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mercredi 13 juin 2018

Tomber pauvre...

Tomber pauvre... Non seulement ce type est clairement une ordure mais il a un mode de pensée complètement vérolé et un mode d'expression à l'avenant.

Les bas salaires imposés par la dévaluation intérieure que génère l'euro, la désindustrialisation consécutive à la surévaluation de l'euro, la mise en concurrence des travailleurs protégés avec des semi-esclaves du fait du marché unique... non non non, il n'y a pas de causes à la pauvreté.

La pauvreté s'attrape comme un microbe : on tombe pauvre comme on tombe malade.

Pour le fond : les économies souhaitées par LREM sur les aides sociales s'élèvent à sept milliards, tandis que, selon Bercy (et c'est l'im-Monde d'hier qui le dit...), la suppression du dispositif de lutte contre l'exil fiscal devrait en coûter six (ou plus...). Je ne sais pas si on voit bien la logique. Salauds de pauvres !

Le pire c'est que Macron reproduit jour après jour, sans la Troïka, ce que la Grèce et les Grecs ont vécu depuis 2010 du fait de la Troïka. Mais non, la Grèce n'a pas été un laboratoire !

La plus belle réponse apportée à cette obscénité macronienne supplémentaire, est sans doute ce tweet d'Alexis Ridray, avocat en droit du handicap, qui vit en fauteuil. L'humour face à la vulgarité condescendante de celui qui file aux riches le pognon qu'il pique aux faibles.

Ben oui quoi ! Il faut se responsabiliser ! se sortir les doigts du c... ! Lève toi et marche, nom de dieu ! Il est vrai que le sieur Brunet le comparait il y a peu à un thaumaturge !

Avec une pensée pour Michel Robert, mon ami, qui m'a inspiré le personnage de Philippe, dans L'Or d'Alexandre, et sans qui ce livre n'aurait pas existé, pour mon ami Koudou, et pour au moins une lectrice de ce blog, Catherine. Une pensée pour les handicapés grecs aussi, qui se sont retrouvés à la rue à la suite de la réduction de leurs aides, qui pompaient trop de pognon aux yeux de la Germano-Europe qui est derrière ce discours de Macron et de la politique qu'il inspire, et qui ne pouvaient plus rester dans les établissements spécialisés dont on a aussi coupé les subventions parce qu'elles coûtaient , elles aussi, un pognon fou.

En réalité, vis-à-vis de l'Italie, comme vis-à-vis des pôvres et du pognon qu'ils pompent, la ligne Macron est toujours la même : morgue et vulgarité de la "pensée".

On en vient à trouver, pas sympathique - n'exagérons rien -, mais moins odieuse, la vulgarité arsouille d'un Sarkozy.

Quant aux castors... ils ont ce soir, avant le coup de hache annoncé dans les pensions de reversion, une raison de plus d'être heureux d'avoir fait barrage. Le problème, c'est que sont les politiques à la Macron, à la Renzi, à la Merkel qui font inexorablement monter l'eau derrière le barrage. Jusqu'à ce que ce fameux barrage soit emporté par la colère des peuples. Et que, comme les gauches sont complices de ce que se passe, par incapacité à dire que tout cela vient pour et par la Germano-Europe, en continuant à entretenir l'illusion qu'il y aurait quelque chose à négocier dans ce cadre irréformable, il est chaque jour un peu plus certain - hélas ! - qu'il craquera par la droite.

mardi 12 juin 2018

Le bord du gouffre

Une fois de plus, juste après le Gmachin où il a fait preuve de sa supériorité tactique sur la bande d'amateurs menée par les deux adolescents attardés pleins de leur suffisance, Trump montre qu'il n'a rien de l'imbécile non fiable qu'ont construit les médias français - qui, eux, ne comprennent décidément rien à rien.

En réalité, Trump et Kim ont pratiqué avec un art consommé la diplomatie du bord du gouffre, extraordinairement classique dans l'ère atomique, depuis qu'on a compris (refus de Truman de laisser Mc Arthur employer l'arme atomique contre la Chine justement au moment de la guerre de Corée) que la bombe nucléaire était une arme de dissuasion et non de champ de bataille. Rappelons que ce n'est en rien "l'Europe" qui a assuré la paix en Europe depuis 1945, mais seulement l'arme nucléaire, interdisant une attaque soviétique durant la phase de monopole américain de détention de la bombe, puis l'équilibre dit de la terreur interdisant toute guerre chaude sur le théâtre européen et repoussant les guerres USA-URSS dans des régions périphériques et le plus souvent par alliés interposés.

La crise de Cuba a fourni le schéma de ce genre d'épreuve de force : crise lorsque l'un des possesseurs de l'arme est en passe d'obtenir un avantage stratégique que l'autre juge inacceptable, montée aux extrêmes, négociation, accord en trompe l'oeil de sorte que personne ne perde la face, retour au statu quo. Après Cuba, la crise se termine par le renoncement de l'URSS à y déployer des missiles en échange d'un démantèlement en trompe l'oeil des fusées Jupiter américaines installées en Turquie, alors que ce démantèlement avait été décidé par les Américains avant la crise.

De même, la dénucléarisation de la péninsule coréenne ne mange pas de pain - quand ? dans 20 ans, 50, 300 ans ? -, en attendant Kim garde son assurance vie et va obtenir une (relative) ouverture économique, ce qu'il vise depuis son arrivée au pouvoir, tandis que Trump a un accord qui lui permet d'apparaître, à son électorat, comme celui qui a obtenu ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'a pu obtenir : stopper, sans doute provisoirement, le développement de l'arme dont dispose la Corée du Nord, et sans doute de ses moyens de projection.

Pendant ce temps-là s'annonce une attaque frontale, ici et maintenant, contre les pensions de reversion.

Créer de nouvelles inégalités, creuser celles qui existent le plus possible, toujours et encore, violenter, martyriser les plus faibles, fabriquer toujours plus de pauvres et de malheureux dont le seul horizon de vie - pour les empêcher de penser, de contester, de protester -, doit être la survie...

C'est ce que la Grèce vit, sans limite et sans fin depuis 2009, la Grèce fut le laboratoire de la Germano-Europe - sous un gouvernement socialiste, sous un gouvernement bancocrate, sous un gouvernement dit d'union nationale dirigé par la droite, sous un gouvernement de la gauche dite radicale alliée à la droite dite souverainiste -, comme nous fûmes bien peu, si peu, à le dire dès le début et à continuer à le dire après la trahison de Syriza.

C'est la feuille de route germano-européenne fixée à Micron, qui s'en acquitte chaque jour avec zèle dans le but de plaire à Berlin et d'inspirer la confiance au nouveau Reich. Confiance pour quoi faire ? Pour rien car le Reich ne lui fera jamais aucune concession. Car le Reich le méprise.

