mathieu Pouydesseau les informations suivantes :

"En Allemagne, le déficit d’investissement dans les infrastructures publiques est évalué à plus de 200 milliards, et des tunnels ferroviaires se sont déjà effondrés, heureusement sans victimes.

En Italie, même logique budgétaire, même effet :

“Nous avons un vaste problème de remise à neuf des infrastructures qui sont devenues obsolètes. A cela s'ajoute le problème de la maintenance et de la répartition des compétences au niveau de la gestion de la manutention », notait récemment Amedeo Genedani, président de Unatras, la confédération des transporteurs. La situation est d'une telle gravité que de nombreuses sociétés spécialisées dans la construction de ponts préfèrent jeter l’éponge, en raison d'un manque de moyens. « Il y a un problème au niveau des fonds qui se répercute sur toute la construction car il faut réduire les coûts tout au long de la filière. Ce mécanisme pervers remet en question la sécurité et la prévention », assurait l’an dernier Massimo Ferrarese, patron de la société de construction INVIMIT.”"

Puis :

"Je vous ai dit hier que les communes allemandes avaient accumulé 48 milliards de retard d’investissement rien que dans les écoles et collèges?

On arrive ici au summum de l’acmée culminante de l’apogée triomphante de de la raison stupide:

Aujourd’hui, on a appris que les collectivités locales allemandes ont accumulé un ... excédent budgétaire de plus de 7 milliards, faisant suite l’an dernier à un ... excédent de 6 milliards....

Mais ne vous inquiétez pas : d’après les éditorialistes, « les collectivités locales ne sont pas encore sorties d’affaire, et doivent continuer à épargner ».

Dans un pays au solde net vis à vis du reste du monde de 200 milliards par an...."

Logique délirante, évidemment... La logique des 4000 postes de pompiers en moins en dix ans en Grèce et des incendies qui tuent ! La logique d'Atlantia et du viaduc de Gênes qui tue !

Combien faudra-t-il encore de catastrophes pour que les peuples comprennent que, depuis Maastricht, nos prétendues élites nous ont engagés collectivement dans une spirale délirante et mortifére ?

Privatisations, retrait de l'Etat, coupes budgétaires pour satisfaire à l'idéologie ordolibérale allemande qui est le fondement idéologique de l'euro : le "modèle euro-allemand" est à l'évidence à bout de souffle ; mais nos prétendues élites, bornées, obnubilées par leur idéologie qui date du XIXe siècle, confites dans leurs certitudes, refusent de le voir. A l'imitation des élites soviétiques des années 1980. Reste à savoir si l'effondrement du viaduc de Gênes, qui révèle de manière spectaculaire et tragique les tares mortelles de ce système dans lequel on nous a englués depuis des décennies sous prétexte d'Europe, sera quelque chose du même ordre que Tchernobyl pour l'empire soviétique en son temps. Le symptôme avant-coureur de l'implosion d'un empire, le symptôme avant-coureur de l'effondrement d'un empire qui, sur le billet de 500 euros, a fait figurer un pont reliant deux nulle part.

Demain, on parlera d'Air France, tiens, pour changer... ou pas.

mardi 14 août 2018

L'Europe, ce n'est pas la paix, en fait ; c'est le pont !

Dix ponts écroulés en Italie depuis cinq ans. Et ce n'est pas la faute à pas de chance.

Il y a quelques jour, notre délégué à la sécurité routière, ici, en France, déclarait à BFM : "Quand les routes sont en mauvais état les gens roulent doucement".

Il dit quoi aujourd'hui le délégué, après l'effondrement du viaduc de Gênes ?

La réalité, c'est que les politiques européennes, à force de couper partout dans les crédits, tuent !

Qu'il s'agisse des pompiers en moins en Grèce ou de l'entretien des infrastructures.

En Allemagne, ce modèle indépassable, devant lequel il est hérétique de ne pas faire au moins trois génuflexions par jour, les camions doivent parfois faire des dizaines de km de détour pour livrer une usine parce que 40 % des ponts sont vétustes et ne sont plus entretenus comme il faudrait. Le réseau routier français, qui fut le meilleur du monde, se dégrade - avec l'approbation satisfaite du guignol à la sécurité routière - et les collectivités locales, privées des crédits nécessaires - afin de payer le coût de l'euro -, ne peuvent plus consacrer les sommes nécessaires à leur remise en état.

On nous dit que le viaduc de Gênes avait fait l'objet de travaux en 2016... Des travaux suffisants ou au rabais pour satisfaire aux exigences budgétaires auxquelles se sont soumis les gouvernements du Parti démocrate ?

Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, n'a pas tout-à-fait la même analyse que notre Gugusse à la sécurité routière : «Il y a une bonne partie de l'Italie qui doit être mise en sécurité. S'il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l'argent que nous devrons mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option.»

Ah oui, mais ça ne compte pas, Salvini c'est un vilain, un méchant... un fasciste. Le problème c'est que votre euro et votre Europe allemande, irréformables, verrouillés, cadenassés de toute part, ils sont en train d'en fabriquer par milliers. Partout en Europe.