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mardi 29 janvier 2019

Voeux !

Encore 48h00 pour être dans les temps !

Voici donc notre bricolage "traditionnel" de photos de notre hiver nisyriote pour vous présenter, lecteurs de ce blog et peut-être de mes livres, de la part de Frédéric (mon compagnon dans la vie depuis plus de trente ans qui m'a permis de consacrer l'essentiel de mon temps à l'écriture) et de la mienne, nos meilleurs voeux pour 2019 : santé d'abord - et pas de balle de flashball dans l'oeil -, réussite dans vos entreprises, amours et bonheurs de toute sorte.

Et puis collectivement, je nous souhaite la fin de l'euro et la dissolution de l'UE, avec la démission ou l'expulsion de Kizyvienne comme cerise sur le gâteau !

samedi 26 janvier 2019

Tigrane dans "Royaliste" et Prespa dans le "Figaro"

Merci à Bertrand Renouvin qui, dans le numéro 1158 de Royaliste (31 décembre 2018 - 14 janvier 2019), le bimensuel de la Nouvelle Action Royaliste dont je suis si proche sur tant d'analyses de notre histoire comme de notre présent, aussi bien que sur la nécessité de former aujourd'hui un nouveau CNR rassemblant tous les démocrates conscients de la nécessité de sortir du piège européen (même si je ne partage pas le but ultime de son action qu'est l'établissement d'une monarchie parlementaire), pour cette belle critique de mon Tigrane l'Arménien.

Et merci à Alexia Kefalas de m'avoir demandé, pour les lecteurs du Figaro, mon point de vue sur l'accord de Prespa.

C'est bien sûr trop rapide, et toujours un, peu frustrant quand on est face à une situation aussi complexe. Mais c'est la règle du jeu de la presse telle qu'elle est et l'essentiel y est ! L'Allemagne (à mon avis principalement) et es Etats-Unis (je pense accessoirement) étaient à la manoeuvre et ils ont ce qu'ils voulaient, les deux peuples sont massivement opposés à cet accord conclu par des Nomenklaturas aux ordres de l'Etranger, qui se foutent comme d'une guigne de la démocratie et prétendent savoir mieux que les peuples ce qui est bon peur eux, la pérennité de cet accord n'est nullement acquise justement parce qu'il est rejeté par les peuples et par les oppositions qui vont profiter de l'opposition à cet accord dans leur retour au pouvoir, une fois de plus on fait monter l'extrême droite en prétendant combattre les méchants nationalistes, cet accord crée donc pour l'avenir bien plus de problèmes qu'il n'en règle pour le présent.

samedi 5 janvier 2019

Kitrina Gileka

C'est la traduction en grec de "Gilets jaunes".

A la taverne du village, hier soir, avec deux copains grecs. Bien sûr, on parle des Gilets jaunes. Iannis, qui fut cadre régional Syriza, membre suppléant du CC, et qui, depuis 2015 qu'il a démissionné après la trahison de "vous savez qui", a le plus grand mal à re-croire en qui et en quoi que ce soit, fait le parallèle avec les Indignés espagnols et grecs et dit : "oui mais tu vois bien sur quoi ça a débouché..." Et Dimitri : "oui mais avec la France, c'est pas pareil, les révolutions ils savent faire, les révolutions sont toujours parties de France".

Et oui, Françaises, Français, la France ça signifie toujours quelque chose dans le monde, et ça ne signifie certainement pas Macron.

mercredi 2 janvier 2019

Kali chronia kai chronia polla !

Bonne année, bonne santé, réussites et bonheurs ! je vous adresse mes voeux après les deux derniers bain de mer de l'année, le 30 et le 31, depuis notre coin du feu nisyriote.

Le 31, nous avons réveilloné à la taverne du village: nous deux, Iannis qui fait la cuisine et Stavroula la petite serveuse, le pope et deux autres personnes. Avant la crise, il fallait réserver et tout l'étage était bondé sans espace pour rajouter une chaise: la Grèce va mieux comme dirait Mosco!

