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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

samedi 12 août 2017

Tigrane l'Arménien : deux réactions de lecteurs

Ces deux derniers jours, me sont arrivés deux messages - de ces messages qui vous convainquent que, quoi qu'il arrive (la liquidation surprise de La Différence et la descente en plein envol de Tigrane l'Arménien par exemple), ça vaut le coup de continuer.

Le premier a pour auteur Jean-Baptiste Billé, un lecteur vendéen et assidu de mon blog, qui est venu à moi par La Grèce et les Balkans et la défense de la Grèce, qui a lu - aussi - le romancier... Avec son autorisation, je le publie ici.

"Cher Olivier,

Petit mail plutôt que mot sur le blog puisque mon message ne répond pas directement à l’un de vos papiers.

Je voulais juste vous dire le plaisir que j’ai eu à lire votre Tigrane la semaine passée, quand le temps m’en a enfin été donné.

J’ai ressenti à la fois le plaisir d’un roman et l’intérêt d’une réflexion. La précision du propos, des données, bien sûr : je n’en doutais pas, pour avoir lu vos 3 volumes en Folio ! Mais il me semble qu'ici, par rapport à vos autres romans, vous essayez de mêler vraiment la réflexion historique, le plaisir du récit (collectif et intime), le travail de l’écriture et, évidemment, une forme d’engagement. Franchement, c’était un défi et l’émotion à la lecture est réelle.

Faire oeuvre engagée, impliquée, n’est pas chose aisée, j’ai aimé la façon dont vous parvenez à parler de l’Arménie, et en même temps de la Grèce (bel usage des citations qu’on trouve sur les murs !) et bien sûr de l’Europe.

J’ai beaucoup apprécié la dimension littéraire (le travail de l’écriture) du roman, que je trouve (c’est peut-être une impression personnelle) plus travaillée cette fois, même si j’avais beaucoup aimé Le Plongeon par exemple.

La répétition, par exemple, est un procédé littéraire qui me touche beaucoup et que je vois dans ce livre : répétitions de situations, de phrases, de mots ; infimes variations entre deux passages répétés...

Les changements de rythme, aussi, les sortes de contrepoints : changements de rythme dans le récit, changements de tonalités entre l’horreur et des moments de respiration.

Je vais trop vite…

Touché aussi par l’écho entre la toute fin et l’exergue (Eschyle).

La boule au creux de l’estomac que ressent Tigrane, je suppose que vous l’avez aussi et que ce livre est, aussi, un lieu pour formuler ce qui vous anime ; la rage, la révolte, notamment (que nous avons en commun, concernant la honte de la situation infligée aux Grecs).

Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous rencontrer lors d’une lecture ; peut-être viendrez-vous dans l’ouest un de ces jours ? J’habite près de Nantes.

Je veux vous remercier sincèrement pour ce très beau roman, que je relirai un de ces jours et que je vais offrir.

Je vous souhaite un bel été, à Nisyros et ailleurs. Je pense chaque jour aux Grecs qui souffrent, résistent, créent…

J’espère de tout coeur que votre Tigrane sera repris chez un autre éditeur : il mérite de vivre et de voyager !

Amitiés, Jean-Baptiste"

L'autre m'a été signalé par une amie Facebook, Mariam Mossian. Il est signé Pierre Adémian et a été publié dans le groupe "Arménie diaspora" de ce réseau social.

En voici le texte :

"Passionnant roman qui s'étire depuis 1914 jusqu'en 2016. Des frères arméniens dont la filiation remonte depuis 1914 voire avant, sur fond de génocide, de vengeance, de l'opération Némésis, frôlant l'Asala, pour arriver sur une histoire d'archives liées à une société allemande avec en fond la crise grecque et un commissaire UE arménien et de son frère Tigrane... attention les chapitres ne se suivent pas, l'auteur s'amusant à faire des flash Backs historiques... l'indicible est présent côtoyant la vengeance, l'espoir, les faits historiques avec ses personnages tout aussi réels, la situation grecque actuelle et enfin de l'amour.

L'auteur est visiblement aussi un historien et il a pris soin en postface de préciser la véracité des faits et de certains acteurs... achetez-le... à garder et à relire. Que les Arméniens et Arméniennes n'y cherchent pas une réalité totale historique mais ayant terminé Arménie Apocalypse, je trouve que ce roman touche le réel... Bonne lecture"

Une belle critique dans la presse est une reconnaissance qui flatte l'ego ; l'appui enthousiaste de libraires - comme ceux d'Ithaque pour ce livre - rassure et réjouit l'être fondamentalement fragile et incertain qu'est un auteur lorsqu'il regarde son travail achevé ; les retours comme ceux-ci procurent le plaisir intense et différent de savoir qu'on a su toucher, émouvoir, captiver des lecteurs non professionnels - ce qui constitue la motivation première du passage à l'acte d'écrire.

Pour le reste, j'ai désormais quelque solide raison de croire que ce Tigrane devrait ressortir en collection de poche dans le courant 2018.... Et merci encore à tous ceux qui m'ont remonté le moral après la nouvelle de liquidation de La Différence.

mercredi 9 août 2017

Paratonnerre...

Entendre un crétin d'En Marche se féliciter que l'Opération Sentinelle joue un rôle de paratonnerre, en attirant les agresseurs vers les militaires plutôt que vers la population civile... Mais comment peut-on en arriver à un pareil point de confusion mentale ???!!!

En revanche pas un mot sur les politiques d'austérité idiotes et criminelles, imposées par l'euro, l'UE, l'Allemagne, depuis Maastricht, qui nous ont conduit à n'avoir aujourd'hui ni assez de personnels et de moyens matériels dans la police pour assurer les tâches de sécurité publique, ni dans les services de renseignement qui sont la seule arme efficace contre la menace terroriste.

Couper dans les budgets d'équipement de la Défense nationale (confiée par Jupitre à une comptable européiste) revient à mettre en danger les militaires sur les théâtres d'opération où ils interviennent, alors que là aussi les politiques européennes ont depuis des décennies gravement mis en cause leurs capacités et la sécurité de ces troupes ; les affecter durablement à des tâches de sécurité publique qui ne relèvent pas de leur mission est une absurdité qui aboutit en outre à l'épuisement des hommes ; se féliciter que cette utilisation fasse d'eux des cibles détournant la foudre des populations civiles confine à...

Un peu plus tard : colère saine et bienvenue du général Desportes : Sentinelle ne sert à rien qu'à offrir des cibles faciles et met en danger nos soldats, notamment en réduisant à rien leurs capacités d'entraînement.

Puis ce qui nous sert de Premier ministre à l'Assemblée nationale : du vent technocratique et une monstruosité de plus qui consiste à ranger l'armée dans "les forces de l'ordre". On aura vraiment tout entendu ! Comme l'autre imbécile qui préside la Commission des lois et qui n'est pas même capable de faire la distinction entre la loi et le décret ! Mais ma cocotte, avant d'être élue député, il n'est pas interdit de lire la Constitution !!!

