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mercredi 12 décembre 2018

Complotisme...

Protéger Bernard Arnault ou arrêter sans motif Julien Coupat qui écope d'un... rappel à la loi : on comprend bien les priorités en matière de sécurité intérieure des Français.

Hier un ami publiait sur Facebook le récit d'une journée au tribunal de Paris. Je vous en donne connaissance parce que je crois vraiment que nous sommes dans une dérive autoritaire d'un pouvoir français et européen aux abois qui cherche tous les moyens de criminaliser ses oppositions. Voilà donc ce témoignage :

"On s'est rendus avec Lucie Radler aux comparutions immédiates du Tribunal de Grande Instance (TGI) et pour etre franc je suis encore sous le choc. Alors voilà brièvement comment ça se passe.

Enfermés depuis samedi, sans possibilité de communiquer avec leurs proches et sans avoir pu faire leur toilette, les prévenus font subitement face au président du tribunal lui-même entourré de deux juges, au procureur ainsi qu'à l'avocat de la partie civile, le cas échéant. On avait pu lire ici ou là que les accusés appartenaient à des groupes hétérogènes allant du prof à la retraite à la petite coiffeuse des Batignolles mais ce n'est pas tout à fait ce que l'on a pu constater... Pour commencer, on a trouvé les prevenus fatigués, appeurés, les observant cloitrés dans leur cage de verre d'où ils n'entendaient rien, obligés de se plier en quatre pour parler au micro qui, trop bas, les obligeait à courber le dos. La procédure est expéditive. L'histoire de la personne n'est pas fouillée, à peine réduite à quelques stigmates. Il est alors difficile, voire impossible, de prendre la mesure des trajectoires de vie de ces personnes dont je ne peux donner hélas qu'un bref aperçu.

Des hommes de moins de trente ans, pour beaucoup arrêtés à la sortie du métro ou dans les parkings où ils venaient de garer leur voiture. Concernant l'un des prévenus, désosseur de poulets en arrêt de travail pour une blessure à la main droite, un des juges a alors émis une réserve sur le fait qu'il ait été arrêté dans un parking souterrain : la personne pouvant faire l'objet de certaines procédures sur la voie publique, mais pas forcément au-dessous... Nuance qui, je dois bien l'avouer, nous avait jusque-là échappé ! Un conseil donc : évitez les parkings aériens... surtout si vous comptez acheter des outils de bricolage pouvant paraître suspect en ces temps troublés où l'état d'urgence frappe de nouveau à nos portes...

C'est ainsi qu'on a pu assister aux comparutions de ces désormais célèbres casseurs professionnels (le fameux BTS Casse Pro sponsorisé par les médias français) qui, en l'occurence, ne s'étaient rendus coupable que de posséder des genouillères, des fumigènes – que le procureur a tout simplement confondu avec des lance-flammes - mais également des masques à gaz et des bouchons d'oreille. Un des prévenus s'est vu reprocher d'en posséder une dizaine... Le bouchon d'oreille pouvant être considéré comme... On n'en sait rien, à vrai dire on n'a pas trop compris quel était le problème.

Ce qu'on a bien capté, en revanche, c'est qu'il ne s'agissait que de mecs dans la merde, et pas la petite merde, mais bien l'océan de merde. Le jeune homme qui s'est vu reprocher son masque « avec cartouche » a répondu qu'il se protégeait parce qu'il avait un cancer des poumons. L'avocate a alors précisé qu'il vivait avec sa mère, handicapée, qui l'appelait toutes les heures depuis la veille pour savoir ce qu'il adviendrait de son fils. « J'aimerais rentrer chez moi. Je suis son seul soutien physique et moral », a ajouté le type, intérimaire blondinet, arrêté arbitrairement en possession d'une raquette de tennis alors qu'il sortait du métro Le Pelletier dans le 9ème arrondissement. Que dire encore de ce garçon grenoblois de 23 ans, domicilié chez sa grand-mère, accusé d'avoir monté une barricade avec une... poubelle... à qui un CRS demande 1500 euros de dommages et intérets parce qu'il a résisté à son interpellation en l'insultant de « pute à Macron »... Le mec qui suivait n'a quant à lui opposé aucune résistance mais son visage portait tout de même des traces d'écchymoses. On n'a pas trouvé de médecins dans la salle pour le confimer mais à vue de nez, le sien avait doublé de volume. Accusé d'avoir lancé des lacrymos sur la police, il a tenu à préciser : « Je m'en suis pris une dans la cuisse. J'ai pas réfléchi et je l'ai renvoyée là d'où elle venait. », a priori simple réflèxe de bon sens que le président du tribunal n'a pas eu l'air de saisir. Le jeune, boulanger, aimerait travailler en Suisse pour réussir à gagner sa vie et être... mieux traité. Ça a fait rire quelques personnes... A vrai dire pour nous ça commençait à faire beaucoup.

