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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. »

Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».

Depuis  sa création, ce blog a eu successivement comme tête de Turc un parvenu mal élevé, une espèce de ridicule Monsieur Prudhomme, et ce Kizyvienne que les medias de service, après avoir fait sa campagne d’une manière éhontée, tentent de nous faire passer pour un intellectuel, alors qu’il est seulement le mandataire d’une caste persuadée de savoir mieux que les peuples ce qui est bon pour eux - ce que, depuis la Grèce ancienne, on appelle une oligarchie. Un représentant bouffi d’arrogance et privé d’intelligence politique (on rapporte que le général de Gaulle disait du patron du Monde : « qu’est-ce qu’il est intelligent, mais qu’est-ce qu’il est con ! »), archétypal de la trahison de ce qu’il est convenu d’appeler les élites qui, sous couvert d’Europe, ont décidé de liquider la démocratie et l’Etat social, de privatiser tous nos biens communs, de soumettre à l’Allemagne et à ses intérêts notre vieille nation recrue d’épreuves depuis plus de mille ans qu’elle a entrepris de se constituer.
Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! cette providence de l’oligarchie grâce à laquelle on a enfin pu vider le suffrage de tout contenu et réduire l'élection à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible. Ah l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui assure la libre circulation des capitaux afin qu’ils puissent filer là où le travail coûte le moins, là où l’impôt est le plus faible ; l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! qui permet d’importer des travailleurs à bas coût afin de pouvoir enfin démanteler les droits et les protections, de réduire les pensions et ne plus augmenter les salaires de ceux à qui on avait dû tant lâcher pour cause de trouille de la contagion communiste. Enfin, grâce à l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! on peut les soumettre à la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme, ainsi que le montre le laboratoire hellène, dans lequel, depuis 2009, on martyrise, on écorche et on tue ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

samedi 13 juillet 2019

Un conseil de lecture : Fabrice Grimal, Vers la révolution. Et si la France se soulevait à nouveau ?

Du livre de Fabrice Grimal, Vers la révolution. Et si la France se soulevait à nouveau ? (Éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2018, 341 pages, 24 €), il faut dire d’abord qu’il est sorti au printemps 2018, et qu’il a donc été écrit bien avant le déclenchement de la crise des Gilets jaunes. Ce qui témoigne d’une singulière clairvoyance sur l’état de la société française.

La deuxième chose qu’il faut préciser, c’est qu’il n’est pas de ces produits éditoriaux, si nombreux à encombrer les tables des libraires, dont on a tout oublié dans l’heure après qu’on les a refermés et qu’on peut revendre sur un site d’occasion sans le moindre regret. Le livre de Grimal au contraire pose tant de questions, soulève tant de lièvres, excite sur tant de points la réflexion qu’il faut y revenir, le rouvrir, corner, souligner, relever telle ou telle référence de lecture complémentaire dans lesquelles il nous donne envie de nous plonger. C’est même le principal reproche qu’on peut lui faire, un reproche commun à tout auteur de premier livre : vouloir tout dire, sans rien omettre, et parfois avec une profusion de citations, comme si l’on ne se sentait pas encore tout à fait assez légitime pour avancer seul sa réflexion. Reproches bénins, au demeurant, tant l’ensemble du livre est stimulant.

Alors de quoi s’agit-il ? Ni d’un livre de prophète annonçant la lutte finale et l’avènement de lendemains qui chantent, ni d’un bréviaire de la révolution qui serait annoncée. Il s’agit d’abord d’une autopsie méticuleuse de l’état morbide dans lequel se trouvent la France et les Français : dogmatisme et médiocrité des prétendues élites, aveuglement face à l’Union européenne, néolibéralisme, libre-échangisme, dévitalisation d’une démocratie devenue une forme sans contenu, délabrement des appareils syndicaux rongés par la connivence… sur chaque dossier le diagnostic est aussi étayé qu’implacable.

