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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. »

Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».

Depuis  sa création, ce blog a eu successivement comme tête de Turc un parvenu mal élevé, une espèce de ridicule Monsieur Prudhomme, et ce Kizyvienne que les medias de service, après avoir fait sa campagne d’une manière éhontée, tentent de nous faire passer pour un intellectuel, alors qu’il est seulement le mandataire d’une caste persuadée de savoir mieux que les peuples ce qui est bon pour eux - ce que, depuis la Grèce ancienne, on appelle une oligarchie. Un représentant bouffi d’arrogance et privé d’intelligence politique (on rapporte que le général de Gaulle disait du patron du Monde : « qu’est-ce qu’il est intelligent, mais qu’est-ce qu’il est con ! »), archétypal de la trahison de ce qu’il est convenu d’appeler les élites qui, sous couvert d’Europe, ont décidé de liquider la démocratie et l’Etat social, de privatiser tous nos biens communs, de soumettre à l’Allemagne et à ses intérêts notre vieille nation recrue d’épreuves depuis plus de mille ans qu’elle a entrepris de se constituer.
Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! cette providence de l’oligarchie grâce à laquelle on a enfin pu vider le suffrage de tout contenu et réduire l'élection à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible. Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui assure la libre circulation des capitaux afin qu’ils puissent filer là où le travail coûte le moins, là où l’impôt est le plus faible ; l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui permet d’importer des travailleurs à bas coût afin de pouvoir enfin démanteler les droits et les protections, de réduire les pensions et ne plus augmenter les salaires de ceux à qui on avait dû tant lâcher pour cause de trouille de la contagion communiste. Enfin, grâce à l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! on peut les soumettre à la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme, ainsi que le montre le laboratoire hellène, dans lequel, depuis 2009, on martyrise, on écorche et on tue ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

vendredi 14 juin 2019

Exigeons le référendum sur le bradage d'ADP aux copains de Macron

Ils ont décidé de vendre ce pays à la découpe comme Tsipras et ses prédécesseurs l'ont fait de la Grèce. Aujourd'hui ADP, puis la Française des Jeux, Engie et bientôt certaines toutes nationales...

La vente d'Alstom par Macron fait aujourd'hui l'objet de sérieux doutes : contrepartie pour un financement électoral ? Et aujourd'hui, après le dépeçage de l'entreprise et e pillage de ses savoir-faire par les Américains, on liquide les emplois. Et ce gouvernements de traîtres fait l'étonné.

Pétain et Laval sont au pouvoir, il faut les stopper.

Sans doute trouveront-ils le moyen de ne pas organiser ce référendum, mais plus la vague de soutiens sera large et plus cela apparaîtra comme un nouvel acte de despotisme et de trahison.

Pour nous, c'est fait, du fin fond de l'Egée, j'espère que vous aussi vous apporterez votre soutien à cette demande de RIP : et si vous voulez le faire, c'est ici !

Faites gaffe, ça peut bugger si on laisse l'ordi préremplir le nom et le prénom ; il faut effacer ce que l'ordi écrit automatiquement et réécrire avec le clavier : sinon, l'excellent site Les Crises vous explique la marche à suivre et comment faire et les autres erreurs à éviter.

mercredi 5 juin 2019

Dernières et prochaine élections en Grèce : mon analyse

Hier, le site de Marianne a bien voulu publier mon analyse des résultats des derniers scrutins en Grèce et des enjeux des législatives anticipées qui devraient avoir lieu le 7 juillet. Vous pourrez la lire en cliquant ici.

lundi 3 juin 2019

Régionales et municipales grecques deuxième tour

Hier avait lieu le deuxième tour des municipales et des régionales en Grèce : abstention record (58,27%) ce soir en Grèce pour le deuxième tour des régionales et des municipales avec aussi une grosse montée des blancs et nuls (8,14%).

Syriza ne sauve évidemment pas l'Attique où la droite fait un carton (65,75 %) qui sanctionne durement la gestion de la sortante Rena Dourou.

Mais le vieux bastion Pasok de la Grèce de l'Ouest, malgré un renfort syriziste, bascule aussi à droite qui emporte 55,7% des voix. Seule des 13 régions, la Crète (vieille tradition venizeliste oblige) va avoir un exécutif Pasok-Syriza, puisque localement, Syriza s'est allié au Pasok qui, si la droite n'a pas la majorité absolue en juillet au niveau national, apportera l'appoint nécessaire comme entre 2012 et 2015.

Cerise sur le gâteau de la droite, le neveu du futur Premier ministre de droite Mitsotakis enlève, avec plus de 65% des voix, la mairie d'Athènes au centre-gauche ... La droite contrôlera aussi la plupart des grandes villes.

La gestion Syriza est décidément un succès éclatant !

Seul véritable bémol à la victoire de la droite qui, sauf accident pour elle, devrait contrôler après les législatives de juillet, le gouvernement, 12 régions sur 13 et la plupart des grandes municipalités, le maire communiste (KKE) de Patras (3e ville de Grèce) conserve sa mairie avec 70,49 % des voix contre le candidat du Kinal (cartel électoral autour du vieux PASOK). Les candidats de la droite et de Syriza avaient été éliminés au premier tour.

Le type a une équation personnelle très forte et a mené une politique sociale active. Il y a qq temps il a refusé d'appliquer dans sa commune la loi scélérate de Tsipras, prise sous pression européenne, de levée de l'interdiction de confiscation pour dettes et vente aux enchères du domicile principal.

mercredi 29 mai 2019

Deuxième semaine grecque à Paris

Mes chers amis de la Librairie hellénique Desmos organisent à Paris, du 9 au 16 juin prochains une deuxième "Semaine grecque". Je n'y serai que par le coeur, puisque je suis au fin fond de l'Egée, mais si vous êtes à Paris, n'hésitez pas !

Lectures, film, concerts, il y en a pour toutes les oreilles !

Demandez le programme en cliquant ici !

Elections européennes, résultats en Grèce

D'abord une petite précision : comme j'avais écrit, à la fin de mon précédent billet, que je ne répondrais pas aux commentaires qu'il susciterait, je n'ai effectivement pas publié les commentaires qu'il a suscités.

Pour le reste, la liste UPR pour laquelle j'ai voté, et pour laquelle je ne regrette nullement d'avoir voté, a progressé en voix de manière significative par rapport aux précédentes élections. Ma conviction reste inchangée - il faut construire aujourd'hui une offre souverainiste qui tienne la route de la nature que j'indiquais dans mon précédent papier - et mes réserves à l'égard de l'UPR également - on ne bâtit pas un pôle à vocation majoritaire en exigeant des ralliements.