Jupitre à l'Elysée, les Branquignols au gouvernement et les Bronzés à l'Assemblée.

mardi 8 août 2017

Une Charte, ou un Statut, à la noix

La Charte... ça ne vous rappelle pas la Restauration ? Vous me direz que le Statut, ça vous rappellerait Vichy... Un jour, j'étais tombé, lors de je ne sais plus quelle recherche documentaire dans le JO de l'Etat français, sur le Statut de la noix (élaboré en même temps que le... Statut des juifs), tellement caractéristique du délire technocratique de ce régime illégitime et dictatorial (qui n'a donc jamais "été la France", comme le prétend le falsificateur d'histoire qui nous préside) qui fut aussi, comme l'actuel, un "gouvernement des experts".

On remarquera au demeurant que les gogos et autres cabris qui passent leur vie à sauter sur leur chaise en criant : "L'Europe ! L'Europe ! L'Europe !", et à nous dire qu'il faut faire ceci ou ne pas faire cela parce que nos "partenaires européens", parce que l'Allemagne surtout, font ceci ou ne font pas cela, applaudissent, au nom de la transparence, du génie de Jupitre (hommage à Mathieu Morel) ou parce qu'il est bon d'applaudir le Maître auquel il convient de ne point déplaire, à ce nouveau délire d'un ego sans surmoi, qui prétend élever, dans la République, la dame qui l'a enseigné et séduit en son jeune âge, à un rang de "première dame" - y aurait-il une deuxième, une centième, une dernière dame ? -, par un Statut transfiguré en Charte qui paraîtrait absurde dans n'importe quel Etat démocratique européen. Imagine-t-on un Statut pour monsieur Merkel, une Charte pour madame Gentiloni ?

Les Constitutions des Etats monarchiques européens ne prévoient pas davantage de rôle pour le conjoint du monarque (quel que soit le sexe de l'un et de l'autre). Sauf erreur de ma part, seule la Constitution espagnole, en son article 58, parle de la Reina consorte... et c'est seulement pour préciser qu'elle ne pourra assumer de fonctions constitutionnelles, sauf dispositions contraires sur une éventuelle régence.

A quoi rime donc tout ce tintouin ? A rien, sinon qu'il traduit une fois encore une hypertrophie du Moi... et du Toi.

lundi 7 août 2017

Madeleine aoutienne

Ce matin, vaquant à mes occupations ménagères en écoutant une fort bonne "Grande traversée" de France Culture consacrée à l'Iliade et à Homère, j'entends soudain prononcer un nom qui fait tilt... celui, apparemment, du fondateur d'un "Café homérique" décédé récemment. Louis de Balman... mais d'où diable ce nom me dit-il quelque-chose ? Rapide recherche Internet : bon dieu mais c'est bien sûr ! Mon prof de grec et de thème latin en hypokhâgne à Henri IV, en... 1976-77... Ca ne me rajeunit pas !

Et soudain une vague de souvenirs sur ces profs superbes qui m'ont appris à travailler et à qui je dois encore tout aujourd'hui. J'étais admis en khâgne mais je n'y suis pas allé ni n'ai passé le concours d'Ulm - je n'en pouvais plus à la fin de l'année. Mais c'est grâce à cette année-là que j'ai fait fait la fac ensuite, sans avoir l'impression de beaucoup travailler et en décrochant cependant des notes flatteuses, que j'ai eu l'agreg à 24 ans malgré un nombre de postes réduits (c'était juste après l'ère, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, de la sinistre Saunier-Seïté qui avait entrepris, sous Giscard, de liquider l'agrégation, voire le CAPES), que j'ai acquis la méthode de travail qui m'a permis de préparer le colloque du centenaire de De Gaulle auprès de l'infatigable travailleurs qu'était Bernard Tricot, de créer la collection "Retour aux textes" à La Documentation française ou, plus tard, d'affronter le chantier de l'écriture de La Grèce et les Balkans.

Cette année-là compte dans ma vie pour dix ou pour vingt...

Ce nom entendu ce matin me rappelle le souvenir de ces notes négatives en thème latin qui vous aiguillonnaient, les traductions à vue, sans préparation (on appelait ça, faire du "petit grec"), sous l'oeil d'aigle de ce de Balman, du Sur la couronne de Démosthène, d'un discours de Lysias ou d'un passage de... l'Iliade, la classe au haut plafond, aux colonnes et angelots où nous tâchions de suivre le débit accéléré du prof de philo - M. Gros, il me semble - qui vendait des polycopiés à la récréation ; le tonitruant Max Tacel, qui nous enseignait l'histoire contemporaine et parlait avec vénération des radicaux "les vrais, messieurs, pas les fossoyeurs du radicalisme d'aujourd'hui !", le discret et passionnant Marcel Bordet en histoire ancienne qui savait tout sur Rome - et plus encore -, qui me donnait régulièrement mes meilleures notes qui furent plusieurs fois les meilleures de la classes de 50 élèves, l'hurluberlu à chapeau à la Bruand et cape (je ne me souviens pas de son nom) qui nous enseignait la version latine et la littérature française...

Un jour, alors qu'une semaine sur deux nous avions grec (donc de Balman) et la suivante version latine (l'hurluberlu), les deux se pointèrent, certains d'être dans leur bon droit. S'ensuivit une passe d'armes et de Balman partit en claquant la porte. "Et voilà, messieurs, une fois encore Rome a vaincu la Grèce !" clama l'hurluberlu avant d'en revenir au Pro Milone...

Chacun était un personnage et le jouait avec gourmandise, chacun était un caractère. Je ne suis pas certain qu'il en existe encore de pareils. Je sais en revanche que ce n'est ni par la démagogie de notes gonflées, ni par l'amusement, ni par le souci de plaire, que nous avons acquis ce que nous avons acquis. Mais par l'aiguillon de mauvaises notes qui flagellaient notre ego, par l'exigence, par le travail et encore le travail, par le surcroît de travail qui nous forçait à nous organiser.

Voilà tout ce qu'a ramené cette madeleine aoutienne. Ma dette envers ces hommes-là est immense. Merci M. de Balman ! Merci M. Bordet ! Merci M. Tacel ! Merci M. Gros (si c'est bien votre nom) ! Merci M. l'Hurluberlu !

vendredi 28 juillet 2017

STX

Si je ne me félicite pas de la préemption (et non de la nationalisation comme certains se plaisent à le dire, alors que le ministre a précisé qu'il n'employait pas le mot de préemption au hasard) de STX, c'est que je ne suis pas encore certain que tout cela soit autre chose que de la gesticulation.