En trois parties et quatorze chapitres, Fabrice Grimal étudie d’abord l’actualité du concept de révolution, pourquoi le changement brutal de l’ordre politique par un mouvement populaire redevient une possibilité. Il se pose ensuite la question des fins que devrait se fixer aujourd’hui un mouvement révolutionnaire, qu’il s’agisse de la réhabilitation de la nation – lieu de toutes les conquêtes démocratiques et sociales qui sont aujourd’hui en voie de liquidation par et au nom de l’Europe –, de la réappropriation de la monnaie dont la gestion a été abandonnée aux banques privées sous prétexte de banque centrale indépendante, de l’indispensable remise en cause du libre-échange et de la réinvention d’un protectionnisme adapté au monde d’aujourd’hui, de la reprise en main des biens communs abandonnés au privé…

Enfin la troisième partie se fait prospective, tentant d’évaluer les chances/risques d’une explosion, les forces de rappel et celles qui peuvent contribuer à la transformation (qui n’a pas abouti lors du mouvement des Gilets jaunes) d’un soulèvement en révolution.

Bien sûr, tel argument ou telle analyse peuvent ne pas emporter l’adhésion, susciter une distance critique. Mais l’important n’est pas là ; l’important est dans le mouvement général de ce livre, dans le tableau de la réalité qu’il peint et dans la perspective qu’il dessine du caractère non soutenable de cette réalité qui rend possible (ou probable, ou certain ?) un de ses spasmes qui changent la face du monde en changeant celle de la France.

Enfin, et ce n’est pas le moins séduisant dans ce livre, un épilogue nous présente sous la forme du journal d’un blogger, en juillet 2023, ce que pourrait être un scénario aboutissant à la déposition de Macron.

Précisons encore, pour terminer, que Fabrice Grimal n’a pas atteint la quarantaine, qu’il a été formé à l’ESSEC et appartient au monde de l’entreprise… Qu’un tel livre soit écrit par un tel homme est pour moi une source d’espoir, l’auteur nous apportant ainsi la preuve que le formatage n’est jamais qu’une gangue qu’on aurait tort de croire indestructible.

mardi 9 juillet 2019

Des élections pour rien, encore et encore...

Dimanche ont eu lieu les législatives grecques qui ont licencié Alexis Tsipras. Et contrairement à ce que pensent certains, qui trouvent élevé le score de Syriza, ce vote sanction est extrêmement net et le score obtenu par ce parti un des plus bas du premier parti d'opposition dans toute l'histoire électorale de la Grèce depuis le rétablissement de la démocratie en 1974. Ajoutons que la participation a baissé de 6 % entre janvier 2015 et juillet 2019. Entre ces deux élections Syriza a donc perdu 21% de ses voix et se retrouve, en voix, juste un peu au dessus de ce qu'il réunissait en juin 2012, alors que ces voix représentaient 26,89% mais avec une participation de 62,49% au lieu de 57,92 % hier.

Il faut se garder - toujours - de comparer les choux et les carottes. Des élections grecques n'ont rien à voir avec des élections françaises et voici quelques-unes des raison qui expliquent pourquoi.

Rappelons aussi qu'on est en système proportionnel, avec des déplacements de voix généralement très limités.

Ensuite la Grèce est un pays très fortement polarisé entre droite et gauche du fait de son histoire, et notamment de la guerre civile de 1946-1949. Les familles de droite votent à droite et les familles de gauche votent à gauche (on parle ici d'étiquettes, pas de contenu...). Il est très difficile de transgresser ces traditions et notamment, quand on est d'une famille de gauche qui se vit (longtemps à raison) comme persécutée, il est quasiment impossible de changer de camp.

Aucune alternative crédible n'étant apparue à gauche, malgré la relative percée de Varoufakis, et malgré un léger mieux du PASOK (je parle toujours d'étiquetage à gauche, pas de contenu !), il est donc naturel que les électeurs de gauche mécontents de Syriza se soient abstenus, ou soient malgré tout allés voter Syriza pour empêcher un triomphe trop large de la droite dont le chef est à lui seul un puissant repoussoir.

Voilà pour la mise au point. Sinon, pour une analyse qui porte davantage sur les raisons du vote de dimanche, vous pouvez lire la tribune que m'a demandée ''Marianne'' et qui est parue hier sur son site.