Le carcan européen ne se réoriente pas, il ne se réforme pas. On le brise ou on y crève... en inspirant confiance à l'Allemagne.

lundi 11 juin 2018

Le G Machin chose...

Au-delà des singeries de ces deux adolescents attardés, bouffis d'eux-mêmes, que sont Trudeau et Macron, l'économiste Steave Ohana produit ce jour sur Facebook, à mes yeux, la meilleure analyse du G machin chose :

"1) Trump ne considère plus l'alliance occidentale ni l'Alliance transatlantique comme des alliances servant nécessairement l'intérêt économique ni même stratégique des Etats-Unis. Trump préfère des alliances flexibles au cas par cas, servant des objectifs bien délimités : alliance avec Israel et les monarchies du Golfe contre l'Iran, alliance avec la Russie contre l'islamisme sunnite, accord commercial réalisé avec la Corée du Sud pour réduire le déficit commercial des Etats-Unis, recherche de négociations bilatérales avec le Japon, avec la Chine sur le commerce, la Corée du Nord, la présence chinoise en Mer de Chine.... C'est le sens de son appel à intégrer la Russie dans un G8, qui aurait pour lui plus de sens que ce simulacre du G7....

2) Trump a une grande méfiance vis-à-vis de l'Union Européenne et en particulier de l'Allemagne. Il voit l'Allemagne comme une nation qui profite des Etats-Unis, à la fois sur le plan militaire (elle consacre à peine plus de 1% de son PIB aux dépenses militaires) et commercial (elle a un excédent de plus de 60 milliards de dollars vis-à-vis des Etats-Unis), et qui dirige l'UE dans une direction défavorable aux intérêts américains (destruction de la demande domestique européenne via les politiques de restriction salariale et d'austérité, stratégie mercantiliste reposant sur l'export, complaisance vis-à-vis de la stratégie de pénétration islamiste en Europe et vis-à-vis de l'expansionnisme iranien au Moyen-Orient). Il n'est pas anodin que Trump ait invité le nouveau premier ministre italien Giuseppe Conte pour une visite officielle à Washington: celui-ci dirige un gouvernement "populiste", dont les objectifs déclarés sont: 1) protéger l'Italie de la politique européenne d'accueil des immigrés en provenance d'Afrique et du Moyen-Orient 2) redonner à l'Italie des marges de manoeuvre budgétaires face au carcan imposé par le pacte fiscal européen...

3) Le Canada et les pays européens semblent ne pas avoir trouvé de réponse face à ce qu'ils appellent les "oukazes de Trump". D'une part, ils n'ont pas grand chose à offrir à Trump: c'est l'Amérique qui les protège militairement et qui leur permet d'accumuler des surplus commerciaux aux dépens des Etats-Unis depuis plusieurs décennies. D'autre part, leur capacité de nuisance est limitée. Ils affichent une unité de façade qui masque mal leurs profondes divisions (Macron s'oppose de manière timide et inefficace à l'ordre hégémonique allemand en Europe, l'Allemagne mercantiliste risque de se désolidariser rapidement du reste de l'Europe en ce qui concerne la politique de rétorsions commerciales à l'égard des Etats-Unis, la Grande-Bretagne négocie avec grande difficultés ses conditions de sortie de l'UE, l'Italie s'apprête à tenter de renverser la table sur les règles européennes régissant les flux migratoires et les déficits...).

4) En définitive, ce G7 révèle une fissure profonde entre deux visions politiques de l'Occident: la vision défendue par Trump et le nouveau premier ministre italien Conte (laquelle rejoint partiellement celle de Theresa May), se focalise sur la lutte contre l'islamisme et la reconquête de la souveraineté nationale face à un ordre libéral perçu comme contraire à certains intérêts nationaux essentiels (au premier rang desquels figure la sécurité); la vision défendue par Merkel (laquelle est relayée par Macron et appuyée par la technostructure européenne), revendique l'attachement au "multilatéralisme", au "droit international du commerce", le respect du droit d'asile ainsi que des "quatre libertés fondamentales de l'UE", une position qui est une position de principe pour la France, mais qui correspond en fait pour l'Allemagne à la poursuite de la souveraineté par d'autres moyens: c'est sur le maintien de l'ordre libéral existant que repose le salut d'une Allemagne vieillissante, misant sur l'importation de main d'oeuvre et sur les exportations pour assurer le financement de ses retraites...."

J'y ajouterai ce codicille de mon cru :

Je crois pour ma part que le projet de Trump est fondamentalement de refermer la parenthèse de 70 ans ouverte dans l'histoire diplomatique américaine par la Résolution Vandenberg de 1948. Cela nous paraît absurde parce que nous sommes nés, avons grandi et vécu dans un monde structuré géopolitiquement par l'OTAN, produit de la guerre froide.

Mais la vraie tradition diplomatique des Etats-Unis, depuis leur indépendance, c'est le refus des alliances permanentes, le refus d'être engagé automatiquement dans des conflits où ils n'auraient pas choisi de s'impliquer. Le refus de Trump, lors du dernier sommet de l'OTAN, peu après sa prise de fonction, d'intégrer rituellement à son discours la réaffirmation de l'article 5 du traité de l'Atlantique nord (qui n'est d'ailleurs nullement un engagement automatique d'intervention américaine en cas d'attaque contre un membre de l'alliance, raison pour laquelle, dès 1958, de Gaulle dénonçait dans cette alliance un traité inégal où tous les commandements reviennent aux Etats-Unis sans aucune obligation réelle pour eux en contrepartie), est à mes yeux tout à fait significatif.

L'Alliance atlantique, l'OTAN, l'UE étaient importants aux yeux des Etats-Unis dans la mesure où ils étaient pour eux des instruments de puissance dans une région essentielle. Cette région n'est plus essentielle, l'OTAN coûte cher, d'autant plus que les Européens ne payent pas assez aux yeux de Washington (et ceci bien avant Trump) et l'euro est un instrument de dumping allemand qui permet à l'Allemagne de vendre ses produits aux Etats-Unis - notamment ses grosses berlines - 20 ou 25 % moins cher que si l'Allemagne avait sa propre monnaie.

Dans ces conditions, pas plus que le libre-échange qui est la loi du plus fort (or les Etats-Unis ne sont plus les plus forts), l'OTAN et l'UE ne sont plus des instruments de puissance efficaces pour les Etats-Unis. Ce que de Gaulle avait d'ailleurs annoncé : quand il n'y trouveront plus leur intérêt, ils quitteront l'Europe, et c'est pour cela que nous devons nous doter des moyens propres de notre sécurité. Il est donc à mes yeux probable que ceux-ci sont en train de revenir à leur politique traditionnelle d'avant la résolution Vandenberg.