Si cette intention annoncée à grand renfort de coup de clairons trouve une traduction REELLE, alors je n'hésiterai pas à dire que ce président et ce gouvernement que je conchie ont eu raison et ont bien fait. Mais je me souviens de Florange et d'un Macron qui s'opposa à la nationalisation sauvetage d'un instrument industriel capital voulue par Montebourg. Et je vois dans le même temps qu'on se prépare à privatiser les aéroports de Paris. Et je sais aussi qu'il faut faire diversion sur le mauvais coup, qui ne passe pas, asséné à la défense de la nation.

Alors ? Alors on verra si cette intention affichée va au bout. Ou bien s'il ne s'agit que de moulinets destinés à brasser l'air estival pendant dix jours pour finir par dire que, grâce à cette fermeté, on a obtenu des concessions qui n'en seront pas et qui légitimeront, au nom de l'idéal européen appelé à la rescousse, le bradage.

Je connais trop l'air grec de cette chanson-là : mimer la résistance pour faire croire qu'on résiste et tout lâcher en disant que ç'aurait été pire si on n'avait pas résisté.

Qu'on me permette donc d'attendre un peu avant de féliciter une équipe qui ne se distingue que par la trahison des intérêts de la nation depuis qu'elle est au pouvoir.

jeudi 27 juillet 2017

Séismes à la grecque et retour en Macronie

Me voilà donc rentré, depuis samedi dernier, de mon premier round nisyriote 2017. Entre deux séismes : le personnel, avec la liquidation de La Différence qui a descendu mon Tigrane au décollage, et le tellurique qui a secoué toute la région deux nuits avant mon départ.

Côté livre, je suis dans les démarches et les lettres recommandées pour me faire reconnaître créancier privilégié - le liquidateur judiciaire semblant ignorer le Code de la propriété intellectuelle qui établit les auteurs à ce rang, depuis 2006, pour leurs droits d'auteur des trois dernières années. Sans trop d'illusion, mais j'ai bien l'intention de ne pas laisser ledit liquidateur en paix. Et puis il faut se battre pour obtenir un état des ventes ; et puis je viens de poster le second courrier demandant notification de la restitution de mes droits - stade indispensable avant une éventuelle réédition, probablement dans une collection de poche - alors que cette restitution m'est due de droit. Et puis encore, je tente de m'opposer à la vente du stock des Tigrane en solderie : mais là non plus, pas de réponse. Grâce soit ici rendue à la Société des gens de lettres dont je suis membre et dont le service juridique a été d'une réactivité remarquable et d'une aide aussi efficace que cordiale. Il semble ainsi que le liquidateur soit obligé de me proposer... le rachat du stock à prix coûtant !

N'est-ce pas beau ? N'est-ce pas grandiose ? Non seulement le liquidateur ne me payera sans doute pas les droits d'auteur que me doit La Différence mais, si je veux éviter de voir mon livre traiter comme un objet vendu à l'encan, au prix du papier, et ce pour rembourser l'URSSAF, ou le fisc, ou... il me faudra, moi, le racheter !

Ma question est : à quoi sert le ministre de la Culture, de surcroît, une éditrice, si elle ne lève pas le petit doigt pour trouver une solution à la reprise digne d'un fonds de 40 ans comme celui de La Différence ? A quoi sert un ministre de la Culture qui laisse les artistes dans cet état de totale vulnérabilité quant à la préservation de leur droit moral ? Je ne parle même pas des droits financiers !!!

Quant au second séisme : merci d'abord à tous ceux qui ont pris de mes nouvelles. Kos a souffert (le centre de la ville essentiellement et de manière très localisée : j'y suis passé en transit samedi matin: un minaret d'une ancienne mosquée s'est effondré sur la place centrale, le port est zébrè par une fissure plus ou moins large, l'église principale lézardée; mais un autre minaret no loin est intact, la forteresse des chevaliers de Saint-Jean, apparemment aussi et le surlendemain, la vie en ville était normale. Nulle trace de panique chez les habitants ou les touristes, mais des caméras de télé agglutinées comme des mouches sur une merde dans le périmètre des dégâts : la catastrophe euro-allemande au quotidien que vivent les Grecs les laissent muets et indifférents; le catastophisme les fait bander), mais Nisyros est indemne.

Reste que, depuis 25 ans que je viens ici, j'ai vécu pas mal de tremblements de terre, notamment lors de la crise sismique de 1997(un séisme par jour pendant près d'un mois, des maisons lézardées et évacuées, la falaise du monastère de la Panaghia spiliani, au dessus de Mandraki, ébranlée....). Mais celui-là est d'un calibre exceptionnel. Se réveiller de son premier sommeil à 1h30 avec un lit qui vogue, sentir la maison littéralement onduler, tenter de descendre du moni (lit traditionnel en hauteur de 5 marches d'escalier étroites) en sentant non pas une vibration, mais un mouvement horizontal de cisailles, et surtout entendre un bruit de vagues et de ressac dans la citerne, comme si on était au bord de la mer alors qu'on est à 400 m d'altitude est une expérience qui me manquait... sans parler de la demi-douzaine de répliques pendant le reste de la nuit - à chacune on ouvre un oeil en se demandant si l'on a rêvé. Heureusement pour nous, les Nisyriotes, cette nuit Poséidon le Kosmoseïstis nous protégeait. Merci à lui.

Quant à la situation en Grèce, elle ne cesse de se dégrader. Sur tous les plans, économique, social, sanitaire. A Nisyros, nous avons eu de longues discussions avec des amis écrasés d'impôts qui ne savent plus que faire - les commerçants notamment qui doivent parfois payer plus - en raison du système d'avance d'impôt sur les années à venir - qu'ils n'encaisseront. Car juin et le début juillet ont été encore pires que l'année précédente déjà mauvaise. Les all inclusive de Rhodes ou de Kos (avant le séisme ; après avec le catastrophisme imbécile des médias ???) semblent certes faire le plein (discours officiel sur le record d'entrées), mais ce tourisme-là ne profite en rien à la Grèce. Les hôtels sont désormais la plupart du temps propriétés de sociétés étrangères, les recettes sont encaissées dans les pays de départ, les salaires de l'hôtellerie sont des salaires de misère (quand ils sont payés : voir plus bas), et les troupeaux qui pratiquent ce genre transhumance ne font plus travailler les commerces locaux puisqu'ils ont tout gratos dans leur usine à vacances idiotes.

A Nisyros, nous avons constaté, il y a deux ans que les institutions scientifiques grecques n'avaient plus les moyens financiers de surveiller les volcans de l'Egée et que cette tâche revenait désormais à un réseau d'universités solidaires qui grattent les fonds de tiroir de leur frais de mission - chez nous des Suisses et des Anglais. A Nisyros, cette année, le musée archéologique, ouvert il y a moins de 10 ans - un superbe musée, avec une muséographie intelligente - est fermé en raison des coupures de budget exigées par les Euro-Allemands. A Nisyros, la vieille dame qui tient une petite échoppe de fruits et légumes et me vend ses oeufs du cul des poules a été obligée de s'équiper d'une machine à carte de crédit (dont elle ignore le fonctionnement mais dont elle doit payer la location) : sinon, c'est 1500 euros d'amende.

