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mercredi 28 novembre 2018

Les ambiguïtés se lèvent

Enfin, les ambiguïtés se lèvent, c'est le destin des ambiguïtés ! [Et merci à Djordje Kuzmanovic de le faire avec autant de courage, de détermination, de clarté ! |https://www.marianne.net/debattons/tribunes/pourquoi-je-quitte-la-france-insoumise-djordje-kuzmanovic|fr]

Djordje, tu le sais, mais je le dis ici publiquement : sur cette ligne-là, sans la moindre ambiguïté sur la nécessaire sortie de l'UE et de l'euro, la restauration de la République sociale et de la Ve République défigurée par les révisions de convenance, le refus de tout compromis avec l'indigénisme sur la laïcité, etc., le gaulliste que je suis est disponible - pour la première fois depuis mon bref engagement post-Appel de Cochin (au RPR), appel vite renié (du fait de l'opposition de l'appareil, contre la volonté de la base...), au tout début de ma vie politique.

Il nous faut entre souverainistes de tous horizons, pourvu qu'ils soient acquis à la démocratie et à une République sociale bâtir enfin ce CNR dont le but doit être, en une législature, de rétablir la nation dans ses droits et le peuple dans sa souveraineté, sur la base d'un programme de gouvernement qui permette, une fois cette législature achevée et la souveraineté reconquise, de revenir à un véritable débat politique, libéré du carcan européen, projet contre projet.

"Pour gagner, il faut aller chercher les classes populaires abstentionnistes, les « fâchés mais pas fachos », les souverainistes soucieux de justice sociale, les classes supérieures en deuil de la grandeur de leur pays ou simplement conscientes que de telles tensions et inégalités entre gagnants et perdants de la mondialisation ne sont pas tenables. Pour résumer, il faut un programme renouvelé du Conseil national de la Résistance, qui parle à tous les Français sauf ceux qui se sont abîmés dans le projet néo-libéral ou les chimères du nationalisme xénophobe – mais ceux-ci ne sont pas si nombreux. Il faut poursuivre la stratégie salutaire de dépassement du clivage gauche-droite pour, face à Macron qui a réuni les libéraux de tous bords, fédérer les républicains sociaux de toutes tendances."

dimanche 25 novembre 2018

Honte à...

Honte aux crétinezéaucrétins incapables de me comprendre !

Honte aux zattardéezéauzatardés, nationalistezéfascistes qui refusent de comprendre que l'Europe c'est la paix !

Honte aux pouilleusezéaupouilleux qui sont indignes d'une start-up nation et qui sont même incapables de traverser la rue pour trouver un job de serveur !

Hier, tandis que le colère populaire le conspuait, le Conducator insultait son peuple par Tweeter. Nul doute qu'il a su trouver les mots correspondant à sa charge : unir, rassembler, représenter le peuple tout entier.

Ce qui m'a frappé, toute la journée, c'est combien le mépris de cet énergumène aura été important pour faire passer un peuple qui subit les mêmes politiques depuis 35 ans (Mitterrand version tournant de la rigueur pour cause d'Europe) de la résignation à la révolte.

Durant les 4 heures que j'ai passées aux Champs, hier, en compagnie de Coralie Delaume (auteur notamment du récent Le Couple franco-allemand n'existe pas, sur lequel je reviendrai ici), je n'ai pas vu un "ultra-droite", ni un homophobe, ni un ignoble raciste. Que des gens ordinaires, jamais gazés et étonnés de la violence qui les vise, des gens fraternels et ouverts, qui vous racontent leurs galères avec dignité, qui vous disent qu'ils subissent depuis trop longtemps, qu'ils ne subiront plus, qu'ils ne veulent plus être insultés - le mépris revient en boucle - qu'ils ne veulent plus de Macron mais qu'ils ne veulent pas non plus du suivant qui sera le même...

Durant ces quatre heures durant lesquelles nous avons arpenté ensemble les Champs et les rues adjacentes, de l'Etoile au Rond-Point, nous n'avons vu,du côté des manifestants, que deux épisodes susceptibles de dégénérer. Au Fouquet's, une bande de très jeunes loulous de banlieue, qui n'avaient rien à voir avec des gilets jaunes, et qui, dès qu'ils ont commencé à ramasser des projectiles, se sont fait expulser manu militari par des manifestants, pas par un quelconque service d'ordre, mais par des citoyens simplement soucieux de ne pas voir leur protestation défigurée. En fin d'après-midi, alors que la foule refluait dans les rues à droite des Champs en montant, après une charge de CRS et un gazage massif, ce qui ressemblait de très près à des Totos encagoulés, se saisissant de matériels de chantier (étrangement laissés là en quantité alors que la précaution élémentaire eût été de les faire enlever la veille) pour constituer de simili barricades sur l'avenue.

Pour ma part, ce qui m'a sauté aux yeux c'est la tactique, parfaitement amateur - ou parfaitement provocatrice appliquée par les forces de l'ordre. J'en ai tiré rapidement la conclusion que le pouvoir voulait faire déraper le mouvement ou/et que des responsables de la Préfecture de Police s'amusaient avec leur Ran Tan Plan de ministre, et que certains - allez savoir ! - avaient peut-être trouvé là une occasion de se venger du traitement indigne appliqué par le pouvoir aux hautes sphères policières lors de l'affaire Benalla.

Quant au comptage de Ran tan Plan, il dit à lui seul tout le ridicule de ce méprisable personnage si caractéristique de la médiocrité de la caste La REM. 106301 manifestants ! mais qui diable est le 1ème ??? Coralie ? moi ? madame Duchemin ? mon concierge ? le boucher de la boucherie Sanzot ?

Comment peuvent-ils ne pas se rendre compte ? Ont-ils à ce point perdu tout sens des réalités ? Comme l'autre imbécile himalayesque d'Hidalgogo qui n'a pas réalisé que son tweete (probablement programmé hier ou avant-hier) invitant les Parisiens à aller voir les illuminations des Champs allait tomber en pleine émeute.

Aurait-on la caste politico-médiatique la plus bête, la plus crasse, la plus indigne du monde ? Cela semble se confirmer, heure après heure, de façon inéluctable - fatale.

