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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

mercredi 12 décembre 2018

Complotisme...

Protéger Bernard Arnault ou arrêter sans motif Julien Coupat qui écope d'un... rappel à la loi : on comprend bien les priorités en matière de sécurité intérieure des Français.

Hier un ami publiait sur Facebook le récit d'une journée au tribunal de Paris. Je vous en donne connaissance parce que je crois vraiment que nous sommes dans une dérive autoritaire d'un pouvoir français et européen aux abois qui cherche tous les moyens de criminaliser ses oppositions. Voilà donc ce témoignage :

"On s'est rendus avec Lucie Radler aux comparutions immédiates du Tribunal de Grande Instance (TGI) et pour etre franc je suis encore sous le choc. Alors voilà brièvement comment ça se passe.

Enfermés depuis samedi, sans possibilité de communiquer avec leurs proches et sans avoir pu faire leur toilette, les prévenus font subitement face au président du tribunal lui-même entourré de deux juges, au procureur ainsi qu'à l'avocat de la partie civile, le cas échéant. On avait pu lire ici ou là que les accusés appartenaient à des groupes hétérogènes allant du prof à la retraite à la petite coiffeuse des Batignolles mais ce n'est pas tout à fait ce que l'on a pu constater... Pour commencer, on a trouvé les prevenus fatigués, appeurés, les observant cloitrés dans leur cage de verre d'où ils n'entendaient rien, obligés de se plier en quatre pour parler au micro qui, trop bas, les obligeait à courber le dos. La procédure est expéditive. L'histoire de la personne n'est pas fouillée, à peine réduite à quelques stigmates. Il est alors difficile, voire impossible, de prendre la mesure des trajectoires de vie de ces personnes dont je ne peux donner hélas qu'un bref aperçu.

Des hommes de moins de trente ans, pour beaucoup arrêtés à la sortie du métro ou dans les parkings où ils venaient de garer leur voiture. Concernant l'un des prévenus, désosseur de poulets en arrêt de travail pour une blessure à la main droite, un des juges a alors émis une réserve sur le fait qu'il ait été arrêté dans un parking souterrain : la personne pouvant faire l'objet de certaines procédures sur la voie publique, mais pas forcément au-dessous... Nuance qui, je dois bien l'avouer, nous avait jusque-là échappé ! Un conseil donc : évitez les parkings aériens... surtout si vous comptez acheter des outils de bricolage pouvant paraître suspect en ces temps troublés où l'état d'urgence frappe de nouveau à nos portes...

C'est ainsi qu'on a pu assister aux comparutions de ces désormais célèbres casseurs professionnels (le fameux BTS Casse Pro sponsorisé par les médias français) qui, en l'occurence, ne s'étaient rendus coupable que de posséder des genouillères, des fumigènes – que le procureur a tout simplement confondu avec des lance-flammes - mais également des masques à gaz et des bouchons d'oreille. Un des prévenus s'est vu reprocher d'en posséder une dizaine... Le bouchon d'oreille pouvant être considéré comme... On n'en sait rien, à vrai dire on n'a pas trop compris quel était le problème.

Ce qu'on a bien capté, en revanche, c'est qu'il ne s'agissait que de mecs dans la merde, et pas la petite merde, mais bien l'océan de merde. Le jeune homme qui s'est vu reprocher son masque « avec cartouche » a répondu qu'il se protégeait parce qu'il avait un cancer des poumons. L'avocate a alors précisé qu'il vivait avec sa mère, handicapée, qui l'appelait toutes les heures depuis la veille pour savoir ce qu'il adviendrait de son fils. « J'aimerais rentrer chez moi. Je suis son seul soutien physique et moral », a ajouté le type, intérimaire blondinet, arrêté arbitrairement en possession d'une raquette de tennis alors qu'il sortait du métro Le Pelletier dans le 9ème arrondissement. Que dire encore de ce garçon grenoblois de 23 ans, domicilié chez sa grand-mère, accusé d'avoir monté une barricade avec une... poubelle... à qui un CRS demande 1500 euros de dommages et intérets parce qu'il a résisté à son interpellation en l'insultant de « pute à Macron »... Le mec qui suivait n'a quant à lui opposé aucune résistance mais son visage portait tout de même des traces d'écchymoses. On n'a pas trouvé de médecins dans la salle pour le confimer mais à vue de nez, le sien avait doublé de volume. Accusé d'avoir lancé des lacrymos sur la police, il a tenu à préciser : « Je m'en suis pris une dans la cuisse. J'ai pas réfléchi et je l'ai renvoyée là d'où elle venait. », a priori simple réflèxe de bon sens que le président du tribunal n'a pas eu l'air de saisir. Le jeune, boulanger, aimerait travailler en Suisse pour réussir à gagner sa vie et être... mieux traité. Ça a fait rire quelques personnes... A vrai dire pour nous ça commençait à faire beaucoup.

Je me souviens aussi de ce garçon de Lannion. Au chômage avec un prêt sur le dos. Il touche 900 euros et verse 200 euros de pension alimentaire à son ex-compagne. Il nie avoir lancé des pavés. Selon lui, ayant perdu son groupe d'amis, chargé par les CRS, il n'a fait que fuir pour se mettre à l'abri. En a-t-il ou non jeté ? Lui dit que non. La police dit que oui. Les procès verbaux des CRS ne comportant aucune preuve, c'est parole contre parole. Comme le dirait Christophe Hondelatte, on a plutôt l'impression que tous étaient « au mauvais endroit, au mauvais moment » et qu'ils n'ont de toute façon par le meilleur des CV pour échapper à la justice.

Aucun des prévenus que nous avons croisés ce jour-là ne touchait ne serait-ce que le SMIG. On avait plutôt l'impression d'assister aux comparutions immédiates de ceux qui, désormais célèbres dans ce pays, ne sont rien, accusés d'avoir envisagé de hausser la voix, de posséder un équipement de protection quand samedi dernier, nombre de manifestants sont tombés, touchés au visage par les tirs des forces de l'ordre, blessés, défigurés, certains plongés dans le coma... On aurait plutôt tendance à réclamer un port du casque obligatoire pour ces manifestants qu'il serait plus juste d'accuser d'être des opposants au pouvoir, ce que n'a pas manqué de faire un des avocats, rappelant au passage que le délit politique ne peut faire l'objet d'une comparution immédiate. Pour ma part, je la déconseille vivement. On ne résume pas l'histoire d'une personne en deux minutes, pas plus que ce qui peut la pousser à agir, à hurler, à sortir de chez elle pour réclamer justice, celle que loin des tribunaux on nomme justice sociale, la violence exercée par la société à l'encontre des prévénus n'ayant jamais été mentionnée.