A minuit, Stavroula est sortie sonner la cloche et Iannis a fait péter 4 pétards, puis raki cul sec et vassilopita (le gâteau des rois avec une pièce dedans) faite par la maman de Iannis - une merveille !

Hier on est allés à Avlaki mais vent du sud la mer était trop grosse pour se baigner... Aujourd'hui, deuxième jour gris depuis notre arrivée où on ne mettra guère le nez dehors. Il a plu la nuit dernière et la nuit d'avant, la citerne : 1,10 m de gagné depuis notre arrivée, 1,58, ce matin, on est tranquilles pour l'été !

Ah si, j'oubliais dans les voeux... L'effondrement de l'euro et la disparition de l'Union européenne pour 2019 ! Je crois vraiment que ça ne relève plus du voeu pieux !

Et en PS : mon éditeur, H&0, a lancé une pub sur Amazon pour mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, il paraît que s'il y avait des commentaires (bons, de préférence) ça aiderait la diffusion de ladite pub, alors si vous l'avez lu et aimé, ne vous gênez surtout pas !

samedi 22 décembre 2018

Chronique nisyriote et hivernale

Ici, tout va bien... Depuis notre arrivée, j'ai réparé l'aspirateur de fumée - on peut utiliser cheminée, je m'en vais d'ailleurs allumer le feu -, ma branche de lunettes cassée au départ, et changé ce matin une douille électrique (l'ampoule s'est éteinte et quand j'ai voulu l'enlever, elle m'est restée entière dans la main, le culot soudé à la douille: jamais vu ça !).

Le désherbage avance aussi et mes plantations d'après chèvres ont repris dans une proportion honorable.

A part ça, temps sublime. Il a pas mal plu - enfin ! Après trois ans de sécheresse: c'est bien pour les citernes, la nature et les bêtes, mais il y a des éboulements un peu partout...

Premier bain de mer tout à l'heure. Délicieux, l'eau est je crois encore plus douce que l'an passé. Puis bain de soleil... Bains de jouvence!

Et sur la route du retour on s'est fait appeler par des gens du village (on est 10, cette année, nous compris, population divisée par deux en dix ans) et une copine de Pali: ils ont tué le cochon hier, font la découpe aujourd'hui. Dehors, à trente mètres de la mer, sous une treille avec encore des feuilles, trois grosses marmites noires de fumée sur trois feux d'enfer, les boukounies (du confit de porc, dirait-on dans le sud ouest...) à manger dès qu'elles sont cuites (les autres, ils les conservent dans le gras de friture), du riz, des salades, un petit vin aigrelet fait sur l'île (je ne savais même pas que quelqu'un faisait du vin...): juste une merveille !!!

Quant aux deux chattes, elles vont bien et sont insatiables... Je pense que la plus jeune est enceinte. Et a plus que jamais envie d'être chatte d'intérieur (mais elle ne connaît pas les contraintes!). Ce matin, alors que la fenêtre de Frédéric donnant sur un petit balconnet où il y a des plantes était ouverte, la plus vieille a tenté de sauter dessus depuis le muret d'en bas... Ratage et chute au premier essai. Cinq minutes plus tard, elles étaient toutes les deux sur le balconnet !

vendredi 14 décembre 2018

Rendez-vous demain chez Desmos...

Enfin si vous n'êtes pas à la manif !

Je serai demain, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, à la Librairie hellénique Desmos, à 19h00, pour présenter et signer ''Tigrane l'Arménien''.

mercredi 12 décembre 2018

Complotisme...

Protéger Bernard Arnault ou arrêter sans motif Julien Coupat qui écope d'un... rappel à la loi : on comprend bien les priorités en matière de sécurité intérieure des Français.

