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mercredi 17 octobre 2018

Delphi Initiative

Le site de "Delphi Initiative", né d'un mouvement d'intellectuels contre l'abolition de la démocratie par la dictature de la finance, reprend hier mon entretien, fin août, avec Coralie Delaume, pour Polony TV sur la situation en Grèce et en Turquie. Et j'en suis bien heureux.

D'autant que, pour une fois, mon homme me trouve bien dans cette vidéo : à marquer d'une pierre blanche !

Pour ceux qui l'auraient ratée, ça me permet de vous la remettre !

mardi 16 octobre 2018

Tigrane à Lexikopoleio (Athènes) : la vidéo est en ligne

Jeudi soir dernier, je présentai Tigrane l'Arménien dans la belle librairie francophone d'Athènes, To Lexikopoleio. Dans ce lieu chaleureux, dont Odile Brehier et Yannis Skoufis ont su faire un précieux endroit de partage et d'échanges (avec chatte : elle s'appelle Lexi, bien sûr, et elle est d'une admirable placidité !), j'avais déjà présenté les trois tomes de La Grèce et les Balkans, en compagnie de Panagiotis Grigoriou et de sa Grèce fantôme.

Cette fois, c'est Mari-Mai Corbel, critique et écrivain, que j'avais rencontrée à Marseille, lors de la semaine consacrée à la Grèce au Mucem en 2014. Elle était alors en partance pour Le Pirée où elle vit aujourd'hui et s'est noué un dialogue entre nous, à cette occasion, qu'elle a bien voulu poursuivre autour de ce livre. Fine lectrice, elle a bien vu tout ce qui me tenait au coeur en écrivant ce livre : merci à elle d'avoir animé cette soirée, comme à Odile et Yannis de m'avoir accueilli.

Et cerise sur le gâteau, la vidéo est en ligne... A Athènes comme si vous y étiez !

vendredi 5 octobre 2018

Tigrane à Lexikopoleio : c'est à Athènes le 11 octobre

jeudi 27 septembre 2018

Tir groupé

Avant mon départ de Paris, j'ai donné un entretien à Polony TV et à l'excellente Coralie Delaume, sur l'escroquerie médiatique de la sortie de la Grèce des plans d'aide européens, qui n'ont jamais aidé que les banques occidentales gavées de dette grecque à ne pas sombrer avec nos économies. Et Coralie m'a fait aussi un peu parler de la Turquie : je ne me suis point trop fait prier !

Et puis arrivé à Nisyros, Alexia Kefalas m'a demandé une tribune pour le journal Ta Nea, l'équivalent du Figaro grec. Sans partager la ligne politique de ce journal lié aux conservateurs de la Nouvelle Démocratie, mais il s'agit d'une tribune, donc d'une libre parole, j'ai bien sûr accepté avec plaisir d'exposer à des lecteurs grecs pourquoi il n'y a pas d'issue pour la Grèce tant que la Grèce voit son activité économique dépendre d'une monnaie allemande, l'euro, et des déséquilibres croissant que l'existence de cette monnaie impose à l'ensemble des pays de cette zone monétaire absurde et criminelle - hormis l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas. Je remercie Alexia et son mari, rédac chef, de leur confiance et de la liberté totale d'expression qu'il m'ont donnée, liberté qui devient inimaginable dans les médias français (à l'exception du Figaro Vox et de quelques autres sites d'info sur Internet, peut-être bientôt dans Marianne puisque Natacha Polony en est devenue la patronne...)

Cette publication prenait place dans un numéro spécial, paru le 8 septembre, à l'occasion de la rentrée politique de Tsipras qui a fait toute sorte de promesses de baisses d'impôts et d'augmentations de salaires pour... 2020 et 2021. C'est-à-dire pour quand il aura été battu et sera dans l'opposition. Ce garçon est décidément plein de ressources et d'idées originales !

Mon nom figurait à la Une du journal, devant ceux de Jean-Paul Fitoussi et Thomas Piketty : on n'a beau ne pas avoir la grosse tête, àa fait plaisir !

La rédaction a titré ce texte "La sortie du cauchemar est encore loin". Et je vous en donne le texte en français ci-dessous :

La tragique imposture de l’euro fut de faire croire aux peuples qu’on créait une monnaie européenne afin de procurer à tous plus de stabilité, d’emploi et de prospérité, alors que l’euro est bien plus qu’une monnaie. C’est un mode de gouvernance dessaisissant les peuples d’un instrument essentiel de la maîtrise de leur destin : la souveraineté monétaire. Et en raison des conditions de la négociation du traité de Maastricht (notamment sa calamiteuse conduite par la partie française), ce mode de gouvernance est essentiellement allemand, fondé sur l’ordolibéralisme, une idéologie héritée de l’histoire et des pathologies propres à l’Allemagne, caractérisée par la défiance à l’égard des pouvoirs démocratiques, l’exigence de soustraire l’économie à la délibération politique, et l’établissement de règles intangibles définissant un Ordre économique supérieur à la Constitution.