N'ayant pu être dans la salle durant les délibérés, on n'a pas vraiment de quoi vous rassurer si ce n'est que le procureur a demandé pas mal de sursis... Ce qui nous semblait déjà disproportionné...

Gros bisous à tous"

Puis il y eut l'attentat de Strasbourg et l'évidence qui devrait s'imposer à tous : on prive de liberté de manière arbitraire et on juge à la chaîne des citoyens lambda dont le seul crime est d'avoir sur eux des bouchons d'oreille et du sérum physiologique, mais les fichés S peuvent sortir leur flingo et tirer dans le tas.

Tout va très bien, Madame la marquise !

Et depuis, naturellement, toute la macronie et la presse de servilité s'époumone : rentrez au bercail ! Vous ne POUVEZ pas continuer à manifester !

Puis tout de suite après : si vous dites que ce pouvoir est incompétent en tout, que ses choix diplomatiques favorables aux puissances extérieures qui financent et soutiennent le terrorisme sont erronés, qu'il réprime sans aucune mesure et de manière intolérable des citoyens en colère en faisant juger à la chaîne des gens arrêtés sans motif ou parce qu'ils détenaient ces fantastiques armes par destination que sont des bouchons d'oreille et le serum phy, qu'il instrumentalise honteusement un attentat pour casser la protestation sociale et rmultiplier les injonctions prétendument morales à rentrer à la maison, que la place du ministre de l'Intérieur est dans un bac à sable... et quelques autres choses encore, relèverait du complotisssssse et du refus irresponsable de l'indispensable union sacrée.

Bon d'accord, c'est vilain tout plein d'être complotiste et contre un gouvernement et un président que le monde entier nous envie et dont les annonces étaient tellement cousues de gros fil blanc que ça c'est vu très vite.

Pourtant, si Coupat a écopé d'un ubuesque rappel à la loi à la suite d'une arrestation manifestement arbitraire, comme tant d'autres depuis plusieurs jours que se multiplient les lettres de cachet, qu'on me permette un léger "rappel à l'histoire".

Je ne vais pas même vous parler des relations avec le Qatar ou la monarchie wahhabite - financiers et propagateurs de l'islamisme qui engendre les dingues à flingo quand ils ne découpent pas leurs opposants à l'égoïne. Juste du Kosovo et de la dernière étape de la récente et déjà trop oubliée itinérance mémorielle de Kizyvienne.

Rappelons donc que le Kosovo, nid de tous les trafics, dont le trafic d'armes, réservoir sans fonds d'icelles pour les terroristes de l'Europe entière, sanctuaire de Daesh dans les Balkans, est patronné, financé, protégé par les Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et la Turquie.

Rappelons donc que les président et Premier ministre de ce prétendu Etat islamo-mafieux, Thaçi, surnommé Le Serpent (soupçonné, entre autres exploits chevaleresques, d'avoir patronné le prélèvement d'organes, aux fins de trafic, sans anesthésie, sur des prisonniers civils et militaires serbes), et Haradinaj (ordonnateur d'innombrables massacres) qui n'ont échappé à la condamnation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal (exclusivement anti-serbe) pour l'ex-Yougoslavie, par la mort inopinée ou la rétractation providentielle des témoins de l'accusation, ont été chaleureusement reçu à l'Elysée par Kizyvienne.

Rappelons enfin que Le Serpent avait une place de choix (derrière Poutine) sous l'Arc de triomphe, près de l'islamiste Erdogan, notre ami notre allié qui a tant fait pour Daesh et continue à tant faire pour recycler ses restes contre nos alliés kurdes, le 11 novembre dernier, quand on exilait le président de la Serbie (nation martyre et alliée de la premier guerre mondiale) sur une tribune secondaire...

mardi 11 décembre 2018

En Grèce, dixième hiver de crise... En France, Gugusse pend la parole

C'est Panagiotis Grigoriou, comme d'habitude ça serre le coeur, mais il faut le lire. D'abord parce que, dans ce papier, il parle de Séféris et de Makriyannis - deux références essentielles que nous partageons, parmi bien d'autres -, suite parce que depuis dix ans les Grecs sont les animaux du laboratoire européen de notre avenir. Pour comprendre où nous allons - si nous ne détruisons pas la machine infernale euro/UE, dont Macron n'est que le "passe-plats" - il faut regarder et regarder encore où ils en sont.

Enfin si vous pouvez l'aider, faites-le (rubrique dons) : grâce à vous il aura un peu moins froid pour continuer à nous informer : 43% des Grecs, selon une étude d'août dernier, ne peuvent plus se chauffer. C'est ça l'Europe et la "gauche radicale" en régime européen !

"Sur les ondes radio, une femme médecin en chef au sein d’une unité de soins intensifs dans un hôpital public dénonce pour une énième fois le manque de moyens. “Nos unités sont à moitié fermées. Nous manquons de personnel et de budget, le matériel manque aussi. Le gouvernement se vante de son excédent primaire, il distribue des cadeaux à sa clientèle politique tandis que nos malades meurent. Je suis chef de service, j’ai plus de trente années d’ancienneté et je gagne 1.800€ net après tant de diminutions successives de mon salaire, tandis que mes collègues jeunes, ils gagnent moins de mille euros par mois. D’après nos calculs, les médecins du public ont perdu en moyenne 55% de leurs revenus en huit années. Heureusement que nous oublions tout cela devant nos malades, dans les salles d'opération... pour ainsi revenir dans la réalité une fois rentrés chez nous. Nos jeunes médecins ont quitté et quittent encore le pays par milliers”."

Pour le reste, Gugusse nous a fait son show hier soir... Manifestement, sa professeur de théâtre n'a pas dû être à la hauteur ! Le texte était mauvais et l'acteur exécrable.