Hier un ami publiait sur Facebook le récit d'une journée au tribunal de Paris. Je vous en donne connaissance parce que je crois vraiment que nous sommes dans une dérive autoritaire d'un pouvoir français et européen aux abois qui cherche tous les moyens de criminaliser ses oppositions. Voilà donc ce témoignage :

"On s'est rendus avec Lucie Radler aux comparutions immédiates du Tribunal de Grande Instance (TGI) et pour etre franc je suis encore sous le choc. Alors voilà brièvement comment ça se passe.

Enfermés depuis samedi, sans possibilité de communiquer avec leurs proches et sans avoir pu faire leur toilette, les prévenus font subitement face au président du tribunal lui-même entourré de deux juges, au procureur ainsi qu'à l'avocat de la partie civile, le cas échéant. On avait pu lire ici ou là que les accusés appartenaient à des groupes hétérogènes allant du prof à la retraite à la petite coiffeuse des Batignolles mais ce n'est pas tout à fait ce que l'on a pu constater... Pour commencer, on a trouvé les prevenus fatigués, appeurés, les observant cloitrés dans leur cage de verre d'où ils n'entendaient rien, obligés de se plier en quatre pour parler au micro qui, trop bas, les obligeait à courber le dos. La procédure est expéditive. L'histoire de la personne n'est pas fouillée, à peine réduite à quelques stigmates. Il est alors difficile, voire impossible, de prendre la mesure des trajectoires de vie de ces personnes dont je ne peux donner hélas qu'un bref aperçu.

Des hommes de moins de trente ans, pour beaucoup arrêtés à la sortie du métro ou dans les parkings où ils venaient de garer leur voiture. Concernant l'un des prévenus, désosseur de poulets en arrêt de travail pour une blessure à la main droite, un des juges a alors émis une réserve sur le fait qu'il ait été arrêté dans un parking souterrain : la personne pouvant faire l'objet de certaines procédures sur la voie publique, mais pas forcément au-dessous... Nuance qui, je dois bien l'avouer, nous avait jusque-là échappé ! Un conseil donc : évitez les parkings aériens... surtout si vous comptez acheter des outils de bricolage pouvant paraître suspect en ces temps troublés où l'état d'urgence frappe de nouveau à nos portes...

C'est ainsi qu'on a pu assister aux comparutions de ces désormais célèbres casseurs professionnels (le fameux BTS Casse Pro sponsorisé par les médias français) qui, en l'occurence, ne s'étaient rendus coupable que de posséder des genouillères, des fumigènes – que le procureur a tout simplement confondu avec des lance-flammes - mais également des masques à gaz et des bouchons d'oreille. Un des prévenus s'est vu reprocher d'en posséder une dizaine... Le bouchon d'oreille pouvant être considéré comme... On n'en sait rien, à vrai dire on n'a pas trop compris quel était le problème.

Ce qu'on a bien capté, en revanche, c'est qu'il ne s'agissait que de mecs dans la merde, et pas la petite merde, mais bien l'océan de merde. Le jeune homme qui s'est vu reprocher son masque « avec cartouche » a répondu qu'il se protégeait parce qu'il avait un cancer des poumons. L'avocate a alors précisé qu'il vivait avec sa mère, handicapée, qui l'appelait toutes les heures depuis la veille pour savoir ce qu'il adviendrait de son fils. « J'aimerais rentrer chez moi. Je suis son seul soutien physique et moral », a ajouté le type, intérimaire blondinet, arrêté arbitrairement en possession d'une raquette de tennis alors qu'il sortait du métro Le Pelletier dans le 9ème arrondissement. Que dire encore de ce garçon grenoblois de 23 ans, domicilié chez sa grand-mère, accusé d'avoir monté une barricade avec une... poubelle... à qui un CRS demande 1500 euros de dommages et intérets parce qu'il a résisté à son interpellation en l'insultant de « pute à Macron »... Le mec qui suivait n'a quant à lui opposé aucune résistance mais son visage portait tout de même des traces d'écchymoses. On n'a pas trouvé de médecins dans la salle pour le confimer mais à vue de nez, le sien avait doublé de volume. Accusé d'avoir lancé des lacrymos sur la police, il a tenu à préciser : « Je m'en suis pris une dans la cuisse. J'ai pas réfléchi et je l'ai renvoyée là d'où elle venait. », a priori simple réflèxe de bon sens que le président du tribunal n'a pas eu l'air de saisir. Le jeune, boulanger, aimerait travailler en Suisse pour réussir à gagner sa vie et être... mieux traité. Ça a fait rire quelques personnes... A vrai dire pour nous ça commençait à faire beaucoup.