Elle n'est pas belle, l'Europe ???

Mais en Grèce, la politique de l'UE conduite par le gouvernement de gauche dite radicale est aussi un mécanisme de spoliation de la propriété privée et de transfert massif de la propriété privée et publique, en partie vers un étranger qui dépossède les propriétaires grecs, exploite les salariés grecs et exporte ensuite les bénéfices réalisés sur le dos (aéroports, rachats de terrains et de biens immobiliers à bas prix, infrastructures hôtelières et développement du all inclusive qui permet de délocaliser les recettes...).

Le bradage des infrastructures est désormais acté. Comme nombre des aéroports grecs les plus rentables, celui de Kos à été soldé à Fraport, une société allemande - par pur hasard, bien entendu. Voilà plus de 20 ans que je le fréquente. L'affichage par télévision y fonctionnait parfaitement et les toilettes étaient d'une propreté... suisse. En arrivant à la mi-juin, nous avons eu la surprise de voir l'affichage des vols au-dessus des tapis à bagage réalisés au marqueur sur de grand panneaux de papiers, et le circuit d'affichage vidéo ne fonctionnait toujours pas, en pleine saison, cinq semaines plus tard. Quant aux toilettes, elles puaient la pisse. Toute l'efficacité allemande dans le dépeçage ! Compression de personnel, absence d'investissement, rentabilité maximale. Une espèce de métaphore de l'Union européenne...

Par le mécanisme d'endettement privé qui fut encouragé de manière totalement irresponsable, dans les années d'avant crise, par les gouvernements grecs, l'UE ou l'OCDE qui y voyaient un "modèle" de développement, et les banques (alors en grande partie propriété de groupes français qui se sont dégagés depuis), dans un pays qui ne connaissait quasi pas le crédit à la consommation, on a amorcé ce processus de spoliation qui est aujourd'hui entretenu par des impôts si lourds que les contribuables ne peuvent plus payer, par la baisse des salaires et des pensions ou par le non versement des salaires par les patrons que la Cour suprême vient de légaliser (voir notamment le dernier papier de mon ami Panaghiotis Grigoriou, aidez-le si vous le pouvez, sur son indispensable blog Greekcrisis).

Juste un exemple (paratagé hier sur Facebook par mon ami Constant Kaimakis : les travailleurs du groupe « Euromedica » en Grèce du Nord, et plus particulièrement la clinique « Κυανούς Σταυρός» (Thessalonique) et « Ζωοδόχος Πηγή» (Kozani), sont en grève depuis 10 jours pour obtenir le paiement de leurs salaires non payés depuis 5 à 10 mois selon les établissements. Leur syndicat dénonce ainsi :

« L'asphyxie économique au cours des sept dernières années a eu un impact négatif énorme sur la vie quotidienne de centaines de travailleurs, niant leur dignité et leur vie normale. Le Groupe « Euromedica » continue avec impunité la même pratique courante, laissant les travailleurs non payés avec des dettes qui se sont accumulés de cliniques en cliniques, avec comme argument que l’argent a été dépensé. A l’opposé de la pauvreté forcée dans laquelle se trouve l' ensemble du personnel, on assiste à une augmentation du chiffre d'affaires de la société, qui a bénéficié du démantèlement de la santé publique. Ainsi, d’une part ils gagnent de l’argent, et de l’autre, ils ne payent pas leur personnel ! » et de préciser: « L’employeur fait tout pour arrêter les manifestations, en utilisant tous les moyens disponibles, que ce soit une autre promesse vide de paiement, soit en invoquant la fermeture de la clinique, ou en exerçant une pression sur les travailleurs pou se retirer de la grève. Mais devant eux se trouvent la détermination des travailleurs, qui continuent de lutter sans faire un pas en arrière."

Mais comment vivent les gens qui travaillent ainsi sans être payés ? Ce que, une fois encore, la Cour suprême grecque vient d'entériner (vous comprenez, j'espère, que la réforme du Code du travail de Macron, les APL et toutes ces réformes que la France a trop longtemps différées, ne sont qu'un insipide apéritif à l'aube de l'ère Macron !). Ils empruntent, aux banques, sur la base des salaires qui leur sont dus et à des taux qui les ruinent, qui les obligent, à terme...

Ainsi se multiplient les saisies, et les ventes aux enchères qui, systématiquement, au moins dans les grandes villes, suscitent des manifestations de résistance qui expulsent les acheteurs potentiel, bloquent la vente... provisoirement.

Ainsi s'opère une autre spoliation à bas bruit, que je vois à l'oeuvre à Nisyros : nombre de Grecs qui ne peuvent plus vivre de leurs revenus, notamment des retraités qui ne touchent plus que 400 euros ou moins, ou qui ne peuvent plus payer leurs impôts cherchent à vendre à n'importe quel prix terres ou maisons qu'ils ont hérités de leurs ancêtres dans un pays où, avec la France de la révolution, la réforme agraire a été la plus poussée en Europe. Pour s'acheter six mois ou un an de répit.

C'est la saison des vautours (on en a un et il est français, à Nisyros) dont j'annonçais la venue dans un post peu après la trahison par Tsipras du référendum de 2015. Ces vautours-là sont en train de déposséder les Grecs de leur pays en rachetant tout à bas prix, ils sont chinois ou européens à Athènes, où la propriété grecque fond à vue d'oeil et où certains quartiers voient leur population expulsée par ces ventes et la conversion des appartements d'habitation en locations type AirbnB.

Le tout sous un gouvernement dit de gauche radicale qui s'est fait l'instrument docile d'une administration coloniale, d'une occupation euro-allemande qui ne dit pas son nom.

Et puis après le retour, il y a eu la reprise de contact avec le monde macronisé.

J'ai d'abord appris la grogne qui agite notre Grande Muette (il faut lire cet intéressant entretien de Coralie Delaume avec le général Faugère). Comment ? vous n'êtes donc pas au courant que la géniale politique de notre chancelière à tous (celle qu'on applique désormais à l'aéroport de Kos) a conduit l'armée allemande à immobiliser des hélicos et autres matériels pour en faire des réserves de pièces de rechange pour ceux qu'on arrive à faire voler encore. Comme ce qui nous reste d'appareil militaire est notre dernier point fort par rapport au suzerain allemand, et que le vrai projet macronien est de liquider en 5 ans ce qui reste de souveraineté à la France, je ne vois pas en quoi les décisions budgétaires de Génie sans bouillir sont surprenantes. Les coupes dans le budget de la Défense nationale, car c'est de ça dont il s'agit, pas "des Armées" qui seraient un corps séparé de la nation, se font naturellement au nom "des engagements européens", au nom d'un machin ultralibéral qui s'appelle l'Union européenne. La culpabilisation de la France - dans l'affaire du Vel d'Hiv notamment (je ne saurais écrire mieux, là-dessus, que ce qu'ont publié, sur leur blog respectif, Bertrand Renouvin ou Jacques Sapir - afin de finir de déculpabiliser l'Allemagne pour son histoire monstrueuse va d'ailleurs dans le même sens : la liquidation de plus de mille ans d'histoire au service d'un projet de soumission à un ensemble apatride et ultralibéral sous domination allemande.