Et contrairement à ce que dit Macron - qui décidément se trompe sur tout - cela dépasse largement la personnalité du président actuel. Obama a amorcé le mouvement à maints égards, et je suis certain que ce mouvement continuera, quel que soit le successeur de Trump.

Et dans le même esprit, on lira le papier de blog de ce jour de Bertrand Renouvin, auquel je souscris, une fois de plus, du premier au dernier mot.

Enfin, je terminerai par une question : que faisaient donc à ce Gmachin... l'alcoolo Juncker, parrain de la clearstreamisation du grand-duché dont il fut ministre des Finances (1989-2009) et Premier ministre (1995-2013) ainsi que de l'optimisation fiscale, exfiltré après sa chute sur une affaire (1) de fichage massif (à côté, la Stasi ferait presque province et petit genre) des sujets luxembourgeois et le grand ordonnateur d'écoutes téléphoniques corrompu Tusk (2) exfiltré de Pologne avant la déroute électorale de son parti ?

J'y suis ! c'est sans doute pour défendre la morale et le droit !

(1) 30 bonnes raison pour sortir de l'Europe (Olivier Delorme, H&0, 2016) : "Le scandale commence en novembre 2012 par les révélations d’un ancien directeur du Service de renseignement d’État du Luxembourg (SERL) sur un système de fichage illégal, depuis les années 1960, des citoyens, personnalités politiques, associations, entreprises. Il évoque l’existence de 300 000 fiches dans un pays de moins de 580 000 habitants. Une partie ayant probablement été détruite, la commission d’enquête parlementaire en découvrira 13 000, révélant en outre que le SERL a été mis à la disposition d’intérêts privés et utilisé pour déstabiliser un magistrat. Lâché par ses alliés socialistes, Juncker est contraint à la démission en décembre 2013."

(2) 30 bonnes raison pour sortir de l'Europe (Olivier Delorme, H&0, 2016) : "Quant à la Polonaise Elżbieta Bieńkowska, chargée du Marché intérieur, de l’Industrie, de l’Entreprenariat et des PME, elle était, avant sa nomination, ministre puis vice-présidente du gouvernement de Donald Tusk (2007-2014), et impliquée dans l’immense scandale d’écoutes téléphoniques illégales d’hommes politiques et de hauts fonctionnaires qui contribuera à la cuisante défaite électorale de leur parti en octobre 2015 (-15 % par rapport à 2011). Elle est nommée commissaire le 3 septembre 2014 par Tusk, lui-même désigné le 30 août par ses pairs comme président du Conseil des chefs d’État et de gouvernement (il quittera son poste de Premier ministre le 22 septembre) : double exfiltration réussie !"

vendredi 8 juin 2018

6 contre 1

Ils croient vraiment à leur 6 contre 1, les deux gandins bouffis d'eux-mêmes ?

Ils croient vraiment que les Japonais, morts de trouille devant les missiles de M. Kim, vont se lancer dans une épreuve de force avec l'Oncle Sam en ce moment ?

Ils croient vraiment que le nouveau gouvernement italien est prêt à mourir pour les exportations de berlines et d'acier d'une Allemagne qui lui crache à la g... depuis dix jours et qui cherche à le torpiller via la BCE ?

Ils croient vraiment que le Royaume-Uni, pour la première fois de son histoire, ne va pas choisir le grand large s'il est contraint à un choix ?

Il n'y a pas de danger plus grand, en politique internationale, que les imbéciles qui prennent leurs désirs pour des réalités.

mardi 8 mai 2018

Commémoration

Quand la soumission à l'Eurogermanie commémore la victoire sur l'Allemagne qui, pour la seconde fois en un siècle, d'abord sous la forme impériale et militariste, puis sous la forme impériale et racialiste, jeta l'Europe et le monde dans la guerre, afin de s'assurer un "espace vital"...

Quand le destructeur de l'Etat social, par soumission à l'Eurogermanie, commémore une victoire qui fut aussi celle d'un CNR, dans lequel se retrouvèrent tous ceux qui, de l'extrême droite d'avant-guerre aux communistes, avaient, à un moment où un autre, par réflexe patriotique ou réflexion politique, instantanément ou avec retard, rejeté l'occupation allemande et la collaboration avec l'ennemi, un CNR fondé - aux termes de quels efforts pour dépasser les calculs personnels et les oppositions ! - par Jean Moulin sous l'autorité du général de Gaulle, un CNR qui, conscient que le libre marché était à l'origine de la guerre à travers la crise de 1929, entreprit de nationaliser, de planifier, de réguler, d'assurer à chacun une sécurité minimale devant les aléas de l'existence, posant ainsi les fondations de ce qui fut la période de croissance la plus forte et de répartition de ses fruits la moins inégalitaire de l'histoire de l'humanité - d'un État social. Un CNR dont le démolisseur qui commémore démolit aujourd'hui méthodiquement ce que l'Eurogermanie a laissé subsister de cette oeuvre, liquide l'Etat social, l'intérêt général au profit des intérêts particuliers.

Commémoration, en somme, de la vertu par le vice.

Le livre de ce moment que nous vivons, c'est incontestablement L'Etrange Défaite de Marc Bloch.

lundi 7 mai 2018

De la morgue à l'odieux

Tous les médias dominants français se scandalisent aujourd'hui de l'utilisation de morts, par le président américain, afin de justifier sa politique de maintien en l'état du deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, datant de 1791, et interprété depuis lors comme la reconnaissance du droit des Américains à porter des armes.

Mais naturellement, aucun de ces médias ne voit de rapport - vieille histoire de paille et de poutre - entre cette déclaration et celle de celui qui occupe la fonction de président de la République, ici et maintenant.



Car ce soir, une chaîne de "service public" (on se demande d'ailleurs ce que cela peut encore signifier dans le système médiatique d'aujourd'hui, puisqu'il ne s'agit plus, dans ce système, que de propagande, telle que les Etats totalitaires du siècle précédent en rêvaient : une propagande totalement intériorisée comme quelque chose de naturel par ceux qui la serinent, qui n'ont plus besoin ni d'instructions ni de contrainte) va bien diffuser tranquillement ce morceau choisi de propagande dans lequel celui qui occupe la fonction de président de la République se sert d'un mort - le colonel Beltrame, son acte de courage et d'abnégation - afin de faire la promotion de sa politique de démontage de l'Etat social et de clouer au pilori ceux qui s'indignent de la suppression pour les plus faibles d'une aide au logement.