Vous pouvez également écouter cette chonique-entretien de La Première la Radio publique suisse sur le retour, en la personne du nouveau Premier ministre grec, d'une des principales dynasties politique grecques au pouvoir. Frédéric Mamais, qui a eu la gentillesse de me dire qu'il avait lu avec passion les trois tomes de La Grèce et les Balkans pour La Première de la radio suisse, a bâti cette chronique autour d'une conversation que nous avons eue la veille des élections. C'est bien sûr toujours un peu frustrant, parce que le montage, indispensable, provoque des raccourcis qui gomment un peu la complexité du propos (j'ai bien dit que le clano-clientélisme revient en force dês qu'on affaiblit l'Etat, pas vraiment que les dynasties l'ont modernisé, même si les fondateurs de deux d'entre elles, Venizelos et Karamanlis, ont bien joué ce rôle), mais l'essentiel y est...

Enfin, hier soir, j'ai été interviewé dans le journal de 20h00 de RFI par Aurélien Devernois, qui reprend quelques-uns de me propos dans un article de son site, lui même repris sur un site anglophone. Je n'ai pas pour l'instant le son de cet entretien, mais je devrais pouvoir le mettre en ligne dans la journée.

Pour finir, ajoutons enfin que la victoire d'hier pourrait être assez rapidement remis en cause. Le mandat de l'actuel président de la République, Prokopis Pavlopoulos, échoit le 13 mars 2020. Issu du parti de droite Nouvelle Démocratie, il avait été choisi par Syriza dans le but de faire montre de son absence de sectarisme. En principe, il peut faire un second mandat, mais...

Ce sont les députés qui élisent le président de la République hellénique. Au deux premiers tours, la majorité des deux tiers (200) est requise; au troisième, la majorité des trois cinquièmes (180). Si la majorité requise n'est pas dégagée au 3e tour, l'Assemblée est automatiquement dissoute. C'est même ainsi que Syriza avait provoqué, fin 2014, la dissolution de la chambre élue en juin 2012 et dont le mandat ne s'achevait donc qu'en juin 2016.

Or, avec 158 députés, la Nouvelle Démocratie est loin des 180 voix nécessaires. Tout dépendra donc du PASOK et de ses 22 députés qui permettraient tout juste d'atteindre la majorité requise au 3e tour... Et tout dépendra donc de la conjoncture économique et politique. Si elles sont mauvaises - ce qui est prévisible ! - ou exécrables - ce qui est probable -, Syriza peut espérer se refaire des plumes dans un nouveau scrutin législatif en refusant, comme en 2014, toute solution de compromis. Et le PASOK peut espérer revenir avec quelques députés supplémentaires qui lui permettraient, si la droite et Syriza se retrouvaient dans un écart plus resserré et sans majorité absolue, jouer les arbitres. Dans ce cas, de nouvelles élections législatives pourraient bien avoir lieu dès leprintemps prochain.

dimanche 30 juin 2019

Grèce : des élections pour... rien et... clinique pour chaton

En Grèce les derniers sondages (à prendre en général avec des pincettes, mais ils ne se sont pas trop plantés pour les européennes ) donnent une avance de l'ordre de 10 points à la droite sur Syriza et sept partis au Parlement: la Nouvelle Démocratie (droite), Syriza, les restes du PASOK agglomérés à qq groupuscules, le vieux parti communiste orthodoxe, le parti de Varoufakis et les deux extrêmes droites - Aube dorée et Solution hellénique qui a percé aux européennes, notamment dans le Nord, grâce à l'accord signé par Tsipras avec la République désormais dite de Macédoine du Nord, pour satisfaire les exigences de ses patrons de Berlin et de Washington. SH taille à l'évidence des croupières à AD, sans être, semble-t-il, en position pour l'instant, comme SH en affiche la volonté, de lui faucher la totalité de son électorat.

Le PASOK voudrait bien être en position d'appoint indispensable à un gouvernement de droite, mais il semble que l'immense succès de Syriza sera de permettre à la droite, pour la première fois depuis 2007, de décrocher la majorité absolue et sans doute avec quelques sièges de plus qu'alors.

Ce qui serait une merveilleuse performance de Syriza si l'on prend en compte le caractère de repoussoir qu'a pour beaucoup de Grecs le chef de cette droite, caricature du vieux système clientélo-claniste. D'ailleurs le seul argument audible de campagne de Syriza, qui n'a rien à dire ni à proposer, c'est la personnalité de ce chef.