Pour le reste, j'en ai un peu marre de la délectation morose du genre : "Oui c'est lui le vrai vainqueur de ces élections, c'est le plus grand politique depuis Mitterrand, on le combat mais il faut bien reconnaître son génie tactique"...

Eh bien Non.

Il a perdu - avec moins de 10% du corps électoral - bien qu'il n'ait rien en face de lui : un RN nul, des gauches de droite atomisées parce qu'elles ont accepté l'UE et l'euro, une droite en décomposition, des idiots utiles écolos, une LFI en errance qui a choisi les élucubrations d'Autain et Obono plutôt que Kuzmanovic...

On en est là parce que l'UE et l'euro ont détruit le champ politique en privant de tout sens et contenu les alternances, et il restera - ce qui n'a rien à faire avec son prétendu génie - si, les souverainistes (qu'on les appelle comme on veut) de droite et de gauche restent incapables de s'unir et de structurer un programme de législature, clair, pour la Libération et d'aller au combat sur ce programme.

Quant à la Grèce, la participation est en baisse par rapport aux dernières européennes (2014) même si elle a sans doute été dopée par la tenue simultanée de municipales et régionales. Et ces trois élections sonnent le glas du pouvoir syriziste qui a été contraint de concéder des législatives anticipées en juillet.

En effet, les scrutins ont donné un écart est historiquement au plus haut (près de 10 %) entre les deux premiers partis, ceci malgré le côté repoussoir du chef de la droite (Nouvelle Démocratie), véritable caricature du vieux système clientélo-clanique. Tsipras, avec sa majorité parlementaire étroite et ne reposant que sur quelques traîtres du parti avec lequel il a gouverné depuis 2015 et qui a quitté la coalition après l'accord de Prespa avec la République désormais dite de Macédoine du Nord, ne pouvait plus maintenir la fiction d'élections allant au terme constitutionnel de sa mandature à l'automne.

Pour autant, la dispersion sur de micropartis, qui traduit le déboussolage complet de l'électorat grec, est telle qu'elle rendrait difficile pour la droite, si reproduction à l'identique lors des législatives anticipées de début juillet, d'avoir une majorité absolue.

Enfin la percée d'une droite nationaliste plus présentable qu'Aube dorée, notamment grâce à l'accord avec la République dite de Macédoine du Nord imposé au peuple grec qui le rejette à une très large majorité, pourrait bien s'amplifier aux législatives.

Le maintien des pasokiens autour de 7,5% devrait néanmoins permettre la reconstitution du gouvernement préSyriza.

Ainsi Tsipras raterait ce que je pense être son objectif: être indispensable à une grande coalition pour laquelle il n'avait pas de mots assez beaux à propos de l'Allemagne. Reste pour lui à décrocher une sinécure européenne !

Ainsi s'achèverait la mission historique de Syriza: avoir fait passer tranquillou ou presque ce que la droite n'aurait sans doute pas réussi à faire passer sans convulsion, y compris l'extension de l'OTAN à la République dite de Macédoine du Nord, et restituer le pouvoir à la droite une fois le sale boulot accompli.

L'autre grande leçon du scrutin c'est la débandade piteuse des dissidents syrizistes. Un peu plus d'1,5 % pour Zoé Kontantopoulou, moins de 0,6 pour Laïki Enotita empêtré à ce niveau dans des querelles d'appareil ! On ne se refait pas... Quant à la liste trompe l'oeil de Varoufonvaréformerleuropepourlafaireplushumaine, qui espérait jusqu'à hier avoir décroché un siège juste au-delà du seuil des 3% (3,1), elle se retrouve, après recomptage à 2,9% et ledit siège va à la droite.

Dimanche, deuxième tour dans les municipalités et régions non pourvues au premier, notamment l'Attique, la plus importante du pays, détenue par Syriza depuis 2014 et qui devrait lui échapper.

Bref, Syriza ce n'est pas seulement la Bérézina de la gauche radicale qui, en régime européen, est une droite comme les autres, c'est un paysage qui, même hors d'Olympie et de Delphes, est un champ de ruines... Et ce n'est pas demain que va commencer la reconstruction.

lundi 20 mai 2019

Élections européennes : que faire ?

Et d’abord quel est l’enjeu au plan européen ?

Il s’agit d’élire des représentants français à une assemblée qui n’a de parlement que le nom et ne fait qu’en singer les procédures (voir le chapitre XV de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe intitulé : Le « parlement européen » : une imposture).

L’Union européenne est un monstre antidémocratique au profit duquel on a dessaisi des leviers de toute action sur le réel les représentations nationales et les pouvoirs légitimes issus des élections nationales afin d’en transférer la maîtrise à des instances technocratiques placées hors du champ du débat démocratique.

Les appareils politiques et leur personnel ont été acteurs – ou complices lorsqu’ils étaient dans l’opposition – de cette grande liquidation démocratique qui leur évite d’avoir à gouverner, c’est-à-dire à choisir. Leur rôle se réduit désormais aux aménagements à la marge et au maintien de l’Ordre européen, lorsqu’il paraît menacé par des peuples excédés de voter dans un sens ou dans l’autre pour voir, au final, s’appliquer la même politique. Pour le reste, les exécutifs nationaux mettent en œuvre des politiques prédéterminées par les traités, et les parlements nationaux enregistrent des textes produits « ailleurs » par des instances fonctionnant hors de tout contrôle démocratique réel. C’est d’ailleurs ce qu’ont parfaitement compris les Britanniques, qui ont une vraie culture parlementaire, et c’est la raison essentielle de leur vote en faveur du Brexit.

Au plan européen, l’enjeu est donc quasiment nul. Tout juste la poussée prévisible des eurosceptiques et eurocritiques de différentes obédiences contraindra-t-elle sans doute les conservateurs et socialistes qui règnent en connivence sur l’hémicycle à partager les sinécures avec les libéraux, voire avec les écologistes. Cela compliquera sans doute un peu le fonctionnement de cette chambre, mais n’aura aucune conséquence réelle puisqu’elle n’a, dans les faits, aucun pouvoir.

L’imposture de la réforme

Chacun sait par ailleurs que cette Europe ne sera pas réformée parce qu’elle est irréformable. Et parce qu’elle a été construite pour servir exactement à quoi elle sert : priver les peuples de toute prise sur le réel et sur leur destin au profit d’une oligarchie économique, seule patronne de cette Europe. Il n’y aura jamais 27 ou 28 exécutifs pour, soudain, ensemble, avoir la révélation qu’il faut remplacer, au centre de cette construction, la sacro-sainte concurrence par la coopération, faire un euro plus humain ou je ne sais quelle autre fadaise.