Pour le reste, nous avons parlé ici ou là... Coralie s'est entendue dire par un CRS que, s'il était en vacances, il serait avec nous, mais qu'il a besoin de son job pour nourrir ses gamins. Ailleurs un couple habitant entre Fontainebleau et Melun, classe moyenne, nous a raconté comment ils n'y arrivent plus alors qu'ils étaient autrefois confortables. Le spectre du déclassement, évidemment, est un des moteurs de ce mouvement. Ils nous ont raconté qu'ils avaient déjà passé une journée et une nuit blanche sur des barrages, qu'ils continuaient à bosser, à s'occuper du chien et des gosses, que c'était épuisant, mais qu'ils ne lâcheraient pas parce que ça faisait trop longtemps qu'ils encaissaient sans rien dire et qu'avec Macron, on voyait bien qu'il n'y avait plus de limite à ce qui brise leurs vies et hypothèque celles de leurs enfants.

Ailleurs, une GJ de l'Oise, me raconte ces gosses à nourrir, ses galères quotidiennes, le boulot d'elle et de son mari qui n'ont pas été augmentés depuis on ne se rappelle même plus quand. "Ses 20 euros, reprend-elle, il peut se les garder, je ne suis pas Jacqouille la fripouille à qui on jette un os de poulet. On n'en peut plus de son mépris, le peuple ne rentrera pas à la niche". Puis en la poussant sur ce qu'il faudrait faire : "En tout cas, si on sort pas de l'euro, de L'Europe, on est cuits... Si on fout Macron dehors, ils en mettront un autre qui fera la même chose..."

C'est à cause de toute cette matière humaine dense, désespérée et révoltée que cette journée marque aussi, comme le relèvent les chroniques du Yéti en me citant, un point de non retour dans le discrédit du système dit d'information qui n'est décidément plus rien d'autre qu'un système de propagande et qui a, de manière dégueulasse, hier toute la journée, vomit son discours absurde sur l'ultra droite.

Comment, ceux-là aussi, peuvent-ils ne pas se rendre compte de la haine que suscite la La ronde macabres de leurs éditocrates et de leurs communicants d'opérette, payés des blindes pour débiter des mensonges, de leurs faux témoins et de leurs experts de foire qui voeint des fascistes chez tout ce qui n'est pas eux et fait irrésistiblement penser aux hamsters tournant dans leur roue, sans plus aucun contact avec le monde réel.
La photo, c'est moi, et derrière l'appareil c'était Coralie Delaume.

mercredi 21 novembre 2018

Anniversaire argentin...

Il y a pile 17 ans...

Le 20 décembre 2001, en pleine crise argentine provoquée par l'arrimage du peso au dollar US (un euro à la mode argentine) imposé par le FMI, en même temps que les sempiternelles réformes structurelles, en échange de son aide financière, le président Fernando De la Rua, élu deux ans plus tôt et qui, en deux ans, avait appliqué toutes les recettes du FMI qui avaient mis l'économie à l'arrêt, ruiné les classes moyennes et jeté le pays dans le chaos social, est contraint par la rue à démissionner et doit s'enfuir en hélicoptère du palais présidentiel (Casa Rosada) sous la pression de la révolte populaire.

Deux ans plus tard, Nestor Kirchner était élu président argentin: dévaluation du peso de 70%, moratoire sur les intérêts et le remboursement de la dette décrété par son ministre de l'Economie Roberto Lavagna (qui dira aux Grecs que leur seule solution pour eux est de faire défaut ; l'hélicoptère de De la Rua figurera sur maints panneaux dans les manif grecques de 2010-2012...) qui engage de fructueuses négociations sur la réduction de la dette avec les créanciers en les mettant sous pression, relance de la consommation des plus pauvres par la reconstruction d'un Etat social minimal, détruit sous la pression du FMI, contrôle les mouvements de capitaux et les importations...

Non seulement l'Argentine compense en deux ans les 17,4% de baisse du PIB accumulées les quatre années précédentes, mais elle cumule 51,3% de hausse du PIB durant les 6 années qui séparent l'arrivée de Kirchner au pouvoir du déclenchement de la crise mondiale liée aux subprimes américains.

There is alternative !

samedi 17 novembre 2018

Gilets jaunes

Ce qui me frappe (émergeant de mon lit après 24h00 dont je vous passe les détails), c'est l'interchangeabilité des clones LREM, même physiquement (avec une tendance à la ressemblance avec Moscovici), leur discours totalement hors-sol (un vient de proposer que les banques permettent aux gens de s'endetter davantage pour changer de voiture : "Ils n'ont pas de pain ? Qu'ils s'endettent pour acheter de la brioche !"), leur mépris à peine maquillé techno (on vous écoute, on vous entend, mais voilà, connards, pourquoi on a raison et vous avez tort. On n'y peut rien si vous êtes trop crétins pour comprendre : tout ça c'est la faute aux fèqueniouzes de Fesse Bouc... On attend avec impatience la main de Poutine !), l'absence totale dans tout cela (majorité et opposition comprises) de l'euro et de l'UE, alors que la hausse des taxes, comme naguère la fermeture des petites lignes SNCF, qui rend la voiture indispensable à un plus grand nombre de gens, ou la privatisation des autoroutes, alors que tout cela est la conséquence directe du "coût de l'euro" et des traités de discipline budgétaire qui étouffent l'économie et nous enferment dans une spirale de "toujours moins de dépenses publiques" et "toujours plus d'impôt" sur les activités résiduelles et les citoyens, tout en rendant inévitable la délocalisation des industries vers les pays de l'UE où le prix de la main d'oeuvre est de 4 à 7 fois inférieur à ce qu'il est en France.

Là-dessus, il faut lire le papier de mon ami et économiste distingué Frédéric Farah que diffuse le club Nation & République sociale aujourd'hui et qui nous rappelle opportunément "les propos glaçants de l’un des concepteurs de l’euro pour s’en convaincre, l’italien T P Schioppa, dans un article de 2003, au moment de la première crise sévère que traverse le pacte de stabilité, puisqu’une procédure pour déficit excessif contre l’Allemagne et la France est engagée. Ce dernier dans le ''Corriere Della Sera'' du 26 août 2003 affirme « Dans l’Europe continentale, un programme complet de réformes structurelles doit aujourd’hui prendre place dans le champ des retraites, de la santé, du marché du travail, de l’école et dans bien d’autres. Mais elles doivent être guidées par un unique principe : réduire le niveau des protections qui au cours du 20eme siècle ont progressivement éloigné l’individu du contact direct avec la dureté de vivre, avec les revers de fortune, avec la sanction ou la récompense de ses défauts et qualités »."

