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lundi 12 février 2018

Schadenfreude...

En deux jours papa Schultz vient de se vautrer dans les grandes largeurs : après avoir juré que le SPD ne regouvernerait pas avec Merkel puis avoir négocié avec Merkel un accord de gouvernement, après avoir juré qu'il ne serait pas ministre puis annoncé qu'il prenait les Affaires étrangères à son gute Kamerad Sigmar Gabriel, il a été obligé de renoncer à son ministère et perdu la présidence du parti.

Quant à Mutti Merkel, qui a abandonné le ministère des Finances au SPD, elle est dans le collimateur de ceux qui, dans son parti, voient là, la concession de trop et veulent se débarrasser de celle qui aura réalisé les pires scores électoraux de son parti depuis l'après-guerre et réussi le tour de force de faire perdre à la CDU-CSU le monopole des droites.

Mais ce que j'adore, dans cette affaire, c'est l'argument du leader de l'aile radicale de la CDU, Jens Spahn qui a manifestement l'étoffe d'un Schäuble : "Je ne voudrais pas que le Premier ministre grec Alexis Tsipras ouvre le champagne parce que certains s'imaginent qu'avec un ministre SPD on va pouvoir à nouveau faire plus de dettes et moins de réformes".

L'obsession grecque des Teutons est décidément fascinante !!!

Reste à savoir ce que décidera la base du SPD le 4 mars : Grosse Ko or not Grosse Ko, that is the question ! Et ça n'a pas l'air joué d'avance, les jeunes du parti faisant activement campagne pour le Nein. De toute façon, et Merkel parviendrait-elle à insuffler la vie à cet avorton gouvernemental en gestation depuis bientôt 5 mois, que sa Grosse Ko me paraît bien mal partie...

Schadenfreude, je vous disais.

dimanche 11 février 2018

La question macédonienne sur Le Vent se lève

Alors voilà... Les jeunes gens à la tête bien faite de "Le Vent se lève" viennent de partager le papier dont les lecteurs de ce blog ont pu lire une ébauche commencée entre les manifestations de Thessalonique et d'Athènes et que j'ai corrigée et complétée. Merci à eux de m'accueillir une nouvelle fois dans leur colonnes pour évoquer l'arrière-plan historique, les enjeux d'hier et d'aujourd'hui de cette épineuse "question macédonienne" qui est juste un petit peu plus complexe que les poncifs, généralement teintés de mishellénisme, que véhiculent les médias dominants occidentaux depuis les années 1990.

Merci également au blog grec "Action pour une autre cité", qui a déjà traduit plusieurs papiers de ce blog, d'avoir également repris et traduit en grec celui-ci.

samedi 10 février 2018

Déficit, frégates et corruption...

Deux nouvelles se télescopent aujourd'hui à propos de la Grèce.

Gros marché en vue... La Grèce serait sur le point de nous acheter deux frégates à 1 milliard pièce.

Vous la voyez bien, là, l'utilité d'Erdogan, de son armée 4 à 5 fois plus puissante que la grecque, de ses menaces et de ses provocations ? Qui donc, à Paris ou à Berlin, aurait intérêt à ce qu'elles cessent ???

La Grèce a été régulièrement, dans le passé, le 2e client de l'industrie d'armement allemande et le 3e de la française - 4e importateur d'armes au monde de 2000 à 2011. Papandréou aurait confié que, lorsqu'il est passé à Paris, au début de la "crise grecque", Sarko et Fillon lui auraient dit : «Nous allons lever des sommes pour vous aider, mais vous devez continuer à payer les contrats d’armement qu’on a avec vous, signés par le gouvernement Karamanlis". Lequel, entre 2004 et 2009, avait augmenté les dépenses d'armement de 35 %.

Quant aux scandales de corruption touchant la caste politique, ils portent souvent le nom de marchands d'armes... Pas le dernier, sorti très opportunément (ou trop opportunément) au lendemain de la manif monstre d'Athènes dimanche dernier, qui porte, lui, le nom de Novartis et concerne la surtarification de vente en Grèce des vaccins.

Précisons qu'un des effets de la "crise grecque" a été la baisse des taux de vaccination, de plus en plus de familles n'ayant plus les moyens de faire vacciner leurs enfants...

Quant à l'autre nouvelle du jour, sans aucun lien avec la précédente, évidemment c'est le chiffre du déficit commercial grec pour 2017.

Et c'est encore un grand succès de l'euro, qui détruit la capacité à exporter de la Grèce (et pas que de la Grèce : suivez mon regard !) par une surévaluation massive par rapport aux fondamentaux de l'économie grecque, laquelle surévaluation dope les importations qu'il revient moins cher d'acheter que de produire... Encore un grand succès de l'UE, dont la politique a méthodiquement détruit les capacités de production de la Grèce, et de Syriza qui s'en est fait la servile courroie de transmission tout en claironnant sur tous les tons que ça va mieux.

En effet, ça va tellement mieux que (après une nouvelle hausse du chômage en décembre) le déficit commercial grec bat en 2017 ses records de 2016 : 21,42 milliards d'euros au lieu de 18,72 milliards, soit une augmentation en un an de 14,4 %.

C'est vous dire si ça va mieux ! Car, en dernier ressort, ce déficit, n'est-ce pas, c'est de la dette en plus. Et les frégates...