Oui mais voilà la hargne populaire est telle contre Syriza et son chapelet sans fin de trahisons, que cela semble très loin d'être suffisant et que les Grecs vont sans doute préférer la caricature d'un vieux système qu'il connaissent trop à cette gauche de carnaval qui leur a fait miroiter le changement pour appliquer ensuite le mémorandum européen pire que les deux précédents réunis. En attendant le 4e...

Quant au chef de cette droite, il a annoncé que s'il ne décrochait pas la majorité absolue le 7 juillet, de nouvelles élections seraient convoquées à l'automne.

Sinon, on a craqué pour un chaton abandonné par sa mère...

Jeudi soir, retour d'une semaine à Rhodes où nous sommes allés chercher un copain arrivé de France et lui montrer cette île superbe, nous avons retrouvé "notre" chatte et son chaton, en voie d'autonomisation accélérée. Il y a trois semaines elle nous l'avait amené et s'était installé avec lui dans un nid douillet, sous le figuier et un abri sous roche au coin de la maison, en hauteur et avec un rideau d'herbes sèches, avec vue plongeante sur l'entrée de la cuisine. Comme le petit avait un oeil qui suintait et était parfois fermé, je lui lavais l'oeil au collyre une ou deux fois par jour? Et nous étions inquiets de savoir dans quel état nous le retrouverions après une semaine d'absence. En plein forme ! et les deux yeux grand ouverts sur la vie !

Là-dessus, jeudi soir nous partons manger à la taverne, de l'autre côté du village où se trouvait un minus bébé, totalement craquant - avec un oeil complètement fermé... Pas de mère à l'horizon. Frédéric le prend, le caresse, j'essaye de lui ouvrir l'oeil... Gros épanchement de pus. Pas facile d'être chaton au village...

Mais elle a dû sentir kekchos, la toute petite chose. Quand on est partis, elle nous a couru après, a fait tout le chemin avec nous jusqu'à l'autre bout du village.

Bétadine, pommade ophtalmique achetée à Rhodes pour un orgelet de meszigues, antibio des familles en réserve, maison en carton avec serviette éponge. En fait, on s'est couchés persuadés qu'elle avait perdu un oeil et pas très rassurés sur la suite.

Mais le matin suivant, l'oeil était là et ouvert. Avec une inquiétude dans l'après-midi : on la trouvait bien endormie... Mais dès le soir, elle pétait la forme. Ca dévore, ça joue, ça gambade, ça découvre le monde et ça ne nous lâche plus d'une semelle. Nous voilà transformés en maman chat. Quant à "notre" chatte, que j'ai connue bébé et qui rapplique dès que nous arrivons, elle a d'abord crachouillé et feulé... mais désormais c'est plutôt léchouilles et "mange dans ma gamelle si tu en as envie". Hier, j'ai même essayé la tétée... la pitchoune était plutôt d'accord, mais ça s'est terminé par deux coups de patte.

Bon, inutile de vous préciser qu'on est bouleversés et très heureux !

jeudi 20 juin 2019

Entretien pour Soverain (troisième partie) et élections grecques

Avant les élections européennes, j'avais enregistré un long entretien avec Olivier Rousseau (merci à lui !) pour les sites Soverain et Infopremière. Et j'avais mis les liens de le première et de la deuxième parties sur ce blog. Restait la troisième, consacrée à la politique européenne dans les Balkans et la situation dans cette région ainsi qu'en Grèce. Et bien voilà, c'est fait : depuis quelques jours vous pouvez écouter cette troisième partie et le site Soverain a eu l'excellente idée de remettre en ligne les deux premières parties ainsi qu'un guide d'écoute regroupant minutage et sujets abordés.

Bonne écoute !

Sinon, les élections grecques se préparent ici dans une manifeste indifférence des gens. Tandis que les provocations du sultan, en Egée et autour du gisement gazier chypriote que la Turquie prétend s'approprier se succèdent à un rythme inquiétant. Le tyran aux abois est manifestement tenté de ressouder l'opinion derrière lui par une fuite en avant dans l'agression extérieure. Classique.

Le tout dans l'indifférence la plus complète de "l'Europe c'est la paix" !

Il y a quelques jours, Tsipras, en tournée électorale dans la région a dû annuler ses escales de Nisyros (chez nous) et de Kos pour tenir un Conseil de Défense en urgence.