Embrouille sur toute la ligne : l'augmentation du SMIC n'est pas une augmentation du SMIC, mais une augmentation de la prime d'activité financée par l'impôt des juste au-dessus du SMIC (il faut lire là-dessus ce qu'écrit aujourd'hui David Cayla, un de nos meilleurs économistes non conventionnels); et la dispense de CSG n'est pas ce qu'on pense, comme le précise Marianne : "Concrètement, si les 33.000 euros annoncés restaient bien le chiffre définitif, cela signifie que, dans le cas d'un couple, pour bénéficier de l'exonération de l'augmentation de la CSG, il faut que le montant des deux pensions mensuelles ne dépasse pas 2.750 euros. Avant cette annulation, seuls les couples percevant moins de 1.841 euros par mois en étaient affranchis. Par conséquent, les retraités qui reçoivent un peu plus de 1.375 euros chacun devront toujours payer la CSG à taux plein, soit environ 15 euros par mois. Attention, encore : l'âge des retraités peut modifier cette équation. Si l'un des membres du couple a plus de 65 ans, il bénéficiera d'un abattement fiscal de 1.176 euros. Ce dernier s'élève à 2.352 euros si chacun d'entre eux les dépasse." C'est quand même pas mal que Mme Polony ait accédé à la tête de ce journal !

Oh la belle embrouille ! Bien tenté mais du coup, gamin ! On ne doute pas que beaucoup de crânes d'oeufs ont bossé dur pour trouver tout ça. Manque de pot : la ficelle, façon cordage de marine (sans mauvais jeu de mots), est un peu trop voyante. On attend en tout cas avec impatience les commentaires outragés des Déconneurs/Décodeurs de tout acabit des chaînes publiques et bien entendu du Monde, experts en débusquage de fèqueniouzes !

En tout cas, à France 2 on jouit ! On ne sait pas si c'est Lapix ou Saint-Cricq - ou les deux ? - qui ont manifesté leur enthousiasme devant le génie présidentiel, mais on sent toute la difficulté à retenir les épanchements quand on voit le "like" de France Télévisions à un tweet de cet esprit d'exception qui illumine la macronie tout entière de sa fulgurante intelligence Aurore Bergé...

Devant tant d'intelligence (remarquez le "ce qui a été vécu"... sous-entendu : par des crétins qui n'ont pas ma fulgurante intelligence et ne sont pas capables de comprendre le vrai sens des propos du Génie qui nous dirige et que le monde entier nous envie".... enfin de moins en moins !), on comprend l'enthousiasme de France Télévisions, financée par nos impôts... Il est vrai qu'entre dindes, il est un peu normal qu'on se soutienne !

Perlimpinpin, donc... faute d'autres poudres hallucinogènes, ça risque d'être bien juste, pour calmer un populo qui, à chaque interview m'apparaît singulièrement lucide ! Et non moins singulièrement décidé à ne pas se laisser avoir par des gros pièges techno-euro.

Perlimpinipin, mais il n'en faut pas plus pour alerter Berlin et Bruxelles : j'imagine la banane qui ne doit plus quitter Salvini et Di Maio ! Eh oui, même la poudre de perlimpinpin est insupportable au nez des "responsables" du Reich européen ! Mais alors quid du coup de main que Mosco s'était fit prêt, il y a peu, à donner en se faisant élire sur la liste à son pote Manu patronnée par ces géants de l'histoire contemporaine que sont Juppé et Raffarin ? Dilemme ! cornélien ! shakespearesque !!!

Ou bien alors, comme me le soufflait un ami Facebook hier soir, le perlimpimpin serait... cousu de fil blanc ??? Du genre Mosco, Juncker et les deux kapos baltes de la Commission font les gros yeux, tapent du poing sur la table et Manu dit : je suis désolé, j'voudrais ben, mais j'peux point !

En tout cas, il faut lire aussi aujourd'hui cette tribune cosignée par une vingtaine de personnalités, dont Emmanuel Todd et Jacques Sapir, et intitulée : "L’existence de l’euro, cause première des Gilets jaunes" ; comme il faut lire la tribune de Coralie Delaume dans le Figaro Vox : "Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne". Oui évidemment, les lignes commencent à bouger, le mur de la propagande commencent à se fissurer et, dans ce processus, la pression des Gilets jaunes sera historiquement déterminante. L'euro et l'UE vont vers leur fin : partout l'ordre européen vacille sous l'effet de la convergence des crises et d'une façon différente selon les histoires nationales, les contextes nationaux : gouvernement paralysé en France, à l'agonie en Allemagne, en Grèce, en Espagne (où l'extrême droite a réalisé une impressionnante poussée, inédite depuis la fin du franquisme et imprévue de tous les sondeurs) et depuis hier en Belgique... Ma conviction est que nous vivons un temps comparable à celui qui, à l'Est, a précédé l'effondrement sur elle-même, et sous le poids de de ses propres tares, de l'URSS.

Du coup le petit bijou sorti sur le Net hier soir, après la sinistre pitrerie de Gugusse, en prenait une particulière saveur : il s'agit du dernier discours public du regretté Nicolae Ceaucescu, annonçant, le 21 décembre, pour calmer les colères de son peuple une augmentation, au 1er janvier suivant, de 200 leis du salaire minimum et une autre des retraites... Je n'y ai d'abord pas cru... mais lorsqu'un autre ami partagea la vidéo plus longue et sous-titrée en anglais, je dus bien me rendre à l'évidence. Evidemment, je ne résiste pas à vous les mettre en partage !

dimanche 9 décembre 2018

Tribune sur les Gilets jaunes dans Ta Néa

Merci une nouvelle fois à Alexia Kefalas qui m'a demandé cette tribune parue hier dans ''Ta Néa'' (les grincheux vous diront que le patron, gnagnagna gnagnagna, et celui de Libé, ceux du Monde ???) sur le mouvement des Gilets jaunes. Je vous mets la Une ... et le texte en français : le bandeau rouge où apparaît ma binette est intitulé "Les gilets de la colère".