Car, soyons clair, le projet macronien n'est rien de moins qu'un projet de trahison des intérêts fondamentaux de la nation.

Puis je me suis étonné de l'étonnement à propos de la réduction des APL : bonnes gens, adressez-vous donc à Bruxelles ou à Berlin ! Macron et sa bande de guignols ne sont là que pour appliquer les GOPE (Grandes orientations de politique économique) élaborées par la Commission européenne. Qu'écrivais-je donc, dans 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, paru en décembre dernier, à propos des GOPE 2016, p. 162 ?

"Ces recommandations insistent sur la rigidité excessive du contrat de travail — les obstacles aux licenciements dans le cadre du CDI —, ainsi que sur l’insuffisance des possibilités de « dérogation aux accords de branches et aux dispositions juridiques générales sur les conditions d’emploi, par l’intermédiaire des accords d’entreprise ». Elles relèvent encore l’insuffisance des réformes levant les obstacles à la concurrence dans le secteur des services, la trop grande mansuétude pour les professions réglementées, des allocations de logement trop généreuses…"

Vous avez besoin d'un dessin ? Des GOPE, vous allez en bouffer pendant 5 ans, à la grecque ! Quant au troupeau des nombreux castors qui ont fait barrage, il n'a pas fini de barboter dans le lac de retenue !

Je me suis aussi amusé à la vue de quelques représentants du peuple en marche vers la grande Katastrophe : tel confondant le décret et la loi, tel incapable de comprendre la question qu'il est censé avoir écrite et qu'il n'est pas même capable de lire, tel qui se plaint que son mandat l"empêche d'aller au judo, tel qui ne savait pas qu'il fallait siéger pour... Les Bronzés font la loi ou Les Sous-Doués à l'Assemblée. je suis bien heureux de n'avoir pas participé à la mascarade démocratique de l'élection de cette meute qui votera comme un seul homme les pleins pouvoirs à Pétain ou Pét deux... Car qu'on ne s'y trompe pas : le cycle électoral que nous avons vécu depuis un an n'est plus qu'une parodie de démocratie. il n'y a plus de démocratie représentative, en régime d'Union européenne, que parodique et dérisoire. A la Vouli grecque, comme à l'Assemblée française, les soi-disant députés ne sont plus que des spectres qui s'agitent pour tenter de faire croire que la démocratie encore. C'est leur seule utilité.

Enfin, je m'indigne qu'on s'indigne de l'insuffisance de bombardiers d'eau pour combattre les incendies !

Palsembleu ! Il faut bien payer le prix de l'euro ! Monnaie surévaluée, déficit commercial, absence se croissance, chômage, donc déficits sociaux, donc austérité stupide pour rester dans l'euro, donc sous-investissement dans l'avenir partout... donc monaie toujours plus surévaluée, donc... Ca s'appelle une spirale mortifère qui devient mortelle si, comme en Grèce (voir ci-dessus les toilettes de l'aéroport de Kos), on se refuse de la rompre !

samedi 1 juillet 2017

Tigrane dans "France-Arménie" et Amazon... le chant du cygne

Aujourd’hui je devrais être heureux, puisque sort, dans le numéro de juillet-août de France-Arménie, une superbe critique de Tigrane l’Arménien signée par Tigrane Yégavian (on en trouvera le texte ci-dessous ; je suis à Nisyros sans possibilité de transformer le fichier pdf en fichier image) et que je viens de découvrir la belle recension postée par un fidèle lecteur (un Lausannois) de mes romans sur le site d’Amazon.

Oui mais voilà… Il y a quatre jours, par Mariam, une amie Facebook elle aussi lectrice de Tigrane, j’ai eu connaissance du communiqué signé Colette Lambrichs (directrice littéraire des éditions de La Différence dont elle fut l’une des fondatrices en 1976) annonçant la mise en liquidation judiciaire de cette belle maison à la politique exigeante depuis plus de quarante ans.

Lorsque, après quinze années, cinq romans, un essai, une préface, deux nouvelles et quelques autres aventures, j’ai quitté H&O, j’ai un peu eu le sentiment de déserter. Ce n’était pas le résultat d’une rupture ou d’un refus – Henri et Olivier sont des amis fidèles que j’aime et que j’estime pour leur travail, leur exigence, leur dévouement… et je crois qu’ils me le rendent un peu. Mais nous avions convenu ensemble que le temps, pour moi, était venu d’aller tenter ma chance chez un éditeur mieux diffusé, installé sur la scène parisienne. Et j’ai été heureux quand le manuscrit de Tigrane a retenu l’attention de Colette Lambrichs.

Je me doutais bien que la maison ne roulait pas sur l’or, mais quelle maison indépendante est aujourd’hui dans une santé financière éclatante ? En quinze ans de vie commune avec H&O, j’ai une idée assez précise de ce que sont les hauts et les bas d’un petit éditeur indépendant. D’autant que la situation économique a conduit depuis plusieurs années à une baisse générale des tirages. L’orientation des dépenses de nombreux ménages vers d’autres « produits » que le livre jointe à l’érosion du pouvoir d’achat de classes moyennes vouées par l’eurolibéralisme à la paupérisation – un processus qui ne peut, dans l’euro, avec Macron et sa bande au pouvoir, que s’aggraver, à la grecque et jusqu’à leur extinction – pèsent d’un poids de plus en plus lourd sur une économie du livre déjà très fragile. C’est dans les dépenses non indispensables – et les achats de biens culturels sont de celles-là – qu’on coupe en premier. Lors de la réunion de présentation de Tigrane aux représentants du diffuseur, en mars, j’ai entendu ceux-ci parler d’une baisse de 20 % du chiffre d’affaires, toutes maisons confondues, depuis le début de l’année – s’ajoutant aux baisses des années précédentes.

Je sais aussi, depuis mon passage comme éditeur à la Documentation française, dans les années 1990, qu’une année d’élection présidentielle est toujours une année difficile à négocier pour les éditeurs.

J’étais pourtant à mille lieues de penser que ces éléments épars puissent conduire l’éditeur, qui a publié Tigrane le 4 mai, à être brutalement mis en liquidation judiciaire le 20 juin – sans même avoir la chance d’une procédure de redressement.