Je me souviens aussi de ce garçon de Lannion. Au chômage avec un prêt sur le dos. Il touche 900 euros et verse 200 euros de pension alimentaire à son ex-compagne. Il nie avoir lancé des pavés. Selon lui, ayant perdu son groupe d'amis, chargé par les CRS, il n'a fait que fuir pour se mettre à l'abri. En a-t-il ou non jeté ? Lui dit que non. La police dit que oui. Les procès verbaux des CRS ne comportant aucune preuve, c'est parole contre parole. Comme le dirait Christophe Hondelatte, on a plutôt l'impression que tous étaient « au mauvais endroit, au mauvais moment » et qu'ils n'ont de toute façon par le meilleur des CV pour échapper à la justice.

Aucun des prévenus que nous avons croisés ce jour-là ne touchait ne serait-ce que le SMIG. On avait plutôt l'impression d'assister aux comparutions immédiates de ceux qui, désormais célèbres dans ce pays, ne sont rien, accusés d'avoir envisagé de hausser la voix, de posséder un équipement de protection quand samedi dernier, nombre de manifestants sont tombés, touchés au visage par les tirs des forces de l'ordre, blessés, défigurés, certains plongés dans le coma... On aurait plutôt tendance à réclamer un port du casque obligatoire pour ces manifestants qu'il serait plus juste d'accuser d'être des opposants au pouvoir, ce que n'a pas manqué de faire un des avocats, rappelant au passage que le délit politique ne peut faire l'objet d'une comparution immédiate. Pour ma part, je la déconseille vivement. On ne résume pas l'histoire d'une personne en deux minutes, pas plus que ce qui peut la pousser à agir, à hurler, à sortir de chez elle pour réclamer justice, celle que loin des tribunaux on nomme justice sociale, la violence exercée par la société à l'encontre des prévénus n'ayant jamais été mentionnée.

N'ayant pu être dans la salle durant les délibérés, on n'a pas vraiment de quoi vous rassurer si ce n'est que le procureur a demandé pas mal de sursis... Ce qui nous semblait déjà disproportionné...

Gros bisous à tous"

Puis il y eut l'attentat de Strasbourg et l'évidence qui devrait s'imposer à tous : on prive de liberté de manière arbitraire et on juge à la chaîne des citoyens lambda dont le seul crime est d'avoir sur eux des bouchons d'oreille et du sérum physiologique, mais les fichés S peuvent sortir leur flingo et tirer dans le tas.

Tout va très bien, Madame la marquise !

Et depuis, naturellement, toute la macronie et la presse de servilité s'époumone : rentrez au bercail ! Vous ne POUVEZ pas continuer à manifester !

Puis tout de suite après : si vous dites que ce pouvoir est incompétent en tout, que ses choix diplomatiques favorables aux puissances extérieures qui financent et soutiennent le terrorisme sont erronés, qu'il réprime sans aucune mesure et de manière intolérable des citoyens en colère en faisant juger à la chaîne des gens arrêtés sans motif ou parce qu'ils détenaient ces fantastiques armes par destination que sont des bouchons d'oreille et le serum phy, qu'il instrumentalise honteusement un attentat pour casser la protestation sociale et rmultiplier les injonctions prétendument morales à rentrer à la maison, que la place du ministre de l'Intérieur est dans un bac à sable... et quelques autres choses encore, relèverait du complotisssssse et du refus irresponsable de l'indispensable union sacrée.