Dans ce contexte, et si l'on ne change pas la donnée de base - euro, UE, c'est à dire libre circulation des hommes (c'est à dire essentiellement de la main d'oeuvre, notamment détachée, pas des vacanciers..) des marchandises et des capitaux), la désertification du territoire, cause profonde du mouvement d'aujourd'hui, n'a pas de solution. De ce fait, tous les politiques qui n'expliquent pas aujourd'hui et clairement qu'il est vital de choisir entre l'UE/euro et un Etat social aménageur du territoire, entre autres, que les l'appartenance aux premiers sont incompatibles avec le second, sont soit de grands naïfs soit des escrocs. L'UE et l'euro ne seront pas "réformés" parce qu'ils ne sont pas "réformables", parce qu'ils ont été créés pour servir à quoi ils servent. L'UE et l'euro on en sort où on y crève.

Plus immédiatement, et tactiquement, la mise en oeuvre des instructions germano-européennes sur les retraites risque d'être compliquée et je pense que Dupont-Aignan joue plutôt très bien ce coup-là, il ne me semble plus inimaginable qu'il finisse par être devant LR aux européennes...

Dans le même temps, on append que l'ignoble Guy Verhofstadt, ce qui se fait de pire comme européiste, s'est avisé que "la grande erreur de l'Europe, c'est d'avoir fait une union monétaire sans faire au préalable une union politique".

Ben oui, mon Guy, depuis le temps qu'on t'explique qu'il ne peut pas y avoir de monnaie sans État ! Le problème c'est que si on a fait l'union monétaire, c'est parce que l'union politique n'était pas possible, que les peuples l'auraient rejetée, et qu'en faisant l'union monétaire, sur des mensonges éhontés et sur des principes allemands imbéciles, on voulait leur forcer la main et la rendre inéluctable.

Accessoirement, si Verhofstadt en est là, après les diarrhées twittesques de Quatremer contre les méchants qui gèrent trop mal son Europe chérie, ça en dit long sur l'état de coma dépassé du Machin. Notez que tous ces gens-là exultaient hier à l'écorchage des Grecs pour sauver l'union monétaire...

mercredi 14 novembre 2018

Une ignominie macronesque de plus

Pris par mes petites affaires de signature, je viens seulement de réaliser qu'en plus du négationniste turc Erdogan, le sinistre Macron avait aussi invité à Paris, pour ce qui restera comme une honteuse parodie de commémoration de la victoire sur les impérialismes allemand, austro-hongrois et turc, le criminel de guerre et contre l'humanité Thaçi, dit Le Serpent, maître kosovar d'un pseudo-Etat fantoche, centre en Europe de tous les trafics: cigarettes, drogue, êtres humains. Soupçonné d'avoir organisé le prélèvement d'organes sur des prisonniers serbes, civils et militaires, vivants et non anesthésiés, au fin de commerce, ce sinistre individu n'a échappé au procès devant le tribunal pénal pour l'ex Yougoslavie, qui s'est illustré par son caractère partial anti-serbe, que par la disparition providentielle ou la rétractation évidemment spontanée des témoins de l'accusation.

Il a en outre permis à Daesh d'installer des camps d'entraînement sur le territoire du prétendu État du Kosovo.

Si c'est possible, cette invitation est encore plus scandaleuse et répugnante que celle d'Erdogan.

C'est en outre une insulte à nos frères d'armes serbes qui ont héroïquement résisté à l'agression austro-hongroise de 1914, qui poignardés dans le dos par les Bulgares, ont refusé de capituler et entamé pour beaucoup une meurtrière marche vers la mer à travers les montagnes d'Albanie puis repris le combat au côté des Français, des Britanniques et des Grecs dans l'armée d'Orient. C'est une insulte au peuple serbe, martyrisé et affamé par les Austro-Hongrois jusqu'à la libération de 1918, qui a perdu près de 30 % de sa population durant ce conflit, dont les élites ont été exterminées par ces mêmes Austro-Hongrois dans des camps qui, à plus d'un titre, préfiguraient ceux de la guerre suivante.

C'est une insulte à la France à travers sa fraternité d'armes avec la Serbie.

Macron est un être décidément indigne de la fonction qu'il occupe. Et je retiens les autres qualificatifs qui me démangent... Je suis scandalisé, outré, honteux pour mon pays.

Je ne mets jamais de pétition sur ce blog, mais cette fois : si vous voulez signer, c'est là !

mercredi 7 novembre 2018

Deux Pétains, vraiment ???

Hier, en plaisantant, j'écrivais dans un commentaire sur le mur Facebook d'un ami que, peut-être, le terminus de l'itinérance mémorielle de notre Kizyvienne national se trouvait à Montoire... Mais avec ce zigomar, il ne faut plus plaisanter, parce que toute connerie est immédiatement convertie en réalité.

Il est vrai que, si on avait correctement commémoré la Victoire en célébrant dignement l'Armée française dans son ensemble, ainsi que les armées alliées, par un défilé militaire sur la voie triomphale de Paris où eut lieu le défilé de la Victoire, on n'aurait pas eu à se prendre les pieds dans le Pétain.

La question de la place du Pétain de la première guerre dans les commémorations de ce conflit ne date pas d'aujourd'hui. Et il est pour le moins étrange que l'Elysée semble le découvrir... quelques jours après avoir fait semblant de s'alarmer d'un prétendu retour aux années 1930. Cohérence, quand tu nous tiens !

Au demeurant, le génie militaire de Pétain est fort contestable et n'a jamais cessé d'être contesté. En 1916, Joffre qui fut l'homme de la résistance au choc initial, sur la Marne, considère Pétain comme le principal responsable du défaitisme ambiant - déjà !

Quant à la victoire de Verdun, les généraux de Castelnau ou Mangin, voire Nivelle, en sont des artisans bien plus déterminants que Pétain.

Pétain fut essentiellement nommé à la tête de l'armée française en mai 1917 pour "calmer le jeu" après les meurtrières et désastreuses offensives Nivelle (je me souviens encore de la haine de mon grand-père, poilu gazé à Villers-Cotterêts, lorsqu'il prononçait ce nom), qui avait succédé à Joffre quelques mois plus tôt. Et la popularité de Pétain n'a jamais rien dû à son génie stratégique ni encore moins à son inexistante audace, mais tout à son ménagement des troupes (amélioration de l'ordinaire, rotations plus rapides au front, permissions régulières... ce qui n'est nullement condamnable en soi, fait sans doute un bon administrateur mais pas un "grand soldat" et ne suffit pas pour gagner une guerre !) ainsi qu'à son attentisme : ne rien faire en attendant les Américains. Clemenceau, qui avait la dent dure, décrira ainsi le Pétain de la grande guerre : "Sans idée, sans coeur, sans cran, plus administrateur que chef, sans imagination et sans fougue".



