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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

vendredi 23 juin 2017

De Nisyros... "une oeuvre magistrale..."

Il y a une chose que je n'imaginais pas, il y a quelques années, en ralliant Facebook sur le conseil d'un ami qui m'assurait que ce serai pour mi un moyen efficace de mieux faire connaître mes livres, c'est que ce réseau de rencontres virtuelles déboucherait sur des rencontres réelles. Or ce fut bien le cas à Paris, où plusieurs de ces rencontres ont débouché sur des amitiés et sur la constitution d'un réseau de connivences intellectuelles qui, un jour peut-être, prendre forme d'action...

C'est régulièrement le cas, lorsque je me déplace en province, pour des salons du livre ou des signatures, constatant à chaque fois que ce site, ce blog, ma page Facebook ont drainé vers mes livres des lecteurs avec lesquels se tisse parfois une relation d'une autre nature.

C'est même le cas à Nisyros où, en quelques jours, nous venons de passer deux riches et amicales soirées d'échange et de partage avec des amis Facebook qui ont fait le détour de notre volcan.

Pour le reste, Tigrane continue à susciter des réactions de lecteurs - celles qui me parviennent sont toutes très positives, et cela fait un immense plaisir, car ce livre, comme tous mes livres est né d'une indignation - devant la négation opiniâtre du crime - et de ma passion pour la liberté : parce que ce roman, comme tous mes romans, est né d'une irrésistible nécessité intime.

La dernière en date de ces réactions, je la découvre sur un site de critiques de lecteurs, ici, à Nisyros, dans la rue en escaliers, sous la maison, assis sur une marche à moitié à l'ombre, l'ordi sur les genoux, là où je capte à peu près bien le wi-fi.

"Une œuvre magistrale bien rythmée et efficace" : que souhaiter de plus pour conclure ce beau papier ???

lundi 19 juin 2017

De Nisyros... Tigrane l'Arménien lu par le Collectif Van

Arrivée à Nisyros hier (pour la première fois en 41 ans de vie citoyenne, je me suis abstenu : nulle envie de départager, dans ma circonscription, la peste Sarnez du choléra Szpiner...), et aujourd'hui je découvre la critique de "Tigrane l'Arménien" par le site VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme).

Sans doute un des médias dont la lecture et la critique sont pour moi les plus importants !

Pour le reste, Génie sans bouillir ayant donc sa majorité - même moins béton que prévue et avec un taux de participation qui la prive de toute légitimité - nous allons morfler - à la grecque !!!

Bon courage à toutezéatous comme annone notre dieu vivant !

dimanche 4 juin 2017

"Tigrane l'Arménien" dans "Nouvelles d'Arménie magazine"

Sous la plus de Christophe Chiclet, Nouvelles d'Arménie magazine, un des médias les plus diffusés chez les Français d'origine arménienne, consacre à mon Tigrane l'Arménien une page entière dans son numéro de juin. Je ne saurais vous dissimuler mon plaisir !

L'Homme qui rit des noyés...

1917 : Poincaré, président de la République, est surnommé "L'homme qui rit dans les cimetières" par "L'Humanité"... En réalité, l'expression du visage de Poincaré ainsi exploitée était due à un rayon de soleil venu percer le ciel nuageux au moment où le président se recueillait.

2017 : Génie sans bouillir, sans ciel nuageux ni soleil, plaisante avec esprit : L'Homme qui rit des noyés.

"Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du comorien ! C'est différent" ; et toute l'élégance est dans le "du".

Les castors, ils ont fait barrage à quoi, déjà ?...

Mais c'est vrai que Génie sans bouillir est désormais le leader incontesté du monde libre...

Allez, que tout cela ne vous fasse pas oublier...

jeudi 1 juin 2017

La Crète à l'honnneur... Hugo aussi

Merci au site Retronews de la Bibliothèque nationale de France de m'avoir sollicité pour un papier sur l'histoire grecque.

Le principe c'est d'aller fouiner dans les archives de la presse que la BNF a mises en ligne pour illustrer un propos. J'avais ma petite idée : la révolte de Crète de 1866, l'Holocauste d'Arkadi écho de celui des Serbes en 1809 dans la plaine de Nis et de celui de Missolonghi en 1826, Hugo et même un lien avec la Commune à travers Flourens, qui combattit en Crète où il échappa aux Turcs avant de tomber sous les balles d'un Versaillais...

Et ça a parfaitement marché, et c'était passionnant à faire : puisque c'est le principe, cliquez sur les liens vers les articles d'époque, vous verrez, on n'était pas si mal informé !