En pesant mes mots, je considère que ce propos relève d'un cynisme "proprement" dégueulasse. Et ceci d'autant plus que celui qui fait fonction de président de la République, dans ce répugnant exercice de rhétorique, à travers un discours inversant désormais systématiquement les valeurs pour faire dire aux mots l'exact inverse de ce qu'ils signifient, utilise ceux de patriotisme et de souveraineté, à la Pétain, pour escamoter son rôle de larbin de l'Allemagne et d'une Commission européenne aux ordres de celle-ci.

On vient de descendre une marche de plus - de la morgue à l'odieux.

jeudi 3 mai 2018

Le milliard des émigrés

Comparaison n'est pas raison, l'histoire ne se répète jamais à l'identique, tout ça tout ça...

N'empêche... quand vous êtes historien (ce qui dénote déjà une forme de pathologie mentale), il y a des choses qui font tilt et vous ne pouvez vous empêcher de faire des allers-retours qui sont parfois éclairants, voire pertinents.

Ainsi ce matin, à l'hosto où je n'avais rien d'autre à faire, après une intervention chirurgicale bénigne hier, qu'à attendre ma sortie en lisant ce qui apparaissait sur mon fil Facebook, après une intervention bénigne hier, me suis-je dit que ces 803 nouveaux millions de cadeaux aux très riches et très citoyens qui font émigrer leurs capitaux... m'éveillaient un souvenir.

Retour à la maison, une fois réveillé d'une bénéfique sieste, je m'empare donc du Jardin et Tudesq, "La France des notables, 1815-1848", vol 6 de la nouvelle histoire de la France contemporaine, paru au Seuil en 1973. Bingo !

Arrivé sur le trône à la mort de son frère Louis XVIII, le 16 septembre 1824, Charles X hérite du ministère Villèle, appuyé sur une "chambre retrouvée" élue en mars, où siègent seulement 19 opposants libéraux (la "gauche" de l'époque) dans une assemblée de 430 membres composée au 3/5e de nobles et pour moitié d'anciens émigrés.

Charles X hérite aussi d'une "opération extérieure" décidée sous son prédécesseur : l'armée française, commandée par le duc d'Angoulème, s'en est allée, en avril, tailler des croupières (jusqu'au fort de Trocadéro) aux Cortes et aux Espagnols libéraux, afin de restaurer l'absolutisme à Madrid.

Ce roi, ce ministre, lui-même chevalier de la Foi, et cette chambre conduisent aussi une vigoureuse politique de rapprochement du trône et de l'autel, s'employant ainsi en quelque sorte, à réparer le lien abîmé par la Révolution entre l'Etat et l'Eglise catholique.

Ce roi, ce ministre et cette Chambre s'employèrent également à faire voter, en avril 1825, la loi dite "du milliard es émigrés", destinée à "indemniser" les émigrés "spoliés" par la Révolution. En réalité, nous apprennent Jardin et Tudesq, le capital effectivement mobilisé pour la constitution d'une rente à 3% versée aux bénéficiaires fut de... 867 millions. A 64 millions près, notre Charles X, notre Villèle havrais et notre chambre retrouvée semblent bien suivre un modèle... trouva son terme, cinq ans plus tard, avec les Trois Glorieuses.

Ensuite, vous allez renoncer à une journée chômée pour travailler sans salaire afin de financer la dépendance. Ensuite les retraités doivent faire des efforts. Ensuite comme on a mis la SNCF dans l'impossibilité de remplir correctement ses missions pour justifier l'ouverture à la concurrence, évidemment prélude à la privatisation, on va mettre l'hôpital public un peu plus hors d'état de fonctionner correctement afin de pouvoir le privatiser et l'on dit froidement aux personnels de santé qu'il n'y a pas d'argent magique (pour eux, mais pour les très riches, il y a des réserves apparemment inépuisables de magie !) et qu'il faut qu'ils se bougent (ils se bougent, il est vrai, ceux qui vont mettre leur argent au Luxembourg, chez le président de la Commission européenne, aux Caïmans ou aux Bermudes...).

Et puisque je sors de trois jours d'hôpital, je finirai ce billet par un hommage vibrant aux personnels hospitaliers : compétents, attentifs, humains, gentils. Merci à eux !!! Surtout quand on sait sans qu'elles conditions ils doivent travailler... Le brancardier qui m'a emmené hier au bloc 10h30, avait fini à 21h00 la veille au soir et ne devait reprendre qu'à 18h30 le lendemain. Il avait été rappelé en urgence à 6h30 pour reprendre son service à 7h30. c'est lui qui m'a ramené à ma chambre à 16h30 et il avait encore 3h00 à travailler : argent magique ou insupportable arrogance de notre petit Charles X ?

samedi 28 avril 2018

La croissance ralentit...

Ralentissement de la croissance de 0,7 % au dernier trimestre 2017 à 0,3 % au premier trimestre 2018, en raison notamment (dixit l'INSEE) d'une consommation des ménages peu dynamique. Et (dixit Bibi), surtout de l'euro.

Lorsque vous avez une monnaie surévaluée par rapport aux fondamentaux de votre économie, celle-ci de freine pas que vos exportations. Car comme vos exportations sont trop chères, du fait de la surévaluation de votre monnaie, votre seule variable d'ajustement ce sont les salaires, les salaires différés (retraites, allocations chômages et autres) les prestations sociales. Mais plus vous comprimez ces ressources des ménages, et moins ces ménages consomment. D'autant moins que les pactes de discipline budgétaires imposées par l'Allemagne vous conduisent à alourdir la pression fiscale sur les classes moyennes qui consomment. Et d'autant d'autant moins que en allégeant la fiscalité sur les très très riches, qui ne consommeront pas plus avec ce surcroît de revenu, et qui n'investiront pas ici, mais placeront ce surplus dans des produits financiers aussi spéculatifs que dangereux et improductifs, les délocaliseront dans des paradis fiscaux ou les investiront dans des pays où la main d'oeuvre est tenue dans un état proche de l'esclavage (dont le p'tit célébrait aujourd'hui l'abolition, lors même que sa politique contribue à l'encourager).

Or, on sait bien que, dans les pays développés, c'est entre les deux tiers et les trois quarts de la croissance qui repose sur la consommation des ménages.

J'écris depuis des mois, que la croissance légèrement plus dynamique ici - la stabilisation en Grèce -, n'est due qu'à une chose : l'effet décalé de la baisse du taux de change de l'euro entre 1,05 et 1,10 dollar d'octobre 2016 à mai 2017, et que la remontée de l'euro au dessus de 1,20 dollar depuis allait mécaniquement étouffer ce qui - du fait de la structure déflationniste de l'euro - ne pouvait être qu'un rebond du chat mort (restockages après des déstockages excessifs, achats retardés auxquels on procède, etc.)...