On comprend mieux, dès lors, l’avertissement de Jean-Claude Juncker (28 janvier 2015) à la majorité grecque tout juste élue : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », la sereine violation par l’UE des résultats du référendum de l’été suivant, ou le front du refus opposé par l’eurogroupe au ministre Varoufakis. Celui-ci présentait des propositions pragmatiques, d’ailleurs modérées et insuffisantes, auxquelles l’eurogroupe ne pouvait être accessible puisque sa position est idéologique : peu importent les pots cassés économiques, les dégâts démocratiques, les drames humains et les morts, puisque la Règle doit être respectée. Dans l’UE, comme autrefois en URSS, l’échec ne peut venir de l’imbécillité de la Règle ni provoquer sa remise en cause, il ne peut qu’être l’effet d’une insuffisante application de la Règle et justifier son durcissement.

Or pour la Grèce, comme pour tous les pays, nombreux, dont l’économie n’a pas des fondamentaux similaires à ceux de l’économie allemande, cette Règle signifie l’asphyxie. Car si, du fait de ses caractéristiques propres, l’économie allemande est peu sensible au taux de change tandis qu’elle pèse d’un poids déterminant dans sa formation, un euro fort est au contraire ravageur pour la France, l’Italie et de nombreux autres pays… dont la Grèce au premier chef, alors que celle-ci ne pèse pour rien dans la détermination de ce taux de change. Pour repartir, l’économie grecque, mais aussi l’italienne, la française, etc., auraient besoin d’une dévaluation ajustant la valeur de leur monnaie à leurs structures, leurs forces et leurs faiblesses.

L’euro l’interdisant, ces États sont condamnés à « ajuster » par la baisse sans fin des salaires, des pensions, des prestations sociales, par de nouveaux impôts et coupes budgétaires. La sortie des mémorandums (provisoire ou non) n’y change rien, la loi d’airain de l’euro et les Marchés qui en sont les gardiens continueront à les imposer : « l’obéissance aux marchés sera récompensée, la désobéissance sera punie », écrivait un des fondateurs de l’ordolibéralisme, Wilhelm Röpke, dans un livre de 1942 intitulé La Crise sociale du présent.

D’autant que la dette grecque reste insoutenable, que la faible baisse du chômage n’a été acquise que par le départ en émigration de la partie la plus dynamique de la population, dont l’éducation a été payée par le contribuable grec mais qui va créer de la valeur ajoutée ailleurs, que la paupérisation massive empêche tout redémarrage de la consommation intérieure, principal moteur des économies développées, et que la croissance de 2017 a tout d’un « rebond du chat mort », compensation provisoire et mécanique d’un excès de baisse.

En réalité, puissamment dysfonctionnel, l’euro ne cesse d’enrichir les États les plus riches de l’eurozone et d’appauvrir les autres. Pour la Grèce, en sortir en 2015 aurait été plus difficile qu’en 2010 ou 2012, ce le sera davantage demain qu’en 2015 ou qu’aujourd’hui, parce que l’euro ne cesse de détruire le potentiel productif et humain du pays, parce qu’il ne cesse de justifier la spoliation des patrimoines privés et public, de produire de la défiance politique… Mais l’euro est un carcan, et un carcan ne se réforme pas (l’Allemagne qui en profite ne l’acceptera jamais) : on en sort ou on y crève.

vendredi 21 septembre 2018

Tigrane dans France Arménie

Je ne sais pas pourquoi, avant de partir, je n'ai pas partagé cet entretien avec Tigrane Yegavian paru dans le numéro de juillet-août de France-Arménie.

Je reviens dans les jours qui viennent avec la tribune que j'ai publiée dans Ta Nea (Le Figaro grec) et l'entretien avec Coralie Delaume sur Polony TV/

Sinon tout va bien. Les amis puis mon homme sont repartis vers la France depuis une semaine. J'avance bien dans mon Thémistocle, entre plage et bricolage.

A bientôt !

mercredi 27 juin 2018

Sauvetage en mer

Quand tu vas à la plage et que, soudain, tu aperçois du chemin qui contourne le cap une chèvre en train de nager bravement, sans savoir comment elle est arrivée là.

Tu t'arrêtes, tu prends une photo, deux... puis tu te rends compte que la pauvre bête est coincée entre deux rochers, incapable de reprendre pattes sur la terre ferme.