C'est à lire ici, en libre accès durant une semaine ; après ce sera réservé aux abonnés.

mardi 30 mai 2017

Nécrologie

Hier est mort, à 98 ans passés, une des calamités de la politique grecque, un des symboles les plus accomplis du népotisme, du clientélisme et de la corruption d'une caste qui a conduit le pays à la catastrophe. Konstantinos Mitsotakis, neveu du grand Vénizélos, élu pour la première fois député en 1946, officiellement retiré de la vie politique en 2004, il s'est notamment illustré en trahissant Georgios Papandréou dont il était le ministre, lors de la brève ouverture politique dans un système de monarchie blindée d'apparence parlementaire (voir Z) héritée de la guerre civile, après les élections législatives de 1963.

Il devient alors le pilier des ministères instables que les Grecs nomment "Gouvernements des apostats", manipulés (et rétribués sur comptes en Suisse) en coulisse par l'ultra droitière, ancienne nazie, petite-fille du Kaiser, la reine-mère Frédérika dont les réseaux clientélistes couvrent alors tout le pays dans une véritable administration parallèle. Des ministères qui entretiennent une crise politique qui ouvre la voie au coup d'Etat des Colonels en 1967.

Détesté de Konstantinos Karamanlis qui, après avoir été Premier ministre de la monarchie blindée, s'est exilé à Paris en 1963 et devient, en 1974, l'artisan habile et éclairé de la transition démocratique et l'homme politique grec qui domine toute la seconde moitié du XXe siècle, Mitsotakis rallie en 1978 le parti de droite (enfin démocratisé) Nouvelle Démocratie fondé par Karamanlis et devient, dans la foulée, ministre de la Coordination économique puis des Affaires étrangères de 1978 à la victoire des socialistes (PASOK) d'Andréas Papandréou (dont il a fait tomber le père en 1965) en 1981.

En 1984, Mitsotakis s'empare de la direction de la ND, mais toujours aussi détesté par une grande partie des Grecs, échoue à obtenir une majorité aux élections législatives de juin et novembre 1989, malgré le discrédit qui frappe Papandréou et le PASOK alors compromis dans l'immense scandale financier Koskotas. Après une expérience de gouvernement de catharsis (de purification) d'union entre la droite et les communistes (dont Mitsotakis n'est pas membre), il finit par obtenir en avril 1990 150 députés sur 300.

Il imposera alors au pays une politique d'inspiration thatchérienne (Mikis Théodorakis siège dans ce gouvernement, sans portefeuille, jusqu'à sa démission en 1992...) qui le plonge dans sa pire crise sociale depuis la dictature, grâce au soutien d'un "indépendant" et de deux députés de la minorité turcophone de Thrace. Réélu (par le Parlement) président de la République en mai 1990, Karamanlis, qui s'entendait plutôt bien avec Papandréou (même si celui-ci s'était opposé à sa réélection à la présidence de la République en 1985), déteste toujours autant Mitsotakis et s'oppose publiquement à lui lorsque le Premier ministre envisage la libération des Colonels toujours emprisonnés.

En octobre 1993, ce gouvernement de droite dure sans réelle majorité finit par tomber sur la question de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, récemment devenue indépendante, dont le nom qu'elle adopte et la Constitution laissent craindre des prétentions irrédentistes sur la Macédoine grecque. Répliquant ce que Mitsotakis avait fait à Papandréou, le jeune ministre des Affaires étrangères Antonis Samaras poignarde son Premier ministre et quitte la ND avec plusieurs députés pour fonder "Printemps politique" sur une ligne d'intransigeance à l'égard de l'ARYM.

Le PASOK et un Andréas Papandréou cacochyme, de plus en plus sous la coupe de sa nouvelle, plantureuse, et souvent scandaleuse épouse, reviennent alors au pouvoir, jusqu'à ce qu'Andréas, hors d'état de gouverner, soit contraint de passer la main à Konstantinos Simitis... qui sera l'artisan de l'entrée de la Grèce dans l'euro.

Mitsotakis sera réélu député et siégera au Parlement jusqu'en 2004 ; mais il ne reviendra plus au pouvoir.