Je suis bien sûr touché par le sort des salariés de La Différence qui vont se retrouver au chômage, comme par celui de Colette Lambrichs dont cette maison était l’œuvre d’une vie. Je le suis aussi parce que, dans ce monde de m…, se réduisent chaque jour la place de la création, de l’exigence intellectuelle et littéraire, les possibilités d’exister pour des éditeurs n’appartenant pas à de grands groupes (comme dans la presse) et donc, au final, la liberté d’expression et la liberté tout court. Mais l’auteur étant un être humain comme un autre, je suis d’abord foudroyé et effondré par le sort réservé à mon Tigrane – tué par cette liquidation un mois et demi après sa parution. Je le suis d’autant plus que si chacun de mes romans a répondu à une urgence, à une nécessité intime, celui-là était à mes yeux d’autant plus précieux et nécessaire qu’il voulait briser une double négation – celle du génocide arménien dont le négationnisme d’État de la Turquie est un second et permanent martyre infligé aux victimes, celle de l’étouffement systématique que subit le peuple grec depuis bientôt dix ans au nom de l’Europe et du There is no Alternative.

Le 9 juin dernier, je faisais dans la belle librairie « Ithaque » de Bruno et Véronique (rue d’Alésia, Paris 14e) la première présentation de Tigrane. Ce fut un franc succès. Ils viennent de m’écrire que le livre continuait à se vendre très bien et qu’ils en avaient recommandés avant qu’il ne soit plus disponible. Dès le début juillet. Et maintenant ? Depuis mes premiers contacts avec le monde de l’édition dans les années 1990, j’ai connu bien des joies et des désillusions, j’ai pris pas mal de coups – certains furent rudes. Celui-ci me laisse en état de sidération. Si je me suis remis à travailler à mon hypothétique prochain roman, c’est de manière mécanique. Franchement, je ne sais pas si je remonterai en selle. Si cela en vaut encore la peine dans le monde de l’édition, et dans le monde tout court, tels qu’ils sont.

Article de Tigrane Yégavian pour France-Arménie, juillet-août 2017, rubrique « Pause lecture », p. 58.

Paru en mai dernier, le roman d’Olivier Delorme est un habile mélange de thriller historique et politique qui ne peut laisser indifférent. Mêlant la séquence du Génocide à celle de la crise grecque, l’auteur qui est surtout connu pour sa somme magistrale consacrée à l’histoire de la Grèce moderne, nous entraîne dans une intrigue haletante. Tigrane et Thierry Arevchadian sont deux Français d’origine arménienne, l’un douanier, s’étant engagé naguère avec l’ASALA, l’autre commissaire européen. Leur grand-père, Bédros Arevchadian, était venu à Constantinople de sa Trabzon natale à la veille du déclenchement de la guerre. Unique survivant d’une famille emportée par la barbarie turque, ce militant dachnak deviendra « vengeur » de l’opération Némésis. Un siècle plus tard, ses petits-fils tentent de récupérer des documents qui rendraient impossible le négationnisme de l’État turc, lorsque, à deux pas de Thierry, une balle tue le patron de la Stolz qui produit un pesticide accusé d’empêcher la reproduction des abeilles. Maîtrisant le récit grâce notamment à un excellent travail de documentation historique, l’auteur nous fait partager ses deux passions grecque et arménienne.

Mais qualifier ce roman de polar historique serait un brin réducteur. Plongée dans le passé et le présent, l’Athènes affamée que nous décrit Delorme n’a rien de celle grouillante de vie peinte par un Petros Markaris, tant la détresse du peuple grec frappé de plein fouet par le diktat de la troïka qui l’asservit prend des allures de tragédie contemporaine. Delorme se veut grave et accusateur, dénonçant une nouvelle et sournoise dictature qui ne dit pas son nom. En cela, la légèreté des dialogues – et des péripéties sentimentales du héros – se heurte à l’âpre violence du réel. « Allons admirer le chaos, peut-être trouverons-nous la solution » dit un des personnages. C’est là tout l’intérêt de la démarche de l’historien – écrivain, dont l’architecture du roman, fluide et aérienne, abolit la frontière entre passé et présent, mais aussi celle de la double appartenance sexuelle et identitaire (française et arménienne). Reste l’amour donc, comme ultime naufrage.

vendredi 23 juin 2017

De Nisyros... "une oeuvre magistrale..."

Il y a une chose que je n'imaginais pas, il y a quelques années, en ralliant Facebook sur le conseil d'un ami qui m'assurait que ce serai pour mi un moyen efficace de mieux faire connaître mes livres, c'est que ce réseau de rencontres virtuelles déboucherait sur des rencontres réelles. Or ce fut bien le cas à Paris, où plusieurs de ces rencontres ont débouché sur des amitiés et sur la constitution d'un réseau de connivences intellectuelles qui, un jour peut-être, prendre forme d'action...

C'est régulièrement le cas, lorsque je me déplace en province, pour des salons du livre ou des signatures, constatant à chaque fois que ce site, ce blog, ma page Facebook ont drainé vers mes livres des lecteurs avec lesquels se tisse parfois une relation d'une autre nature.

C'est même le cas à Nisyros où, en quelques jours, nous venons de passer deux riches et amicales soirées d'échange et de partage avec des amis Facebook qui ont fait le détour de notre volcan.

Pour le reste, Tigrane continue à susciter des réactions de lecteurs - celles qui me parviennent sont toutes très positives, et cela fait un immense plaisir, car ce livre, comme tous mes livres est né d'une indignation - devant la négation opiniâtre du crime - et de ma passion pour la liberté : parce que ce roman, comme tous mes romans, est né d'une irrésistible nécessité intime.

La dernière en date de ces réactions, je la découvre sur un site de critiques de lecteurs, ici, à Nisyros, dans la rue en escaliers, sous la maison, assis sur une marche à moitié à l'ombre, l'ordi sur les genoux, là où je capte à peu près bien le wi-fi.

"Une œuvre magistrale bien rythmée et efficace" : que souhaiter de plus pour conclure ce beau papier ???

lundi 19 juin 2017

De Nisyros... Tigrane l'Arménien lu par le Collectif Van

Arrivée à Nisyros hier (pour la première fois en 41 ans de vie citoyenne, je me suis abstenu : nulle envie de départager, dans ma circonscription, la peste Sarnez du choléra Szpiner...), et aujourd'hui je découvre la critique de "Tigrane l'Arménien" par le site VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme).

Sans doute un des médias dont la lecture et la critique sont pour moi les plus importants !

Pour le reste, Génie sans bouillir ayant donc sa majorité - même moins béton que prévue et avec un taux de participation qui la prive de toute légitimité - nous allons morfler - à la grecque !!!

Bon courage à toutezéatous comme annone notre dieu vivant !

dimanche 4 juin 2017

"Tigrane l'Arménien" dans "Nouvelles d'Arménie magazine"

Sous la plus de Christophe Chiclet, Nouvelles d'Arménie magazine, un des médias les plus diffusés chez les Français d'origine arménienne, consacre à mon Tigrane l'Arménien une page entière dans son numéro de juin. Je ne saurais vous dissimuler mon plaisir !

L'Homme qui rit des noyés...