Alors tu fais quoi ?

Tu descends la dizaine de mètres de presque à pic de pierre ponce sur le cul, tu enlèves tes espadrilles, tu poses tes clés que tu as oublié de laisser dans ton sac à dos au dessus et tu t'avances sur les pierres glissantes vers la pauv'bête.

Puis quand tu es à portée de cornes, tu saisis virilement une d'icelles et tu tires la chèvre en lui disant de faire un effort.

Elle t'écoute, s'extraie d'entre les deux pierres, prend appui sur ses deux genoux, mais identifiant mal le plus important des dangers qui la menacent, elle t'échappe pour aller se fourrer au fond d'un trou, à moitié plein d'eau et qui se remplit presque à chaque vaguelette (alors si le vent forcit...) et où il lui est impossible de faire demi-tour.

Alors tu fais quoi ?

Tu saisis ce que tu peux : la queue, et tu tires. Tu te dis que tu pourrais toujours t'établir ostéopathe pour chèvre, vu que tu lui fais craquer les vertèbres caudales comme l'ostéo te fait craquer tes lombaires, et elle se met à bêler comme une malade.

Mais toi, tu tiens le bon bout et tu tires jusqu'à ce qu'elle fasse marche arrière.

Et quand elle commence à sortir, tu lui expliques gentiment qu'il faut qu'elle te fasse confiance, que t'es là pour l'aider, pas pour la mettre à la broche et pour la manger farcie au riz comme sa cousine qui t'a régalé dimanche soir.

Quand elle finit par sortir, elle ne tente pas vraiment de t'échapper, mais tu la sens bien un brin paniquée, la pauv'chérie. Et la tu la soulèves, tu te rends compte qu'elle est jeune mais qu'elle pèse tout de même son poids et qu'avec les pierres glissantes...

Alors tu la reposes pour prendre mieux tes appuis, et là elle s'aplatit sur la pierre glissante, les quatre pattes écartées, la tête de côté, visiblement épuisée. Tu sens qu'elle a abdiqué et qu'elle s'en remet à toi. Complètement.

Ni une ni deux, maintenant que tu as des appuis solides, tu la prends sous le bras gauche, contre ton coeur, en fait. Tu la sens palpiter, et ça fait comme une outre, son ventre contre ton ventre, une outre où tu as l'impression de sentir, à l'intérieur, l'eau de mer qu'elle a dû avaler.

Et puis de ta main droite, tu t'appuies sur les rochers... jusqu'à arriver sur un bout de plage. Et tu la vois partir, chancelantes. Et toi tu te tapes la remontée de la dizaine de mètres de presque à pic dans la ponce en t'accrochant comme tu peux aux buissons.

Tu arrives au dessus en soufflant comme un phoque, tu te dis qu'à 60 balais tu es encore capable de sauver une chèvre de la noyade, et que, pour aujourd'hui, tu as fait ce que tu avais à faire.

Et puis cinq minutes après, comme tu es un incorrigible païen, et que tu crois voir plus haut sur la pente, tu te dis que ce n'était probablement pas une chèvre, mais Hermès, le dieu des troupeaux et des bergers, qui est aussi ton dieu tutélaire, qu'il s'était métamorphosé pour te tester, pour voir si tu allais faire ce que tu avais à faire.

Et puis j'en vois qui rigolent ! Non je n'ai pas fait la légion, le sauvetage de la biquette n'a eu aucune contrepartie. D'aucune sorte.

mercredi 14 mars 2018

Tigrane l'Arménien : campagne d'édition participative !

Suite à la mise en liquidation judiciaire des éditions de La Différence à la fin juin 2017, la diffusion de Tigrane l'Arménien était depuis bloquée. Après bien des démarches et des mois d'incertitude, j'ai enfin récupéré mes droits sur ce roman qui me tient tant au coeur, à la fois parce qu'il traite du génocide arménien, de sa négation par la Turquie, et de la vie, aujourd'hui, dans une Grèce martyrisée par huit ans de politiques euro-allemandes.

Du coup, ce livre va pouvoir reparaître et je remercie ici, aussi vivement que publiquement, H&O éditions et son directeur, Henri Dhellemmes, qui, dès la nouvelle de la liquidation de La Différence, m'a dit qu'il ferait le nécessaire pour que ce livre revive.

Vous pouvez dès à présent préacheter ce livre en participant, ici, à la campagne d'édition participative : si elle permet de collecter 1000 euros, H&O pourra doubler le tirage initial. Merci d'avance !