Je me souviens aussi de ce garçon de Lannion. Au chômage avec un prêt sur le dos. Il touche 900 euros et verse 200 euros de pension alimentaire à son ex-compagne. Il nie avoir lancé des pavés. Selon lui, ayant perdu son groupe d'amis, chargé par les CRS, il n'a fait que fuir pour se mettre à l'abri. En a-t-il ou non jeté ? Lui dit que non. La police dit que oui. Les procès verbaux des CRS ne comportant aucune preuve, c'est parole contre parole. Comme le dirait Christophe Hondelatte, on a plutôt l'impression que tous étaient « au mauvais endroit, au mauvais moment » et qu'ils n'ont de toute façon par le meilleur des CV pour échapper à la justice.

Aucun des prévenus que nous avons croisés ce jour-là ne touchait ne serait-ce que le SMIG. On avait plutôt l'impression d'assister aux comparutions immédiates de ceux qui, désormais célèbres dans ce pays, ne sont rien, accusés d'avoir envisagé de hausser la voix, de posséder un équipement de protection quand samedi dernier, nombre de manifestants sont tombés, touchés au visage par les tirs des forces de l'ordre, blessés, défigurés, certains plongés dans le coma... On aurait plutôt tendance à réclamer un port du casque obligatoire pour ces manifestants qu'il serait plus juste d'accuser d'être des opposants au pouvoir, ce que n'a pas manqué de faire un des avocats, rappelant au passage que le délit politique ne peut faire l'objet d'une comparution immédiate. Pour ma part, je la déconseille vivement. On ne résume pas l'histoire d'une personne en deux minutes, pas plus que ce qui peut la pousser à agir, à hurler, à sortir de chez elle pour réclamer justice, celle que loin des tribunaux on nomme justice sociale, la violence exercée par la société à l'encontre des prévénus n'ayant jamais été mentionnée.

N'ayant pu être dans la salle durant les délibérés, on n'a pas vraiment de quoi vous rassurer si ce n'est que le procureur a demandé pas mal de sursis... Ce qui nous semblait déjà disproportionné...

Gros bisous à tous"

Puis il y eut l'attentat de Strasbourg et l'évidence qui devrait s'imposer à tous : on prive de liberté de manière arbitraire et on juge à la chaîne des citoyens lambda dont le seul crime est d'avoir sur eux des bouchons d'oreille et du sérum physiologique, mais les fichés S peuvent sortir leur flingo et tirer dans le tas.

Tout va très bien, Madame la marquise !

Et depuis, naturellement, toute la macronie et la presse de servilité s'époumone : rentrez au bercail ! Vous ne POUVEZ pas continuer à manifester !

Puis tout de suite après : si vous dites que ce pouvoir est incompétent en tout, que ses choix diplomatiques favorables aux puissances extérieures qui financent et soutiennent le terrorisme sont erronés, qu'il réprime sans aucune mesure et de manière intolérable des citoyens en colère en faisant juger à la chaîne des gens arrêtés sans motif ou parce qu'ils détenaient ces fantastiques armes par destination que sont des bouchons d'oreille et le serum phy, qu'il instrumentalise honteusement un attentat pour casser la protestation sociale et rmultiplier les injonctions prétendument morales à rentrer à la maison, que la place du ministre de l'Intérieur est dans un bac à sable... et quelques autres choses encore, relèverait du complotisssssse et du refus irresponsable de l'indispensable union sacrée.

Bon d'accord, c'est vilain tout plein d'être complotiste et contre un gouvernement et un président que le monde entier nous envie et dont les annonces étaient tellement cousues de gros fil blanc que ça c'est vu très vite.

Pourtant, si Coupat a écopé d'un ubuesque rappel à la loi à la suite d'une arrestation manifestement arbitraire, comme tant d'autres depuis plusieurs jours que se multiplient les lettres de cachet, qu'on me permette un léger "rappel à l'histoire".

Je ne vais pas même vous parler des relations avec le Qatar ou la monarchie wahhabite - financiers et propagateurs de l'islamisme qui engendre les dingues à flingo quand ils ne découpent pas leurs opposants à l'égoïne. Juste du Kosovo et de la dernière étape de la récente et déjà trop oubliée itinérance mémorielle de Kizyvienne.