Pour le reste, on apprend ces jours-ci que la situation budgétaire grecque est en fait... beaucoup moins confortable que prévu et que le coussin de sécurité dont se gargarisent depuis des mois Tsipras et son ministre de Finances (présenté à son arrivée au pouvoir comme un marxiste dur ; je me marre !!! jaune) Tsakalotos, s'est singulièrement dégonflé.

Cela n'étonnera pas les lecteurs de ce blog auxquels je ne cesse de répéter que le couplet "la Grèce va mieux" entonné sur tous les tons à Athènes, Paris, Bruxelles ou Berlin n'est que du pipeau.

Il n'y a jamais eu de mieux et il n'y a pas de coussin parce que la politique brutale et imbécile de l'Euro-Allemagne ne peut que conduire le pays toujours plus bas dans la spirale déflationniste.

Avant, il fallait donc dire que tout va bien, que le coussin mettait à l'abri. Et puis il fallait arroser pour limiter les dégâts électoraux des trahisons en chaîne de Syriza depuis l'été 2015.

Quant au scénario de l'après, il est écrit depuis longtemps et je l'ai répété cent fois, ici et ailleurs.

La rage que suscitent les trahisons tsipriotes, et notamment la dernière - l'accord sous intense pression germano-américaine conclu avec la République dite de Macédoine du Nord - faute de surgissement d'une alternative patriotique et sociale, vont rendre les clés du pays à la droite qui poursuivra les mêmes trahisons.

En l'état actuel, les sondages indiquent qu'après son écrasante victoire aux élections locales qui lui ont donné le contrôle de la plupart des grandes villes et de toutes les régions sauf une, cette droite obtiendrait la majorité absolue au Parlement - une première pour un parti quel qu'il soit depuis 2009.

Dès son arrivée au pouvoir, la droite lancera un audit des finances publiques qui conclura qu'elles sont bien plus dégradées que prévu, que les comptes du précédent gouvernement étaient insincères et qu'il faut donc quémander une nouvelle "aide" de l''Europe et du FMI.

D'où la nécessité d'un 4e mémorandum !

Et Syriza pourra recommencer à mimer une opposition de gôôôôche, jusqu'à la prochaine alternance et au 5e mémorandum...

Car à l'intérieur de l'euro, il n'y a pas d'issue, juste un cercle vicieux que droite et syrizistes carressent à tour de rôle.

Jusqu'à ???

A moins qu'une "bonne guerre" déclenchée par le camarade sultan lui-même aux abois et lancé dans une dangereuse escalade d'agressions...

vendredi 14 juin 2019

Exigeons le référendum sur le bradage d'ADP aux copains de Macron

Ils ont décidé de vendre ce pays à la découpe comme Tsipras et ses prédécesseurs l'ont fait de la Grèce. Aujourd'hui ADP, puis la Française des Jeux, Engie et bientôt certaines toutes nationales...

La vente d'Alstom par Macron fait aujourd'hui l'objet de sérieux doutes : contrepartie pour un financement électoral ? Et aujourd'hui, après le dépeçage de l'entreprise et e pillage de ses savoir-faire par les Américains, on liquide les emplois. Et ce gouvernements de traîtres fait l'étonné.

Pétain et Laval sont au pouvoir, il faut les stopper.

Sans doute trouveront-ils le moyen de ne pas organiser ce référendum, mais plus la vague de soutiens sera large et plus cela apparaîtra comme un nouvel acte de despotisme et de trahison.

Pour nous, c'est fait, du fin fond de l'Egée, j'espère que vous aussi vous apporterez votre soutien à cette demande de RIP : et si vous voulez le faire, c'est ici !

Faites gaffe, ça peut bugger si on laisse l'ordi préremplir le nom et le prénom ; il faut effacer ce que l'ordi écrit automatiquement et réécrire avec le clavier : sinon, l'excellent site Les Crises vous explique la marche à suivre et comment faire et les autres erreurs à éviter.

mercredi 5 juin 2019

Dernières et prochaine élections en Grèce : mon analyse

Hier, le site de Marianne a bien voulu publier mon analyse des résultats des derniers scrutins en Grèce et des enjeux des législatives anticipées qui devraient avoir lieu le 7 juillet. Vous pourrez la lire en cliquant ici.

lundi 3 juin 2019

Régionales et municipales grecques deuxième tour

Hier avait lieu le deuxième tour des municipales et des régionales en Grèce : abstention record (58,27%) ce soir en Grèce pour le deuxième tour des régionales et des municipales avec aussi une grosse montée des blancs et nuls (8,14%).