On trouvera donc de nouveau Tigrane l'Arménien en librairie au début du mois de juin prochain, sous cette nouvelle couverture ; les lecteurs montpelliérains auront même la possibilité de me le faire dédicacer, en avant-première, sur le stand d'H&O à la Comédie du livre, du 25 au 27 mai.

Puis nous reprendrons, à l'automne, le programme de signatures que nous avions dû ajourner : à la librairie francophone To Lexikopoleio, à Athènes, fin septembre ou début d'octobre, à La Médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc le 9 novembre, et le lendemain à la librairie Prado-Paradis de Marseille, à la journée du livre de la Maison de la culture arménienne de Décines près de Lyon (date à préciser en novembre ou décembre), etc.

Philippe-Jean Catinchi dans Le Monde des livres (19 mai) : « On retrouve dans Tigrane l’Arménien la parfaite conjonction du savoir-faire du romancier et de l’exigence de l’historien, pimentée ici par la tentation de l’éditorialiste. Autant de raisons de le laisser nous guider pour comprendre un présent qui, faute d’éthique et de mémoire, menace d’embrasements futurs. »

Christophe Chiclet dans Nouvelles d'Arménie magazine (juin) : « Mêlant le temps du génocide au nôtre, Olivier Delorme nous entraîne d’Istanbul à Tiflis, de la Vienne des années 20 à Athènes. D’ailleurs, l’intrigue se termine dans une capitale grecque ravagée par la crise économique, par une austérité imposée par la finance internationale et européenne regroupées dans la tristement célèbre Troïka, depuis 2010. Bref, un polar historique haletant. »

Tigrane Yégavian dans France Arménie (juillet-août) : « Maîtrisant le récit grâce notamment à un excellent travail de documentation historique, l’auteur nous fait partager ses deux passions grecque et arménienne. Mais qualifier ce roman de polar historique serait un brin réducteur. (...) Delorme se veut grave et accusateur, dénonçant une nouvelle et sournoise dictature qui ne dit pas son nom. En cela, la légèreté des dialogues – et des péripéties sentimentales du héros – se heurte à l’âpre violence du réel. “ Allons admirer le chaos, peut-être trouverons- nous une solution ” dit un des personnages. C’est là tout l’intérêt de la démarche de l’historien – écrivain, dont l’architecture du roman, fluide et aérienne, abolit la frontière entre passé et présent, mais aussi celle de la double appartenance sexuelle et identitaire (française et arménienne). Reste l’amour donc, comme ultime naufrage. »

mardi 13 mars 2018

Je serai au Salon du livre de Paris

en dédicace, sur le stand de la Fondation hellénique pour la Culture et de la Librairie hellénique Desmos (stand K88), le dimanche 18 mars de 16h00 à 18h00.

Il devrait y avoir tous mes romans (sauf Les Ombres du levant, qui n'est plus disponible qu'en édition électronique chez H&O, et sauf Tigrane l'arménien, dont j'ai le plaisir, du coup, de vous annoncer la reparution dans la collection de poche d'H&O, au mois de juin prochain) et bien sûr les trois tomes de La Grèce et les Balkans, du Ve siècle à nos jours (Folio Histoire, Gallimard, 2013). En revanche, le stand étant institutionnel... on ne devrait pas pouvoir y acquérir les 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe.

dimanche 4 mars 2018

Aujourd'hui sur France Info

Vous pouvez m'entendre parler de l'ARYM, du Kosovo et de la Bosnie, sur France Info où je suis l'invité, avec Arta Seiti de José Manuel Lamarque. Ça tourne toute la journée sur l'antenne.

Et le podcast est ici.

samedi 12 août 2017

Tigrane l'Arménien : deux réactions de lecteurs

Ces deux derniers jours, me sont arrivés deux messages - de ces messages qui vous convainquent que, quoi qu'il arrive (la liquidation surprise de La Différence et la descente en plein envol de Tigrane l'Arménien par exemple), ça vaut le coup de continuer.

Le premier a pour auteur Jean-Baptiste Billé, un lecteur vendéen et assidu de mon blog, qui est venu à moi par La Grèce et les Balkans et la défense de la Grèce, qui a lu - aussi - le romancier... Avec son autorisation, je le publie ici.

"Cher Olivier,

Petit mail plutôt que mot sur le blog puisque mon message ne répond pas directement à l’un de vos papiers.

Je voulais juste vous dire le plaisir que j’ai eu à lire votre Tigrane la semaine passée, quand le temps m’en a enfin été donné.