Les pays qui bénéficient du détachement des travailleurs – indispensable soupape qui leur évite de graves troubles sociaux – bloqueront toujours la réforme du système des travailleurs détachés, et il en va de même sur tous les sujets. Ainsi le rapport pathologique que l’Allemagne, du fait de son histoire propre, entretient avec la monnaie exclut-il toute réforme de l’euro, monnaie dysfonctionnelle qui ne cesse d’enrichir les pays les plus forts et d’asphyxier les plus faibles.

L’UE et l’euro sont un carcan et on ne réforme pas un carcan : on le brise et on s’en libère, ou on y crève.

Il est donc hors de question pour moi d’apporter mon suffrage à l’une quelconque des listes (LFI, PP-PS, Hamon-Varoufakis, PC, LREM, Verts de différentes variantes, LR, DLF, RN) qui accréditent l’idée d’une possible réforme de l’édifice.

La possibilité de l’abstention

Pourquoi dès lors ne pas s’abstenir ? J’ai joué avec cette idée et de très bons amis opteront pour cette solution sans que cela me choque le moins du monde.

Pour l’un, se plaçant sur un plan très général qui est à mes yeux le plus convaincant, il n’y a plus aucune raison de participer à aucun vote, toute élection étant devenue un simulacre dans le cadre européen où les peuples ne décident plus de rien d’essentiel. C’est, dans la Rome républicaine, la plèbe se retirant sur l’Aventin afin d’arracher des droits aux omnipotents patriciens.

Pour d’autres, il s’agit de délégitimer l’institution à laquelle on nous demande d’envoyer des représentants. Cet argument-là me paraît plus faible. Comme historien, je ne me souviens d’aucun exemple de boycottage d’élection ayant entraîné la moindre conséquence politique positive. Comme historien, je garde le souvenir du boycottage des premières élections grecques d’après-guerre par le parti communiste et les forces démocratiques qu’il avait groupées autour de lui au sein de la Résistance, et ceci pour les meilleures raisons du monde. Le résultat fut que les droites emportèrent 235 sièges sur 354 et que les gouvernements s’appuyant sur cette majorité purent imposer « légalement » toute sorte de régressions, mener une guerre civile, interdire le parti communiste.

Ajoutons qu’aux dernières élections européennes, les taux d’abstention dépassèrent 65 % (Roumanie, Portugal, Lettonie, Hongrie), 75 % (Pologne, Slovénie, Croatie) pour atteindre 80,5 % en République tchèque et 87 % en Slovaquie, sans que cela remette le moins du monde en cause la pérennisation du système : l’oligarchie se moque de la légitimité. Ce qui l’intéresse, c’est qu’un simulacre de parlement – quelles que soient les conditions de son élection – valide les décisions qu’il sera chargé de valider. Dans ces conditions, l’abstention ne change en rien la donne. Ce qui peut la compliquer, c’est qu’un nombre important d’élus soient résolus à compliquer le fonctionnement de la machine à validation.

L’enjeu intérieur

Si l’enjeu de ce scrutin au plan européen est faible, il se double d’un enjeu intérieur : alors que depuis un an le pouvoir macronien est confronté aux conséquences de sa désastreuse politique, de sa pratique tyrannique du pouvoir, de son insupportable arrogance désormais associée à un autoritarisme qui… crève les yeux, quand il n’arrache pas les mains.

L’élection européenne est donc un moyen de sanctionner le gouvernement.

À cet effet, l’abstention me paraît inopérante : vu l’état pitoyable du commentaire politique dans ce pays, on se lamentera durant cinq minutes sur le taux d’abstention en moulinant quelques imbécillités sur le vote obligatoire, puis on passera la soirée et les jours suivants à gloser sur la victoire de celui qui arrivera en première position.

Cette victoire sera évidemment, comme le reste, un dérisoire simulacre. De quelle victoire parle-t-on dans une situation où celle-ci est acquise par moins du quart des 40 % prévisibles de votants, c'est-à-dire probablement par à peine plus de 10 % du corps électoral ?

Et si LREM arrive en tête avec ces 10 ou 12 %, alors qu’elle regroupe, de Royal et Cohn Bendit à Raffarin et aux épigones de Juppé, un bloc qui pouvait représenter, il n’y a pas si longtemps, entre 60 % et 70 % du corps électoral, toute l’éditocratie criera au triomphe du tyranneau et à l’illégitimité des Gilets jaunes qui « ont mis le pays à genoux »…

Or, la seule manière d’empêcher ce scénario, c’est de voter RN, puisque le RN est le seul parti en position de ravir la première place à LREM. On peut le regretter, on peut, comme moi, considérer que ce parti est en somme l’assurance-vie du système puisque tant qu’il est là, il empêche une alternative politique crédible d’émerger, mais c’est ainsi et, comme disait de Gaulle, on ne fait de politique qu’avec des faits.

Pour autant, cette solution ne me convient pas. Non que je crois une seule seconde au retour de la peste brune cher aux antifascistes de carnaval. Mais ce parti porte des valeurs qui sont antithétiques avec celles du gaulliste que je reste. Et il est désormais, comme il l’était avant la séquence Philippot, aussi libéral que tous les partis de droite dure.

Alors que faire ?

Comment, en ayant écrit 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, comment en croyant que la libération du carcan de l’euro et de l’UE est la condition nécessaire (même si elle n’est pas suffisante) à la renaissance de la démocratie dans mon pays, à la restauration d’un État social modernisé et efficace, au retour de la France dans le monde, à la reconquête d’une parole libre, de l’indépendance nationale, de la souveraineté monétaire indispensable à la reprise en main par le politique des leviers économiques, à la mise au pas des lobbys… comment pourrais-je ne pas choisir de voter pour une des deux listes qui ont mis au centre de leur discours cette nécessaire libération ?

Se libérer du carcan européen, c’est permettre la reprise d’un vrai débat démocratique, projet contre projet, c’est rendre au peuple la maîtrise de ses choix. Cela ne sera possible que par la construction d’un rassemblement à vocation majoritaire des souverainistes de toutes options politiques (il y avait dans le Comité national de la Résistance des communistes et des gens venant de l’extrême droite d’avant-guerre) et la mise au point d’un programme de législature destiné à relever en cinq ans tous les défis, nombreux et complexes, que suppose cette nouvelle libération de la France.

Le Brexit nous donne à cet égard deux leçons : l’UKIP, en gagnant les élections européennes de 2014, a forcé le pouvoir conservateur, qui n’en avait aucune intention, à organiser le référendum. Car faute de le promettre, les législatives suivantes, dont l’UKIP aurait polarisé la campagne sur l’enjeu européen, risquaient de se transformer, dans le système électoral britannique de scrutin majoritaire de circonscription à un tour, en déroute pour les tories. Mais également pour le Labour car, aux élections européennes et pour le référendum, l’UKIP et le Leave ont fait leurs meilleurs scores dans les bastions populaires travaillistes (alors que le Remain faisait le plein chez les bobo blairistes), qui s’apprêtent d’ailleurs à voter massivement pour le nouveau Parti du Brexit, créé par Nigel Farage après le virage de l’UKIP vers la droite radicale.