Si on avait écouté Pétain plutôt que Foch, le conflit ne se serait certainement pas terminé le 11 novembre ! Et c'est bien pourquoi Clemenceau a choisi Foch plutôt que Pétain comme généralissime des armées alliées. "Nous l'avons poussé à la victoire à coups de pied dans le cul", dira encore le Tigre à Poincaré lors de la remise du bâton à Pétain.

Autrement dit, le Pétain de 1940 n'est pas un Pétain différent de celui de 1917 ; c'est le même, avec les mêmes convictions et les mêmes tropismes.

Et puis pourquoi célébrer "à part" les maréchaux ? Le choix du maréchalat fut éminemment politique, contestable et contesté, et de grands chefs français de ce conflit, aussi ou plus grands que Pétain, n'en ont pas été honorés alors qu'ils le méritaient autant ou plus que les "élus".

Mais voilà, il ne faut pas froisser l'Allemagne (qui ne peut décemment se froisser, en toute logique, qu'on célèbre un de ses zélés auxiliaires des années 1940-1944 !)... et associer le négationniste turc aux cérémonies marquant la fin du conflit durant lequel la Turquie a commis un génocide qu'elle nie.

J'ai une suggestion, du coup : on pourrait peut-être associer à l'hommage les maréchaux Hindenburg, Ludendorff, von Moltke et Schlieffen.

jeudi 1 novembre 2018

Années 1930 et risotto de homard

Le p'tit est donc fatigué...

On lui avait pourtant bien dit, à c'pauv'gamin qu'il n'était pas taillé pour une telle responsabilité ! C'est trop dur de diriger ce sale peuple de feignants qui refusent les réformes. Alors forcément, le môme, il fatigue !

Surtout depuis que cher Alexandre n'est plus là pour porter ses valises... Sans compter que les déboires de Muttie, ça le met au bord du "Nervous Breakdown, comme on dit de nos jours".

Et donc, pour se reposer l'gamin n'a pas assez de La Lanterne ou de Brégançon. Un relais château à 1500 la nuit, avec le risotto de homar comme spécialité du chef étoilé. c'est tout de même plus classe. 1500 la nuit, la chambre, sans compter celles de la suite.

Bon c'est vrai qu'il n'y a plus à payer celle du cher Alexandre...

L'exemplarité, on vous dit !

Alors les pouilleux, vous n'êtes pas contents d'avoir 15 balles de plus sur votre fiche de paye ? Que je vous reprends de suite en augmentant les taxes sur les carburants.

Quant à la fiscalité sur lesdits carburants prétendument pour des raisons écolos, j'y croirai quand les immeubles des années 1970 comme celui dans lequel se trouve l'appartement que je loue depuis 30 ans ne seront plus des passoires thermiques. Parce que, chez moi, je peux vous dire que du CO2, il en part dans l'atmosphère, pour rien, pour avoir à peine 18° à mon bureau et les pieds gelés, plus que beaucoup de bagnoles de mecs obligés d'aller travailler avec en produisent !

Et hier, on apprenait que près d'un tiers des Français baissent le chauffage parce qu'ils ne peuvent plus le payer. A la grecque ! Il y a déjà sept ou huit ans que les Grecs grelottent l'hiver dans des immeubles chauffés une ou deux heurs par jour, au mieux, et que toute la ville sent le feu de bois.

Du coup, ce matin, on apprend que l'gamin nous alerte sur le retour des années 1930.

Il fatigue vraiment, le p'tit ! c'est pas du chiqué... Et s'il n'a plus que les Soeurs Zombres (tribut à Mathieu Morel, un ami Facebook, du côté de la Corrèze, que j'espère bien rencontrer un jour "pour de vrai" tant bous nous découvrons semblables dans nos réactions et analyses) à nous sortir pour justifier sa politique à la Hoover/Laval/Brüning, c'est qu'il n'est plus loin du bout du bout du rouleau des poncifs à dérouler.

Du coup, là, comme l'écrit l'amie Coralie Delaume, toujours sur Facebook, on sent bien l'intellectuel de très très haut vol...

Oui, Choupinet, la radicalisation des opinions dans les années 1930 fut le résultat de la crise du capitalisme américain non régulé de 1929 et des politiques libérales et déflationnistes qui l'ont aggravée, transformée en dépression puis en crise de la démocratie représentative.

Ces mêmes politiques libérales et déflationnistes que tu appliques servilement en mettant en oeuvre, en bon collabo, le programme écrit à Berlin et Bruxelles.

Tu reprendras bien un peu de risotto de homard ?

lundi 29 octobre 2018

Brésil et Hesse...

Une fois de plus, la GrosKo s'est pris une branlée électorale, hier en Hesse. Comme en Bavière, une partie des électeurs de la CDU filent vers l'AFD et le SPD continue sa pasokisation qui profite essentiellement aux Verts, tandis que Die Linke ne connaît qu'une très faible progression, plus faible que celle du Parti libéral.

Et dans le même temps, les Brésiliens élisent confortablement un président d'extrême droite.

La mondialisation néolibérale, et sa variante européenne pilotée par l'UE, l'insécurité économique et le démantèlement des protections nées de la crise américaine de 1929 qui avait enfanté le nazisme et la guerre mondiale, qu'elles génèrent, la paralysie des gauches face à ce mouvement qui les condamnent à l'échec et à l'impuissance, les privant de toute crédibilité, conduisent aujourd'hui à une demande, partout, de réassurance.

Sur ce double mouvement - effondrement des protections et décrédibilisation des gauches ralliées au Marché mondial, à la libre circulation de la maind'oeuvre qui tue les protections sociales, des biens et des capitaux qui assurent l'omnipotence du Marché - il faut écouter l'analyse d'Olivier Passet, sur le site économique non conventionnel Xerfi : c'est remarquablement expliqué et d'une limpidité parfaite.

Et comme les gauches ne sont plus crédibles, du fait même de leur capitulation sous prétexte d'ouverture, d'Europe et autres fadaises, pour répondre à cette demande sur le plan économique et social, cette demande se transforme en exigence de plus en plus hystérique et tragique de sécurité culturelle et d'autorité - de renationalisation sur un mode antidémocratique, où la demande d'ordre se substitue à la demande de progrès, pour reprendre les deux mots forts de la devise brésilienne... ou de justice.