"Pourquoi un écrivain et historien comme moi, qui vit entre Paris et le Dodécanèse, sans voiture depuis 25 ans, qui appartient à cette partie de la population qui ne se sent pas menacée de déclassement, a-t-il soutenu dès l’origine et manifeste-t-il avec les Gilets jaunes ? Par solidarité bien sûr, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être paupérisé pour comprendre que, au stade terminal – comme on parle du cancer –, la paupérisation à l’œuvre menace l’existence même de la démocratie. Mais surtout par réflexion. Comme tout mouvement social – comme celui qui, en 2012, a secoué la Grèce, laboratoire de notre présent –, celui des Gilets jaunes naît de la rencontre entre long terme et circonstances. Les causes profondes sont documentées depuis longtemps : hausse vertigineuse des inégalités durant les 40 ans du cycle néolibéral qui s’achève, rétraction des services publics sous prétexte « d’économies », délocalisations qui désertifient des régions entières et génèrent un chômage de masse, bradage au privé du patrimoine public, notamment des infrastructures, précarisation sans fin des salariés, culpabilisation des retraités accusés de vivre trop bien aux dépens des actifs… Ce qui est moins dit, c’est qu’en Europe, l’UE et l’euro ont été à la fois le prétexte et le moteur de ces évolutions qui atomisent la société, dépouillent l’État, détruisent les solidarités. Or, lorsque les instances européennes, agissant hors de tout contrôle démocratique réel, ont privé les politiques de tous les leviers de commande essentiels – la monnaie, la maîtrise du budget, le droit social, l’aménagement du territoire qui n’est plus possible quand on a perdu la maîtrise du budget et privatisé les infrastructures… –, il reste aux politiques, comme seules variables d’ajustement, l’augmentation des impôts, la pression sur les salaires, les pensions et les prestations sociales. Dès lors, comme l’a signifié Juncker au lendemain de la victoire de Syriza, l’alternance politique perd toute signification puisque le changement de têtes ne saurait signifier celui des politiques prédéterminées par les traités européens. Confrontés à cette situation, les citoyens cherchent une issue vers des partis qui n’ont jamais exercé le pouvoir, ils désertent les urnes, et parfois il finissent par se révolter. La différence entre la Grèce de 2012 et la France de 2018, c’est qu’après Syriza on sait qu’une gauche dite radicale, en régime européen, devient aussi une droite ordinaire. Quant aux causes immédiates de l’explosion, elles tiennent au hasard et aux lobbys qui ont porté la candidature de Macron (l’adhésion de ses électeurs du premier tour est historiquement basse), à l’imposture qui fait confondre jeunesse et renouveau (après Tsipras et Renzi), et à l’absence d’intelligence politique comme de profondeur historique du chef comme de son armée de députés zombies. La France reste en effet façonnée par l’idéal d’égalité, elle n’a jamais été libérale. Or elle élit en 2017, à contretemps de l’histoire, alors que le cycle mondial néolibéral agonise, un président libéral dont le projet est celui d’une Troïka de l’intérieur et qui constitue le gouvernement le plus technocratique que la France a connu depuis celui de Vichy en 1940. De surcroît, imbu de la très haute idée qu’il a de sa personne, Macron manifeste – de préférence à l’étranger – un souverain mépris de ses concitoyens, notamment de ceux qui n’appartiennent pas à sa caste, étincelle probablement déterminante pour mettre le feu à une poudrière prête à exploser depuis longtemps. Dès lors, l’appel des gouvernants au dialogue est une incantation vide de sens. Car ce que réclament les Gilets jaunes, c’est qu’on se ressaisisse des leviers qui permettent d’agir sur leur quotidien. Ce qui suppose, même s’ils ne le formulent pas encore (la propagande européiste reste pour l’heure trop écrasante), la reconquête de la souveraineté nationale sur l’oligarchie de l’UE. Alors que le code génétique de Macron et des siens est la liquidation de ce qui reste de cette souveraineté au profit de cette oligarchie. C’est la raison pour laquelle, après le Brexit et les dernières élections italiennes, la révolte des Gilets jaunes constitue sans doute une étape supplémentaire vers la disparition de l’euro et l’effondrement (à la manière de l’URSS) de l’UE – ce qui serait une excellente nouvelle pour tous les Européens ! "

mercredi 5 décembre 2018

Entretien "Le Comptoir" : 2e partie

La deuxième partie de mon entretien avec Galaad Wilgos vient de sortir sur Le Comptoir.

Elle est intitulée : L’UE est une construction fondamentalement anti-démocratique ; et elle tombe à pic ! Parce que si j'ai répondu aux questions de Galaad il y a quelque temps, les réponses que j'y apporte ont quelque rapport avec la situation historique que nous vivons.

Merci aussi à la rédaction pour la superbe iconographie !

vendredi 30 novembre 2018

Demain et dimanche je serai à Armen'livres (Alfortville)

Demain après-midi et dimanche après-midi, contrairement à samedi dernier, je ne serai que par l'esprit avec les Gilets Jaunes, puisque je serai physiquement au 14e salon Armen'livres d'Alfortville pour présenter Tigrane l'Arménien.

Et pour les Parisiens, le samedi 15 décembre au soir, je présenterai (et dédicacerai) le même livre, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, qui en a chroniqué la premièreédition et m'a interviewé pour la ressortie chez H&O dans France-Arménie, à la Librairie hellénique Desmos, 14 rue Vandamme, 75014.

mercredi 28 novembre 2018

Les ambiguïtés se lèvent

Enfin, les ambiguïtés se lèvent, c'est le destin des ambiguïtés ! [Et merci à Djordje Kuzmanovic de le faire avec autant de courage, de détermination, de clarté ! |https://www.marianne.net/debattons/tribunes/pourquoi-je-quitte-la-france-insoumise-djordje-kuzmanovic|fr]

Djordje, tu le sais, mais je le dis ici publiquement : sur cette ligne-là, sans la moindre ambiguïté sur la nécessaire sortie de l'UE et de l'euro, la restauration de la République sociale et de la Ve République défigurée par les révisions de convenance, le refus de tout compromis avec l'indigénisme sur la laïcité, etc., le gaulliste que je suis est disponible - pour la première fois depuis mon bref engagement post-Appel de Cochin (au RPR), appel vite renié (du fait de l'opposition de l'appareil, contre la volonté de la base...), au tout début de ma vie politique.

Il nous faut entre souverainistes de tous horizons, pourvu qu'ils soient acquis à la démocratie et à une République sociale bâtir enfin ce CNR dont le but doit être, en une législature, de rétablir la nation dans ses droits et le peuple dans sa souveraineté, sur la base d'un programme de gouvernement qui permette, une fois cette législature achevée et la souveraineté reconquise, de revenir à un véritable débat politique, libéré du carcan européen, projet contre projet.