J’ai ressenti à la fois le plaisir d’un roman et l’intérêt d’une réflexion. La précision du propos, des données, bien sûr : je n’en doutais pas, pour avoir lu vos 3 volumes en Folio ! Mais il me semble qu'ici, par rapport à vos autres romans, vous essayez de mêler vraiment la réflexion historique, le plaisir du récit (collectif et intime), le travail de l’écriture et, évidemment, une forme d’engagement. Franchement, c’était un défi et l’émotion à la lecture est réelle.

Faire oeuvre engagée, impliquée, n’est pas chose aisée, j’ai aimé la façon dont vous parvenez à parler de l’Arménie, et en même temps de la Grèce (bel usage des citations qu’on trouve sur les murs !) et bien sûr de l’Europe.

J’ai beaucoup apprécié la dimension littéraire (le travail de l’écriture) du roman, que je trouve (c’est peut-être une impression personnelle) plus travaillée cette fois, même si j’avais beaucoup aimé Le Plongeon par exemple.

La répétition, par exemple, est un procédé littéraire qui me touche beaucoup et que je vois dans ce livre : répétitions de situations, de phrases, de mots ; infimes variations entre deux passages répétés...

Les changements de rythme, aussi, les sortes de contrepoints : changements de rythme dans le récit, changements de tonalités entre l’horreur et des moments de respiration.

Je vais trop vite…

Touché aussi par l’écho entre la toute fin et l’exergue (Eschyle).

La boule au creux de l’estomac que ressent Tigrane, je suppose que vous l’avez aussi et que ce livre est, aussi, un lieu pour formuler ce qui vous anime ; la rage, la révolte, notamment (que nous avons en commun, concernant la honte de la situation infligée aux Grecs).

Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous rencontrer lors d’une lecture ; peut-être viendrez-vous dans l’ouest un de ces jours ? J’habite près de Nantes.

Je veux vous remercier sincèrement pour ce très beau roman, que je relirai un de ces jours et que je vais offrir.

Je vous souhaite un bel été, à Nisyros et ailleurs. Je pense chaque jour aux Grecs qui souffrent, résistent, créent…

J’espère de tout coeur que votre Tigrane sera repris chez un autre éditeur : il mérite de vivre et de voyager !

Amitiés, Jean-Baptiste"

L'autre m'a été signalé par une amie Facebook, Mariam Mossian. Il est signé Pierre Adémian et a été publié dans le groupe "Arménie diaspora" de ce réseau social.

En voici le texte :

"Passionnant roman qui s'étire depuis 1914 jusqu'en 2016. Des frères arméniens dont la filiation remonte depuis 1914 voire avant, sur fond de génocide, de vengeance, de l'opération Némésis, frôlant l'Asala, pour arriver sur une histoire d'archives liées à une société allemande avec en fond la crise grecque et un commissaire UE arménien et de son frère Tigrane... attention les chapitres ne se suivent pas, l'auteur s'amusant à faire des flash Backs historiques... l'indicible est présent côtoyant la vengeance, l'espoir, les faits historiques avec ses personnages tout aussi réels, la situation grecque actuelle et enfin de l'amour.

L'auteur est visiblement aussi un historien et il a pris soin en postface de préciser la véracité des faits et de certains acteurs... achetez-le... à garder et à relire. Que les Arméniens et Arméniennes n'y cherchent pas une réalité totale historique mais ayant terminé Arménie Apocalypse, je trouve que ce roman touche le réel... Bonne lecture"

Une belle critique dans la presse est une reconnaissance qui flatte l'ego ; l'appui enthousiaste de libraires - comme ceux d'Ithaque pour ce livre - rassure et réjouit l'être fondamentalement fragile et incertain qu'est un auteur lorsqu'il regarde son travail achevé ; les retours comme ceux-ci procurent le plaisir intense et différent de savoir qu'on a su toucher, émouvoir, captiver des lecteurs non professionnels - ce qui constitue la motivation première du passage à l'acte d'écrire.

Pour le reste, j'ai désormais quelque solide raison de croire que ce Tigrane devrait ressortir en collection de poche dans le courant 2018.... Et merci encore à tous ceux qui m'ont remonté le moral après la nouvelle de liquidation de La Différence.

lundi 7 août 2017

Madeleine aoutienne

Ce matin, vaquant à mes occupations ménagères en écoutant une fort bonne "Grande traversée" de France Culture consacrée à l'Iliade et à Homère, j'entends soudain prononcer un nom qui fait tilt... celui, apparemment, du fondateur d'un "Café homérique" décédé récemment. Louis de Balman... mais d'où diable ce nom me dit-il quelque-chose ? Rapide recherche Internet : bon dieu mais c'est bien sûr ! Mon prof de grec et de thème latin en hypokhâgne à Henri IV, en... 1976-77... Ca ne me rajeunit pas !