C’est donc en faisant la jonction avec des électorats conservateur et travailliste qu’a été imposé puis gagné le référendum.

La seconde leçon, c’est que, si on laisse aux partis traditionnels le soin de conduire la libération, une fois la victoire acquise sur le principe, ils la convertissent en reconduction de l’asservissement.

Plus que jamais nous avons donc besoin d’un rassemblement qui met au centre du débat politique la nécessité de l’affranchissement et qui soit préparé à le conduire. Et là-dessus, tout reste à faire.

Un choix qui ne vaut pas ralliement

Réglons d’abord la question Philippot. Si on lit les sondages, il semble que sa liste soit la moins éloignée du seuil permettant d’obtenir des élus. Et je ne crois pas que Florian Philippot soit de près ou de loin un fasciste, un antidémocrate, un partisan du régime autoritaire (ce qui en revanche n’a rien d’évident pour Macron !). Mais il a fait une erreur tactique de taille : croire qu’en faisant de l’entrisme au FN il allait en changer le code génétique. La démonstration est faite que c’était une impasse, et le sera encore davantage quand la nièce succédera à la tante.

Philippot est donc aujourd’hui marqué, à tort ou à raison ce n’est pas le problème, d’un stigmate, et ce serait une erreur aujourd’hui que le souverainisme soit associé à cette marque-là.

La question se pose différemment avec l’UPR de François Asselineau. Il est évidemment absurde, si on lit les textes produits par ce parti, si l’on écoute son président à côté duquel je me suis retrouvé une fois en débat, d’y trouver des traces de droite extrême. Asselineau est en réalité une figure très (trop ?) classique de la vie politique française, énarque passé en politique par le biais de cabinets ministériels – de droite dans son cas. Lui reprocher telle ou telle amitié politique d’il y a 10, 15 ou 20 ans est aussi privé de sens que de reprocher à Jean-Luc Mélenchon d’avoir été sénateur socialiste et d’avoir voté Oui au traité de Maastricht. Chacun a son parcours et celui d’Asselineau, comme celui de Mélenchon, s’est fait dans le cadre des institutions démocratiques.

Quant aux militants de l’UPR, j’ai, comme tout souverainiste qui n’est pas membre de ce mouvement, eu maille à partir avec des excités, parfois agressifs, au zèle excessif et, au final, contre-productif. Passons. Je vois aussi que ce parti est l’un des rares à avoir une force militante réelle portée par des convictions fortes. Si je me suis joint à son cortège du 1er mai, c’est aussi que je voulais y voir de plus près. J’y ai vu des gens de tous âges, des personnes issues de l’immigration brandissant fièrement le drapeau tricolore et aucun crâne rasé, beaucoup de jeunes racontant facilement comment ils avaient été européennement formatés dès le collège et comment ils avaient pris conscience du mensonge. J’ai parlé avec des gens me disant que leur premier engagement politique avait été chez Montebourg, chez Chevènement, à la LFI…

Alors voilà, c’est décidé : je voterai UPR.

Non que je crois au destin d’Asselineau ! Assurément l’homme n’est pas sans qualités : il connaît les textes et ses dossiers. Trop, pourrait-on dire ; son discours est trop techno, trop juridique pour percer dans l’opinion, même s’il me semble qu’il commence à s’en affranchir. Il a surtout eu le grand mérite de prendre enfin à bras-le-corps la question de la sortie. Mais il n’articule aucun récit, ne donne corps à aucun imaginaire. On ne fait pas plus rêver un peuple avec un taux de déficit budgétaire qu’avec l’article 50 du traité…

Cet article, d’ailleurs, est un de mes points de désaccord avec l’UPR : on a vu de quel piège il s’agissait avec le Brexit. La libération ne peut être qu’un acte unilatéral, rapide, radical. Car si la France force la porte de la cage, la cage explose. Ensuite, on ira voir les autres pour négocier avec eux ce qu’on peut garder, dans un cadre strictement intergouvernemental.

J’entends aussi toutes les réserves, les critiques, les intelligentes analyses sur les défauts et les insuffisances de l’UPR. Et pour certaines, je les partage. En outre, comme je ne cesse de l’expliquer aux militants UPR avec lesquels je suis en contact sur Facebook, on ne se décrète pas CNR à soi tout seul, on ne fait pas un rassemblement par injonction au ralliement, de surcroît quand, malgré une base militante active, on a un socle électoral inférieur, selon toute vraisemblance, à 2 %. Un rassemblement, cela se construit. Que l’UPR et Asselineau aient leur place dans un tel rassemblement relève de l’évidence ; ils ne peuvent pas l’être à eux seuls.

Mais enfin de quoi est-il question le 26 mai ? D’élire un président ? De désigner une majorité au Parlement dont sera issu un gouvernement ? Non. Quoi qu’on vote le 26 mai, cela ne changera rien, ni en France ni en Europe.

Dès lors que j’ai éliminé l’abstention et le vote RN pour « empêcher Macron d’arriver en tête », il s’agit pour moi de dire que je crois indispensable pour mon pays, pour mon peuple, pour la démocratie, de nous libérer de l’euro et de l’UE. Et pour cela, je n’ai à ma disposition qu’un bulletin : celui de la liste UPR.

Je pense que cette prise de position va provoquer des réactions… disons contrastées, sans doute hostiles, de la part de gens aussi sincères dans leurs convictions souverainistes que je le suis ou que le sont les militants UPR. Je n’y répondrai pas, non par mépris, mais parce que je m’interdis de polémiquer avec qui que ce soit qui partage la conviction que la France doit briser les barreaux de cette nouvelle prison des peuples qu’est l’UE. Nous aurons un jour ou l’autre à travailler ensemble. Je ne veux pas insulter l’avenir.

dimanche 19 mai 2019

Au fond de la poche droite...

Pour tous ceux qui, dans ce monde de brutes, voudraient passer un superbe moment de lecture, entre un moine et un chiot, dans un monastère perdu sur un rocher battu par les vents et où le moine Vikentios est le dernier survivant, je vous recommande plus que vivement Au fond de la poche droite de Yannis Makridakis, remarquablement traduit par Monique Lyrhans.

La mort de sa seule compagne, la chienne Sissi, plonge Vikentios dans la tristesse, la confrontation avec la mort et la solitude absolue. Mais la chienne est morte en mettant au monde trois chiots... C'est dense, immobile et pourtant si vivant, poignant.