"Pour gagner, il faut aller chercher les classes populaires abstentionnistes, les « fâchés mais pas fachos », les souverainistes soucieux de justice sociale, les classes supérieures en deuil de la grandeur de leur pays ou simplement conscientes que de telles tensions et inégalités entre gagnants et perdants de la mondialisation ne sont pas tenables. Pour résumer, il faut un programme renouvelé du Conseil national de la Résistance, qui parle à tous les Français sauf ceux qui se sont abîmés dans le projet néo-libéral ou les chimères du nationalisme xénophobe – mais ceux-ci ne sont pas si nombreux. Il faut poursuivre la stratégie salutaire de dépassement du clivage gauche-droite pour, face à Macron qui a réuni les libéraux de tous bords, fédérer les républicains sociaux de toutes tendances."

mardi 27 novembre 2018

Tir groupé...

Hier à 19h00 sur RT (Russia Today en français), j'étais l'un des invité de l'émission "Interdit d'interdire" de Frédéric Taddéi consacrée à l'UE et à comment en sortir. Pour tout vous avouer : je me suis bien "amusé". A plusieurs reprises, je me suis dit qu'il fallait que je me calme, que j'étais trop agressif, mais les énôôôrmités des deux eurobéats que nous avions en face de nous, François Asselineau (dont je suis heureux d'avoir fait la connaissance à cette occasion; sans s'être concertés, puisque nous ne nous connaissions pas, je crois que nous avons parfaitement bien "fonctionné"... même si le coup des clics m'a paru superflu et un brin interminable quand il y avait d'autres choses à dire au fond) étaient d'une telle grosseur, que c'était un peu mission impossible.

Evidemment, je m'étais dit que mon devoir était de rappeler le martyre européen des Grecs, et je suis heureux d'avoir pu le faire à plusieurs reprises et à des propos différents.

Enfin il faut avant tout dire immense merci à Frédéric Taddéi (et à RT) qui, depuis des années, refuse de se plier à la règle des médias dominants qui interdisent tout véritable débat sur cette question européenne - bien que, ou parce que, elle conditionne toutes les autres. Alors oui, c'était un vrai plaisir de pouvoir enfin faire valoir nos arguments. Aux spectateurs de juger mais entre les banalités et les mensonges des uns, assaisonnés de la morgue très macronienne du gars de "Sauvons l'Europe" (sils n'ont que ça en magasin pour la sauver, nul doute que nous aurons le dernier mot !), et les argument que nous avons portés, je pense sincèrement qu'il n'y a pas photo. A vous de juger !

C'est en outre un hasard, puisque la parution a été retardée plusieurs fois, mais Le Comptoir publie aujourd'hui la première des deux parties de l'entretien que j'ai eu cet été avec Galaad Wilgos. Et en somme cet entretien est parfaitement complémentaire du débat d'hier puisqu'il me permet de revenir sur des points essentiels de l'histoire de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne", de développer et préciser, ce qui, dans un débat, se dit toujours trop vite.

Enfin, puisque nous sommes dans une période de clarification, et contrairement à ce qu'a dit Ran Tan Plan samedi matin, à ce qu'ont répété les médias de servilité depuis et à ce que serinent les chasseurs obsessionnels de Rouge-Bruns, aucun des gardés à vue suite à la manif de samedi ne sont fichés comme appartenant à l'ultra-droite. Une fois de plus, comme après l'arrestation des prétendus préparateurs d'un attentat à a lime à ongle, les manipulations enfantines du ministre de l'Intérieur se dégonflent à une vitesse étonnante.

Amateurs, technos et bras cassés, voilà aujourd'hui à quoi se résume cette prétendue élite élue mi par hasard et mi par effraction grâce à l'appui massif de médias appartenant à des intérêts qui ont mis leur fondé de pouvoir là où il est. Je doute que cette comédie aille à son terme. On verra bien.

Dernière clarification en date, mon ami Djordje Kuzmanovic, orateur national de la LFI, conseiller de Mélenchon pour les affaires étrangères et de défense, vient d'être évincé de la liste européenne de LFI, sous un prétexte qui cache mal l'exclusion de deux souverainistes. désormais les choses sont donc claires : le Plan B n'a jamais été qu'un Plan pipeau.

dimanche 25 novembre 2018

Honte à...

Honte aux crétinezéaucrétins incapables de me comprendre !

Honte aux zattardéezéauzatardés, nationalistezéfascistes qui refusent de comprendre que l'Europe c'est la paix !

Honte aux pouilleusezéaupouilleux qui sont indignes d'une start-up nation et qui sont même incapables de traverser la rue pour trouver un job de serveur !

Hier, tandis que le colère populaire le conspuait, le Conducator insultait son peuple par Tweeter. Nul doute qu'il a su trouver les mots correspondant à sa charge : unir, rassembler, représenter le peuple tout entier.

Ce qui m'a frappé, toute la journée, c'est combien le mépris de cet énergumène aura été important pour faire passer un peuple qui subit les mêmes politiques depuis 35 ans (Mitterrand version tournant de la rigueur pour cause d'Europe) de la résignation à la révolte.

Durant les 4 heures que j'ai passées aux Champs, hier, en compagnie de Coralie Delaume (auteur notamment du récent Le Couple franco-allemand n'existe pas, sur lequel je reviendrai ici), je n'ai pas vu un "ultra-droite", ni un homophobe, ni un ignoble raciste. Que des gens ordinaires, jamais gazés et étonnés de la violence qui les vise, des gens fraternels et ouverts, qui vous racontent leurs galères avec dignité, qui vous disent qu'ils subissent depuis trop longtemps, qu'ils ne subiront plus, qu'ils ne veulent plus être insultés - le mépris revient en boucle - qu'ils ne veulent plus de Macron mais qu'ils ne veulent pas non plus du suivant qui sera le même...

Durant ces quatre heures durant lesquelles nous avons arpenté ensemble les Champs et les rues adjacentes, de l'Etoile au Rond-Point, nous n'avons vu,du côté des manifestants, que deux épisodes susceptibles de dégénérer. Au Fouquet's, une bande de très jeunes loulous de banlieue, qui n'avaient rien à voir avec des gilets jaunes, et qui, dès qu'ils ont commencé à ramasser des projectiles, se sont fait expulser manu militari par des manifestants, pas par un quelconque service d'ordre, mais par des citoyens simplement soucieux de ne pas voir leur protestation défigurée. En fin d'après-midi, alors que la foule refluait dans les rues à droite des Champs en montant, après une charge de CRS et un gazage massif, ce qui ressemblait de très près à des Totos encagoulés, se saisissant de matériels de chantier (étrangement laissés là en quantité alors que la précaution élémentaire eût été de les faire enlever la veille) pour constituer de simili barricades sur l'avenue.