Lui... mais le clan ? Sa fille Dora (Théodora) a vu son mari Pavlos, député ND, en 1989, assassiné par le groupe du 17 novembre (date du soulèvement des étudiants de l'Ecole Polytechnique contre la dictature en 1973). Ce groupe est apparu en 1975 ; il a commis hold-up et attentats contre des biens appartenant à des militaires américains ou un bar qu’ils fréquentent. Il est également responsable de 23 assassinats, dont les victimes sont des tortionnaires de la dictature, un chef d’antenne de la CIA à Athènes, des attachés militaires américain et britannique, un diplomate turc, des juges, des industriels, un éditeur… Pour autant, et a partir d'un certain moment, nonobstant les procès de 2002-2003 (avant les Jeux olympiques de 2004) qui laissent bien des zones d'ombre, il semble à beaucoup d'observateurs que le "17 novembre" aurait surtout constitué une « marque », utilisée par des commanditaires politiques en fonction des circonstances pour régler certains comptes.

Quoi qu'il en soit, Dora "héritera" du siège de son mari et deviendra ministre de la Culture... de son père (1992-1993), maire d'Athènes (2003-2006) puis ministre des Affaires étrangères de Karamanlis (2006-2009) "le Gros", neveu du "Grand".

Mais si les clans Karamanlis et Mitsotakis sont ennemis, Dora enrage d'être battue dans le scrutin pour la direction de la ND, en 2009 (après la défaite de Karamanlis, le neveu de, aux législatives, face à Georgios Papandréou, le petit-fils et fils de), par... Samaras - celui-là même qui a fait tomber papa en 1993 ! A son tour, elle entre en dissidence, reprochant à Samaras de refuser (pour des raisons purement tactiques), en 2010, les voix de la ND au gouvernement de Georgios pour faire adopter le premier Memorandum dicté par l'Eurogermanie. Exclue de la ND, elle fonde alors son parti, L'Alliance démocrate qui n'obtient que 2,56 % des voix aux législatives de mai 2012... sans obtenir de député, elle a néanmoins contribué au score historiquement bas de la ND de Samaras (18,85 %) qui doit traiter avec elle, aucune majorité ne se dégageant, dans la perspective de nouvelles élections en juin où elle renonce à présenter des candidats... ce qui lui permet de redevenir député de la ND jusqu'à aujourd'hui.

Ajoutons que sa soeur, Alexandra, dirige le Centre culturel hellénique de Paris depuis 2009 - avec compétence, au demeurant, m'assure une amie en qui j'ai toute confiance, mais comprenons bien que je parle ici, avant tout, d'un système à travers les personnes.

Reste Kyriakos, né en 1968, et dont les mauvaises langues soutiennent que ses grands-parents l'auraient fait passer pour leur fils afin de sauver l'honneur de Dora (14 ans alors) - selon cette version, le père serait un chanteur de l'époque et les photos sont, il est vrai, troublantes. Toujours est-il que Kyriakos. Formé aux Etats-Unis (comme la quasi-totalité de la Nomenklatura grecque actuelle, y compris la syrizesque) dont il a fréquenté les meilleures universités, passé par la Chase Manhattan Bank puis par des groupes bancaires grecs, il est devenu... député ND, depuis que papa (grand-papa) lui a légué son siège en 2004. En juin 2013, il entre même au gouvernement de l'ennemi de papa (ou grand-papa), Samaras, comme ministre (stratégique sous le régime troïkan) de la Réforme administrative.

Puis, quand Samaras est expulsé de la direction de la ND après la victoire du Non au référendum de juillet 2015, et que le président par intérim (du clan Karamanlis), Meimarakis, est affaibli par le score médiocre de la ND aux législatives de septembre, Kyriakos emporte l'élection interne à la ND pour la présidence du parti - malgré les soupçons de son implication dans l'immense affaire de corruption Siemens et avec une avance que beaucoup d'observateurs jugent fort surprenante... ou suspecte pour les plus mauvaises têtes.

Depuis, Kyriakos est le leader de l'opposition et Premier ministre potentiel en cas de victoire électorale de la ND, à laquelle les sondages promettent un score autour de 30 % contre un score autour de 15 % à Syriza - le principal argument de Kyriakos étant sa proximité avec l'Allemagne censée lui permettre d'obtenir, dans le cachot européen, un régime de détention un rien moins sévère.

Quand à Konstantinos junior, le fils de Dora (neveu ou frère de Kyriakos), comme on voudra, il est déjà président de la région d'Evritanie (Grèce centrale) dont son père, puis sa mère, furent députés... et sans doute déjà prêt à prendre un jour la relève de tonton (ou frangin) à la tête de la ND... et du gouvernement !

Incontestablement, la mort du patriarche a tourné une page dans l'histoire politique grecque. Mais le clan reste là. Et bien là.

dimanche 28 mai 2017

Serrage de pogne légendaire...