Bon d'accord, c'est vilain tout plein d'être complotiste et contre un gouvernement et un président que le monde entier nous envie et dont les annonces étaient tellement cousues de gros fil blanc que ça c'est vu très vite.

Pourtant, si Coupat a écopé d'un ubuesque rappel à la loi à la suite d'une arrestation manifestement arbitraire, comme tant d'autres depuis plusieurs jours que se multiplient les lettres de cachet, qu'on me permette un léger "rappel à l'histoire".

Je ne vais pas même vous parler des relations avec le Qatar ou la monarchie wahhabite - financiers et propagateurs de l'islamisme qui engendre les dingues à flingo quand ils ne découpent pas leurs opposants à l'égoïne. Juste du Kosovo et de la dernière étape de la récente et déjà trop oubliée itinérance mémorielle de Kizyvienne.

Rappelons donc que le Kosovo, nid de tous les trafics, dont le trafic d'armes, réservoir sans fonds d'icelles pour les terroristes de l'Europe entière, sanctuaire de Daesh dans les Balkans, est patronné, financé, protégé par les Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et la Turquie.

Rappelons donc que les président et Premier ministre de ce prétendu Etat islamo-mafieux, Thaçi, surnommé Le Serpent (soupçonné, entre autres exploits chevaleresques, d'avoir patronné le prélèvement d'organes, aux fins de trafic, sans anesthésie, sur des prisonniers civils et militaires serbes), et Haradinaj (ordonnateur d'innombrables massacres) qui n'ont échappé à la condamnation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal (exclusivement anti-serbe) pour l'ex-Yougoslavie, par la mort inopinée ou la rétractation providentielle des témoins de l'accusation, ont été chaleureusement reçu à l'Elysée par Kizyvienne.

Rappelons enfin que Le Serpent avait une place de choix (derrière Poutine) sous l'Arc de triomphe, près de l'islamiste Erdogan, notre ami notre allié qui a tant fait pour Daesh et continue à tant faire pour recycler ses restes contre nos alliés kurdes, le 11 novembre dernier, quand on exilait le président de la Serbie (nation martyre et alliée de la premier guerre mondiale) sur une tribune secondaire...

dimanche 9 décembre 2018

Tribune sur les Gilets jaunes dans Ta Néa

Merci une nouvelle fois à Alexia Kefalas qui m'a demandé cette tribune parue hier dans ''Ta Néa'' (les grincheux vous diront que le patron, gnagnagna gnagnagna, et celui de Libé, ceux du Monde ???) sur le mouvement des Gilets jaunes. Je vous mets la Une ... et le texte en français : le bandeau rouge où apparaît ma binette est intitulé "Les gilets de la colère".