Pour ma part, ce qui m'a sauté aux yeux c'est la tactique, parfaitement amateur - ou parfaitement provocatrice appliquée par les forces de l'ordre. J'en ai tiré rapidement la conclusion que le pouvoir voulait faire déraper le mouvement ou/et que des responsables de la Préfecture de Police s'amusaient avec leur Ran Tan Plan de ministre, et que certains - allez savoir ! - avaient peut-être trouvé là une occasion de se venger du traitement indigne appliqué par le pouvoir aux hautes sphères policières lors de l'affaire Benalla.

Quant au comptage de Ran tan Plan, il dit à lui seul tout le ridicule de ce méprisable personnage si caractéristique de la médiocrité de la caste La REM. 106301 manifestants ! mais qui diable est le 1ème ??? Coralie ? moi ? madame Duchemin ? mon concierge ? le boucher de la boucherie Sanzot ?

Comment peuvent-ils ne pas se rendre compte ? Ont-ils à ce point perdu tout sens des réalités ? Comme l'autre imbécile himalayesque d'Hidalgogo qui n'a pas réalisé que son tweete (probablement programmé hier ou avant-hier) invitant les Parisiens à aller voir les illuminations des Champs allait tomber en pleine émeute.

Aurait-on la caste politico-médiatique la plus bête, la plus crasse, la plus indigne du monde ? Cela semble se confirmer, heure après heure, de façon inéluctable - fatale.

Pour le reste, nous avons parlé ici ou là... Coralie s'est entendue dire par un CRS que, s'il était en vacances, il serait avec nous, mais qu'il a besoin de son job pour nourrir ses gamins. Ailleurs un couple habitant entre Fontainebleau et Melun, classe moyenne, nous a raconté comment ils n'y arrivent plus alors qu'ils étaient autrefois confortables. Le spectre du déclassement, évidemment, est un des moteurs de ce mouvement. Ils nous ont raconté qu'ils avaient déjà passé une journée et une nuit blanche sur des barrages, qu'ils continuaient à bosser, à s'occuper du chien et des gosses, que c'était épuisant, mais qu'ils ne lâcheraient pas parce que ça faisait trop longtemps qu'ils encaissaient sans rien dire et qu'avec Macron, on voyait bien qu'il n'y avait plus de limite à ce qui brise leurs vies et hypothèque celles de leurs enfants.

Ailleurs, une GJ de l'Oise, me raconte ces gosses à nourrir, ses galères quotidiennes, le boulot d'elle et de son mari qui n'ont pas été augmentés depuis on ne se rappelle même plus quand. "Ses 20 euros, reprend-elle, il peut se les garder, je ne suis pas Jacqouille la fripouille à qui on jette un os de poulet. On n'en peut plus de son mépris, le peuple ne rentrera pas à la niche". Puis en la poussant sur ce qu'il faudrait faire : "En tout cas, si on sort pas de l'euro, de L'Europe, on est cuits... Si on fout Macron dehors, ils en mettront un autre qui fera la même chose..."

C'est à cause de toute cette matière humaine dense, désespérée et révoltée que cette journée marque aussi, comme le relèvent les chroniques du Yéti en me citant, un point de non retour dans le discrédit du système dit d'information qui n'est décidément plus rien d'autre qu'un système de propagande et qui a, de manière dégueulasse, hier toute la journée, vomit son discours absurde sur l'ultra droite.

Comment, ceux-là aussi, peuvent-ils ne pas se rendre compte de la haine que suscite la La ronde macabres de leurs éditocrates et de leurs communicants d'opérette, payés des blindes pour débiter des mensonges, de leurs faux témoins et de leurs experts de foire qui voeint des fascistes chez tout ce qui n'est pas eux et fait irrésistiblement penser aux hamsters tournant dans leur roue, sans plus aucun contact avec le monde réel.
La photo, c'est moi, et derrière l'appareil c'était Coralie Delaume.

jeudi 22 novembre 2018

Tigrane l'Arménien, demain à Villecresnes, Mandres les Roses

Demain soir je présenterai mon Tigrane l'Arménien à l'invitation du club de lecture de Villecresnes qui organise une soirée autour de l'exil en littérature.

Et samedi ce sera bien sûr Gilets jaunes. Mais où et quand ? Certainement pas au Champ-de-Mars en tout cas, cette souricière idéale pour des coups tordus de notre Ran Tan Plan de la place Beauvau dont les bonnes grosses ficelles se voient de très très loin.

Sinon, vient de sortir dans le média culturel Putsch magazine, un long entretien que j'ai eu avec son fondateur et directeur, Nicolas Vidal, autour de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, entretien qu'il a intitulé à partir d'une de mes réponses : "L'euro est une arme des destruction massive pour la démocratie" (bon, il faut être abonné...)

Et lundi 26 novembre à 19h00 sur RT, je serai l'un des invités de l'émission "Interdit d'interdire" que Frédéric Taddéï consacre à l'Union européenne.

mercredi 21 novembre 2018

Anniversaire argentin...

Il y a pile 17 ans...

Le 20 décembre 2001, en pleine crise argentine provoquée par l'arrimage du peso au dollar US (un euro à la mode argentine) imposé par le FMI, en même temps que les sempiternelles réformes structurelles, en échange de son aide financière, le président Fernando De la Rua, élu deux ans plus tôt et qui, en deux ans, avait appliqué toutes les recettes du FMI qui avaient mis l'économie à l'arrêt, ruiné les classes moyennes et jeté le pays dans le chaos social, est contraint par la rue à démissionner et doit s'enfuir en hélicoptère du palais présidentiel (Casa Rosada) sous la pression de la révolte populaire.

Deux ans plus tard, Nestor Kirchner était élu président argentin: dévaluation du peso de 70%, moratoire sur les intérêts et le remboursement de la dette décrété par son ministre de l'Economie Roberto Lavagna (qui dira aux Grecs que leur seule solution pour eux est de faire défaut ; l'hélicoptère de De la Rua figurera sur maints panneaux dans les manif grecques de 2010-2012...) qui engage de fructueuses négociations sur la réduction de la dette avec les créanciers en les mettant sous pression, relance de la consommation des plus pauvres par la reconstruction d'un Etat social minimal, détruit sous la pression du FMI, contrôle les mouvements de capitaux et les importations...