En arriver à commenter une poignée de main pour faire la démonstration que notre Génie sans bouillir, qu'ils ont promu comme une nouvelle lessive, est désormais l'Etoile polaire sur laquelle le monde entier a les yeux fixés, que le monde entier nous envie et que ce monde a bien raison d'admirer, ébahi, jusqu'à l'extase, vu que Génie sans bouillir va bientôt marcher sur l'eau, en dit long sur l'abîme de flagornerie dans lequel a sombré une partie considérable de cette corporation qu'on appelle les journalistes.

Moi, tout cela m'a irrésistiblement rappelé Coluche avec "virile, les phalanges qui blanchissent et les visages qui se crispent" en place de "longue et chaleureuse"...

vendredi 26 mai 2017

Toujours la Grèce...

Si même sur France Culture on se met à dire que le "problème grec" est avant tout allemand, où va-t-on ma bonne dame, je vous le demande ?!

Merci à Jean-Baptiste, fidèle lecteur de ce blog, d'avoir attiré mon attention sur cette chronique : les esprits bougent. Enfin ! J'en suis témoin lors de mes déplacements en province : on peut dire aujourd'hui, sans provoquer l'indignation immédiate et générale, des choses sur "l'Europe" et l'Allemagne qu'il était inconcevable de dire, il y a encore deux ans, sans se faire accuser de "faire le jeu"... Oui, enfin, l'imposture criminelle se révèle aux yeux de certains. Mais grands dieux, que tout cela est long ! Et en réalité privé de tout débouché politique... pour combien de temps encore ?

J'écris depuis des années que l'aveuglement de l'Allemagne, de l'UE et des "élites" grecques qui s'en sont faites le relais servile mènerait à une catastrophe, non seulement économique et sociale, mais démocratique. Et que sans doute seul le souvenir de la guerre civile a empêché jusqu'ici le désespoir qu'on a systématiquement cultivé depuis bientôt dix ans en Grèce de se transmuer en violence politique. J'écris depuis des années, ici et ailleurs, que cela ne peut que mal finir, très mal et probablement dans le sang.

Dans mon Tigrane l'Arménien, dont une partie se déroule dans l'Athènes de la crise, je mets en scène un Grec, membre d'une association de citoyens européens baptisée TINA, qui exprime toute la révolte et toute la fatigue d'un peuple qui subit depuis bientôt dix ans une politique criminelle et sans issue - une association qui commet un attentat symbolique au coeur même su système européen de démontage de la démocratie, une association qui somme des "élites" aveugles et sourdes aux conséquences humaines de leur politique inhumaine et criminelle de restituer aux peuples le pouvoir qu'elles leur ont confisqué sous prétexte "d'Europe".

Hier, Loukas Papadimos a été blessé dans sa voiture, à Athènes, par une lettre piégée.

Papadimos le banquier, gouverneur de la Banque centrale de Grèce puis vice-président de la BCE, bénéficiaire en 2011 du coup d'Etat européen contre le Premier ministre issu des élections, l'homme qui a fait entrer l'extrême droite au gouvernement pour la première fois depuis 1974, l'homme qui a fait adopter le deuxième Mémorandum en février 2012.

Ceci est sans doute une étape - si prévisible ! Mon seul étonnement est qu'elle n'ait pas été franchie plus tôt.

jeudi 25 mai 2017

"Tigrane l'Arménien" dans "Le Monde des livres"

Le 4 mai dernier est sorti en librairie mon nouveau roman, Tigrane l'Arménien, et le jeudi 18 est parue, en page 4 du Monde des livres (daté du 19) consacré à la Grèce et aux écrivains présents à la Comédie du livre de Montpellier, une superbe critique - doublement heureux, parce qu'un pareil papier ne peut qu'émouvoir profondément un écrivain qui met tout son coeur dans ses livres (j'en tremblais d'émotion en le lisant), et parce que ce papier est signé par Philippe-Jean Catinchi pour qui j'ai la plus grande estime.

Puis je suis parti pour Romans, où une assistance nombreuse, attentive et réactive était fidèle au rendez-vous de ma troisième conférence de l'année (après une première sur les conditions de l'indépendance grecque, et une deuxième sur la construction territoriale de l'Etat grec) sur le thème : "La Grèce en 2017 : Etat souverain ou protectorat européen ?"