Rappelons donc que le Kosovo, nid de tous les trafics, dont le trafic d'armes, réservoir sans fonds d'icelles pour les terroristes de l'Europe entière, sanctuaire de Daesh dans les Balkans, est patronné, financé, protégé par les Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et la Turquie.

Rappelons donc que les président et Premier ministre de ce prétendu Etat islamo-mafieux, Thaçi, surnommé Le Serpent (soupçonné, entre autres exploits chevaleresques, d'avoir patronné le prélèvement d'organes, aux fins de trafic, sans anesthésie, sur des prisonniers civils et militaires serbes), et Haradinaj (ordonnateur d'innombrables massacres) qui n'ont échappé à la condamnation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal (exclusivement anti-serbe) pour l'ex-Yougoslavie, par la mort inopinée ou la rétractation providentielle des témoins de l'accusation, ont été chaleureusement reçu à l'Elysée par Kizyvienne.

Rappelons enfin que Le Serpent avait une place de choix (derrière Poutine) sous l'Arc de triomphe, près de l'islamiste Erdogan, notre ami notre allié qui a tant fait pour Daesh et continue à tant faire pour recycler ses restes contre nos alliés kurdes, le 11 novembre dernier, quand on exilait le président de la Serbie (nation martyre et alliée de la premier guerre mondiale) sur une tribune secondaire...

dimanche 9 décembre 2018

Tribune sur les Gilets jaunes dans Ta Néa

Merci une nouvelle fois à Alexia Kefalas qui m'a demandé cette tribune parue hier dans ''Ta Néa'' (les grincheux vous diront que le patron, gnagnagna gnagnagna, et celui de Libé, ceux du Monde ???) sur le mouvement des Gilets jaunes. Je vous mets la Une ... et le texte en français : le bandeau rouge où apparaît ma binette est intitulé "Les gilets de la colère".

"Pourquoi un écrivain et historien comme moi, qui vit entre Paris et le Dodécanèse, sans voiture depuis 25 ans, qui appartient à cette partie de la population qui ne se sent pas menacée de déclassement, a-t-il soutenu dès l’origine et manifeste-t-il avec les Gilets jaunes ? Par solidarité bien sûr, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être paupérisé pour comprendre que, au stade terminal – comme on parle du cancer –, la paupérisation à l’œuvre menace l’existence même de la démocratie. Mais surtout par réflexion. Comme tout mouvement social – comme celui qui, en 2012, a secoué la Grèce, laboratoire de notre présent –, celui des Gilets jaunes naît de la rencontre entre long terme et circonstances. Les causes profondes sont documentées depuis longtemps : hausse vertigineuse des inégalités durant les 40 ans du cycle néolibéral qui s’achève, rétraction des services publics sous prétexte « d’économies », délocalisations qui désertifient des régions entières et génèrent un chômage de masse, bradage au privé du patrimoine public, notamment des infrastructures, précarisation sans fin des salariés, culpabilisation des retraités accusés de vivre trop bien aux dépens des actifs… Ce qui est moins dit, c’est qu’en Europe, l’UE et l’euro ont été à la fois le prétexte et le moteur de ces évolutions qui atomisent la société, dépouillent l’État, détruisent les solidarités. Or, lorsque les instances européennes, agissant hors de tout contrôle démocratique réel, ont privé les politiques de tous les leviers de commande essentiels – la monnaie, la maîtrise du budget, le droit social, l’aménagement du territoire qui n’est plus possible quand on a perdu la maîtrise du budget et privatisé les infrastructures… –, il reste aux politiques, comme seules variables d’ajustement, l’augmentation des impôts, la pression sur les salaires, les pensions et les prestations sociales. Dès lors, comme l’a signifié Juncker au lendemain de la victoire de Syriza, l’alternance politique perd toute signification puisque le changement de têtes ne saurait signifier celui des politiques prédéterminées par les traités européens. Confrontés à cette situation, les citoyens cherchent une issue vers des partis qui n’ont jamais exercé le pouvoir, ils désertent les urnes, et parfois il finissent par se révolter. La différence entre la Grèce de 2012 et la France de 2018, c’est qu’après Syriza on sait qu’une gauche dite radicale, en régime européen, devient aussi une droite ordinaire. Quant aux causes immédiates de l’explosion, elles tiennent au hasard et aux lobbys qui ont porté la candidature de Macron (l’adhésion de ses électeurs du premier tour est historiquement basse), à l’imposture qui fait confondre jeunesse et renouveau (après Tsipras et Renzi), et à l’absence d’intelligence politique comme de profondeur historique du chef comme de son armée de députés zombies. La France reste en effet façonnée par l’idéal d’égalité, elle n’a jamais été libérale. Or elle élit en 2017, à contretemps de l’histoire, alors que le cycle mondial néolibéral agonise, un président libéral dont le projet est celui d’une Troïka de l’intérieur et qui constitue le gouvernement le plus technocratique que la France a connu depuis celui de Vichy en 1940. De surcroît, imbu de la très haute idée qu’il a de sa personne, Macron manifeste – de préférence à l’étranger – un souverain mépris de ses concitoyens, notamment de ceux qui n’appartiennent pas à sa caste, étincelle probablement déterminante pour mettre le feu à une poudrière prête à exploser depuis longtemps. Dès lors, l’appel des gouvernants au dialogue est une incantation vide de sens. Car ce que réclament les Gilets jaunes, c’est qu’on se ressaisisse des leviers qui permettent d’agir sur leur quotidien. Ce qui suppose, même s’ils ne le formulent pas encore (la propagande européiste reste pour l’heure trop écrasante), la reconquête de la souveraineté nationale sur l’oligarchie de l’UE. Alors que le code génétique de Macron et des siens est la liquidation de ce qui reste de cette souveraineté au profit de cette oligarchie. C’est la raison pour laquelle, après le Brexit et les dernières élections italiennes, la révolte des Gilets jaunes constitue sans doute une étape supplémentaire vers la disparition de l’euro et l’effondrement (à la manière de l’URSS) de l’UE – ce qui serait une excellente nouvelle pour tous les Européens ! "