Ce livre est un petit bijou.

Un des avantages de Nisyros, c'est qu'ici je peux me remettre à lire tout en écrivant... ce dont je suis parfaitement incapable à Paris.

Hier soir, après la soupe de poissons maison (poissons achetés au pêcheur le matin), j'ai donc attaqué un livre d'une nature un peu différente mais qui s'annonce déjà passionnant et, pour meszigues, jubilatoire - en plus de la qualité de l'écriture sensible dès les premières pages. Il s'agit de Vers la Révolution. Et si la France se soulevait à nouveau ? de Fabrice Grimal, écrit et publié avant les Gilets jaunes. Sans aucun doute, je serai amené à vous en reparler!

jeudi 9 mai 2019

L'imposteur Tsipras en grandes manoeuvres

Nous voilà donc de retour à Nisyros...

Et à peine arrivés, nous apprenons que l'imposteur Tsipras, vient de sortir de son grand chapeau toute une série de mesures (baisses de la TVA sur ceci, baisses d'impôts, 13e mois ou les pensions...) : il y en a pour tout le monde... mais seulement à partir de 2019 et surtout 2020 !!!

Enfumage préelectoral... L'imposteur n'est plus à une imposture près. Le voilà qui promet le contraire, à moins de trois semaines des élections municipales, régionales et européennes, de ce qu'il a fait depuis 2015, en sachant fort bien qu'il ne sera plus au pouvoir dans six mois et que ce qu'il propose ne sera pas appliqué.

En réalité, la Grèce n'est sortie de rien du tout. Au dernier trimestre 2018, sa dette a atteint son plus haut historique par rapport au PIB (+ de 181 %), son potentiel productif a fondu du tiers, le chômage n'a été stabilisé en trompe l'oeil que par le départ en émigration des plus jeunes ou des mieux formés, perte sèche pour l'économie du pays, l'activité ne redémarre pas et le seul moteur qui tourne encore est celui du tourisme dont les recettes sont délocalisées par le all inclusive alors que les coûts environnementaux, sans cesse plus lourds, sont à la charge du pays, dont les biens publics ont été bradés et tandis que les petits propriétaires vivent une spoliation d'une ampleur inédite en temps de paix...

La dette reste donc insoutenable et il faudra bien entendu, après les élections, demander un nouveau prêt aux institutions européennes qui sera conditionné par un nouveau mémorandum dont la première exigence sera l'annulation des mesures que Tsipras vient d'annoncer ; s'il obtient la confiance de la Chambre pour les mettre en oeuvre.

Mais il faut bien tenter à tout prix de limiter la casse électorale. Depuis un moment déjà, j'écris que l'analyse de Tsipras est sans doute que, puisque la droite discréditée durablement et dirigée par une figure caricaturale du système qui a conduit la Grèce où elle est aujourd'hui ne parviendra sans doute pas à la majorité absolue, Syriza, tout aussi discrédité, doit tout tenter afin d'être assez haut pour être le partenaire obligé d'une grande coalition à l'allemande dont Tsipras a fait de vibrants éloges.

Cette dernière manoeuvre est en parfaite cohérence avec ce schéma. La question qui se pose est de savoir s'il veut "tomber à gauche" tout de suite - il demande un vote de confiance sur sa nouvelle version de 'on rase gratis", mais demain et après-demain - afin de pouvoir faire une campagne "de gauche" à des élections législatives très rapides avant l'été, ou s'il pense que ces mesures en trompe l'oeil lui permettront de tenir jusqu'à l'automne, dans la mesure où il est impossible aujourd'hui à l'eurogroupe et à la Commission Juncker expirante, en pleine campagne européenne puis composition d'une Commission qui va sans doute être très compliquée à constituer avec les commissaires nommés par des gouvernements eurosceptiques et après la poussée électorale des différentes formations non eurobéates, de prendre des mesures immédiates de rétorsion contre un gouvernement Tsipras qui joue donc les affranchis à bon compte.

Exécrable stratège, Tsipras confirme ainsi qu'il est un excellent tacticien. Est-ce que ce sera suffisant vu le niveau de rejet et d'exécration de son gouvernement ? L'avenir nous le dira.

dimanche 28 avril 2019

Χριστός ανέστη !

Joyeuses Pâques à tous mes amis grecs !

Bien plus encore que dans le monde catholique romain, Pâques est la plus grande fête du monde chrétien orthodoxe, et donc de Grèce.

Dans Les Ombres du levant (1996 pour l'édition papier chez Critérion, épuisée, et 2013 pour l'édition électronique chez H&O) j'évoquais les si particulières Pâques de 1941, alors que la Wehrmacht déferlait sur l'héroïque Grèce qui avait repoussé l'attaque d'une armée italienne disposant d'une écrasante supériorité numérique et matérielle. Un pays expirant sous la botte allemande (italienne et bulgare), mais qui ne tarderait pas à ressusciter dans une Résistance quasi instantanée et bientôt massive - victime aussi d'une occupation particulièrement meurtrière et sauvage.

Alors oui, amis grecs ! Χριστός ανέστη ! Et qu'une fois encore, la Grèce occupée, martyrisée depuis bientôt dix ans, renaisse enfin, elle aussi !

"Cette année-là, la semaine sainte orthodoxe commença le lundi 14 avril. Cette année-là, comme chaque semaine sainte, chaque Grec flétrit la trahison de Judas et la dérobade de Pilate, revécut dans sa chair la passion du Dieu vivant. Le mercredi saint, le front d’Albanie céda ; le jeudi saint, l’armée yougoslave capitula ; et les nazis déboulèrent sur la Grèce centrale. Les Anglo-Grecs s’arc-boutèrent aux Thermopyles, là où jadis une poignée de Lacédémoniens avait barré la route au Mède, jusqu’à ce que la trahison permît aux multitudes barbares de les prendre à revers. « Passant, va dire à Sparte que tous ici sont morts en respectant ses lois. » Léonidas et Christ. Au son du glas, j’emmenai Rod et Biche, le soir du vendredi saint, à la plus poignante des cérémonies orthodoxes, celle de l’Épitaphios (la mise au tombeau) au cours de laquelle on porte en terre une icône, simulacre du crucifié ; on apprit dans la nuit que le Premier ministre Koryzis, coincé entre ses Weygands qui exigeaient la capitulation et son roi qui refusait de sanctionner les officiers félons, s’était suicidé. « Vous avez compris, vous, Alexandre, si en Grèce, à Pâques, on fête la résurrection d’Adonis, celle de Dionysos, ou seulement celle de Christ ? » me demanda Séféris, juste avant de s’embarquer pour la Crète. En tout cas, cette année-là, c’était bien la Grèce qui vivait sa Passion.