Thème d'actualité s'il en est , puisque dans la nuit précédente le Parlement grec avait voté un nouveau train de mesures exigées par "l'Europe", c'est-à-dire par l'Allemagne, et qu'on apprend ce soir - sans aucune surprise pour ma part : seuls les idiots pouvaient croire le contraire - que "l'Europe", c'est-à-dire l'Allemagne ( qui exige désormais ouvertement la nomination d'un Allemand à la tête de la BCE comme successeur de Draghi. Les réorienteurs de "l'Europe, qui ont cru à la campagne publicitaire pour la lessive Macron, comme les castors qui se sont laissés avoir à la grosse intox du "il faut faire barrage à..." en sont/seront pour leurs frais... et pour les nôtres. Mais là non plus aucune surprise pour moi ; dans mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, j'écris ainsi : "Manifestement, les libertés que le président de la BCE a prises avec les dogmes ordolibéraux ont mis à mal le respect ordolibéralement sacro-saint de la banque centrale ! Draghi a beau avoir organisé de main de maître l’étouffement financier de la Grèce afin d’amener à résipiscence son gouvernement, les politiques qu’il a mises en œuvre pour « sauver l’euro », c’est-à-dire pour prolonger au-delà du raisonnable la vie de cette monnaie absurde et la descente aux enfers des peuples qu’elle tue, marquent sans doute la limite de ce qui est acceptable en Allemagne. Elles ne servent d’ailleurs à rien puisque les flots de liquidités déversés ne le sont pas sur les salariés/consommateurs, ce qui aurait un impact sur l’économie réelle et la croissance, mais sur les banques qui les utilisent pour leurs spéculations, jusqu’à l’éclatement de la prochaine bulle boursière. Et l’on peut gager qu’il faudra au successeur de Draghi plus qu’un casque à pointe décerné par Bild pour être adoubé par Berlin, qu’il lui faudra présenter de très sérieux brevets garantissant le retour, coûte que coûte, à l’orthodoxie la plus obtuse."

Ensuite, ce fut Montpellier et une salle comble, dans un très beau lieu - le Gazette café - pour un dialogue avec Catherine Pont-Humbert (merci à elle pour sa lecture et ses questions) autour de La Grèce et les Balkans. Il y eut encore un entretien sur la radio locale Aviva, principalement autour des 30 bonnes raisons et accessoirement sur Tigrane, des rencontres avec les amis de l'association montpelliéraine de solidarité avec le peuple grec auxquels j'étais venu apporter mon concours en mars par une conférence dans le cadre de leur collecte de fonds pour les associations grecques (et la coopérative Viome) qu'ils aident, avec un ami Facebook matérialisé, une lectrice assidue de ce blog, avec Philippe Menut, le réalisateur de l'indispensable film La tourmente grecque, avec deux chercheuses qui travaillent sur la Grèce et m'ont fait un grand plaisir en me disant que La Grèce et les Balkans leur avait été bien utile...

Ce fut aussi l'occasion de retrouver mes amis et éditeurs d'H&O, Henri et Olivier, Loïc Marcou (le traducteur de L'Ultime Humiliation de Rhéa Galanaki que j'ai chroniqué sur ce blog et qu'il faut lire) ou Petros Markaris, de faire la connaissance de Christos Ikonomou (il faut également lire son Ca va aller, tu vas voir paru en grec en 2010 ; son Le salut viendra de la mer, qui vient de sortir en français, je me le garde pour Nisyros cet été).

Un peu fatigué au retour, mais content - aussi parce que j'ai beaucoup signé : je n'avais plus de Tigrane le dimanche à midi...

Enfin, toujours dans mon actualité, je signale aux lecteurs de ce blog qui voudraient se le procurer que je serai...

dimanche 14 mai 2017

Le Génie des Carpates est entré en fonction !

En ce jour béni où un Sauveur nous a été donné, la presse française aura atteint des sommets de servilité restés jusque-là inexplorés. Ils jouissent sans entrave ni retenue. A part Ceaucescu, je ne vois pas trop qui aura été l'objet d'une adulation plus unanimement libre de toute pudeur... Bref, notre Etoile polaire, notre Danube de la pensée, notre Génie des Carpates à nous est désormais à l'oeuvre. Alleluia !

Todd, dans un de ses éclairs de génie humoristique, avait parlé du hollandisme révolutionnaire. Je me demande si le jeune gandin, par fatuité, suffisance et sottise (j'aime beaucoup ce mot de mon Général à propos de Beuve Méry : "qu'est-ce qu'il est intelligent, mais qu'est-ce qu'il est con !"), que l'obséquiosité médiatique poussée au degré d'une société totalitaire ne peut qu'exalter, ne serait pas capable de faire péter le bastringue français et européen... Ce qui attesterait, du coup, un macronisme révolutionnaire... et me ferait regretter de n'avoir point voté pour lui.