Mais non, rien à faire : personne ne veut parler de l'effet destructeur de l'euro et de son taux de change dans la fixation duquel l'économie allemande jour un rôle déterminant, ce qui conduit les autres à la destruction systématique de leur potentiel productif et de croissance.

Personne ou presque : coïncidence, ce même jour, un jeune media Internet, Le Journal international, sous la signature de Pierre-Alix Pajot, son rédacteur en chef web, consacre à mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe un excellent papier qui insiste justement sur les effets destructeurs de l'euro dans un certain nombre d'Etats de l'UE.

mardi 24 avril 2018

Question de posture

Je préviens charitablement le prochain qui parle de "posture gaullienne" pour la visite du p'tit chez les Yankees que je sors mon revolver.

D'abord il n'y a pas de posture gaullienne, il y a une politique qui répond à des principes.

Ensuite, qu'on pense ce qu'on veut de De Gaulle et de sa politique étrangère, celle-ci était précisément l'inverse, dans ses prémisses comme dans ses manifestations, de celle du p'tit. De Gaulle rompt en effet avec la doctrine diplomatique de la IVe République, qui est de nouveau celle des gouvernements français depuis Sarkozy jusqu'au p'tit : s'aligner sur les Etats-Unis afin de tenter de les influencer en montrant qu'on est un bon élève (c'est d'ailleurs le même précepte qui dirige notre politique européenne, avec l'Allemagne en place des Etats-Unis).

Pour de Gaulle, on n'influence jamais rien en s'alignant, on pèse en ayant une parole et des mains libres.

Ca s'appelle l'indépendance et c'est l'exact opposé de la diplomatie du p'tit.

mardi 17 avril 2018

Je viole le droit, mais pour sauver l'honneur...

Si je viole le droit international en attaquant un pays souverain sans mandat de l'ONU ni déclaration de guerre (ce qui me permet de violer, au moins dans son esprit, la Constitution qui prévoit que la déclaration de guerre doit être autorisée par le Parlement), c'est pour défendre "l'honneur de la communauté internationale". En somme, si je viole les lois de la communauté internationale c'est pour défendre son honneur.

Il faut lui reconnaître une chose, au p'tit : il ne manque jamais d'air.

C'est en somme la justification du crime d'honneur : il a regardé ma soeur avec un oeil irrévérencieux, donc l'honneur me commandait de le tuer. Et l'honneur étant une catégorie juridique sur le contenu de laquelle, en matière de relations internationales, j'attends des précisions, à ce compte-là, n'importe quelle nation pourra, à l'avenir, justifier n'importe quelle agression dans à peu près n'importe quelle circonstance en prétendant, elle aussi, défendre l'honneur au mépris du droit...

A part ça, il croyait sans doute être acclamé en sauveur de "l'Europe", alors qu'il s'est pris quelques belles volées de bois vert (parions que nos chers médias aux ordres n'en lèveront pas la langue !).

Ne reconnaissant aucune légitimité à l'assemblée qui n'a aucun titre à porter le nom de Parlement européen - parce qu'elle n'a rien d'un Parlement et qu'il n'y a pas de peuple européen - je ne partage pas d'images venant de cet aréopage sans légitimité.

Mais c'est assez drôle tout de même.

Après le trompe-l'oeil de la réforme de la directive "travailleurs détachés" qui n'a rien réformé du tout et le gros Nein de la capitale du Reich aux projets de réforme de la zone euro et de l'UE du petit gouverneur de province, la campagne d'Europe du p'tit commence à prendre des airs de Bérézina.

Finalement, avec sa morgue, il n'est pas exclu qu'il soit l'étincelle qui fasse pour de bon sauter le bastringue européen. On peut toujours rêver !

samedi 14 avril 2018

Je frappe, tu frappes, nous frappons...

Donc ça y est ! Le p'tit a tiré son coup. Au prix du missile, ça fait tout de même cher le dépucelage.

La meilleure analyse de la chose, comme souvent quand il s'agit de la Russie, car il s'agit de la Russie - n'est-ce pas ? -, la Syrie et les armes chimiques à la Colin Powell présentant sa fiole de sucre en poudre au Conseil de sécurité de l'ONU, ne sont dans cette affaire qu'une très grosse ficelle, la meilleure analyse, disais-je, est celle de Jean-Robert Raviot, immédiatement suivi de Jacques Sapir. Voici donc ce que le premier écrivait ce matin sur Facebook :

"Je suis assez vieux pour avoir vécu en pleine conscience l'opération "Belgrade-1999" et l'opération "invasion de l'Irak-2003", toutes deux aussi illégales, d'ailleurs, que les frappes qui viennent d'être faites cette nuit sur Damas.



Ces dernières n'ont rien de comparable. Pour les Occidentaux, il s'agit juste, si vous me permettez, de "tirer sa crampe" et de se rassurer sur sa force. Et aussi, bien sûr, de tenter d'entraver la procédure de vérification, par les inspecteurs de l'ONU qui devaient arriver aujourd'hui, des fameux bombardements chimiques de Douma.

Sur 103 missiles tirés, nous dit le Mindef russe, plus de 90 ont été détruits ou détournés. Aucun des missiles visant l'aéroport de Damas n'a atteint son but. Au prix du missile, ça fait quand même cher la petite sortie... En gros, cette opération est un désastre. Mais chut!...

Au fond, cette petite sortie sonne comme un aveu d'impuissance de plus dans une guerre où les Occidentaux n'ont que la supériorité de la force alors que tout se joue par la ruse, l'intelligence des situations, la maîtrise de la bonne information, le sens du timing...

Les Occidentaux sont donc "en retard d'une guerre". Ils n'ont pas vraiment compris que leur supériorité militaire écrasante n'était plus que relative, à l'heure de la généralisation des conflictualités asymétriques. Pour les Américains, la "full spectrum dominance" est devenue impossible. Beaucoup l'ont déjà compris, mais, apparemment, pas ces imbéciles de néo-cons et leurs aficionados politiciens et autres experts de divers acabits, américains comme européens, et en particulier nos néo-cons à la française, totalement à la ramasse... Le naufrage stratégique total de la France se poursuit, bref, nihil novi sub sole..."

En réalité je crois qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter. Il y a en effet, de manière récurrente dans l'histoire, des démonstrations de force (en l'occurrence essentiellement à usage des opinions de ceux qui roulent des mécaniques et dans l'espoir de regagner quelques points de popularité dans les sondages en jouant au chef de guerre) qui traduisent surtout la faiblesse intellectuelle et militaire des perdants et qui sont une expression d'impuissance.