"Pourquoi un écrivain et historien comme moi, qui vit entre Paris et le Dodécanèse, sans voiture depuis 25 ans, qui appartient à cette partie de la population qui ne se sent pas menacée de déclassement, a-t-il soutenu dès l’origine et manifeste-t-il avec les Gilets jaunes ? Par solidarité bien sûr, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être paupérisé pour comprendre que, au stade terminal – comme on parle du cancer –, la paupérisation à l’œuvre menace l’existence même de la démocratie. Mais surtout par réflexion. Comme tout mouvement social – comme celui qui, en 2012, a secoué la Grèce, laboratoire de notre présent –, celui des Gilets jaunes naît de la rencontre entre long terme et circonstances. Les causes profondes sont documentées depuis longtemps : hausse vertigineuse des inégalités durant les 40 ans du cycle néolibéral qui s’achève, rétraction des services publics sous prétexte « d’économies », délocalisations qui désertifient des régions entières et génèrent un chômage de masse, bradage au privé du patrimoine public, notamment des infrastructures, précarisation sans fin des salariés, culpabilisation des retraités accusés de vivre trop bien aux dépens des actifs… Ce qui est moins dit, c’est qu’en Europe, l’UE et l’euro ont été à la fois le prétexte et le moteur de ces évolutions qui atomisent la société, dépouillent l’État, détruisent les solidarités. Or, lorsque les instances européennes, agissant hors de tout contrôle démocratique réel, ont privé les politiques de tous les leviers de commande essentiels – la monnaie, la maîtrise du budget, le droit social, l’aménagement du territoire qui n’est plus possible quand on a perdu la maîtrise du budget et privatisé les infrastructures… –, il reste aux politiques, comme seules variables d’ajustement, l’augmentation des impôts, la pression sur les salaires, les pensions et les prestations sociales. Dès lors, comme l’a signifié Juncker au lendemain de la victoire de Syriza, l’alternance politique perd toute signification puisque le changement de têtes ne saurait signifier celui des politiques prédéterminées par les traités européens. Confrontés à cette situation, les citoyens cherchent une issue vers des partis qui n’ont jamais exercé le pouvoir, ils désertent les urnes, et parfois il finissent par se révolter. La différence entre la Grèce de 2012 et la France de 2018, c’est qu’après Syriza on sait qu’une gauche dite radicale, en régime européen, devient aussi une droite ordinaire. Quant aux causes immédiates de l’explosion, elles tiennent au hasard et aux lobbys qui ont porté la candidature de Macron (l’adhésion de ses électeurs du premier tour est historiquement basse), à l’imposture qui fait confondre jeunesse et renouveau (après Tsipras et Renzi), et à l’absence d’intelligence politique comme de profondeur historique du chef comme de son armée de députés zombies. La France reste en effet façonnée par l’idéal d’égalité, elle n’a jamais été libérale. Or elle élit en 2017, à contretemps de l’histoire, alors que le cycle mondial néolibéral agonise, un président libéral dont le projet est celui d’une Troïka de l’intérieur et qui constitue le gouvernement le plus technocratique que la France a connu depuis celui de Vichy en 1940. De surcroît, imbu de la très haute idée qu’il a de sa personne, Macron manifeste – de préférence à l’étranger – un souverain mépris de ses concitoyens, notamment de ceux qui n’appartiennent pas à sa caste, étincelle probablement déterminante pour mettre le feu à une poudrière prête à exploser depuis longtemps. Dès lors, l’appel des gouvernants au dialogue est une incantation vide de sens. Car ce que réclament les Gilets jaunes, c’est qu’on se ressaisisse des leviers qui permettent d’agir sur leur quotidien. Ce qui suppose, même s’ils ne le formulent pas encore (la propagande européiste reste pour l’heure trop écrasante), la reconquête de la souveraineté nationale sur l’oligarchie de l’UE. Alors que le code génétique de Macron et des siens est la liquidation de ce qui reste de cette souveraineté au profit de cette oligarchie. C’est la raison pour laquelle, après le Brexit et les dernières élections italiennes, la révolte des Gilets jaunes constitue sans doute une étape supplémentaire vers la disparition de l’euro et l’effondrement (à la manière de l’URSS) de l’UE – ce qui serait une excellente nouvelle pour tous les Européens ! "

mercredi 5 décembre 2018

Entretien "Le Comptoir" : 2e partie

La deuxième partie de mon entretien avec Galaad Wilgos vient de sortir sur Le Comptoir.

Elle est intitulée : L’UE est une construction fondamentalement anti-démocratique ; et elle tombe à pic ! Parce que si j'ai répondu aux questions de Galaad il y a quelque temps, les réponses que j'y apporte ont quelque rapport avec la situation historique que nous vivons.

Merci aussi à la rédaction pour la superbe iconographie !

vendredi 30 novembre 2018

Demain et dimanche je serai à Armen'livres (Alfortville)

Demain après-midi et dimanche après-midi, contrairement à samedi dernier, je ne serai que par l'esprit avec les Gilets Jaunes, puisque je serai physiquement au 14e salon Armen'livres d'Alfortville pour présenter Tigrane l'Arménien.