En attendant, demain, notre Danube de la pensée à nous ira faire hommage à la chancelière du Reich, point d'orgue et final des festivités de l'avènement du gouverneur de sa province française - en allemand, on dit Gauleiter. Demain, il fera le voyage à Berlin, sous les vivats d'une intelligentsia fascinée par l'Allemagne depuis 1870. Qu'il y reste ! ai-je pour ma part envie de crier. Hélas, le chemin jusqu'à Sigmaringen est encore long.

Avec Pétain, nous avions eu la soumission aigre et moralisatrice ; avec Sarko, nous avons eu la soumission hystérique ; avec Hollande, nous sortons de la soumission honteuse ; avec notre Etoile polaire à nous, nous aurons la soumission heureuse, sereine et assumée. On n'arrête décidément as le progrès !

vendredi 5 mai 2017

Géométrie très très variable...

Rappelons que c'est sous la pression de la très très démocratique Union européenne, de la très très chancelière de ladite Union, Angela Merkel, et du très très ministre des Finances Schäuble de la même Union, très très partisans tous les deux de l'arrivée au pouvoir d'un banquier d'affaires en France, qu'en novembre 2011 l'extrême droite entra au gouvernement grec, pour la première fois depuis la chute de la dictature militaire en 1974, dans le gouvernement d'un autre très très banquier, Loukas Papadimos, ancien vice-président de la Banque très très centrale et très très européenne, pour appliquer un très très démocratique mémorandum qui ressemble par bien des points au programme très très GOPE (Grandes orientations de politique économique) du Banquier français.

Comme quoi, en régime d'Union européenne, l'antifascisme est à géométrie très très variable.

Par ailleurs, on apprenait hier dans L'Humanité que : "Le « Parti Égalité Justice » (PEJ), officine officieuse de l’AKP en France, souhaite présenter 68 candidats dans des circonscriptions urbaines. Cette organisation compte en son sein des islamistes et des fascistes issus de la sinistre organisation des « Loups Gris ». Elle s’est illustrée récemment par des tentatives d’entrisme dans diverses institutions, le fichage d’opposants au référendum d’avril 2017 et par des appels à la haine d’imams inféodés au pouvoir d’Ankara. La présence de ce parti dans le paysage électoral français risque d’attiser le nationalisme et faire taire les démocrates turcs et kurdes de France. Le Parti communiste français (PCF) appelle instamment le ministre de l’Intérieur à diligenter sans délai une enquête pour défaire cette manœuvre contre la démocratie et la République françaises. L'immixtion du dictateur turc dans le scrutin législatif français doit être condamnée fermement par les autorités de notre pays."

Comme quoi le fascisme aujourd'hui... comme on dirait pour le statut de couple sur Facebook : "Cest compliqué". Mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'avec notre Banquier-président tout cela va rapidement rentrer dans l'ordre !

mercredi 3 mai 2017

Plaisir d'esthète...

Ces temps-ci sont pour moi un peu bousculés et anxieux... puisque c'est demain que sort en librairie mon nouveau roman Tigrane l'Arménien.

Mais ils m'ont aussi réservé un plaisir d'esthète puisque, quasi le même jour, mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe se sont retrouvés à l'honneur à la fois dans Royaliste, le bimensuel de la NAR (Nouvelle action royaliste), Bertrand Renouvin ayant repris sur son blog la recension de deux pages pleines qu'il lui a consacrée, et sur le site d'Initiative Communiste, journal du PRCF (Pôle de Renaissance communiste en France) qui reproduit aussi mes trois articles sur la triple impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui la Grèce, parus sur le blog L'Arène nie de Coralie Delaume et repris par le site "Les Crises" d'Olivier Berruyer.