Il devient urgent de proposer une démondialisation, déseuropéanisation, renationalisation démocratique et sociale, faute de quoi nous finirons tous dans l'impasse autoritaire ET libérale.

A part ça, les lamentations et imprécations ne servent à rien. RIEN. On ne soigne pas une maladie par lamentations sur et imprécations contre ses symptômes. Ou bien alors c'est qu'on croit à la pensée magique...

jeudi 18 octobre 2018

Perquisition

Puisqu'on me demandait hier ce que je pensais du psychodrame en cours autour de certaines perquisitions, voici ce que j'en pense. Au fond, pas dans l'écume de ces émotions qui finissent, dans ce monde de l'instantanéité le plus souvent hystérique, soigneusement entretenue par des médias qui sont parties à l'Ordre qu'il convient de préserver à tout prix, et où réfléchir devient un gros mot, par empêcher toute analyse politique.

Si vous lisez le blog de Panagiotis Grigoriou, Greek crisis (vous pouvez faire un don, il en a besoin pour pouvoir continuer à informer), vous apprendrez que le chef du petit parti de gauche radicale, Unité populaire, scission de Syriza après la capitulation de Tsipras, est aujourd'hui poursuivi, pour ses actions en solidarité avec les petits propriétaires grecs victimes de spoliations pour dette de leurs biens immobiliers bradés ensuite dans des ventes aux enchères que, sur injonction européenne, le gouvernement Syriza-ANEL a organisées sur Internet parce que les militants anti-spoliation empêchaient le bradage en salle des ventes ; mais vous apprendrez surtout que cette action contre un responsable politique d'opposition est le fait d'une police spéciale, la Direction de la Protection du Régime et de la Démocratie (par antiphrase, comme il se doit en milieu européen), créée par le socialiste Simitis et dont les pouvoirs n'ont cessé d'être reconduits ou renforcés par les gouvernements successifs, y compris celui de la prétendue gauche radicale actuellement au pouvoir qui s'en sert donc contre cet ancien ministre de la première période dudit gouvernement.

Se focaliser sur tel ou tel cas, telle ou telle manifestation, empêche de voir la logique: le traitement de plus en plus judiciaire des oppositions dans le cadre de l'UE.

Ailleurs, à Malte, en Bulgarie, en Slovaquie, on en est déjà au meurtre de journalistes qui menacent de mettre au jour les circuits mafieux qui prospèrent dans un cadre européen - libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, c'est-à-dire entre autres de la traite d'êtres humains connus sous le nom de migrants - extraordinairement favorable à la criminalité financière, circuits mafieux qui sont bien sûr au premier rang du lobbying tout-puissant dans l'UE et drainent vers eux une part importante de l'argent européen distribué hors de tout contrôle démocratique véritable. En France, les choses ont commencé avec le FN : il n'est pas nécessaire d'être en accord avec ses idées pour comprendre que, plutôt que de le combattre politiquement, on a choisi de le priver des moyens financiers de son action politique.

Elles se développent aujourd'hui d'un autre côté, tandis que les comptes de campagne de l'un font l'objet d'une enquête quand ceux de l'autre, parvenu au pouvoir suprême, et qui a bénéficié de l'argent des mieux nantis dans des conditions pour le moins contestables n'en font pas l'objet, et alors que le Modem coule des jours paisibles, voit même son poids renforcé au gouvernement, quand bien même est-il soupçonné des mêmes turpitudes que le FN hier ou la LFI aujourd'hui, turpitudes selon toute vraisemblance partagées par tous les partis qui bénéficient du distributeur de cash qu'est, pour l'essentiel, un faux Parlement européen qui, à part cela, ne sert à rien. Cash qui explique sans doute en partie le refus des forces politiques installées à faire campagne pour l'indispensable hara-kiri du Machin européen, cette passion si unanimement partagée, du RN à la LFI, pour la réforme, que chacun sait pourtant impossible, dudit Machin, ainsi que pour les fantasmagoriques plans A, B ou Oméga3...

En réalité, ces partis sont punis par où ils pêchent depuis tant d'années, car la question n'est pas Macron ou Tsipras, Lafazanis, Le Pen ou Mélenchon, la question est la nature intrinsèquement antidémocratique de l'UE qui est une dictature molle. Mais une dictature molle peut durcir, notamment quand les peuples commencent à se rendre compte qu'elle est une dictature et à regimber.

Plutôt que de s'emporter contre le doigt d'un procureur ou de policiers, selon toute vraisemblance de manière contre-productive, on serait mieux avisé de regarder en face la lune de Bruxelles.

samedi 13 octobre 2018

Scission au PS : une vraie tragédie grecque !!!!

Papandréou a quitté le PASOK pour fonder un parti-cul, désormais allié au PASOK, ainsi qu'au parti-cul euro-hystérique Potami, fondé par l'argent de Bruxelles, en état de mort cérébrale (et électorale), ainsi qu'à l'ex-aile droite de Syriza devenue la Gauche démocratique, le tout formant un puissant Mouvement pour le changement qui fera bien 7 à 8 % aux prochaines législatives... Juste devant, ou derrière les brutes néo-nazies.

Rien à voir avec Maurel, Lienemann (que j'aime bien... mais qui a quand même mis 20 ans à s'apercevoir que le canard n'avait pas de tête !) ou Hamon bien entendu !

Maurel, comment vous dire... Le soir des élections grecques de septembre 2015, sur France Culture, ce brave garçon m'a rétorqué : "Mais le PASOK, enfin, tout de même, il est de gauche !"

C'est vous dire où Maurel voit la gauche !!! Parce qu'il semblait sincère, en plus, le bougre...

Quand je vous dis et que je vous répète que la Grèce a été et continue à être notre laboratoire !

Pendant que se joue cette tragédie au PS dont dépend l'avenir du monde, le sultan d'Ankara a réouvert en grand la vanne à migrants vers la Grèce. Naturellement, aucun Daesh - que la Turquie a aidé, financé par le blanchiment des produits, dont le pétrole, exportés des territoires que Daesh contrôlait, auquel elle a livré des armes, dont elle a soigné les combattants, qu'elle a protégés des offensives kurdes et qu'elle utilise désormais comme supplétifs de son armée d'occupation en Syrie, contre ces mêmes Kurdes -, naturellement donc, aucun Daesh sur le retour ne peut se mêler à ce nouveau flux, organisé par le pouvoir islamiste turc, si cher à Kizyvienne et qu'il chouchoute dès qu'il peut.

Vous pensez bien que les Turcs l'empêcheraient !