Non seulement l'Argentine compense en deux ans les 17,4% de baisse du PIB accumulées les quatre années précédentes, mais elle cumule 51,3% de hausse du PIB durant les 6 années qui séparent l'arrivée de Kirchner au pouvoir du déclenchement de la crise mondiale liée aux subprimes américains.

There is alternative !

samedi 17 novembre 2018

Gilets jaunes

Ce qui me frappe (émergeant de mon lit après 24h00 dont je vous passe les détails), c'est l'interchangeabilité des clones LREM, même physiquement (avec une tendance à la ressemblance avec Moscovici), leur discours totalement hors-sol (un vient de proposer que les banques permettent aux gens de s'endetter davantage pour changer de voiture : "Ils n'ont pas de pain ? Qu'ils s'endettent pour acheter de la brioche !"), leur mépris à peine maquillé techno (on vous écoute, on vous entend, mais voilà, connards, pourquoi on a raison et vous avez tort. On n'y peut rien si vous êtes trop crétins pour comprendre : tout ça c'est la faute aux fèqueniouzes de Fesse Bouc... On attend avec impatience la main de Poutine !), l'absence totale dans tout cela (majorité et opposition comprises) de l'euro et de l'UE, alors que la hausse des taxes, comme naguère la fermeture des petites lignes SNCF, qui rend la voiture indispensable à un plus grand nombre de gens, ou la privatisation des autoroutes, alors que tout cela est la conséquence directe du "coût de l'euro" et des traités de discipline budgétaire qui étouffent l'économie et nous enferment dans une spirale de "toujours moins de dépenses publiques" et "toujours plus d'impôt" sur les activités résiduelles et les citoyens, tout en rendant inévitable la délocalisation des industries vers les pays de l'UE où le prix de la main d'oeuvre est de 4 à 7 fois inférieur à ce qu'il est en France.

Là-dessus, il faut lire le papier de mon ami et économiste distingué Frédéric Farah que diffuse le club Nation & République sociale aujourd'hui et qui nous rappelle opportunément "les propos glaçants de l’un des concepteurs de l’euro pour s’en convaincre, l’italien T P Schioppa, dans un article de 2003, au moment de la première crise sévère que traverse le pacte de stabilité, puisqu’une procédure pour déficit excessif contre l’Allemagne et la France est engagée. Ce dernier dans le ''Corriere Della Sera'' du 26 août 2003 affirme « Dans l’Europe continentale, un programme complet de réformes structurelles doit aujourd’hui prendre place dans le champ des retraites, de la santé, du marché du travail, de l’école et dans bien d’autres. Mais elles doivent être guidées par un unique principe : réduire le niveau des protections qui au cours du 20eme siècle ont progressivement éloigné l’individu du contact direct avec la dureté de vivre, avec les revers de fortune, avec la sanction ou la récompense de ses défauts et qualités »."

Dans ce contexte, et si l'on ne change pas la donnée de base - euro, UE, c'est à dire libre circulation des hommes (c'est à dire essentiellement de la main d'oeuvre, notamment détachée, pas des vacanciers..) des marchandises et des capitaux), la désertification du territoire, cause profonde du mouvement d'aujourd'hui, n'a pas de solution. De ce fait, tous les politiques qui n'expliquent pas aujourd'hui et clairement qu'il est vital de choisir entre l'UE/euro et un Etat social aménageur du territoire, entre autres, que les l'appartenance aux premiers sont incompatibles avec le second, sont soit de grands naïfs soit des escrocs. L'UE et l'euro ne seront pas "réformés" parce qu'ils ne sont pas "réformables", parce qu'ils ont été créés pour servir à quoi ils servent. L'UE et l'euro on en sort où on y crève.

Plus immédiatement, et tactiquement, la mise en oeuvre des instructions germano-européennes sur les retraites risque d'être compliquée et je pense que Dupont-Aignan joue plutôt très bien ce coup-là, il ne me semble plus inimaginable qu'il finisse par être devant LR aux européennes...

Dans le même temps, on append que l'ignoble Guy Verhofstadt, ce qui se fait de pire comme européiste, s'est avisé que "la grande erreur de l'Europe, c'est d'avoir fait une union monétaire sans faire au préalable une union politique".

Ben oui, mon Guy, depuis le temps qu'on t'explique qu'il ne peut pas y avoir de monnaie sans État ! Le problème c'est que si on a fait l'union monétaire, c'est parce que l'union politique n'était pas possible, que les peuples l'auraient rejetée, et qu'en faisant l'union monétaire, sur des mensonges éhontés et sur des principes allemands imbéciles, on voulait leur forcer la main et la rendre inéluctable.

Accessoirement, si Verhofstadt en est là, après les diarrhées twittesques de Quatremer contre les méchants qui gèrent trop mal son Europe chérie, ça en dit long sur l'état de coma dépassé du Machin. Notez que tous ces gens-là exultaient hier à l'écorchage des Grecs pour sauver l'union monétaire...

Oubli !

J'ai oublié de vous signaler mon dernier passage sur France Inter. J'étais invité, le 2 novembre dernier, aux Chroniques littorales de José-Manuel Lamarque, un des derniers journalistes de cette maison, pour parler de la très curieuse reconnaissance par le Patriarcat oecuménique de Constantinople de l'autocéphalie auto-proclamée (en 1992) de la partie de l'Eglise orthodoxe ukrainienne qui revendique la rupture avec le patriarcat de Moscou, décision qui a entraîné de la part du patriarcat de Moscou la rupture de la communion entre l'Eglise russe et celle de Constantinople.

Cette question éminemment politique, bien plus que religieuse, en pose beaucoup d'autres, et notamment celle de la motivation réelle d'une décision dont la première conséquence est d'affaiblir un patriarcat de Constantinople dont l'existence et l'avenir sont déjà fort précaires dans une Turquie gouvernée par un régime autoritaire et islamiste, et dont la deuxième conséquence est de diviser profondément le monde orthodoxe...