mercredi 5 décembre 2018

Entretien "Le Comptoir" : 2e partie

La deuxième partie de mon entretien avec Galaad Wilgos vient de sortir sur Le Comptoir.

Elle est intitulée : L’UE est une construction fondamentalement anti-démocratique ; et elle tombe à pic ! Parce que si j'ai répondu aux questions de Galaad il y a quelque temps, les réponses que j'y apporte ont quelque rapport avec la situation historique que nous vivons.

Merci aussi à la rédaction pour la superbe iconographie !

vendredi 30 novembre 2018

Demain et dimanche je serai à Armen'livres (Alfortville)

Demain après-midi et dimanche après-midi, contrairement à samedi dernier, je ne serai que par l'esprit avec les Gilets Jaunes, puisque je serai physiquement au 14e salon Armen'livres d'Alfortville pour présenter Tigrane l'Arménien.

Et pour les Parisiens, le samedi 15 décembre au soir, je présenterai (et dédicacerai) le même livre, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, qui en a chroniqué la premièreédition et m'a interviewé pour la ressortie chez H&O dans France-Arménie, à la Librairie hellénique Desmos, 14 rue Vandamme, 75014.

mardi 27 novembre 2018

Tir groupé...

Hier à 19h00 sur RT (Russia Today en français), j'étais l'un des invité de l'émission "Interdit d'interdire" de Frédéric Taddéi consacrée à l'UE et à comment en sortir. Pour tout vous avouer : je me suis bien "amusé". A plusieurs reprises, je me suis dit qu'il fallait que je me calme, que j'étais trop agressif, mais les énôôôrmités des deux eurobéats que nous avions en face de nous, François Asselineau (dont je suis heureux d'avoir fait la connaissance à cette occasion; sans s'être concertés, puisque nous ne nous connaissions pas, je crois que nous avons parfaitement bien "fonctionné"... même si le coup des clics m'a paru superflu et un brin interminable quand il y avait d'autres choses à dire au fond) étaient d'une telle grosseur, que c'était un peu mission impossible.

Evidemment, je m'étais dit que mon devoir était de rappeler le martyre européen des Grecs, et je suis heureux d'avoir pu le faire à plusieurs reprises et à des propos différents.

Enfin il faut avant tout dire immense merci à Frédéric Taddéi (et à RT) qui, depuis des années, refuse de se plier à la règle des médias dominants qui interdisent tout véritable débat sur cette question européenne - bien que, ou parce que, elle conditionne toutes les autres. Alors oui, c'était un vrai plaisir de pouvoir enfin faire valoir nos arguments. Aux spectateurs de juger mais entre les banalités et les mensonges des uns, assaisonnés de la morgue très macronienne du gars de "Sauvons l'Europe" (sils n'ont que ça en magasin pour la sauver, nul doute que nous aurons le dernier mot !), et les argument que nous avons portés, je pense sincèrement qu'il n'y a pas photo. A vous de juger !

C'est en outre un hasard, puisque la parution a été retardée plusieurs fois, mais Le Comptoir publie aujourd'hui la première des deux parties de l'entretien que j'ai eu cet été avec Galaad Wilgos. Et en somme cet entretien est parfaitement complémentaire du débat d'hier puisqu'il me permet de revenir sur des points essentiels de l'histoire de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne", de développer et préciser, ce qui, dans un débat, se dit toujours trop vite.