Mais moi, hier soir, pour la première fois depuis le Bataclan, je suis entré sur le territoire français, à Roissy, sans le moindre contrôle d'identité.



Allô, le ministre de l'intérieur... Ah non, c'est vrai, on n'en a plus !

Dormez en paix, braves gens !

vendredi 17 août 2018

Air France

Donc, il n'y aurait pas de Français capable de diriger Air France et il faut payer un Canadien trois fois plus que son prédécesseur pour refuser toute augmentation de salaire aux personnels.

Un Canadien spécialiste du bas coût...

Un Canadien réputé pour son absence d'inclination au dialogue social et sa grande sollicitude pour les actionnaires...

Un Canadien dont la candidature a été poussée par Delta Airlines, actionnaire minoritaire et concurrent d'Air France...

Un Canadien adoubé par l'inénarrable Lemaire.

Vous ne trouvez pas que ça sent très fort la vente des bijoux de famille sous pression euro-allemande, comme d'hab.

Vu que la croissance, mythique, impossible tant qu'on a l'irréformable euro, il va bien falloir vendre, et vendre et vendre et vendre encore le capital social, notre capital commun, pour satyisfaire aux exigences de Bruxelles et Berlin.

Le viaduc de Gênes, les 4000 pompiers grecs en moins qui font tourner un incendie à la tragédie : on s'en b... fout, on continue et on continuera, jusqu'au bout.

Après Alstom et les chantiers de l'Atlantique... bientôt Air France ? Avant ou après la SNCF ? La mondialisation heureuse continue. Enfin, chez nous... Bon vous nous laissez partir le 25 août et après vous pouvez vous mettre en grève tant que vous voulez.

Si, juste, après la définition de traître, la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie française donne l'exemple suivant : "On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l'on méprise toujours les traîtres."

lundi 13 août 2018

Ils ont des dollars, nous avons Allah...

Dixit le sultan.

Le match s'annonce passionnant !

Kravmaga, boxe thaï, MMA, pancrace, ultimate fighting... ou lutte à l'huile ?

En tout cas, la dégringolade de la livre turque se poursuit. Après avoir touché de nouveau un plus bas ce matin, puis avoir tenté un rebond, le cours de la monnaie turque face au dollar affiche une baisse de 8 à 9 % au moment où j'écris ces lignes.

Erdogan (outre le match Allah-billet vert) : c'est un complot. Non.

Le PIB turc, qui a culminé à 950 milliards de dollars en 2013 était de 840 milliards en 2017.

La bulle qu'a gonflée l'AKP, arrivée au pouvoir en 2002 après la ravageuse crise financière de 2000-2001, et que l'AKP a exploitée à fond par un système de corruption généralisée qui lui a permis de financer son système clientéliste islamiste (charité islamique du Parti substituée à la politique sociale de l'Etat), était fondée sur l'aide américaine, les fonds européens de préadhésion et de chantage aux migrants, l'afflux de capitaux à court terme et une croissance intérieure fondée non sur les salaires (le mouvement syndical a été durement réprimé, comme toutes les forces constituant un ferment démocratique dans la société turque, afin de maintenir un niveau de salaire attractif pour les industries délocalisées d'Europe occidentale) mais sur l'endettement des particuliers, dans un pays où il n'existait pas, encouragé par le gouvernement de manière totalement irresponsable (d'où une hausse des importations à forte valeur ajoutée ajoutée, alors que les exportations turques sont à faible valeur ajoutée).

Aujourd'hui, la politique étrangère d'Erdogan l'a brouillé avec les Etats-Unis, et ceci après que les capitaux à court terme ont commencé à fuir depuis un bon moment déjà : la balance courante (balance commerciale, solde du revenu des placements, solde des transferts financiers) est négative depuis 2002 et a atteint 5,57 % du PIB en 2017 (0,86 % pour la France).

Aujourd'hui, la Banque centrale turque n'a pas les moyens de soutenir sa monnaie, ses réserves de change (moins de 100 milliards de dollars) ne lui permettant pas d'acheter durablement de la livre pour soutenir son cours.

Quant aux taux d'intérêt, ils sont de 17,75 % depuis juin et une hausse supplémentaire conduirait à éteindre complètement le moteur de la croissance intérieure fondée justement sur l'endettement des ménages... Raison pour laquelle Erdogan exclut - pour l'instant - une intervention de la Banque centrale dans ce sens.

A suivre !

vendredi 10 août 2018

La bulle turque en train de crever ?

Jusqu'à -27% en séance aujourd'hui (-15,57 % à l'heure où j'écris ce billet) pour la livre turque qui ne cesse plus de dévisser depuis des semaines (-40 % depuis le début de l'année).

En conséquence, Trump annonce le doublement des taxes sur l'acier et l'aluminium décrétées au début de l'année.

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C'est une lutte nationale", a déclaré le sultan dans un récent discours. Nul doute que les Turcs l'entendent !

L'AKP est arrivée au pouvoir à la faveur de la crise financière de 2000-2001 qui avait marqué l'échec complet des partis au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire de 1980 et qui n'a été jugulée que grâce à l'aide économique américaine (en raison de la situation géostratégique de la Turquie).

Depuis 2002, l'AKP est restée au pouvoir grâce à une croissance économique, largement artificielle, reposant sur trois piliers : les fonds européens de préadhésion, puis issus du chantage aux migrants ; la délocalisation d'activités industrielles d'Europe de l'Ouest permise par une libéralisation à marche forcée de l'économie et une répression du mouvement syndical, l'explosion de l'endettement privé qui, comme en Grèce dans les années 2000, est assigné par le pouvoir au rôle de palliatif du faible niveau des salaires.

Dans La Grèce et les Balkans, en 2013, je relevais ainsi les similitudes entre les deux économies :

"Les deux économies sont moins dissemblables qu’il y paraît : déficit structurel des balances commerciales, poids des invisibles, la croissance grecque des années 1996-2007 et la croissance turque depuis 2003 reposent sur un afflux de capitaux à court terme qui peuvent se retirer rapidement, des salaires bas et une consommation des ménages jusque-là pas ou peu endettés dopée par un encouragement inconsidéré du recours au crédit (+40 % au premier semestre 2011 en Turquie) qui contribue à creuser le déficit courant, puisque l’industrie nationale, à faible valeur ajoutée, ne produit pas les biens achetés, à forte valeur ajoutée (les ventes d’automobiles augmentent, par exemple, de 75 % au premier semestre 2011 en Turquie)."

Bref, une économie de bulle.