Il serait bien sûr déterminant de savoir combien, réellement, parmi les missiles tirés ont été détruits. Des sources laissent entendre que sur la centaine de missiles balancés par les occidentaux, 70 à 90 auraient été abattus avant d'atteindre leurs cibles par la défense aérienne russe et sans qu'elle ait eu besoin d'employer ses armes les plus modernes. Il faut bien entendu être prudent, cette guerre est une guerre de propagande des deux côtés. Mais enfin cette démonstration de force occidentale n'est sans doute pas très loin du fiasco.

Ce que nous cachera évidemment le bourrage de crâne médiatique, le plus probable étant que les pseudo-journalistes et les pseudos experts n'évoqueront même pas la question, trop occupés qu'ils sont à tresser des couronnes de laurier à notre Cesarion de carnaval.

Il y a trois jours, j'écrivais : "Sacrée pub pour les S400 russes s'ils arrêtent tous les missiles que Trump et son roquet français crachent - s'ils les crachent. Cela dit je ne suis pas certain que Trump les crachera autrement que pour la forme (...) M'est avis en tout cas que, si les S400 ne laissent pas passer les Tomahawk, les usines russes vont devoir accélérer les cadences pour satisfaire la demande. Et que ça va serrer des fesses à l'OTAN..."

Si la défense anti-missiles russe de la Syrie a bien abattu 71 ou 90 de la centaine de missiles tirés, ce qui s'est passé cette nuit serait une vraie belle claque pour l'OTAN et une excellente nouvelle pour l'industrie de défense russe. La courbe des commandes des systèmes anti-missiles sera sans doute, dans les mois prochains, un indicateur sur ce qui s'est passé réellement, bien plus fiable que la parole aboyée en boucles depuis ce matin par tous les chiens du système.

Pour le reste, la question de l'usage par le gouvernement Assad d'armes chimiques dont l'Organisation pour l'interdiction des armées chimiques a été chargée de la destruction et a assuré qu'elles avaient été détruite à 100 %, reste entière. Ce qui est certain, c'est que le bombardement de cette nuit rend toute enquête sérieuse et impartiale impossible. Ce qui est non moins certain, c'est que les djihadistes de la Ghouta étaient les seuls à avoir intérêt à provoquer des frappes occidentales alors que le régime était de toute façon certain de reprendre à bref délai, le contrôle de la région en question et n'avait aucun intérêt à y faire usage de ces armes. Disposaient-ils de chlore ? Chacun sait que c'est parfaitement possible et que de précédentes attaques avec de telles armes ont déjà été opérées par ces groupes djihadistes qui n'ont jamais hésité à se servir de la population sous leur emprise, comme bouclier, pour couvrir leurs opérations. Enfin, si les Occidentaux ont bombardé des unités de production reconstituées par le régime, y a-t-il eu dissémination de produits toxiques dans les populations ? Ou alors comment ont-ils opéré pour faire en sorte qu'il n'y en ait pas ?

jeudi 12 avril 2018

Macron à la télé...

« Nous avons les preuves... »

Et à ce moment-là Jean-Pierre, du tac au tac, en interviewer incisif que rien n'effraye : "Oui, monsieur le président, et on est obligés de vous croire sur parole après une demi-douzaine d'entubages du même genre depuis le Kosovo ?

Et Jean-Pierre d'enchaîner aussitôt, avec l'intrépidité et l'absence de révérence qui le caractérise : "Au Yémen, monsieur le président, que pensez-vous des massacres commis avec des armes françaises sous les ordres du prince héritier d'Arabie Saoudite que vous receviez hier avec tant de déférence ?"

Puis Jean-Pierre, n'écoutant que son courage et sa déontologie : "Pourriez-vous, monsieur le président, expliquer aux Français, pourquoi vous avez récemment accueilli, et si cordialement, à l'Élysée, le pseudo-président du pseudo-État du Kosovo, que ne reconnaissent ni l'ONU ni l'Union européenne, cet Hashim Thaçi, soupçonné de trafic d'organes prélevés sans anesthésie sur des prisonniers serbes vivants, civils et militaires, qui n'a échappé au Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie que par la disparition ou la rétractation providentielles des témoins de l'accusation, chef d'un État mafieux, plaque tournante des trafics d'êtres humains, de drogue et d'armes qui irriguent nos banlieues, État qui abrite en outre sur son territoire des camps d'entraînement de Daesh ?"

Enfin, Jean-Pierre, répudiant tout reste de pusillanimité, intrépide comme on le connaît : "Et sur les continuelles provocations turques à l'égard de la Grèce et de Chypre, États de l'UE, de la part de la Turquie que l'UE finance à fonds perdus au titre de sa préadhésion et de son chantage aux migrants, alors qu'elle liquide, grâce à cet argent que nous lui versons, nos alliés kurdes de Syrie après leur avoir tiré dans le dos durant des années et soutenu par tous les moyens imaginables ce Daesh dont la même Turquie réorganise et réarme aujourd'hui les rescapés afin d'en faire des supplétifs de son armée, qu'auriez-vous à dire aux Français ?"

Vous comprenez, maintenant, pourquoi j'ai fait romancier ?

samedi 7 avril 2018

Vichy, Londres et la France... et la grève de la SNCF

Quand l'amie Coralie Delaume s'entretient sur "Vichy, Londres et la France", c'est-à-dire sur les détournements d'histoire et de sens et leurs usages d'aujourd'hui (déculpabiliser les uns pour culpabiliser les autres et légitimer la disparition de la nation française dans le Grand-Tout euro-atlantique), avec l'ami Bertrand Renouvin, c'est forcément passionnant, et c'est forcément à écouter !

Quant à ce qui se passe aujourd'hui dans notre beau pays, vous vous doutez bien que cela ne me laisse pas plus indifférent que l'escalade conduite en Méditerranée orientale par le sultan (nouvelles violations de l'espace aérien grec avec des avions armés, au risque de - ou pour provoquer un - incident grave qui permette des "représailles", et réplique grecque, et c'est bien la responsabilité d'un gouvernement de parer à une agression pour tenter de la dissuader), ou le Nein retentissant - et qui a pourtant fait bien peu de bruit dans nos médias - opposé par la Kaiserin Merkel aux fantasùagories de réforme de la zone euro du petit Gauleiter Macron : seconde fois que le jeune homme se fait renvoyer à ses bonnes oeuvres dans le champ européen, après la réforme en trompe-l'oeil de la directive travailleurs détachés qui n'a rien réformé, sauf retouches cosmétiques qui n'ont rien changé et ne changeront rien.