Enfin, puisque nous sommes dans une période de clarification, et contrairement à ce qu'a dit Ran Tan Plan samedi matin, à ce qu'ont répété les médias de servilité depuis et à ce que serinent les chasseurs obsessionnels de Rouge-Bruns, aucun des gardés à vue suite à la manif de samedi ne sont fichés comme appartenant à l'ultra-droite. Une fois de plus, comme après l'arrestation des prétendus préparateurs d'un attentat à a lime à ongle, les manipulations enfantines du ministre de l'Intérieur se dégonflent à une vitesse étonnante.

Amateurs, technos et bras cassés, voilà aujourd'hui à quoi se résume cette prétendue élite élue mi par hasard et mi par effraction grâce à l'appui massif de médias appartenant à des intérêts qui ont mis leur fondé de pouvoir là où il est. Je doute que cette comédie aille à son terme. On verra bien.

Dernière clarification en date, mon ami Djordje Kuzmanovic, orateur national de la LFI, conseiller de Mélenchon pour les affaires étrangères et de défense, vient d'être évincé de la liste européenne de LFI, sous un prétexte qui cache mal l'exclusion de deux souverainistes. désormais les choses sont donc claires : le Plan B n'a jamais été qu'un Plan pipeau.

jeudi 22 novembre 2018

Tigrane l'Arménien, demain à Villecresnes, Mandres les Roses

Demain soir je présenterai mon Tigrane l'Arménien à l'invitation du club de lecture de Villecresnes qui organise une soirée autour de l'exil en littérature.

Et samedi ce sera bien sûr Gilets jaunes. Mais où et quand ? Certainement pas au Champ-de-Mars en tout cas, cette souricière idéale pour des coups tordus de notre Ran Tan Plan de la place Beauvau dont les bonnes grosses ficelles se voient de très très loin.

Sinon, vient de sortir dans le média culturel Putsch magazine, un long entretien que j'ai eu avec son fondateur et directeur, Nicolas Vidal, autour de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, entretien qu'il a intitulé à partir d'une de mes réponses : "L'euro est une arme des destruction massive pour la démocratie" (bon, il faut être abonné...)

Et lundi 26 novembre à 19h00 sur RT, je serai l'un des invités de l'émission "Interdit d'interdire" que Frédéric Taddéï consacre à l'Union européenne.

samedi 17 novembre 2018

Oubli !

J'ai oublié de vous signaler mon dernier passage sur France Inter. J'étais invité, le 2 novembre dernier, aux Chroniques littorales de José-Manuel Lamarque, un des derniers journalistes de cette maison, pour parler de la très curieuse reconnaissance par le Patriarcat oecuménique de Constantinople de l'autocéphalie auto-proclamée (en 1992) de la partie de l'Eglise orthodoxe ukrainienne qui revendique la rupture avec le patriarcat de Moscou, décision qui a entraîné de la part du patriarcat de Moscou la rupture de la communion entre l'Eglise russe et celle de Constantinople.

Cette question éminemment politique, bien plus que religieuse, en pose beaucoup d'autres, et notamment celle de la motivation réelle d'une décision dont la première conséquence est d'affaiblir un patriarcat de Constantinople dont l'existence et l'avenir sont déjà fort précaires dans une Turquie gouvernée par un régime autoritaire et islamiste, et dont la deuxième conséquence est de diviser profondément le monde orthodoxe...

Quant à faire le tour de la question en quatre minutes, cela relève de la gageure. J'espère au moins réussir à expliquer en quoi elle dépasse largement une querelle entre hiérarques religieux...

jeudi 8 novembre 2018

Je serai demain à Port-de-Bouc et samedi à Marseille...

Demain à 18h30, je présenterai mon Tigrane l'Arménien à la médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc et samedi à 17h30, je serai à la librairie Prado Paradis de Marseille.

mercredi 31 octobre 2018

Les 9 et 10 novembre, "Tigrane" à Port-de-Bouc puis Marseille

Le vendredi 9 novembre à 18h30, je présenterai Tigrane l'Arménien à la Médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc qui m'avait déjà reçu pour La Grèce et les Balkans et le lendemain, samedi 10 novembre, je serai pour la même raison accueilli par la librairie Prado-Paradis de Marseille (19 Avenue de Mazargues). Merci à Nouvelles d'Arménie Magazine de relayer l'info !