Parallèlement, la corruption organisée par le pouvoir (président, clan familial, parti), prélevait une partie de la manne pour enrichir la caste proche du pouvoir et alimenter la "charité islamique" du Parti chargée de suppléer les carences de Etat en matière sociale, et de financer ainsi un système de clientélisme à grande échelle grâce auquel, en plus de la fraude et de la répression de complots imaginaires, l'AKP a pu se maintenir au pouvoir depuis 2002.

Aujourd'hui, c'est tout ce système qui apparaît en bout de course. Au moment même où le sultan est parvenu à installer un pouvoir quasi dictatorial.

Mais l'aventurisme criminel du régime en Syrie et le flirt appuyé avec Moscou (qui n'a, à mon avis, jamais été dupe d'un retournement d'alliance turc : comment un chef d'Etat aussi russe et pragmatique que Poutine pourrait-il croire à une alliance russo-turque ??? Il tire pragmatiquement ce qu'il peut tirer du sultan, et voilà tout...) n'ont fait qu'exaspérer le protecteur américain qui, aujourd'hui, est défié sur sur tous les plans (géostratégique en Syrie où Ankara joue les restes de Daesh contre les Occidentaux et leurs alliés Kurdes, militaire par l'achat de matériel russe alors que la Turquie est la deuxième armée de l'OTAN, symbolique avec l'exigence de l'extradition de Gülen réfugié aux Etat-Unis et maintenant l'arrestation d'un pasteur américain...) semble jouer l'accélération de la chute.

Le gouvernement AKP arrivé au pouvoir en 2002 avec le mot d'ordre "0 problème avec les voisins" est aujourd'hui totalement isolé dans son environnement régional (hormis la dictature azérie): de l'ex-allié israélien au régime du Caire, de Damas à Erevan bien sûr, Erdogan a créé un climat diplomatique régional hostile à la Turquie quasi général. Le rapprochement avec l'Iran chiite (alors qu'Erdogan aspire au leadership du monde sunnite) n'est que de façade, les provocations à l'égard de la Grèce ont atteint à la fin du printemps un niveau rarement atteint depuis 1974 et deux soldats grecs, égarés ou enlevés sur la frontière du nord, sont détenus au secret pour "espionnage" depuis plus de cinq mois. Quant au néo-ottomanisme qui se manifeste sans vergogne dans les Balkans (ARYM, Bosnie, Albanie, prétendu Etat kosovar...), il est aussi agressif que... sans réel débouché.

Certes l'irresponsable et lâche UE (j'ai écrit ici sur le surréaliste sommet de Varna en mars, avec l'inénarrable Juncker) continue imperturbablement à se taire sur les provocations du tyranneau, et à le financer - avalant sans brocher, l'une après l'autre, toutes les couleuvres turques. Mais dans des pays européens de plus en plus nombreux (Autriche, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Belgique...) l'instrumentalisation par le pouvoir AKP et sa succursale d'extrême droite des minorités turques locales commence sérieusement à inquiéter : vote massif en faveur de la dérive dictatoriale du sultan, enfants revêtus d'uniformes et défilant devant le drapeau turc, ou "manifestations culturelles" dans lesquelles les mêmes enfants doivent mimer une bataille dans laquelle les glorieux Ottomans mettent en déroute des chrétiens infidèles...

De fait, une économie ne vit pas indépendamment de la géopolitique et une économie de bulle finit toujours par crever. De sorte que lorsque l'aiguillon géopolitique s'approche de la bulle...

Mais avec quel effet domino ? Je serais curieux de connaître l'exposition... - au hasard - de la Deutsche Bank, spécialiste en actifs pourris, au risque turc...

lundi 23 juillet 2018

Papy fait de la résistance

Résumé de l'audition de Gégé par la commission des lois de l'assemblée nationale de la République française érigée en commission d'enquête : c'est pas moi, c'est ma soeur, k'a cassé la machine à vapeur...

En plus d'être crédible, c'est suprêmement élégant !

Ou le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, numéro 3 du gouvernement, soutien de la première heure de Minus Ier, qui a eu un rôle déterminant du début à la fin de sa campagne est un naze de chez naze, et il devrait rentrer dans son EPHAD, ou il se paye allègrement la fiole des parlementaires et du peuple français en prétendant ignorer qui est le voyou favori qui marque Minus à la culotte depuis le début de ladite campagne.

Si je ne me trompe, dans le second cas, ça s'appelle du parjure. Et il devrait rentrer dans son EPHAD après la case tribunal.

Bref les Branquignols ne sont pas que sur les bancs parlementaire de La République en Baffes ; ils dirigent aussi le ministère de l'Intérieur.

dimanche 22 juillet 2018

Caligula à l'Elysée

"Son goût pour tous ceux qui lui avaient plu allait jusqu'à la folie. Il embrassait en plein spectacle le pantomime Mnester ; et si, pendant que cet histrion dansait, quelqu'un faisait le moindre bruit, il se faisait amener le perturbateur, et le flagellait de sa main. (...) Il donna, un jour, au cocher Eutychus, comme présent de table, après une débauche, deux millions de sesterces. Il aimait tant un cheval nommé Incitatus, que, la veille des courses du Cirque, il envoyait des soldats commander le silence dans tout le voisinage, afin que le repos de cette bête ne fût point troublé. Il lui fit faire une écurie de marbre, une auge d'ivoire, des couvertures de pourpre, des colliers de perle : il lui donna une maison complète, des esclaves, des meubles, enfin tout ce qu'il fallait pour que ceux qu'on invitait, en son nom, à venir manger chez lui, fussent traités magnifiquement. On dit même qu'il lui destinait le consulat." (Suétone, Vie des Douze Césars, Caligula, LV)

Alors, où est le problème ?!

En vérité, l'avalanche de révélations que nous subissons peut nous interroger : qui a été élu président, Caligula ou Ubu ?