Syriza ne sauve évidemment pas l'Attique où la droite fait un carton (65,75 %) qui sanctionne durement la gestion de la sortante Rena Dourou.

Mais le vieux bastion Pasok de la Grèce de l'Ouest, malgré un renfort syriziste, bascule aussi à droite qui emporte 55,7% des voix. Seule des 13 régions, la Crète (vieille tradition venizeliste oblige) va avoir un exécutif Pasok-Syriza, puisque localement, Syriza s'est allié au Pasok qui, si la droite n'a pas la majorité absolue en juillet au niveau national, apportera l'appoint nécessaire comme entre 2012 et 2015.

Cerise sur le gâteau de la droite, le neveu du futur Premier ministre de droite Mitsotakis enlève, avec plus de 65% des voix, la mairie d'Athènes au centre-gauche ... La droite contrôlera aussi la plupart des grandes villes.

La gestion Syriza est décidément un succès éclatant !

Seul véritable bémol à la victoire de la droite qui, sauf accident pour elle, devrait contrôler après les législatives de juillet, le gouvernement, 12 régions sur 13 et la plupart des grandes municipalités, le maire communiste (KKE) de Patras (3e ville de Grèce) conserve sa mairie avec 70,49 % des voix contre le candidat du Kinal (cartel électoral autour du vieux PASOK). Les candidats de la droite et de Syriza avaient été éliminés au premier tour.

Le type a une équation personnelle très forte et a mené une politique sociale active. Il y a qq temps il a refusé d'appliquer dans sa commune la loi scélérate de Tsipras, prise sous pression européenne, de levée de l'interdiction de confiscation pour dettes et vente aux enchères du domicile principal.

mercredi 29 mai 2019

Deuxième semaine grecque à Paris

Mes chers amis de la Librairie hellénique Desmos organisent à Paris, du 9 au 16 juin prochains une deuxième "Semaine grecque". Je n'y serai que par le coeur, puisque je suis au fin fond de l'Egée, mais si vous êtes à Paris, n'hésitez pas !

Lectures, film, concerts, il y en a pour toutes les oreilles !

Demandez le programme en cliquant ici !

Elections européennes, résultats en Grèce

D'abord une petite précision : comme j'avais écrit, à la fin de mon précédent billet, que je ne répondrais pas aux commentaires qu'il susciterait, je n'ai effectivement pas publié les commentaires qu'il a suscités.

Pour le reste, la liste UPR pour laquelle j'ai voté, et pour laquelle je ne regrette nullement d'avoir voté, a progressé en voix de manière significative par rapport aux précédentes élections. Ma conviction reste inchangée - il faut construire aujourd'hui une offre souverainiste qui tienne la route de la nature que j'indiquais dans mon précédent papier - et mes réserves à l'égard de l'UPR également - on ne bâtit pas un pôle à vocation majoritaire en exigeant des ralliements.

Pour le reste, j'en ai un peu marre de la délectation morose du genre : "Oui c'est lui le vrai vainqueur de ces élections, c'est le plus grand politique depuis Mitterrand, on le combat mais il faut bien reconnaître son génie tactique"...

Eh bien Non.

Il a perdu - avec moins de 10% du corps électoral - bien qu'il n'ait rien en face de lui : un RN nul, des gauches de droite atomisées parce qu'elles ont accepté l'UE et l'euro, une droite en décomposition, des idiots utiles écolos, une LFI en errance qui a choisi les élucubrations d'Autain et Obono plutôt que Kuzmanovic...

On en est là parce que l'UE et l'euro ont détruit le champ politique en privant de tout sens et contenu les alternances, et il restera - ce qui n'a rien à faire avec son prétendu génie - si, les souverainistes (qu'on les appelle comme on veut) de droite et de gauche restent incapables de s'unir et de structurer un programme de législature, clair, pour la Libération et d'aller au combat sur ce programme.