Oui, la reconquête de la souveraineté est le préalable, non suffisant mais indispensable, à toute autre politique. Oui, tous ceux qui l'ont compris, le comprennent ou le comprendront, dans l'arc démocratique, devraient enfin se mettre à travailler ensemble pour proposer enfin, au-delà de leurs désaccords sur l'avenir, un plan de sortie de l'ornière européenne, expliquer clairement que refonder la République, refaire de la politique, rebâtir l'Etat social et la démocratie, que vont continuer à démanteler le Banquier aux ordres de Bruxelles et de l'Allemagne, suppose la sortie de l'euro et de l'UE. Oui Asselineau a joué, durant cette lamentable campagne, un précieux rôle de précurseur et de pédagogue en portant pour la première fois ce discours-là, mais ce discours-là ne peut être porté par une seule formation, à la base électorale étroite. Il faut qu'il le soit par un rassemblement, un nouveau CNR, qui, sans dissimuler aux électeurs les divergences sur l'avenir entre ses membres, aille au peuple avec un programme de salut public pour le pilotage de cette sortie - faute de quoi le FN, auquel on a abandonné le terrain de la souveraineté, de la nation, de la question sociale, de la démocratie même, accédera immanquablement au pouvoir. La prochaine fois si ce n'est cette fois-ci.

Pour le reste, les injonctions à voter pour l'incarnation d'une politique suicidaire qui fait continuellement monter le FN depuis 30 ans, afin de "faire barrage" à ce même FN, commencent vraiment à me fatiguer - pour rester poli.

Quant à la propagande obscène des médias et de la nomenklatura en général pour le porte-manteau hystérique de Merkel, j'ai le sentiment qu'elle pourrait bien avoir l'effet exactement inverse à celui qu'elle est censée provoquer - ces gens-là semblent n'avoir rien compris, rien appris ni du pilonnage médiatique de 2005, ni de celui du référendum grec, ni de celui du Brexit ou de l'élection de Trump.

mercredi 26 avril 2017

Macron ou le syndrome européen

En Grèce, En Marche ! s'appelle Potami (Le Fleuve) et Macron Théodorakis, mais c'était déjà allé trop loin en 2015 pour que les gens s'y laissent prendre. Alors il y a eu Tsipras qui, au final, a joué le même rôle.

En Italie, Macron s’appelle Renzi et c’est venu par un coup d’Etat intérieur au parti dit de gauche PDS ; ça c'est très vite usé.

En Espagne, Marcron s’appelle Rivera, En Marche ! porte le nom de Ciudadanos (Citoyens), et ça a suffisamment marché pour permettre à la droite de rester au pouvoir grâce au soutien faux-cul des socialistes.

Chaque fois, il s’est agi de faire croire qu’on faisait du neuf afin de donner un répit au vieil empire germano-européen en voie d’effondrement sur lui-même mais dont les peuples ne parviennent pas à comprendre qu’il faut se débarrasser pour retrouver des marges de maîtrise de leur propre destin. Chaque fois, il s’est agi de fournir une roue de secours au carrosse du désastre qui nous emporte à toute berzingue vers l’abîme.

Partout, ça s’installe grâce au ralliement de la nomenklatura affolée de voir le peuple remettre en question sa position dominante – son dû.

Partout, les très vieilles recettes, usées jusqu’à la trame, portées par des oligarques cacochymes blanchis sous le harnais de 40 ans d’échecs euro-ordolibéraux, avec le soutien des idiots utiles, se cachent derrière le même jeune visage lisse aux yeux vides. Avec en France, une touche hystérique de ridicule pseudo-messianique.

Tout ça avec l'argent de qui ? Comment monte-t-on en un rien de temps ce genre de mouvement kleenex ?

Avec, ici et maintenant, la muleta du pseudo-fascisme qu’on agite sous les naseaux du taureau pour être certain qu’il se précipite bien, avec l'élan voulu, droit sur l’épée du matador germano-bruxellois. Mais le vote Le Pen ne sort pas de nulle part, comme l'écrit si bien aujourd'hui Jacques Sapir, et, nonobstant les jappements frénétiques de toutes les sortes de chiens de garde, on ne fait pas barrage avec la politique qui ne cesse depuis des lustres d'amener l'eau au moulin du FN.

Enfin si ça ne marche pas, derrière, il y a toujours celui qui fait croire qu’une "alternance à gauche" est possible, mais qui, comme il ne veut pas/ne peut pas (intellectuellement) rompre avec le dogme européen, est/sera broyé (avec ou sans son consentement) pendant qu'il croit négocier quelque chose, par des moyens de coercition financiers et monétaires préparés de longue main à l'usage de ceux qui croient encore, après l'expérience grecque, que parce qu'ils sont eux et parlent haut, on les écoutera.

Mais dans ce cas-là aussi c’est bingo puisque, comme en Grèce, le système germano-européen tue toute idée même de "gauche" pour au moins 30 ans : anthropologiquement plié, comme l'écrit l'ami Panagiotis Grigoriou.