Puis le vendredi 23 novembre à 20h30, je serai l'un des invités du club de lecture de Villecresne et de la librairie "Le Fil des pages", pour une soirée autour de l'exil en littérature, à l'Espace culturel de Mandres-les-Roses (38 rue François Coppée).

Les vendredi 30 novembre, samedi 1er et dimanche 2 décembre de 14h et 18h, je serai présent au salon du livre de la Communauté d'origine arménienne, Armen'Livre, au Pôle Culturel d'Alfortville.

Et le samedi 15 décembre, je présenterai Tigrane à la Librairie hellénique Desmos (14 rue Vandamme, 75014 Paris), en dialogue avec Tigrane Yégavian qui avait écrit une bien belle critique de ce livre pour France-Arménie lors de la parution de la 1re édition et qui m'a interrogé, dans le même magazine, après la reparution de ce livre dans la collection de poche d'H&O.

Ensuite, nous partirons finir 2018 et commencer 2019 à Nisyros... avec quelques nouvelles dates de déplacements en cours d'organisation entre le 15 janier et le 15 avril, date à laquelle nous changerons de vie, mon compagnon et moi, pour passer 8 à 9 mois entre Nisyros et Athènes.

mercredi 17 octobre 2018

Delphi Initiative

Le site de "Delphi Initiative", né d'un mouvement d'intellectuels contre l'abolition de la démocratie par la dictature de la finance, reprend hier mon entretien, fin août, avec Coralie Delaume, pour Polony TV sur la situation en Grèce et en Turquie. Et j'en suis bien heureux.

D'autant que, pour une fois, mon homme me trouve bien dans cette vidéo : à marquer d'une pierre blanche !

Pour ceux qui l'auraient ratée, ça me permet de vous la remettre !

mardi 16 octobre 2018

Tigrane à Lexikopoleio (Athènes) : la vidéo est en ligne

Jeudi soir dernier, je présentai Tigrane l'Arménien dans la belle librairie francophone d'Athènes, To Lexikopoleio. Dans ce lieu chaleureux, dont Odile Brehier et Yannis Skoufis ont su faire un précieux endroit de partage et d'échanges (avec chatte : elle s'appelle Lexi, bien sûr, et elle est d'une admirable placidité !), j'avais déjà présenté les trois tomes de La Grèce et les Balkans, en compagnie de Panagiotis Grigoriou et de sa Grèce fantôme.

Cette fois, c'est Mari-Mai Corbel, critique et écrivain, que j'avais rencontrée à Marseille, lors de la semaine consacrée à la Grèce au Mucem en 2014. Elle était alors en partance pour Le Pirée où elle vit aujourd'hui et s'est noué un dialogue entre nous, à cette occasion, qu'elle a bien voulu poursuivre autour de ce livre. Fine lectrice, elle a bien vu tout ce qui me tenait au coeur en écrivant ce livre : merci à elle d'avoir animé cette soirée, comme à Odile et Yannis de m'avoir accueilli.

Et cerise sur le gâteau, la vidéo est en ligne... A Athènes comme si vous y étiez !

vendredi 5 octobre 2018

Tigrane à Lexikopoleio : c'est à Athènes le 11 octobre

jeudi 27 septembre 2018

Tir groupé

Avant mon départ de Paris, j'ai donné un entretien à Polony TV et à l'excellente Coralie Delaume, sur l'escroquerie médiatique de la sortie de la Grèce des plans d'aide européens, qui n'ont jamais aidé que les banques occidentales gavées de dette grecque à ne pas sombrer avec nos économies. Et Coralie m'a fait aussi un peu parler de la Turquie : je ne me suis point trop fait prier !

Et puis arrivé à Nisyros, Alexia Kefalas m'a demandé une tribune pour le journal Ta Nea, l'équivalent du Figaro grec. Sans partager la ligne politique de ce journal lié aux conservateurs de la Nouvelle Démocratie, mais il s'agit d'une tribune, donc d'une libre parole, j'ai bien sûr accepté avec plaisir d'exposer à des lecteurs grecs pourquoi il n'y a pas d'issue pour la Grèce tant que la Grèce voit son activité économique dépendre d'une monnaie allemande, l'euro, et des déséquilibres croissant que l'existence de cette monnaie impose à l'ensemble des pays de cette zone monétaire absurde et criminelle - hormis l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas. Je remercie Alexia et son mari, rédac chef, de leur confiance et de la liberté totale d'expression qu'il m'ont donnée, liberté qui devient inimaginable dans les médias français (à l'exception du Figaro Vox et de quelques autres sites d'info sur Internet, peut-être bientôt dans Marianne puisque Natacha Polony en est devenue la patronne...)