Quant à la Grèce, la participation est en baisse par rapport aux dernières européennes (2014) même si elle a sans doute été dopée par la tenue simultanée de municipales et régionales. Et ces trois élections sonnent le glas du pouvoir syriziste qui a été contraint de concéder des législatives anticipées en juillet.

En effet, les scrutins ont donné un écart est historiquement au plus haut (près de 10 %) entre les deux premiers partis, ceci malgré le côté repoussoir du chef de la droite (Nouvelle Démocratie), véritable caricature du vieux système clientélo-clanique. Tsipras, avec sa majorité parlementaire étroite et ne reposant que sur quelques traîtres du parti avec lequel il a gouverné depuis 2015 et qui a quitté la coalition après l'accord de Prespa avec la République désormais dite de Macédoine du Nord, ne pouvait plus maintenir la fiction d'élections allant au terme constitutionnel de sa mandature à l'automne.

Pour autant, la dispersion sur de micropartis, qui traduit le déboussolage complet de l'électorat grec, est telle qu'elle rendrait difficile pour la droite, si reproduction à l'identique lors des législatives anticipées de début juillet, d'avoir une majorité absolue.

Enfin la percée d'une droite nationaliste plus présentable qu'Aube dorée, notamment grâce à l'accord avec la République dite de Macédoine du Nord imposé au peuple grec qui le rejette à une très large majorité, pourrait bien s'amplifier aux législatives.

Le maintien des pasokiens autour de 7,5% devrait néanmoins permettre la reconstitution du gouvernement préSyriza.

Ainsi Tsipras raterait ce que je pense être son objectif: être indispensable à une grande coalition pour laquelle il n'avait pas de mots assez beaux à propos de l'Allemagne. Reste pour lui à décrocher une sinécure européenne !

Ainsi s'achèverait la mission historique de Syriza: avoir fait passer tranquillou ou presque ce que la droite n'aurait sans doute pas réussi à faire passer sans convulsion, y compris l'extension de l'OTAN à la République dite de Macédoine du Nord, et restituer le pouvoir à la droite une fois le sale boulot accompli.

L'autre grande leçon du scrutin c'est la débandade piteuse des dissidents syrizistes. Un peu plus d'1,5 % pour Zoé Kontantopoulou, moins de 0,6 pour Laïki Enotita empêtré à ce niveau dans des querelles d'appareil ! On ne se refait pas... Quant à la liste trompe l'oeil de Varoufonvaréformerleuropepourlafaireplushumaine, qui espérait jusqu'à hier avoir décroché un siège juste au-delà du seuil des 3% (3,1), elle se retrouve, après recomptage à 2,9% et ledit siège va à la droite.

Dimanche, deuxième tour dans les municipalités et régions non pourvues au premier, notamment l'Attique, la plus importante du pays, détenue par Syriza depuis 2014 et qui devrait lui échapper.

Bref, Syriza ce n'est pas seulement la Bérézina de la gauche radicale qui, en régime européen, est une droite comme les autres, c'est un paysage qui, même hors d'Olympie et de Delphes, est un champ de ruines... Et ce n'est pas demain que va commencer la reconstruction.

lundi 20 mai 2019

Élections européennes : que faire ?

Et d’abord quel est l’enjeu au plan européen ?

Il s’agit d’élire des représentants français à une assemblée qui n’a de parlement que le nom et ne fait qu’en singer les procédures (voir le chapitre XV de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe intitulé : Le « parlement européen » : une imposture).

L’Union européenne est un monstre antidémocratique au profit duquel on a dessaisi des leviers de toute action sur le réel les représentations nationales et les pouvoirs légitimes issus des élections nationales afin d’en transférer la maîtrise à des instances technocratiques placées hors du champ du débat démocratique.

Les appareils politiques et leur personnel ont été acteurs – ou complices lorsqu’ils étaient dans l’opposition – de cette grande liquidation démocratique qui leur évite d’avoir à gouverner, c’est-à-dire à choisir. Leur rôle se réduit désormais aux aménagements à la marge et au maintien de l’Ordre européen, lorsqu’il paraît menacé par des peuples excédés de voter dans un sens ou dans l’autre pour voir, au final, s’appliquer la même politique. Pour le reste, les exécutifs nationaux mettent en œuvre des politiques prédéterminées par les traités, et les parlements nationaux enregistrent des textes produits « ailleurs » par des instances fonctionnant hors de tout contrôle démocratique réel. C’est d’ailleurs ce qu’ont parfaitement compris les Britanniques, qui ont une vraie culture parlementaire, et c’est la raison essentielle de leur vote en faveur du Brexit.