Tabassage de citoyens par un nervi de 26 ans promu pour on ne sait quelle raison par Ubu ou Caligula, usurpation de fonction et d'insignes pour tabasser plus tranquillement, port d'armes contre l'avis du ministère de l'Intérieur, logement de fonction attribué après la prétendue sanction "la plus dure", au Quai Branly où ne sont en principe logés que des responsables de très haut niveau, passage d'une réserve à l'autre du grande de sergent à celui de lieutenant-colonel affecté au cabinet du directeur général de la gendarmerie, puis radiation pour être recruté par la gendarmerie comme expert (mais de quoi ? de tabassage de citoyens ???), attribution à un gros bras d'une habilitation à entrer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale (niveau supérieur de l'habilitation réservé, de l'aveu même du président de l'Assemblée, à une demi-douzaine de collaborateurs du président de la République, mais pourquoi au juste ? aller secouer des députés récalcitrants jusque dans les chiottes du Palais Bourbon ?), voiture de police dernier cri dont les plus hauts responsables policiers ne sont pas tous dotés (les policiers de terrain, qui travaillent avec des bouts de ficelle et des moyens vétustes, dans des commissariats délabrés apprécieront) alors que le type n'est ni policier, ni assermenté, n'au aucune compétence reconnue par aucun diplôme et que l'Elysée le poussait même à candidater au tour extérieur pour être sous-préfet... sans avoir ni l'âge minimum ni les titres requis, attitude méprisante envers les policiers et gendarmes sur lesquels il s'arroge une autorité que rien de lui confère, et l'on apprend désormais qu'il avait toute licence pour réorganiser la sécurité présidentielle à sa main, aux dépens des professionnels et des hiérarchies régulières...

On nous annoncerait demain que le nervi de 26 ans était pressenti pour remplacer le directeur général de la DGSE, qu'il allait être promu général en chef de la Garde républicaine et commandant des Pompiers de Paris qu'on ne s'en étonnerait pas plus que ça !

Tout cela est époustouflant, ahurissant et évidemment inconcevable dans un Etat de droit. Dans n'importe quelle démocratie, le ministre de l'Intérieur, sinon le Gouvernement tout entier, le directeur de cabinet du président de la république, le secrétaire général de l'Elysée et le préfet de police - au moins ! - auraient démissionné.

Dans cette affaire de cornecul, personne ne relève cependant ce qui me semble être pourtant la plus grosse (et la plus signifiante) peut-être des innombrables bizarreries : dans ce genre de situation, à ce niveau de l'Etat, un collaborateur qui plombe son chef, on lui demande sa démission et on l'obtient en quelques minutes, au pire en quelques heures.

De surcroît s'il ne s'agit que d'un "gros bras".

Un poste de ce genre ne tient que de la confiance de qui vous y a nommé.

La procédure de licenciement, dans ce genre de circonstance est, sauf erreur de ma part, une première absolue.

Elle signifie donc que le type a refusé de démissionner. Comment est-ce diable possible ?

A moins que celui qui refuse ait cru avoir de quoi tordre le bras au bout duquel est la main qui l'a élevé et nourri.

Quant à la leçon de cette affaire - pour l'instant ! - c'est que la Ve République, comme je l'ai expliqué maintes fois ici, est bien un régime parlementaire... quand les députés choisissent de jouer leur rôle au lieu de subir.

En 48h00 l'Exécutif, le président de l'Assemblée, la majorité composée de larbins aux ordres qui ont fait preuve comme jamais de leur inexistence, ont été obligés de concéder une commission d'enquête, la publicité des débats de celle-ci et finalement la suspension des débats sur la scélérate réforme constitutionnelle, dont on peut espérer désormais que les sénateurs auront l'estomac de la faire capoter définitivement comme ils en ont le pouvoir.

Comme je l'avais annoncé ici et ailleurs dès les lendemains de l'élection législative, la majorité d'ectoplasmes et de branquignols s'est évanouie au premier coup de pétoire ; pire, le maître des horloges, Jupin en personne est terré dans son château et la totalité des ministres est aux abonnés absents. Même Castaner, ministre des relations avec le Parlement et patron de la République en Baffes, plutôt qu'en Marche, et à ce titre employeur du nervi adjoint du nervi présidentiel, n'ose plus aventurer un doigt de pied dans l'hémicycle !

Mais qui sont donc ces gens, arrivés au pouvoir par effraction la seule grâce de circonstances exceptionnelles et de réseaux dont on aimerait bien, aujourd'hui, connaître la nature et la nationalité ?

Des réseaux qui, aujourd'hui, ont apparemment, au moins en partie, lâché le petit génie. Car que l'offensive soit partie du Monde et qu'elle ait été à ce point relayée par la presse de révérence et de service ne laisse guère de doute, à mon avis, sur le fait que "on" ait mis un certain nombre de journalistes - peu soucieux, à l'ordinaire, de chercher noise au pouvoir - sur un certain nombre de pistes.

Des réseaux de la haute fonction publique, fatiguée d'être méprisée, malmenée, violentée par un prince capricieux aspirant à l'autocratie et qui promeut en fonction de la seule faveur personnelle dont on voit, dans l'exemple qui nous occupe qu'elle est accordée sur des critères qui ne prennent en compte ni la compétence, ni la dignité, ni l'honneur ?

Ou/et réseaux étrangers ?

Visite ratée du petit génie à Washington, G7 explosif, sommet de l'OTAN qui ne le fut pas moins, déclaration de Trump rangeant l'UE parmi les ennemis des Etats-Unis qui en ont été historiquement les parrains et les patrons de cette UE, déclaration sur l'usage de la planche à billets qui a pour but de faire remonter le cours de l'euro (surévalué pour la plupart des pays européens, mais massivement sous-évalué pour l'Allemagne pour qui elle est un instrument de dumping massif devenu intolérable pour Washington) à des niveaux qui conduiront mécaniquement à son explosion, offensive de la CSU contre une Merkel à l'agonie, affaiblissement de May par les brexiteurs durs, sortie inopinée de cette affaire de nervi qui date de deux mois et demi et avalanche en un temps record de révélations s'enchaînant sans laisser le temps à l'Exécutif de reprendre haleine : il y a là une chronologie qui peut poser question.

Qu'on me comprenne bien : je ne dis pas qu'il s'agit d'un montage. Juste d'une mise en musique et tempo. Peut-être.

Les services d'intelligence et d'influence américains sont solidement implantés, en France comme ailleurs en Europe, depuis 1945. Ils ont leurs correspondants et leurs caisses de résonance dans les médias et chacun sait qu'à l'ambassade américaine, on écoute avec attention la plupart des choses qui se disent à l'Elysée voisin. Tout cela n'est bien sûr qu'une hypothèse, mais si le petit génie pouvait être un pion qu'on a aidé à accéder au pouvoir à un moment, il peut être aussi devenu une cible alors que les orientations fondamentales de ceux qui l'ont poussé ont changé. C'est le risque pour les marionnettes.

Et ce risque est plus grand encore lorsque la marionnette cultive à ce point la suffisance, le culte de soi, l'arrogance - l'hybris - de se faire piéger.