1917 : Poincaré, président de la République, est surnommé "L'homme qui rit dans les cimetières" par "L'Humanité"... En réalité, l'expression du visage de Poincaré ainsi exploitée était due à un rayon de soleil venu percer le ciel nuageux au moment où le président se recueillait.

2017 : Génie sans bouillir, sans ciel nuageux ni soleil, plaisante avec esprit : L'Homme qui rit des noyés.

"Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du comorien ! C'est différent" ; et toute l'élégance est dans le "du".

Les castors, ils ont fait barrage à quoi, déjà ?...

Mais c'est vrai que Génie sans bouillir est désormais le leader incontesté du monde libre...

Allez, que tout cela ne vous fasse pas oublier...

jeudi 1 juin 2017

La Crète à l'honnneur... Hugo aussi

Merci au site Retronews de la Bibliothèque nationale de France de m'avoir sollicité pour un papier sur l'histoire grecque.

Le principe c'est d'aller fouiner dans les archives de la presse que la BNF a mises en ligne pour illustrer un propos. J'avais ma petite idée : la révolte de Crète de 1866, l'Holocauste d'Arkadi écho de celui des Serbes en 1809 dans la plaine de Nis et de celui de Missolonghi en 1826, Hugo et même un lien avec la Commune à travers Flourens, qui combattit en Crète où il échappa aux Turcs avant de tomber sous les balles d'un Versaillais...

Et ça a parfaitement marché, et c'était passionnant à faire : puisque c'est le principe, cliquez sur les liens vers les articles d'époque, vous verrez, on n'était pas si mal informé !

C'est à lire ici, en libre accès durant une semaine ; après ce sera réservé aux abonnés.

mardi 30 mai 2017

Nécrologie

Hier est mort, à 98 ans passés, une des calamités de la politique grecque, un des symboles les plus accomplis du népotisme, du clientélisme et de la corruption d'une caste qui a conduit le pays à la catastrophe. Konstantinos Mitsotakis, neveu du grand Vénizélos, élu pour la première fois député en 1946, officiellement retiré de la vie politique en 2004, il s'est notamment illustré en trahissant Georgios Papandréou dont il était le ministre, lors de la brève ouverture politique dans un système de monarchie blindée d'apparence parlementaire (voir Z) héritée de la guerre civile, après les élections législatives de 1963.

Il devient alors le pilier des ministères instables que les Grecs nomment "Gouvernements des apostats", manipulés (et rétribués sur comptes en Suisse) en coulisse par l'ultra droitière, ancienne nazie, petite-fille du Kaiser, la reine-mère Frédérika dont les réseaux clientélistes couvrent alors tout le pays dans une véritable administration parallèle. Des ministères qui entretiennent une crise politique qui ouvre la voie au coup d'Etat des Colonels en 1967.

Détesté de Konstantinos Karamanlis qui, après avoir été Premier ministre de la monarchie blindée, s'est exilé à Paris en 1963 et devient, en 1974, l'artisan habile et éclairé de la transition démocratique et l'homme politique grec qui domine toute la seconde moitié du XXe siècle, Mitsotakis rallie en 1978 le parti de droite (enfin démocratisé) Nouvelle Démocratie fondé par Karamanlis et devient, dans la foulée, ministre de la Coordination économique puis des Affaires étrangères de 1978 à la victoire des socialistes (PASOK) d'Andréas Papandréou (dont il a fait tomber le père en 1965) en 1981.

En 1984, Mitsotakis s'empare de la direction de la ND, mais toujours aussi détesté par une grande partie des Grecs, échoue à obtenir une majorité aux élections législatives de juin et novembre 1989, malgré le discrédit qui frappe Papandréou et le PASOK alors compromis dans l'immense scandale financier Koskotas. Après une expérience de gouvernement de catharsis (de purification) d'union entre la droite et les communistes (dont Mitsotakis n'est pas membre), il finit par obtenir en avril 1990 150 députés sur 300.

Il imposera alors au pays une politique d'inspiration thatchérienne (Mikis Théodorakis siège dans ce gouvernement, sans portefeuille, jusqu'à sa démission en 1992...) qui le plonge dans sa pire crise sociale depuis la dictature, grâce au soutien d'un "indépendant" et de deux députés de la minorité turcophone de Thrace. Réélu (par le Parlement) président de la République en mai 1990, Karamanlis, qui s'entendait plutôt bien avec Papandréou (même si celui-ci s'était opposé à sa réélection à la présidence de la République en 1985), déteste toujours autant Mitsotakis et s'oppose publiquement à lui lorsque le Premier ministre envisage la libération des Colonels toujours emprisonnés.

En octobre 1993, ce gouvernement de droite dure sans réelle majorité finit par tomber sur la question de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, récemment devenue indépendante, dont le nom qu'elle adopte et la Constitution laissent craindre des prétentions irrédentistes sur la Macédoine grecque. Répliquant ce que Mitsotakis avait fait à Papandréou, le jeune ministre des Affaires étrangères Antonis Samaras poignarde son Premier ministre et quitte la ND avec plusieurs députés pour fonder "Printemps politique" sur une ligne d'intransigeance à l'égard de l'ARYM.

Le PASOK et un Andréas Papandréou cacochyme, de plus en plus sous la coupe de sa nouvelle, plantureuse, et souvent scandaleuse épouse, reviennent alors au pouvoir, jusqu'à ce qu'Andréas, hors d'état de gouverner, soit contraint de passer la main à Konstantinos Simitis... qui sera l'artisan de l'entrée de la Grèce dans l'euro.

Mitsotakis sera réélu député et siégera au Parlement jusqu'en 2004 ; mais il ne reviendra plus au pouvoir.

Lui... mais le clan ? Sa fille Dora (Théodora) a vu son mari Pavlos, député ND, en 1989, assassiné par le groupe du 17 novembre (date du soulèvement des étudiants de l'Ecole Polytechnique contre la dictature en 1973). Ce groupe est apparu en 1975 ; il a commis hold-up et attentats contre des biens appartenant à des militaires américains ou un bar qu’ils fréquentent. Il est également responsable de 23 assassinats, dont les victimes sont des tortionnaires de la dictature, un chef d’antenne de la CIA à Athènes, des attachés militaires américain et britannique, un diplomate turc, des juges, des industriels, un éditeur… Pour autant, et a partir d'un certain moment, nonobstant les procès de 2002-2003 (avant les Jeux olympiques de 2004) qui laissent bien des zones d'ombre, il semble à beaucoup d'observateurs que le "17 novembre" aurait surtout constitué une « marque », utilisée par des commanditaires politiques en fonction des circonstances pour régler certains comptes.

Quoi qu'il en soit, Dora "héritera" du siège de son mari et deviendra ministre de la Culture... de son père (1992-1993), maire d'Athènes (2003-2006) puis ministre des Affaires étrangères de Karamanlis (2006-2009) "le Gros", neveu du "Grand".