La nuit de Pâques, à Halandri, le faubourg d’Athènes où Éléni m’avait convoqué, je participai au rite nocturne de la Résurrection (ανάστασις). Sans elle : rentrée tout juste de Kalamata, elle y repartait dans l’heure, une histoire de cache, une mystérieuse cargaison ; elle avait tenu à me dire adieu : « Pars maintenant, la suite ne te regarde plus. » Puis elle m’embrassa fougueusement et disparut dans la foule massée devant l’église pleine à craquer malgré les sirènes, malgré la menace des Stukas. À minuit, le pope apparut, un cierge à la main, dans l’embrasure de l’iconostase : « Χριστός ανέστη ! » (Christos anesti ! Christ est ressuscité !) La phrase magique se murmure en confidence, la flamme se dédouble, se multiplie, l’étincelle court au-dessus de la foule. Panaghiotis allume le cierge de Kostas, son voisin avec qui il est en procès depuis cinq ans pour une histoire de clôture, et Iannis à celui de Stratis, bien que tout le quartier sache que c’est à Stratis que Iannis doit ses cornes. Kassiopi tend le sien vers cette garce d’Irini qui lui a pris son frère, pendant que le père Patsaris en profite pour effleurer le décolleté de la mignonne Polyxéni et que Mme Papaioannou, en allumant le sien à celui de Sotiris, le locataire qui n’a pas payé son terme depuis trois mois, lui glisse qu’elle lui laissera encore une quinzaine de grâce. Nikos, l’épicier, se jure de ne plus voler personne – en appuyant d’un index invisible sur le plateau de la balance – jusqu’à la fin de la guerre ; quant à Miltiadis, il promet de ne plus rosser sa femme chaque fois qu’il rentre après l’avoir trompée. Photini prie de toute son âme le Seigneur d’épargner son Dimitri – son fils unique qui se bat et dort dans les montagnes depuis tant de mois, lui qui est si frileux ; et Maria pleure en suppliant le Tout-Puissant qu’il lui rende à temps son Théodoros, avant que son ventre ne commence… Il avait la peau si douce Théodoros, qu’avant son départ au régiment elle n’a pas pu lui dire non encore une fois, mais elle est sûre que son père la tuera si… Et tous pensent aux héros qui sont vaincus mais qui n’ont pas failli, aux frères du nord déjà sous le joug, à la résurrection, à demain. De la loupiote est née une vague de lumière qui déferle à présent sur la place, dans les rues adjacentes ; la rumeur s’enfle en un cri d’allégresse : Χριστός ανέστη ! Et moi je prie pour Éléni, en répétant avec les autres : Χριστός ανέστη ! et pour la France aussi : « la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre », nous a dit de Gaulle. Elle ne s’éteindra plus.

Lundi de Pâques, les œufs rouges s’entrechoquent, le roi part pour la Crète. Χριστός ανέστη ! Papagos démissionne et Tsolakoglou, le Judas, capitule. Tsoudéros, le libéral déporté aux îles par Métaxas, forme un gouvernement peuplé de métaxistes. Χριστός ανέστη ! Les Anglais, les Néo-Zélandais et les Australiens rembarquent ; Wilson quitte Athènes sous les fleurs comme s’il était victorieux et les murs se couvrent d’images de la Vierge. Χριστός ανέστη ! Le 24, John met Rod et Biche à l’abri et me souhaite bonne chance ; les Thermopyles ont cédé, mais qu’importe ? Χριστός ανέστη ! Le 26, Corinthe est prise. Chaque Grec trouve un Anglais à aider, une planque, une crique encore libre. Χριστός ανέστη ! Jour de désolation : le 27, la croix gammée flotte sur l’Acropole. Χριστός ανέστη ! Et le 28, Kalamata, tout au bout, tombe aux pattes des nazis ; mais après des combats acharnés. Encore une fois, l’honneur est sauf. Tout est fini. Χριστός ανέστη ! Puisque c’est maintenant que tout commence."

vendredi 26 avril 2019

La Grèce va mieux...

Bon on va passer vite sur la calamiteuse exhibition du freluquet au sourire de hyène et à la voix de fausset débitant ânerie sur mensonge. C'est simple : je ne peux plus ni le voir ni l'entendre. Ca me met en rage et me fait dresser les cheveux sur la tête. Pas bon pour mon coeur. Donc je me suis contenté de lire les résumé. Néant. Coblence : l'émigré de l'intérieur n'appendra ni ne comprendra jamais rien. Rideau.

Yeux crevés, mains arrachées, citoyens usant de leur droit constitutionnel de manifester jetés à terre, matraqués sans raison, tabassés, piétinés, justice aux ordres - fidèle aux bonnes vieilles traditions de Vichy -, journalistes coffrés pour un doigt d'honneur et maintenant... Fallait faire barrage, hein, les castors ? Des fois que les nouvelles chemises brunes auraient ordonné aux médecins de violer le secret médical pour ficher les opposants ! Ou des fois que des anciens candidats des sucesseurs du GUD deviendraient ministres et têtes de liste aux européennes ! Allez vous n'allez tout de même pas reprocher à une cervelle de Loiseau en 4e année de Science po de ne pas savoir où elle posait ses escarpins. Tête en l'air, va ! Non mais vous ne comprenez rien à l'amour ! Elle se faisait un petit facho qu'elle aurait suivi jusqu'au bout du monde ! Il était blond, il sentait bon la Kro et maniait le gourdin comme personne ! Zêtes pas romantiques, alors forcément...

Et puis ça n'est pas nouveau - Madelin, Longuet, Ponia... - que l'extrême centre, depuis Pinay et Giscard, offre le nid le plus douillet à l'extrême droite qui veut se montrer respectable.

Quant à la Grèce, c'est désormais plus que sûr et certain : elle va mieux !

La dette grecque a atteint, au quatrième trimestre 2018, son plus haut par rapport au PIB à 181,1 % (malgré une baisse en valeur absolue, mais c'est l'effet imparable de la déflation : le PIB fond plus vite que la dette ne baisse !). Son précédent plus haut était à 180,8 % en 2016, suivi d'une léger tassement à 178,6 % en 2017.

Rappelons que les infaillibles experts de l'UE et du FMI prévoyaient en 2010 que les plans de "redressement" ramèneraient la dette grecque à 120% du PIB en 2018, puis en 2011 ils révisaient leurs infaillibles prévisions à 130% en 2018, et en 2012, ils la voyaient à 140% en 2018... Damned, encore raté !

A quand le prochain mémorandum ? Après les élections bien sûr !