Car il n'y a rien à négocier ; il n'y a qu'à partir ou à subir.

La seule solution pour briser ce cercle infernal et vicieux qu'on nous présente comme le cercle de la raison, c'est d'expliquer clairement avant d'arriver au pouvoir pourquoi et comment il faut en sortir, c'est de le rompre en arrivant au pouvoir par des mesures immédiates et radicales de sauvegarde – à commencer par le rétablissement de la monnaie nationale et le contrôle des changes. Et puis ensuite on négocie : les termes du divorce. C'est-à-dire la seule chose qu'il y a à négocier avec ce bastringue européen. Faute de quoi on est cuit. Qu'on le veuille ou non, qu'on en ait conscience ou non.

Il n'y a ni réforme possible ni issue démocratique dans le cadre du carcan européen : un carcan, ça se brise ou on y crève.

lundi 24 avril 2017

Lendemain d'élection

Macron rassemble ce soir moins de 25 % de 80 % des inscrits : légitimité d'une huître.

Il ne gagnera de toute façon que par défaut. S'il gagne. Ce dont je ne suis nullement convaincu.

Une grande partie des électeurs de tel ou tel n'ira pas voter et comme l'a montré une récente étude l'abstention différentielle risque de lui faire très mal.

De toute façon sa victoire ne sera que mathématique, pas politique. Et avec quelle majorité gouvernera-t-il ? Un président de la Ve république (qui n'a rien d'une "monarchie présidentielle") n'a que bien peu de pouvoirs sans majorité parlementaire.

Tout cela ne fait que commencer.

Soir d'élection

Pour moi, trois leçons du scrutin d'aujourd'hui.

1/ L'élection présidentielle reste l'élection de loin la plus mobilisatrice en France. Qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore, c'est ainsi. Il est du coup très contradictoire de vouloir gagner cette élection tout en refusant d'incarner la fonction à laquelle elle donne accès puisqu'on annonce vouloir détruire cette "monarchie présidentielle" qui n'existe pas. Elle n'existe pas car la Ve République n'est pas une monarchie présidentielle mais un parlementarisme rationalisé : le président de la République n'a guère de pouvoirs sans majorité législative comme l'ont prouvé les 3 cohabitations passées et comme le prouvera la prochaine qui pourrait bien ne guère tarder.

2/ Dans une période où une grande partie de l'électorat attend plus de sécurité, plus de protection, c'était à mon avis une erreur fondamentale de mettre en avant un "processus constituant" des plus fumeux et des plus inutiles en plus d'être totalement insécurisant, puisqu'il prive de vision d'avenir sur la manière dont le pays sera gouverné. Ceci alors que la Constitution sous laquelle nous vivons depuis 1958 est à la fois démocratique, souple et efficace. On pouvait aller au peuple avec un programme précis de révision constitutionnelle (quel qu'en soit le contenu et j'ai, comme tout le monde, mon avis sur la question). Le jeu de la table rase institutionnelle, alors que la question institutionnelle n'est en rien au centre des préoccupations des Français, qui savent bien qu'aujourd'hui l'essentiel des solutions à leurs problème est ailleurs, était à la fois inutile et risqué.

3/ On a raté dans cette campagne l'enjeu majeur qui était de proposer clairement une sortie de l'euro et de l'UE par la gauche. Avec le temps de parole que supposait la participation à cette élection, on disposait du moyen d'enclencher la pédagogie nécessaire à cette sortie, en expliquant clairement pourquoi aucune autre politique n'est possible dans l'UE et que cette UE est irréformable. Je ne partage pas l'idée selon laquelle ce discours-là aurait conduit à un suicide électoral parce que je pense qu'une très large partie de l'opinion est prête à l'entendre et qu'on ne reconquerra pas l'électorat parti au FN sans le tenir. On a préféré rester dans l'illusion du Plan A et le totalement fantomatique Plan B, sous prétexte de nécessité de conquérir un électorat de toute façon hostile à une sortie. J'ai toujours été persuadé pour ma part, tout en risquant les foudres de mes amis Insoumis, qu'on ne peut gagner sur des équivoques et que, tant qu'à perdre, mieux vaut perdre sur des convictions clairement exprimées. Ce soir, on a perdu, mais on a perdu aussi l'occasion de faire la pédagogie de l'indispensable sortie qui serait si utile pour l'avenir. Et une fois encore on a abandonné le terrain de la souveraineté au FN qui, demain, pourra se targuer d'être le seul défenseur de la Nation face à l'euromondialisme et à son mandataire.