Et soudain une vague de souvenirs sur ces profs superbes qui m'ont appris à travailler et à qui je dois encore tout aujourd'hui. J'étais admis en khâgne mais je n'y suis pas allé ni n'ai passé le concours d'Ulm - je n'en pouvais plus à la fin de l'année. Mais c'est grâce à cette année-là que j'ai fait fait la fac ensuite, sans avoir l'impression de beaucoup travailler et en décrochant cependant des notes flatteuses, que j'ai eu l'agreg à 24 ans malgré un nombre de postes réduits (c'était juste après l'ère, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, de la sinistre Saunier-Seïté qui avait entrepris, sous Giscard, de liquider l'agrégation, voire le CAPES), que j'ai acquis la méthode de travail qui m'a permis de préparer le colloque du centenaire de De Gaulle auprès de l'infatigable travailleurs qu'était Bernard Tricot, de créer la collection "Retour aux textes" à La Documentation française ou, plus tard, d'affronter le chantier de l'écriture de La Grèce et les Balkans.

Cette année-là compte dans ma vie pour dix ou pour vingt...

Ce nom entendu ce matin me rappelle le souvenir de ces notes négatives en thème latin qui vous aiguillonnaient, les traductions à vue, sans préparation (on appelait ça, faire du "petit grec"), sous l'oeil d'aigle de ce de Balman, du Sur la couronne de Démosthène, d'un discours de Lysias ou d'un passage de... l'Iliade, la classe au haut plafond, aux colonnes et angelots où nous tâchions de suivre le débit accéléré du prof de philo - M. Gros, il me semble - qui vendait des polycopiés à la récréation ; le tonitruant Max Tacel, qui nous enseignait l'histoire contemporaine et parlait avec vénération des radicaux "les vrais, messieurs, pas les fossoyeurs du radicalisme d'aujourd'hui !", le discret et passionnant Marcel Bordet en histoire ancienne qui savait tout sur Rome - et plus encore -, qui me donnait régulièrement mes meilleures notes qui furent plusieurs fois les meilleures de la classes de 50 élèves, l'hurluberlu à chapeau à la Bruand et cape (je ne me souviens pas de son nom) qui nous enseignait la version latine et la littérature française...

Un jour, alors qu'une semaine sur deux nous avions grec (donc de Balman) et la suivante version latine (l'hurluberlu), les deux se pointèrent, certains d'être dans leur bon droit. S'ensuivit une passe d'armes et de Balman partit en claquant la porte. "Et voilà, messieurs, une fois encore Rome a vaincu la Grèce !" clama l'hurluberlu avant d'en revenir au Pro Milone...

Chacun était un personnage et le jouait avec gourmandise, chacun était un caractère. Je ne suis pas certain qu'il en existe encore de pareils. Je sais en revanche que ce n'est ni par la démagogie de notes gonflées, ni par l'amusement, ni par le souci de plaire, que nous avons acquis ce que nous avons acquis. Mais par l'aiguillon de mauvaises notes qui flagellaient notre ego, par l'exigence, par le travail et encore le travail, par le surcroît de travail qui nous forçait à nous organiser.

Voilà tout ce qu'a ramené cette madeleine aoutienne. Ma dette envers ces hommes-là est immense. Merci M. de Balman ! Merci M. Bordet ! Merci M. Tacel ! Merci M. Gros (si c'est bien votre nom) ! Merci M. l'Hurluberlu !

samedi 1 juillet 2017

Tigrane dans "France-Arménie" et Amazon... le chant du cygne

Aujourd’hui je devrais être heureux, puisque sort, dans le numéro de juillet-août de France-Arménie, une superbe critique de Tigrane l’Arménien signée par Tigrane Yégavian (on en trouvera le texte ci-dessous ; je suis à Nisyros sans possibilité de transformer le fichier pdf en fichier image) et que je viens de découvrir la belle recension postée par un fidèle lecteur (un Lausannois) de mes romans sur le site d’Amazon.

Oui mais voilà… Il y a quatre jours, par Mariam, une amie Facebook elle aussi lectrice de Tigrane, j’ai eu connaissance du communiqué signé Colette Lambrichs (directrice littéraire des éditions de La Différence dont elle fut l’une des fondatrices en 1976) annonçant la mise en liquidation judiciaire de cette belle maison à la politique exigeante depuis plus de quarante ans.