Mais si les clans Karamanlis et Mitsotakis sont ennemis, Dora enrage d'être battue dans le scrutin pour la direction de la ND, en 2009 (après la défaite de Karamanlis, le neveu de, aux législatives, face à Georgios Papandréou, le petit-fils et fils de), par... Samaras - celui-là même qui a fait tomber papa en 1993 ! A son tour, elle entre en dissidence, reprochant à Samaras de refuser (pour des raisons purement tactiques), en 2010, les voix de la ND au gouvernement de Georgios pour faire adopter le premier Memorandum dicté par l'Eurogermanie. Exclue de la ND, elle fonde alors son parti, L'Alliance démocrate qui n'obtient que 2,56 % des voix aux législatives de mai 2012... sans obtenir de député, elle a néanmoins contribué au score historiquement bas de la ND de Samaras (18,85 %) qui doit traiter avec elle, aucune majorité ne se dégageant, dans la perspective de nouvelles élections en juin où elle renonce à présenter des candidats... ce qui lui permet de redevenir député de la ND jusqu'à aujourd'hui.

Ajoutons que sa soeur, Alexandra, dirige le Centre culturel hellénique de Paris depuis 2009 - avec compétence, au demeurant, m'assure une amie en qui j'ai toute confiance, mais comprenons bien que je parle ici, avant tout, d'un système à travers les personnes.

Reste Kyriakos, né en 1968, et dont les mauvaises langues soutiennent que ses grands-parents l'auraient fait passer pour leur fils afin de sauver l'honneur de Dora (14 ans alors) - selon cette version, le père serait un chanteur de l'époque et les photos sont, il est vrai, troublantes. Toujours est-il que Kyriakos. Formé aux Etats-Unis (comme la quasi-totalité de la Nomenklatura grecque actuelle, y compris la syrizesque) dont il a fréquenté les meilleures universités, passé par la Chase Manhattan Bank puis par des groupes bancaires grecs, il est devenu... député ND, depuis que papa (grand-papa) lui a légué son siège en 2004. En juin 2013, il entre même au gouvernement de l'ennemi de papa (ou grand-papa), Samaras, comme ministre (stratégique sous le régime troïkan) de la Réforme administrative.

Puis, quand Samaras est expulsé de la direction de la ND après la victoire du Non au référendum de juillet 2015, et que le président par intérim (du clan Karamanlis), Meimarakis, est affaibli par le score médiocre de la ND aux législatives de septembre, Kyriakos emporte l'élection interne à la ND pour la présidence du parti - malgré les soupçons de son implication dans l'immense affaire de corruption Siemens et avec une avance que beaucoup d'observateurs jugent fort surprenante... ou suspecte pour les plus mauvaises têtes.

Depuis, Kyriakos est le leader de l'opposition et Premier ministre potentiel en cas de victoire électorale de la ND, à laquelle les sondages promettent un score autour de 30 % contre un score autour de 15 % à Syriza - le principal argument de Kyriakos étant sa proximité avec l'Allemagne censée lui permettre d'obtenir, dans le cachot européen, un régime de détention un rien moins sévère.

Quand à Konstantinos junior, le fils de Dora (neveu ou frère de Kyriakos), comme on voudra, il est déjà président de la région d'Evritanie (Grèce centrale) dont son père, puis sa mère, furent députés... et sans doute déjà prêt à prendre un jour la relève de tonton (ou frangin) à la tête de la ND... et du gouvernement !

Incontestablement, la mort du patriarche a tourné une page dans l'histoire politique grecque. Mais le clan reste là. Et bien là.

dimanche 28 mai 2017

Serrage de pogne légendaire...

En arriver à commenter une poignée de main pour faire la démonstration que notre Génie sans bouillir, qu'ils ont promu comme une nouvelle lessive, est désormais l'Etoile polaire sur laquelle le monde entier a les yeux fixés, que le monde entier nous envie et que ce monde a bien raison d'admirer, ébahi, jusqu'à l'extase, vu que Génie sans bouillir va bientôt marcher sur l'eau, en dit long sur l'abîme de flagornerie dans lequel a sombré une partie considérable de cette corporation qu'on appelle les journalistes.

Moi, tout cela m'a irrésistiblement rappelé Coluche avec "virile, les phalanges qui blanchissent et les visages qui se crispent" en place de "longue et chaleureuse"...

vendredi 26 mai 2017

Toujours la Grèce...

Si même sur France Culture on se met à dire que le "problème grec" est avant tout allemand, où va-t-on ma bonne dame, je vous le demande ?!

Merci à Jean-Baptiste, fidèle lecteur de ce blog, d'avoir attiré mon attention sur cette chronique : les esprits bougent. Enfin ! J'en suis témoin lors de mes déplacements en province : on peut dire aujourd'hui, sans provoquer l'indignation immédiate et générale, des choses sur "l'Europe" et l'Allemagne qu'il était inconcevable de dire, il y a encore deux ans, sans se faire accuser de "faire le jeu"... Oui, enfin, l'imposture criminelle se révèle aux yeux de certains. Mais grands dieux, que tout cela est long ! Et en réalité privé de tout débouché politique... pour combien de temps encore ?

J'écris depuis des années que l'aveuglement de l'Allemagne, de l'UE et des "élites" grecques qui s'en sont faites le relais servile mènerait à une catastrophe, non seulement économique et sociale, mais démocratique. Et que sans doute seul le souvenir de la guerre civile a empêché jusqu'ici le désespoir qu'on a systématiquement cultivé depuis bientôt dix ans en Grèce de se transmuer en violence politique. J'écris depuis des années, ici et ailleurs, que cela ne peut que mal finir, très mal et probablement dans le sang.

Dans mon Tigrane l'Arménien, dont une partie se déroule dans l'Athènes de la crise, je mets en scène un Grec, membre d'une association de citoyens européens baptisée TINA, qui exprime toute la révolte et toute la fatigue d'un peuple qui subit depuis bientôt dix ans une politique criminelle et sans issue - une association qui commet un attentat symbolique au coeur même su système européen de démontage de la démocratie, une association qui somme des "élites" aveugles et sourdes aux conséquences humaines de leur politique inhumaine et criminelle de restituer aux peuples le pouvoir qu'elles leur ont confisqué sous prétexte "d'Europe".

Hier, Loukas Papadimos a été blessé dans sa voiture, à Athènes, par une lettre piégée.

Papadimos le banquier, gouverneur de la Banque centrale de Grèce puis vice-président de la BCE, bénéficiaire en 2011 du coup d'Etat européen contre le Premier ministre issu des élections, l'homme qui a fait entrer l'extrême droite au gouvernement pour la première fois depuis 1974, l'homme qui a fait adopter le deuxième Mémorandum en février 2012.

Ceci est sans doute une étape - si prévisible ! Mon seul étonnement est qu'elle n'ait pas été franchie plus tôt.