Et pour les Parisiens, le samedi 15 décembre au soir, je présenterai (et dédicacerai) le même livre, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, qui en a chroniqué la premièreédition et m'a interviewé pour la ressortie chez H&O dans France-Arménie, à la Librairie hellénique Desmos, 14 rue Vandamme, 75014.

mardi 27 novembre 2018

Tir groupé...

Hier à 19h00 sur RT (Russia Today en français), j'étais l'un des invité de l'émission "Interdit d'interdire" de Frédéric Taddéi consacrée à l'UE et à comment en sortir. Pour tout vous avouer : je me suis bien "amusé". A plusieurs reprises, je me suis dit qu'il fallait que je me calme, que j'étais trop agressif, mais les énôôôrmités des deux eurobéats que nous avions en face de nous, François Asselineau (dont je suis heureux d'avoir fait la connaissance à cette occasion; sans s'être concertés, puisque nous ne nous connaissions pas, je crois que nous avons parfaitement bien "fonctionné"... même si le coup des clics m'a paru superflu et un brin interminable quand il y avait d'autres choses à dire au fond) étaient d'une telle grosseur, que c'était un peu mission impossible.

Evidemment, je m'étais dit que mon devoir était de rappeler le martyre européen des Grecs, et je suis heureux d'avoir pu le faire à plusieurs reprises et à des propos différents.

Enfin il faut avant tout dire immense merci à Frédéric Taddéi (et à RT) qui, depuis des années, refuse de se plier à la règle des médias dominants qui interdisent tout véritable débat sur cette question européenne - bien que, ou parce que, elle conditionne toutes les autres. Alors oui, c'était un vrai plaisir de pouvoir enfin faire valoir nos arguments. Aux spectateurs de juger mais entre les banalités et les mensonges des uns, assaisonnés de la morgue très macronienne du gars de "Sauvons l'Europe" (sils n'ont que ça en magasin pour la sauver, nul doute que nous aurons le dernier mot !), et les argument que nous avons portés, je pense sincèrement qu'il n'y a pas photo. A vous de juger !

C'est en outre un hasard, puisque la parution a été retardée plusieurs fois, mais Le Comptoir publie aujourd'hui la première des deux parties de l'entretien que j'ai eu cet été avec Galaad Wilgos. Et en somme cet entretien est parfaitement complémentaire du débat d'hier puisqu'il me permet de revenir sur des points essentiels de l'histoire de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne", de développer et préciser, ce qui, dans un débat, se dit toujours trop vite.

Enfin, puisque nous sommes dans une période de clarification, et contrairement à ce qu'a dit Ran Tan Plan samedi matin, à ce qu'ont répété les médias de servilité depuis et à ce que serinent les chasseurs obsessionnels de Rouge-Bruns, aucun des gardés à vue suite à la manif de samedi ne sont fichés comme appartenant à l'ultra-droite. Une fois de plus, comme après l'arrestation des prétendus préparateurs d'un attentat à a lime à ongle, les manipulations enfantines du ministre de l'Intérieur se dégonflent à une vitesse étonnante.

Amateurs, technos et bras cassés, voilà aujourd'hui à quoi se résume cette prétendue élite élue mi par hasard et mi par effraction grâce à l'appui massif de médias appartenant à des intérêts qui ont mis leur fondé de pouvoir là où il est. Je doute que cette comédie aille à son terme. On verra bien.

Dernière clarification en date, mon ami Djordje Kuzmanovic, orateur national de la LFI, conseiller de Mélenchon pour les affaires étrangères et de défense, vient d'être évincé de la liste européenne de LFI, sous un prétexte qui cache mal l'exclusion de deux souverainistes. désormais les choses sont donc claires : le Plan B n'a jamais été qu'un Plan pipeau.

jeudi 22 novembre 2018

Tigrane l'Arménien, demain à Villecresnes, Mandres les Roses

Demain soir je présenterai mon Tigrane l'Arménien à l'invitation du club de lecture de Villecresnes qui organise une soirée autour de l'exil en littérature.