Lorsque, après quinze années, cinq romans, un essai, une préface, deux nouvelles et quelques autres aventures, j’ai quitté H&O, j’ai un peu eu le sentiment de déserter. Ce n’était pas le résultat d’une rupture ou d’un refus – Henri et Olivier sont des amis fidèles que j’aime et que j’estime pour leur travail, leur exigence, leur dévouement… et je crois qu’ils me le rendent un peu. Mais nous avions convenu ensemble que le temps, pour moi, était venu d’aller tenter ma chance chez un éditeur mieux diffusé, installé sur la scène parisienne. Et j’ai été heureux quand le manuscrit de Tigrane a retenu l’attention de Colette Lambrichs.

Je me doutais bien que la maison ne roulait pas sur l’or, mais quelle maison indépendante est aujourd’hui dans une santé financière éclatante ? En quinze ans de vie commune avec H&O, j’ai une idée assez précise de ce que sont les hauts et les bas d’un petit éditeur indépendant. D’autant que la situation économique a conduit depuis plusieurs années à une baisse générale des tirages. L’orientation des dépenses de nombreux ménages vers d’autres « produits » que le livre jointe à l’érosion du pouvoir d’achat de classes moyennes vouées par l’eurolibéralisme à la paupérisation – un processus qui ne peut, dans l’euro, avec Macron et sa bande au pouvoir, que s’aggraver, à la grecque et jusqu’à leur extinction – pèsent d’un poids de plus en plus lourd sur une économie du livre déjà très fragile. C’est dans les dépenses non indispensables – et les achats de biens culturels sont de celles-là – qu’on coupe en premier. Lors de la réunion de présentation de Tigrane aux représentants du diffuseur, en mars, j’ai entendu ceux-ci parler d’une baisse de 20 % du chiffre d’affaires, toutes maisons confondues, depuis le début de l’année – s’ajoutant aux baisses des années précédentes.

Je sais aussi, depuis mon passage comme éditeur à la Documentation française, dans les années 1990, qu’une année d’élection présidentielle est toujours une année difficile à négocier pour les éditeurs.

J’étais pourtant à mille lieues de penser que ces éléments épars puissent conduire l’éditeur, qui a publié Tigrane le 4 mai, à être brutalement mis en liquidation judiciaire le 20 juin – sans même avoir la chance d’une procédure de redressement.

Je suis bien sûr touché par le sort des salariés de La Différence qui vont se retrouver au chômage, comme par celui de Colette Lambrichs dont cette maison était l’œuvre d’une vie. Je le suis aussi parce que, dans ce monde de m…, se réduisent chaque jour la place de la création, de l’exigence intellectuelle et littéraire, les possibilités d’exister pour des éditeurs n’appartenant pas à de grands groupes (comme dans la presse) et donc, au final, la liberté d’expression et la liberté tout court. Mais l’auteur étant un être humain comme un autre, je suis d’abord foudroyé et effondré par le sort réservé à mon Tigrane – tué par cette liquidation un mois et demi après sa parution. Je le suis d’autant plus que si chacun de mes romans a répondu à une urgence, à une nécessité intime, celui-là était à mes yeux d’autant plus précieux et nécessaire qu’il voulait briser une double négation – celle du génocide arménien dont le négationnisme d’État de la Turquie est un second et permanent martyre infligé aux victimes, celle de l’étouffement systématique que subit le peuple grec depuis bientôt dix ans au nom de l’Europe et du There is no Alternative.

Le 9 juin dernier, je faisais dans la belle librairie « Ithaque » de Bruno et Véronique (rue d’Alésia, Paris 14e) la première présentation de Tigrane. Ce fut un franc succès. Ils viennent de m’écrire que le livre continuait à se vendre très bien et qu’ils en avaient recommandés avant qu’il ne soit plus disponible. Dès le début juillet. Et maintenant ? Depuis mes premiers contacts avec le monde de l’édition dans les années 1990, j’ai connu bien des joies et des désillusions, j’ai pris pas mal de coups – certains furent rudes. Celui-ci me laisse en état de sidération. Si je me suis remis à travailler à mon hypothétique prochain roman, c’est de manière mécanique. Franchement, je ne sais pas si je remonterai en selle. Si cela en vaut encore la peine dans le monde de l’édition, et dans le monde tout court, tels qu’ils sont.

Article de Tigrane Yégavian pour France-Arménie, juillet-août 2017, rubrique « Pause lecture », p. 58.