Ce sont les mêmes infaillibles experts qui prescrivent aujourd'hui à l'économie française, sous prétexte d'une dette excessive, les remèdes du bon docteur Kizyvienne...

jeudi 18 avril 2019

Episode II

Voici donc la deuxième partie de mon entretien avec Olivier Rousseau pour l'excellent site Soverain.

mercredi 17 avril 2019

Notre-Dame, les larmes des crocodiles, la charité des premiers de cordée et le Reich

En rage dès hier soir !!!

Y'a plus de sous ! Alors on a encore dû faire des économies de bout de chandelles sur les travaux à Notre-Dame... "Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes" tonnait Bossuet.

La même histoire qu'avec les incendies meurtriers en Grèce l'été dernier. A force de couper dans les budgets, partout, pour donner confiance à l'Allemagne et payer le coût exorbitant de l'euro qui nous ruine un peu plus, année après année, mois après mois, jour après jour...

La flèche (de Viollet-Leduc, mais peu importe : elle était devenue inséparable de ce monument du coeur du pré carré des rois qui ont fait la France, un monument dont la symbolique nationale dépasse largement sa dimension religieuse, la France de ce monument où fut chanté le Te Deum de la Libération de Paris, en 1944, sous les balles tirées des combles par les nazis et les collabos) s'effondre, le panache de fumée depuis nos fenêtres du XIVe.

La France regarde, éberluée, stupéfaite, cet incroyable symbole de la présidence Macron.

Macron qui prononce trois mots insipides. Qui sonnent faux, comme tout ce qui sort de bouche. Macron qui retient à grand peine, dirait-on, un rictus - sans doute espère-t-il profiter un peu, sondagièrement, de la catastrophe : ces gens-là ne pensent jamais qu'à l'intérêt personnel qu'ils peuvent tirer de n'importe quelle situation, fût-elle tragique.

En rage dès ce matin !!!

Si Pinault (qui s'empresse de faire savoir sa "générosité" à des medias de service qui s'empressent de diffuser l'indécence) payait des impôts à hauteur de ce qu'il devrait payer, la France n'aurait pas à faire organiser par des clowns médiatiques des lotos ridicules ou à aller faire le tapin aux États-Unis pour entretenir son patrimoine, ni à déployer des bâches publicitaires sur les chantiers et attendre les aumônes des Pinault (déductibles de leurs impôts futurs) pour restaurer les chefs-d'oeuvre que nous avons collectivement hérités de notre histoire et qui sont détruits par 40 ans d'impéritie d'un ministère de la Culture qui considère le patrimoine comme une variable d'ajustement budgétaire et de trahison des "élites" françaises, par les coupures de budgets tous azimuts qu'elles ont imposées sous prétexte d'Europe, d'euro et pour donner confiance à l'Allemagne !

Les trahisons, ça se paye !

Moi, pour restaurer Notre-Dame, je suggère plutôt un emprunt forcé sur les gros patrimoines, exilés fiscaux ou pas, remboursable sans intérêt et dans huit cents ans.

Puis je pars donner deux cours à mes chers étudiants retraités de Créteil - le dernier de la saison. Et en sortant je comprends que les exilés et autres optimisateurs fiscaux ont engagé un concours : ce sera à celui qui pisse son fric le plus loin pour justifier ses turpitudes par sa charité et s'offrir, avec toujours la même complicité servile des médias de service, à l'admiration et à la reconnaissance publiques.

Dégoût.

Et l'ectoplasme qui fait fonction de ministre de la Culture, il ne se sent bien sûr ni coupable ni responsable de rien. Surtout pas d'avoir continué à faire du patrimoine une variable d'ajustement aux Diktats du Reich.

Nausée.

Cette nomenklatura vérolée et ses airs de circonstance déplorant les effets des causes qu'elle chérit et a établies en système depuis 40 ans, je n'ai cessé de la combattre, elle me répugne depuis longtemps, désormais je la hais. Elle est la dernière forme en date du parti de la trahison aussi vieux que ce pays. Je ne décolérerai plus jusqu'à ce que ces gens soient chassés, punis - au moins frappés d'indignité nationale.

Et ce soir, il repointe son vilain mufle : mauvais acteur - aussi. Sa prof de théâtre ne devait pas être un as.

Il aurait fait un mauvais curé: homélie nulle. Pathétique.

Et un mauvais chef de projet. Cinq ans, mon oeil ! Même l'archevêque de Paris au JT émet des doutes.

En fait on se demande en quoi il ne serait pas nul. C'est aussi ce que doit se demander sa grande amie la chancelière en fin de vie sous respirateur artificiel qui lui envoie ces jours-ci baffe sur baffe.

Qui ne le baffe pas d'ailleurs ? Même sa justice, celle qui coffre les gilets jaunes à tour de bras pour complaire à l'Eborgneur du Touquet... c'est dire ! qui annule la désastreuse privatisation de l'aéroport de Toulouse qu'il a conduite avant de se faire élire par effraction à la magistrature suprême.

"Bon à rien ? Mais ce serait encore trop dire. Tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout !" (Charpin, dans Le Schpountz).

Comment restera-t-il dans l'histoire ? des yeux crevés, des mains arrachées, Notre-Dame brûlée.

Qu'il s'en aille ! et le plus tôt sera le mieux !!!

Malraux, lui, à une époque où la France était bien moins riche qu'aujourd'hui créa le ministère des Affaires culturelles accomplit en matière de protection du patrimoine (secteurs protégés, nettoyage des façades noires, etc.), de son enrichissement (loi sur les dations), comme d'action culturelle (décentralisation, maisons de la culture...) une tâche titanesque.

La loi programme du 31 juillet 1962 relative à la restauration des grands monuments historiques pour la période 1962-1966, dite loi des 7 monuments, permet d'importants travaux à Fontainebleau, Versailles, Vincennes, Reims, au Louvre, aux Invalides et à Chambord.

La loi du 4 août 1962 sur les "secteurs sauvegardés", permet de protéger les ensembles urbains historiques ayant conservé leur caractère et leur unité architecturale, le plus souvent en centre ville. En 1970, quarante secteurs auront été sauvegardés.

La deuxième loi programme du 28 décembre 1967 sur la restauration des monuments historiques pour la période 1968-1970 concerne une centaine de monuments dont la cathédrale de Strasbourg, Notre-Dame (précisément)et l'abbaye de Fontevraud entre autre.

Ça s'appelait une politique culturelle !

Et c'était autre chose que les ectoplasmes Nyssen ou Riester, liquidateurs de notre patrimoine comme leur patron l'est de la nation tout entière.