Cette publication prenait place dans un numéro spécial, paru le 8 septembre, à l'occasion de la rentrée politique de Tsipras qui a fait toute sorte de promesses de baisses d'impôts et d'augmentations de salaires pour... 2020 et 2021. C'est-à-dire pour quand il aura été battu et sera dans l'opposition. Ce garçon est décidément plein de ressources et d'idées originales !

Mon nom figurait à la Une du journal, devant ceux de Jean-Paul Fitoussi et Thomas Piketty : on n'a beau ne pas avoir la grosse tête, àa fait plaisir !

La rédaction a titré ce texte "La sortie du cauchemar est encore loin". Et je vous en donne le texte en français ci-dessous :

La tragique imposture de l’euro fut de faire croire aux peuples qu’on créait une monnaie européenne afin de procurer à tous plus de stabilité, d’emploi et de prospérité, alors que l’euro est bien plus qu’une monnaie. C’est un mode de gouvernance dessaisissant les peuples d’un instrument essentiel de la maîtrise de leur destin : la souveraineté monétaire. Et en raison des conditions de la négociation du traité de Maastricht (notamment sa calamiteuse conduite par la partie française), ce mode de gouvernance est essentiellement allemand, fondé sur l’ordolibéralisme, une idéologie héritée de l’histoire et des pathologies propres à l’Allemagne, caractérisée par la défiance à l’égard des pouvoirs démocratiques, l’exigence de soustraire l’économie à la délibération politique, et l’établissement de règles intangibles définissant un Ordre économique supérieur à la Constitution.

On comprend mieux, dès lors, l’avertissement de Jean-Claude Juncker (28 janvier 2015) à la majorité grecque tout juste élue : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », la sereine violation par l’UE des résultats du référendum de l’été suivant, ou le front du refus opposé par l’eurogroupe au ministre Varoufakis. Celui-ci présentait des propositions pragmatiques, d’ailleurs modérées et insuffisantes, auxquelles l’eurogroupe ne pouvait être accessible puisque sa position est idéologique : peu importent les pots cassés économiques, les dégâts démocratiques, les drames humains et les morts, puisque la Règle doit être respectée. Dans l’UE, comme autrefois en URSS, l’échec ne peut venir de l’imbécillité de la Règle ni provoquer sa remise en cause, il ne peut qu’être l’effet d’une insuffisante application de la Règle et justifier son durcissement.

Or pour la Grèce, comme pour tous les pays, nombreux, dont l’économie n’a pas des fondamentaux similaires à ceux de l’économie allemande, cette Règle signifie l’asphyxie. Car si, du fait de ses caractéristiques propres, l’économie allemande est peu sensible au taux de change tandis qu’elle pèse d’un poids déterminant dans sa formation, un euro fort est au contraire ravageur pour la France, l’Italie et de nombreux autres pays… dont la Grèce au premier chef, alors que celle-ci ne pèse pour rien dans la détermination de ce taux de change. Pour repartir, l’économie grecque, mais aussi l’italienne, la française, etc., auraient besoin d’une dévaluation ajustant la valeur de leur monnaie à leurs structures, leurs forces et leurs faiblesses.

L’euro l’interdisant, ces États sont condamnés à « ajuster » par la baisse sans fin des salaires, des pensions, des prestations sociales, par de nouveaux impôts et coupes budgétaires. La sortie des mémorandums (provisoire ou non) n’y change rien, la loi d’airain de l’euro et les Marchés qui en sont les gardiens continueront à les imposer : « l’obéissance aux marchés sera récompensée, la désobéissance sera punie », écrivait un des fondateurs de l’ordolibéralisme, Wilhelm Röpke, dans un livre de 1942 intitulé La Crise sociale du présent.

D’autant que la dette grecque reste insoutenable, que la faible baisse du chômage n’a été acquise que par le départ en émigration de la partie la plus dynamique de la population, dont l’éducation a été payée par le contribuable grec mais qui va créer de la valeur ajoutée ailleurs, que la paupérisation massive empêche tout redémarrage de la consommation intérieure, principal moteur des économies développées, et que la croissance de 2017 a tout d’un « rebond du chat mort », compensation provisoire et mécanique d’un excès de baisse.

En réalité, puissamment dysfonctionnel, l’euro ne cesse d’enrichir les États les plus riches de l’eurozone et d’appauvrir les autres. Pour la Grèce, en sortir en 2015 aurait été plus difficile qu’en 2010 ou 2012, ce le sera davantage demain qu’en 2015 ou qu’aujourd’hui, parce que l’euro ne cesse de détruire le potentiel productif et humain du pays, parce qu’il ne cesse de justifier la spoliation des patrimoines privés et public, de produire de la défiance politique… Mais l’euro est un carcan, et un carcan ne se réforme pas (l’Allemagne qui en profite ne l’acceptera jamais) : on en sort ou on y crève.

vendredi 21 septembre 2018

Tigrane dans France Arménie

Je ne sais pas pourquoi, avant de partir, je n'ai pas partagé cet entretien avec Tigrane Yegavian paru dans le numéro de juillet-août de France-Arménie.