Et samedi ce sera bien sûr Gilets jaunes. Mais où et quand ? Certainement pas au Champ-de-Mars en tout cas, cette souricière idéale pour des coups tordus de notre Ran Tan Plan de la place Beauvau dont les bonnes grosses ficelles se voient de très très loin.

Sinon, vient de sortir dans le média culturel Putsch magazine, un long entretien que j'ai eu avec son fondateur et directeur, Nicolas Vidal, autour de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, entretien qu'il a intitulé à partir d'une de mes réponses : "L'euro est une arme des destruction massive pour la démocratie" (bon, il faut être abonné...)

Et lundi 26 novembre à 19h00 sur RT, je serai l'un des invités de l'émission "Interdit d'interdire" que Frédéric Taddéï consacre à l'Union européenne.

samedi 17 novembre 2018

Oubli !

J'ai oublié de vous signaler mon dernier passage sur France Inter. J'étais invité, le 2 novembre dernier, aux Chroniques littorales de José-Manuel Lamarque, un des derniers journalistes de cette maison, pour parler de la très curieuse reconnaissance par le Patriarcat oecuménique de Constantinople de l'autocéphalie auto-proclamée (en 1992) de la partie de l'Eglise orthodoxe ukrainienne qui revendique la rupture avec le patriarcat de Moscou, décision qui a entraîné de la part du patriarcat de Moscou la rupture de la communion entre l'Eglise russe et celle de Constantinople.

Cette question éminemment politique, bien plus que religieuse, en pose beaucoup d'autres, et notamment celle de la motivation réelle d'une décision dont la première conséquence est d'affaiblir un patriarcat de Constantinople dont l'existence et l'avenir sont déjà fort précaires dans une Turquie gouvernée par un régime autoritaire et islamiste, et dont la deuxième conséquence est de diviser profondément le monde orthodoxe...

Quant à faire le tour de la question en quatre minutes, cela relève de la gageure. J'espère au moins réussir à expliquer en quoi elle dépasse largement une querelle entre hiérarques religieux...

jeudi 8 novembre 2018

Je serai demain à Port-de-Bouc et samedi à Marseille...

Demain à 18h30, je présenterai mon Tigrane l'Arménien à la médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc et samedi à 17h30, je serai à la librairie Prado Paradis de Marseille.

mercredi 31 octobre 2018

Les 9 et 10 novembre, "Tigrane" à Port-de-Bouc puis Marseille

Le vendredi 9 novembre à 18h30, je présenterai Tigrane l'Arménien à la Médiathèque Boris Vian de Port-de-Bouc qui m'avait déjà reçu pour La Grèce et les Balkans et le lendemain, samedi 10 novembre, je serai pour la même raison accueilli par la librairie Prado-Paradis de Marseille (19 Avenue de Mazargues). Merci à Nouvelles d'Arménie Magazine de relayer l'info !

Puis le vendredi 23 novembre à 20h30, je serai l'un des invités du club de lecture de Villecresne et de la librairie "Le Fil des pages", pour une soirée autour de l'exil en littérature, à l'Espace culturel de Mandres-les-Roses (38 rue François Coppée).

Les vendredi 30 novembre, samedi 1er et dimanche 2 décembre de 14h et 18h, je serai présent au salon du livre de la Communauté d'origine arménienne, Armen'Livre, au Pôle Culturel d'Alfortville.

Et le samedi 15 décembre, je présenterai Tigrane à la Librairie hellénique Desmos (14 rue Vandamme, 75014 Paris), en dialogue avec Tigrane Yégavian qui avait écrit une bien belle critique de ce livre pour France-Arménie lors de la parution de la 1re édition et qui m'a interrogé, dans le même magazine, après la reparution de ce livre dans la collection de poche d'H&O.

Ensuite, nous partirons finir 2018 et commencer 2019 à Nisyros... avec quelques nouvelles dates de déplacements en cours d'organisation entre le 15 janier et le 15 avril, date à laquelle nous changerons de vie, mon compagnon et moi, pour passer 8 à 9 mois entre Nisyros et Athènes.