La rage ne me quitte plus.

mercredi 10 avril 2019

Hier sur Sud Radio

Hier dans l'après-midi (pourquoi je n'ai pas eu le temps de prévenir les lecteurs de ce blog), j'ai été invité par Philippe Rossi à participer, de 19h00 à 20h00, à son émission "Les Vraies Voix / Seul Contre Tous", en compagnie de Patrick Mignon (Debout la France) et Jean-Marc Guyot (Gilets jaunes constructifs) consacrée au Brexit et à l'Union européenne.

En cliquant ici vous pouvez voir et écouter l'émission sur la page Facebook de Sud Radio.

En cliquant ici, vous pouvez écouter l'émission (sans les images).

La République en Nazes et la Grande Daube Nationale

LREM, c'est quand même un incroyable ramassis de nazes. Voilà donc que l'opposition ose s'opposer: mais quelle audace ! Voilà donc que le Sénat ose contrôler l'Exécutif: mais quel scandale ! Voilà donc que des citoyens mécontents osent faire usage de leur droit constitutionnel de manifester : mais quels séditieux ! Qu'on les éborgne !!! Voilà donc que des parlementaires osent mettre en oeuvre une disposition constitutionnelle pour faire appel au peuple: mais quelle abomination ! Quelle horreur !! Quelle infamie !!!

A part ça, ces gens, à l'imaginaire d'étudiants en école de commerce de catégorie C se rêvant en directeurs des ressources humaines et rêvant de transformer un pays millénaire en province du Reich dépossédé de tout ce qui fait son identité et son existence se réclament de la démocratie, de l'Etat de droit, et du progrès... Le progrès de l'indigence intellectuelle sans doute.

Sinon la Grande Daube Nationale servie par les médias de service depuis des semaines commence sérieusement à puer la charogne : Copions et collons, copions et collons... et vive le débat faisandé.

A part ça, La République en Nazes fabrique une lois contre les fèques niouzes, et la presse de service n'enfinit pas de dénoncer lesdites fèques concoctéées par les complotisssssses, populissssssses et autres méchant nationalisssses...

Nous vivons vraiment des temps parodiques.

vendredi 5 avril 2019

Vieilleries et Etat poule

D'abord, chers amis, si vous voulez visionner mon passage au magazine d'information Focus sur ERT hier soir (ce qui m'a évité de me taper le pensum du Grand Débat avec une écrasante majorité de zozos qui veulent réformer l'UE - on ne réforme pas un carcan, on le brise ou on y crève), c'est ici en replay et à 1h30 du début tout juste ; la traduction simultanée couvre en partie ma voix, bien sûr, mais en prêtant l'oreille, on entend mon propos en français). L'interviewer a eu la bonne idée de me poser des questions sur le couple franco allemand (clin d'oeil à l'amie Coralie Delaume, ''Le couple franco-allemand n'existe pas''). J'en ai donc profité pour mettre le couvert sur l'euro et la nécessité de mettre un terme à l'UE. Il y a aussi Christophe Guilly ou Polony écrasant Guetta dans les passages intéressants... Sapin, Macarian ou le Syrizisme résiduel parisien pour la Voix de son Maître.

Par ailleurs, le quotidien Kathimerini annonce aujourd'hui qu'une lettre a été adressée au ministre de la Culture, il y a un mois, par plus de trente responsables de musées et de services archéologiques régionaux (éphories) et faisant part de leur "préoccupation" concernant la nomination dans les musées et services archéologiques, de personnes n'ayant rien à voir avec l'archéologie, titulaires d'un diplôme en administration publique ou d'un diplôme de troisième cycle en administration de la culture, sans avoir jamais eu la moindre expérience de fouille. Des nominations parfaitement irrationnelles, sauf si on prend en compte l'appartenance partisane des heureux bénéficiaires de ces nominations.

En réalité, en plus du reste, Syriza s'est parfaitement coulé dans le très vieux moule clientéliste qui fonctionnait alternativement au bénéfice de la droite et du PASOK. Il ne l'a nullement répudié, il l'a investi et en a usé à son profit.

En réalité aussi, le but de l'UE et de ses mémorandums n'a jamais été de "réformer" la Grèce ou de la "sauver", mais de liquider son Etat social et de spolier les Grecs de leurs biens nationaux et individuels.

Or, quand vous tuez l'Etat social, au périmètre déjà peu étendu en Grèce en raison des régimes autoritaires des années 1945-1974 qui ne l'avaient pas construit comme cela s'est passé ailleurs en Europe de l'Ouest, vous renforcez mécaniquement ce qu'un sociologue grec a appelé l'Etat poule. Puisque vous n'avez aucune sécurité par le droit, la solidarité, vous tentez de l'acquérir en obtenant un emploi public. Et la délivrance d'un emploi public devient alors un moyen de sécuriser les cadres et les militants méritants du parti au pouvoir.

Un des autres sujets qui agitent depuis quelque temps les medias et l'opinion grecs est l'ascension et l'enrichissement spectaculaires d'un pizzaloio syriziste...

Par ses politiques, l'UE a donc considérablement renforcé les fondements de l'Etat poule clientéliste qui est un cancer pour la Grèce, à la fois parce qu'il rend les services de l'Etat inefficaces et parce que, paradoxalement, il affaiblit la confiance du citoyen (et donc le consentement à l'impôt) dans l'Etat. Le citoyen recherche les faveurs de l'emploi public et en même temps il constate que l'Etat, du fait de son inefficacité, résultat en partie du clientélisme, ne lui rend jamais en services ce qu'il paye en impôt. Cercle vicieux que les dix dernières années n'ont fait que renforcer... et que la droite, avec le clan Mitsotakis à sa tête - champion toute catégorie en matière de clientélisme - continuera à alimenter en récupérant le pouvoir lorsque Syriza aura achevé son rôle historique qui aura été de faire avaler aux Grecs tout ce que la droite n'aurait peut-être pas osé/réussi à lui faire avaler.

Avec une curieuse synchronie, comme c'est désormais souvent le cas en Grèce où l'accumulation des catastrophes produit des effets cumulatifs, on apprenait aussi que Cosco, l'entreprise d'Etat chinoise qui a racheté plus de 60 % du Pirée et souhaite acquérir... le reste et toute une partie de la côte vers l'ouest - tant qu'on y est ! -, ainsi que les autorités s'inquiètent des restrictions aux pharaoniques travaux prévus par les Chinois recommandées par le Conseil supérieur de l'archéologie dont l'avis est... heureusement consultatif : nous voilà soulagés !

Ben oui quoi ! Qu'est-ce qu'ils vont encore nous faire chier avec leurs vieilles pierres et leurs vieilleries dont personne n'a rien à foutre ?! Alors que le grand État communiste de la planète et le seul gouvernement de gauche radicale d'Europe-c'est-la-paix ont de si beaux projets d'avenir !