Je reviens dans les jours qui viennent avec la tribune que j'ai publiée dans Ta Nea (Le Figaro grec) et l'entretien avec Coralie Delaume sur Polony TV/

Sinon tout va bien. Les amis puis mon homme sont repartis vers la France depuis une semaine. J'avance bien dans mon Thémistocle, entre plage et bricolage.

A bientôt !

mercredi 27 juin 2018

Sauvetage en mer

Quand tu vas à la plage et que, soudain, tu aperçois du chemin qui contourne le cap une chèvre en train de nager bravement, sans savoir comment elle est arrivée là.

Tu t'arrêtes, tu prends une photo, deux... puis tu te rends compte que la pauvre bête est coincée entre deux rochers, incapable de reprendre pattes sur la terre ferme.

Alors tu fais quoi ?

Tu descends la dizaine de mètres de presque à pic de pierre ponce sur le cul, tu enlèves tes espadrilles, tu poses tes clés que tu as oublié de laisser dans ton sac à dos au dessus et tu t'avances sur les pierres glissantes vers la pauv'bête.

Puis quand tu es à portée de cornes, tu saisis virilement une d'icelles et tu tires la chèvre en lui disant de faire un effort.

Elle t'écoute, s'extraie d'entre les deux pierres, prend appui sur ses deux genoux, mais identifiant mal le plus important des dangers qui la menacent, elle t'échappe pour aller se fourrer au fond d'un trou, à moitié plein d'eau et qui se remplit presque à chaque vaguelette (alors si le vent forcit...) et où il lui est impossible de faire demi-tour.

Alors tu fais quoi ?

Tu saisis ce que tu peux : la queue, et tu tires. Tu te dis que tu pourrais toujours t'établir ostéopathe pour chèvre, vu que tu lui fais craquer les vertèbres caudales comme l'ostéo te fait craquer tes lombaires, et elle se met à bêler comme une malade.

Mais toi, tu tiens le bon bout et tu tires jusqu'à ce qu'elle fasse marche arrière.

Et quand elle commence à sortir, tu lui expliques gentiment qu'il faut qu'elle te fasse confiance, que t'es là pour l'aider, pas pour la mettre à la broche et pour la manger farcie au riz comme sa cousine qui t'a régalé dimanche soir.

Quand elle finit par sortir, elle ne tente pas vraiment de t'échapper, mais tu la sens bien un brin paniquée, la pauv'chérie. Et la tu la soulèves, tu te rends compte qu'elle est jeune mais qu'elle pèse tout de même son poids et qu'avec les pierres glissantes...

Alors tu la reposes pour prendre mieux tes appuis, et là elle s'aplatit sur la pierre glissante, les quatre pattes écartées, la tête de côté, visiblement épuisée. Tu sens qu'elle a abdiqué et qu'elle s'en remet à toi. Complètement.

Ni une ni deux, maintenant que tu as des appuis solides, tu la prends sous le bras gauche, contre ton coeur, en fait. Tu la sens palpiter, et ça fait comme une outre, son ventre contre ton ventre, une outre où tu as l'impression de sentir, à l'intérieur, l'eau de mer qu'elle a dû avaler.

Et puis de ta main droite, tu t'appuies sur les rochers... jusqu'à arriver sur un bout de plage. Et tu la vois partir, chancelantes. Et toi tu te tapes la remontée de la dizaine de mètres de presque à pic dans la ponce en t'accrochant comme tu peux aux buissons.

Tu arrives au dessus en soufflant comme un phoque, tu te dis qu'à 60 balais tu es encore capable de sauver une chèvre de la noyade, et que, pour aujourd'hui, tu as fait ce que tu avais à faire.

Et puis cinq minutes après, comme tu es un incorrigible païen, et que tu crois voir plus haut sur la pente, tu te dis que ce n'était probablement pas une chèvre, mais Hermès, le dieu des troupeaux et des bergers, qui est aussi ton dieu tutélaire, qu'il s'était métamorphosé pour te tester, pour voir si tu allais faire ce que tu avais à faire.

Et puis j'en vois qui rigolent ! Non je n'ai pas fait la légion, le sauvetage de la biquette n'a eu aucune contrepartie. D'aucune sorte.