Quant à faire le tour de la question en quatre minutes, cela relève de la gageure. J'espère au moins réussir à expliquer en quoi elle dépasse largement une querelle entre hiérarques religieux...

mercredi 14 novembre 2018

Une ignominie macronesque de plus

Pris par mes petites affaires de signature, je viens seulement de réaliser qu'en plus du négationniste turc Erdogan, le sinistre Macron avait aussi invité à Paris, pour ce qui restera comme une honteuse parodie de commémoration de la victoire sur les impérialismes allemand, austro-hongrois et turc, le criminel de guerre et contre l'humanité Thaçi, dit Le Serpent, maître kosovar d'un pseudo-Etat fantoche, centre en Europe de tous les trafics: cigarettes, drogue, êtres humains. Soupçonné d'avoir organisé le prélèvement d'organes sur des prisonniers serbes, civils et militaires, vivants et non anesthésiés, au fin de commerce, ce sinistre individu n'a échappé au procès devant le tribunal pénal pour l'ex Yougoslavie, qui s'est illustré par son caractère partial anti-serbe, que par la disparition providentielle ou la rétractation évidemment spontanée des témoins de l'accusation.

Il a en outre permis à Daesh d'installer des camps d'entraînement sur le territoire du prétendu État du Kosovo.

Si c'est possible, cette invitation est encore plus scandaleuse et répugnante que celle d'Erdogan.

C'est en outre une insulte à nos frères d'armes serbes qui ont héroïquement résisté à l'agression austro-hongroise de 1914, qui poignardés dans le dos par les Bulgares, ont refusé de capituler et entamé pour beaucoup une meurtrière marche vers la mer à travers les montagnes d'Albanie puis repris le combat au côté des Français, des Britanniques et des Grecs dans l'armée d'Orient. C'est une insulte au peuple serbe, martyrisé et affamé par les Austro-Hongrois jusqu'à la libération de 1918, qui a perdu près de 30 % de sa population durant ce conflit, dont les élites ont été exterminées par ces mêmes Austro-Hongrois dans des camps qui, à plus d'un titre, préfiguraient ceux de la guerre suivante.

C'est une insulte à la France à travers sa fraternité d'armes avec la Serbie.

Macron est un être décidément indigne de la fonction qu'il occupe. Et je retiens les autres qualificatifs qui me démangent... Je suis scandalisé, outré, honteux pour mon pays.

Je ne mets jamais de pétition sur ce blog, mais cette fois : si vous voulez signer, c'est là !

jeudi 8 novembre 2018

Je serai demain à Port-de-Bouc et samedi à Marseille...

Demain à 18h30, je présenterai mon Tigrane l'Arménien à la médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc et samedi à 17h30, je serai à la librairie Prado Paradis de Marseille.

mercredi 7 novembre 2018

Deux Pétains, vraiment ???

Hier, en plaisantant, j'écrivais dans un commentaire sur le mur Facebook d'un ami que, peut-être, le terminus de l'itinérance mémorielle de notre Kizyvienne national se trouvait à Montoire... Mais avec ce zigomar, il ne faut plus plaisanter, parce que toute connerie est immédiatement convertie en réalité.

Il est vrai que, si on avait correctement commémoré la Victoire en célébrant dignement l'Armée française dans son ensemble, ainsi que les armées alliées, par un défilé militaire sur la voie triomphale de Paris où eut lieu le défilé de la Victoire, on n'aurait pas eu à se prendre les pieds dans le Pétain.

La question de la place du Pétain de la première guerre dans les commémorations de ce conflit ne date pas d'aujourd'hui. Et il est pour le moins étrange que l'Elysée semble le découvrir... quelques jours après avoir fait semblant de s'alarmer d'un prétendu retour aux années 1930. Cohérence, quand tu nous tiens !

Au demeurant, le génie militaire de Pétain est fort contestable et n'a jamais cessé d'être contesté. En 1916, Joffre qui fut l'homme de la résistance au choc initial, sur la Marne, considère Pétain comme le principal responsable du défaitisme ambiant - déjà !

Quant à la victoire de Verdun, les généraux de Castelnau ou Mangin, voire Nivelle, en sont des artisans bien plus déterminants que Pétain.

Pétain fut essentiellement nommé à la tête de l'armée française en mai 1917 pour "calmer le jeu" après les meurtrières et désastreuses offensives Nivelle (je me souviens encore de la haine de mon grand-père, poilu gazé à Villers-Cotterêts, lorsqu'il prononçait ce nom), qui avait succédé à Joffre quelques mois plus tôt. Et la popularité de Pétain n'a jamais rien dû à son génie stratégique ni encore moins à son inexistante audace, mais tout à son ménagement des troupes (amélioration de l'ordinaire, rotations plus rapides au front, permissions régulières... ce qui n'est nullement condamnable en soi, fait sans doute un bon administrateur mais pas un "grand soldat" et ne suffit pas pour gagner une guerre !) ainsi qu'à son attentisme : ne rien faire en attendant les Américains. Clemenceau, qui avait la dent dure, décrira ainsi le Pétain de la grande guerre : "Sans idée, sans coeur, sans cran, plus administrateur que chef, sans imagination et sans fougue".



Si on avait écouté Pétain plutôt que Foch, le conflit ne se serait certainement pas terminé le 11 novembre ! Et c'est bien pourquoi Clemenceau a choisi Foch plutôt que Pétain comme généralissime des armées alliées. "Nous l'avons poussé à la victoire à coups de pied dans le cul", dira encore le Tigre à Poincaré lors de la remise du bâton à Pétain.

Autrement dit, le Pétain de 1940 n'est pas un Pétain différent de celui de 1917 ; c'est le même, avec les mêmes convictions et les mêmes tropismes.

Et puis pourquoi célébrer "à part" les maréchaux ? Le choix du maréchalat fut éminemment politique, contestable et contesté, et de grands chefs français de ce conflit, aussi ou plus grands que Pétain, n'en ont pas été honorés alors qu'ils le méritaient autant ou plus que les "élus".

Mais voilà, il ne faut pas froisser l'Allemagne (qui ne peut décemment se froisser, en toute logique, qu'on célèbre un de ses zélés auxiliaires des années 1940-1944 !)... et associer le négationniste turc aux cérémonies marquant la fin du conflit durant lequel la Turquie a commis un génocide qu'elle nie.

J'ai une suggestion, du coup : on pourrait peut-être associer à l'hommage les maréchaux Hindenburg, Ludendorff, von Moltke et Schlieffen.