Or donc, il s'agit désormais ici de la mise en concurrence (car il ne s'agit pas, on vous répète sur tous les tons, de privatisation, hein, non ça, ce sera dans deux ou trois ans, ni de la fermeture des petites lignes : non, ça on fera porter le chapeau aux régions qui devront en assumer l'impopularité au fur et à mesure qu'on réduira leurs dotations) de tout ce que nous considérons comme des services publics n'est ni une nécessité, ni un progrès, ni une fatalité, ni le sens de l'histoire auquel nous n'aurions pas d'autre choix que de nous laisser aller. La mise en concurrence de tout ce que nous considérons comme des services publics est la conséquence de l'idéologie qui est l'origine et le coeur de ce qu'il est convenu d'appeler la construction européenne.

Combattre aujourd'hui la conséquence de cette idéologie dans le service public ferroviaire est aussi légitime qu'indispensable - car si ça passe pour le ferroviaire, viendra ensuite la liquidation de l'hôpital public, du service public d'éducation...

Cesser de répéter qu'on peut réorienter ou réformer l'Union européenne et expliquer qu'il n'y a pas d'autre choix que d'en sortir si l'on veut conserver des services publics qui en soient, si l'on veut sortir de cette spirale mortifère de la mise en concurrence généralisée, prélude à la privatisation, est tout aussi indispensable.

Car l'ouverture à la concurrence n'est qu'un piège à cons bruxellois, la vraie question c'est de faire en temps utile les investissements et de donner les moyens nécessaires au bon fonctionnement du service public.

Mais pour cela il ne faut pas avoir une monnaie surévaluée qui étouffe l'économie et empêche de dégager les moyens nécessaires. Mais pour cela, il faut être indépendant et souverain, c'est-à-dire qu'il faut que le Parlement fasse démocratiquement et librement ses choix budgétaires, sans être prisonnier ni de critères de déficit tombés du ciel avec les tables de la loi de Maastricht, ni des directives idéologiques d'une Union européenne dont le but a été, depuis sa création, de contourner et de réduire à néant la volonté démocratiquement exprimée par les peuples en posant comme des évolutions inévitables les conséquences de faits accomplis idéologiques et technocratiques qui doivent à tout prix échapper à la délibération démocratique.

Car dans le cadre européen, tel qu'il a été construit dès l'origine et qui ne sera ni réformé ni réorienté parce qu'il a été conçu pour servir précisément à quoi il sert, le citoyen n'est qu'un imbécile à éduquer, un manant qui n'entend rien à rien, un crétin congénital qui ne veut pas comprendre où est son intérêt et que les gens qui savent savent forcément mieux que lui ce qui est bon pour lui.

C'est l'essence même - depuis Monnet - de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne".

Dans ces conditions, les mécanismes démocratiques ne sont bons que s'ils permettent aux gens qui savent d'accéder et de se maintenir au pouvoir - grâce à un appui massif des médias et dans un jeu électoral dessiné de manière à ce que les castors portent au pouvoir le candidat de l'oligarchie en "faisant barrage" à...

Ensuite vient le temps du gavage des oies citoyennes. On ne négocie pas avec des imbéciles, on ne prend pas en compte les arguments et les objections des manants, on ne s'abaisse bas à changer ses plans parce que des crétins congénitaux manifestent, se mettent en grève ou votent : cf référendums de 2005 en France ou 2015 en Grèce, parmi d'autres...

Face aux imbéciles, aux manants et aux crétins congénitaux, il n'y a qu'une seule chose à faire : de la PEDAGOGIE.

Or donc, de mon point de vue, il convient de soutenir cette grève. C'est un enjeu fondamental pour ne pas basculer vers le destin que connaît aujourd'hui la Grèce. Car, de mon point de vue, les cheminots ne se battent pas pour eux, ils se battent pour le service public, qui au nom de logiques budgétaires absurdes liées à la nature même du "projet européen", a été mis, par manque d'investissement, dans l'impossibilité de remplir correctement ses tâches et qui au nom de la mise en concurrence qui est au coeur, dès l'origine, du même "projet européen", devrait être ouvert à la concurrence, avant d'être, évidemment, privatisé dans quelques années.

Ils se battent pour tous les services publics, ils se battent pour nous tous, ils se battent pour préserver un bien de la nation.

En ce qui me concerne, j'ai donc donné à cette cagnotte, la plus importante de celle qui ont été lancées pour aider les cheminots à tenir - pour eux, pour nous, pour la nation, pour briser la volonté destructrice de ce qui fait notre République sociale d'un gouvernement de rencontre et de capitulation permanente. Si vous le pouvez, vous aussi...

lundi 19 mars 2018

De la lâcheté occidentale à Afrin

3 milliards de vos impôts et des miens débloqués la semaine dernière par la Commission européenne à la Turquie, au titre du chantage aux migrants... en plus des nombreux autres déversés au titre de la pré-adhésion...

Bien sûr, l'essentiel de ces milliards ira dans les poches du clan Erdogan et dans la machine clientéliste de l'AKP (l'islamo-fascisme turc est libéral économiquement et, sur le modèle des Frères musulmans, c'est la charité islamique organisée par le parti qui se substitue à l'Etat dans le secteur social, sanitaire, éducatif) indispensable au maintien d'Erdogan au pouvoir.

Ce sont donc vos impôts et les les miens qui, par la grâce de l'UE, contribuent largement au maintien au pouvoir de l'islamo-fascisme en Turquie.

Mais l'islamo-fascisme turc n'est plus aujourd'hui une affaire intérieure turque : Daesh n'aurait jamais résisté si longtemps sans les armes livrées par la Turquie, sans le pétrole ou le coton achetés à Daesh par la Turquie et revendus aux Occidentaux une fois blanchis par la Turquie, sans l'armée turque qui n'a cessé de tirer dans le dos des Kurdes qui combattaient Daesh...

La marine turque empêche aujourd'hui l'Etat souverain de Chypre, membre de l'UE, dont près de 40% du territoire est occupé et colonisé par la Turquie depuis 1974, de mettre en valeur les champs gaziers de son espace économique maritime exclusif ; la Turquie viole chaque semaine à plusieurs reprises l'espace maritime et aérien de la Grèce, membre de l'UE, et systématiquement écorchée par l'UE depuis huit ans : un garde-côte grec a été éperonné il y a peu par un navire de guerre turc, la catastrophe n'ayant été évitée de justesse que parce que le bateau grec a mis les gaz ; la Turquie détient et accuse d'espionnage deux soldats grecs, qui se seraient égarés en territoire turc, ou qui ont été enlevés en territoire grec, sur la frontière terrestre du nord, et elle entend s'en servir comme otages afin d'obtenir que la Grèce lui livre 8 officiers turcs réfugiés au lendemain du pseudo-coup d'Etat qui a permis à Erdogan d'accélérer la dérive autoritaire de son régime. Erdogan qui ne cesse de menacer la Grèce d'invasion de dizaines de ses îles, jusqu'au sud de la Crète, et de proclamer la caducité du traité de Lausanne (1923) qui a fixé les frontières de la République turque naissante.