Paru en mai dernier, le roman d’Olivier Delorme est un habile mélange de thriller historique et politique qui ne peut laisser indifférent. Mêlant la séquence du Génocide à celle de la crise grecque, l’auteur qui est surtout connu pour sa somme magistrale consacrée à l’histoire de la Grèce moderne, nous entraîne dans une intrigue haletante. Tigrane et Thierry Arevchadian sont deux Français d’origine arménienne, l’un douanier, s’étant engagé naguère avec l’ASALA, l’autre commissaire européen. Leur grand-père, Bédros Arevchadian, était venu à Constantinople de sa Trabzon natale à la veille du déclenchement de la guerre. Unique survivant d’une famille emportée par la barbarie turque, ce militant dachnak deviendra « vengeur » de l’opération Némésis. Un siècle plus tard, ses petits-fils tentent de récupérer des documents qui rendraient impossible le négationnisme de l’État turc, lorsque, à deux pas de Thierry, une balle tue le patron de la Stolz qui produit un pesticide accusé d’empêcher la reproduction des abeilles. Maîtrisant le récit grâce notamment à un excellent travail de documentation historique, l’auteur nous fait partager ses deux passions grecque et arménienne.

Mais qualifier ce roman de polar historique serait un brin réducteur. Plongée dans le passé et le présent, l’Athènes affamée que nous décrit Delorme n’a rien de celle grouillante de vie peinte par un Petros Markaris, tant la détresse du peuple grec frappé de plein fouet par le diktat de la troïka qui l’asservit prend des allures de tragédie contemporaine. Delorme se veut grave et accusateur, dénonçant une nouvelle et sournoise dictature qui ne dit pas son nom. En cela, la légèreté des dialogues – et des péripéties sentimentales du héros – se heurte à l’âpre violence du réel. « Allons admirer le chaos, peut-être trouverons-nous la solution » dit un des personnages. C’est là tout l’intérêt de la démarche de l’historien – écrivain, dont l’architecture du roman, fluide et aérienne, abolit la frontière entre passé et présent, mais aussi celle de la double appartenance sexuelle et identitaire (française et arménienne). Reste l’amour donc, comme ultime naufrage.

vendredi 23 juin 2017

De Nisyros... "une oeuvre magistrale..."

Il y a une chose que je n'imaginais pas, il y a quelques années, en ralliant Facebook sur le conseil d'un ami qui m'assurait que ce serai pour mi un moyen efficace de mieux faire connaître mes livres, c'est que ce réseau de rencontres virtuelles déboucherait sur des rencontres réelles. Or ce fut bien le cas à Paris, où plusieurs de ces rencontres ont débouché sur des amitiés et sur la constitution d'un réseau de connivences intellectuelles qui, un jour peut-être, prendre forme d'action...

C'est régulièrement le cas, lorsque je me déplace en province, pour des salons du livre ou des signatures, constatant à chaque fois que ce site, ce blog, ma page Facebook ont drainé vers mes livres des lecteurs avec lesquels se tisse parfois une relation d'une autre nature.

C'est même le cas à Nisyros où, en quelques jours, nous venons de passer deux riches et amicales soirées d'échange et de partage avec des amis Facebook qui ont fait le détour de notre volcan.

Pour le reste, Tigrane continue à susciter des réactions de lecteurs - celles qui me parviennent sont toutes très positives, et cela fait un immense plaisir, car ce livre, comme tous mes livres est né d'une indignation - devant la négation opiniâtre du crime - et de ma passion pour la liberté : parce que ce roman, comme tous mes romans, est né d'une irrésistible nécessité intime.

La dernière en date de ces réactions, je la découvre sur un site de critiques de lecteurs, ici, à Nisyros, dans la rue en escaliers, sous la maison, assis sur une marche à moitié à l'ombre, l'ordi sur les genoux, là où je capte à peu près bien le wi-fi.

"Une œuvre magistrale bien rythmée et efficace" : que souhaiter de plus pour conclure ce beau papier ???

lundi 19 juin 2017

De Nisyros... Tigrane l'Arménien lu par le Collectif Van

Arrivée à Nisyros hier (pour la première fois en 41 ans de vie citoyenne, je me suis abstenu : nulle envie de départager, dans ma circonscription, la peste Sarnez du choléra Szpiner...), et aujourd'hui je découvre la critique de "Tigrane l'Arménien" par le site VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme).

Sans doute un des médias dont la lecture et la critique sont pour moi les plus importants !

Pour le reste, Génie sans bouillir ayant donc sa majorité - même moins béton que prévue et avec un taux de participation qui la prive de toute légitimité - nous allons morfler - à la grecque !!!

Bon courage à toutezéatous comme annone notre dieu vivant !

dimanche 4 juin 2017

"Tigrane l'Arménien" dans "Nouvelles d'Arménie magazine"

Sous la plus de Christophe Chiclet, Nouvelles d'Arménie magazine, un des médias les plus diffusés chez les Français d'origine arménienne, consacre à mon Tigrane l'Arménien une page entière dans son numéro de juin. Je ne saurais vous dissimuler mon plaisir !