L'islamo-fasciste Erdogan ne cache plus ses visées expansionnistes, à l'est comme à l'ouest. L'islamo-fasciste Erdogan a donné l'ordre à son armée d'envahir le territoire syrien afin d'écraser les Kurdes qui combattent Daesh et Al Qaïdah, une armée turque qui, avec l'aide de ce qui reste de Daesh et d'Al Qaïdah (ce que les médias français, jamais en retard d'une propagande, nomment complaisamment "les rebelles au régime de Damas" ou 'l'Armée syrienne libre", laquelle n'existe plus depuis qu'elle s'est volatilisée, vers 2012-2013, en apportant aux groupes djihadistes les armes livrées par les Occidentaux), s'est emparée hier d'Afrin.

Maintenant, l'islamo-fasciste Erdogan crie victoire et annonce son intention de continuer à poursuivre les Kurdes jusqu'à la frontière irakienne, et puis ???

Aucune situation historique ne se répète jamais à l'identique. Mais la lâcheté dont font aujourd'hui preuve les gouvernants d'Europe occidentale vis-à-vis de l'islamo-fasciste Erdogan ne peut que rappeler l'enchaînement de lâchetés qui a conduit, autrefois, à Munich et au démantèlement de la Tchécoslovaquie.

Et ce genre de lâchetés, nous savons combien elles se payent cher - même si c'est avec retard.

Trois différences cependant me semblent sauter aux yeux. Daladier était conscient de sa lâcheté et prenait, à raison pour des cons, les Français qui l'acclamaient "pour avoir sauvé la paix" à son retour de Munich.

Macron n'a pas à l'évidence cette lucidité. Macron a la lâcheté satisfaite. La semaine dernière, il recevait ainsi chaleureusement à l'Elysée Thaçi, le pseudo-président du pseudo-Etat kosovar, non reconnu par l'ONU (ni d'ailleurs par l'UE), vrai maffieux, qui n'a échappé au pseudo-tribunal international pour l'ex-Yougoslavie que par les meurtres de témoins et les pressions et intimidations exercées sur les survivants. Thaçi, surnommé le Serpent, soupçonné, comme Haradinaj, pseudo-Premier ministre de ce pseudo-Etat, d'innombrables crimes de guerre et crimes contre l'humanité, pseudo-Etat où l'on trafique - entre autres - les organes d'êtres humains. Thaçi fortement soupçonné par un rapport du Conseil de l'Europe d'avoir organisé un réseau de centres de torture où, entre autres choses, on prélevait, sans anesthésie, des organes sur des prisonniers serbes vivants, civils et militaires. Thaçi qui a organisé la purification ethnique du Kosovo. Thaçi et l'UCK dont les crimes ne pouvaient être ignorés par la tutelle occidentale et le "bon docteur" qui fut sa première tête.

Ce Kosovo qui est aujourd'hui le centre européen de tous les trafics : êtres humains, armes, drogues, cigarettes... Ce Kosovo qui abritait, il y a peu encore, comme la Bosnie et l'Albanie, des camps d'entraînement formant les djihadistes des Balkans avant leur envoi en Syrie et en Irak. Ce Kosovo qui, avec l'Albanie, l'ARYM et sa minorité albanophone, la Bosnie, sont des alliés de l'islamo-fasciste Erdogan dans sa politique néo-ottomane de "reconquête" des Balkans à travers des minorités islamiques qui étaient traditionnellement adeptes d'un Islam modéré, syncrétique, peu observant et qui, depuis plusieurs décennies, sont systématiquement radicalisées grâce à l'argent et aux prêcheurs saoudiens, qataris... turcs.

La deuxième différence, c'est que les médias, au temps de Munich, n'avaient pas l'énorme poids qu'ils ont aujourd'hui dans l'opinion. Munichois, ils l'étaient en majorité ; ils le sont aujourd'hui en totalité, et se font, sans complexe (comme le montre le culte de la personnalité macronienne qui atteint ces jours-ci des sommets d'absurdité dignes des régimes totalitaires - ce qu'est en réalité, et nonobstant les formes, l'Union européenne - des chèvres indiennes s'inclinant devant le couple présidentiel dans Match, à Macron représenté en demi-dieu par VSD...), les vecteurs d'une propagande écrasante qui choisit ce qui doit indigner le lecteur ou l'auditeur (le "boucher de Damas" mais pas le "boucher d'Ankara", les "privilèges" des agents de la SNCF mais pas ceux des "premiers de cordée" défiscalisés, toujours plus riches, le méchant Poutine mais pas notre allié Erdogan qui emprisonne, torture, fait condamner à des centaines d'années de prison, professeurs, journalistes, avocats, anciens juges, policiers, militaires...), qui escamote, euphémise, fait silence sur ce qui gêne le discours officiel.

La troisième différence, c'est que les impôts des Français ne finançaient pas Hitler, alors qu'ils financent Erdogan ; et que la Turquie, imperturbablement, continue à être considérée par l'UE comme un Etat légitimement candidat, négociant son adhésion.

samedi 27 janvier 2018

Nouvelle de Chypre occupée et colonisée...

Chypre Nord : occupée et colonisée par la Turquie depuis 1974, pseudo-République où les Chypriotes turcs sont désormais minoritaires par rapport aux colons anatoliens (les estimations varient de 110 000 à 185 000, c'est un secret d'Etat turc, pour 90 000 Chypriotes turcs).

Acte I : un journal critique l'invasion de la Syrie par la Turquie islamiste (que la France avalise sous réserve de demander au sultan de faire preuve de retenue... ce qui, comme chacun sait, est la qualité première d'Erdogan) et compare l'invasion d'Afrin à celle de Chypre en 1974, ajoutant que les Turcs ne repartiront pas plus de là qu'ils ne sont repartis de Chypre.

Acte II : Erdogan dépêche ses nervis Loups Gris (nazis à la mode turque qui sont désormais les Alliés d'Erdogan) vandaliser le journal qui a osé émettre des réserves sur la politique du sultan.

Acte III : les Chypriotes turcs, qui vivent sous occupation militaire d'Ankara depuis 1974, et qui vivent dans un régime où les colons bénéficient, par rapport à eux, d'innombrables privilèges, manifestent contre les troupes du sultan.

Acte IV : devinez !!!