Au plan européen, l’enjeu est donc quasiment nul. Tout juste la poussée prévisible des eurosceptiques et eurocritiques de différentes obédiences contraindra-t-elle sans doute les conservateurs et socialistes qui règnent en connivence sur l’hémicycle à partager les sinécures avec les libéraux, voire avec les écologistes. Cela compliquera sans doute un peu le fonctionnement de cette chambre, mais n’aura aucune conséquence réelle puisqu’elle n’a, dans les faits, aucun pouvoir.

L’imposture de la réforme

Chacun sait par ailleurs que cette Europe ne sera pas réformée parce qu’elle est irréformable. Et parce qu’elle a été construite pour servir exactement à quoi elle sert : priver les peuples de toute prise sur le réel et sur leur destin au profit d’une oligarchie économique, seule patronne de cette Europe. Il n’y aura jamais 27 ou 28 exécutifs pour, soudain, ensemble, avoir la révélation qu’il faut remplacer, au centre de cette construction, la sacro-sainte concurrence par la coopération, faire un euro plus humain ou je ne sais quelle autre fadaise.

Les pays qui bénéficient du détachement des travailleurs – indispensable soupape qui leur évite de graves troubles sociaux – bloqueront toujours la réforme du système des travailleurs détachés, et il en va de même sur tous les sujets. Ainsi le rapport pathologique que l’Allemagne, du fait de son histoire propre, entretient avec la monnaie exclut-il toute réforme de l’euro, monnaie dysfonctionnelle qui ne cesse d’enrichir les pays les plus forts et d’asphyxier les plus faibles.

L’UE et l’euro sont un carcan et on ne réforme pas un carcan : on le brise et on s’en libère, ou on y crève.

Il est donc hors de question pour moi d’apporter mon suffrage à l’une quelconque des listes (LFI, PP-PS, Hamon-Varoufakis, PC, LREM, Verts de différentes variantes, LR, DLF, RN) qui accréditent l’idée d’une possible réforme de l’édifice.

La possibilité de l’abstention

Pourquoi dès lors ne pas s’abstenir ? J’ai joué avec cette idée et de très bons amis opteront pour cette solution sans que cela me choque le moins du monde.

Pour l’un, se plaçant sur un plan très général qui est à mes yeux le plus convaincant, il n’y a plus aucune raison de participer à aucun vote, toute élection étant devenue un simulacre dans le cadre européen où les peuples ne décident plus de rien d’essentiel. C’est, dans la Rome républicaine, la plèbe se retirant sur l’Aventin afin d’arracher des droits aux omnipotents patriciens.

Pour d’autres, il s’agit de délégitimer l’institution à laquelle on nous demande d’envoyer des représentants. Cet argument-là me paraît plus faible. Comme historien, je ne me souviens d’aucun exemple de boycottage d’élection ayant entraîné la moindre conséquence politique positive. Comme historien, je garde le souvenir du boycottage des premières élections grecques d’après-guerre par le parti communiste et les forces démocratiques qu’il avait groupées autour de lui au sein de la Résistance, et ceci pour les meilleures raisons du monde. Le résultat fut que les droites emportèrent 235 sièges sur 354 et que les gouvernements s’appuyant sur cette majorité purent imposer « légalement » toute sorte de régressions, mener une guerre civile, interdire le parti communiste.

Ajoutons qu’aux dernières élections européennes, les taux d’abstention dépassèrent 65 % (Roumanie, Portugal, Lettonie, Hongrie), 75 % (Pologne, Slovénie, Croatie) pour atteindre 80,5 % en République tchèque et 87 % en Slovaquie, sans que cela remette le moins du monde en cause la pérennisation du système : l’oligarchie se moque de la légitimité. Ce qui l’intéresse, c’est qu’un simulacre de parlement – quelles que soient les conditions de son élection – valide les décisions qu’il sera chargé de valider. Dans ces conditions, l’abstention ne change en rien la donne. Ce qui peut la compliquer, c’est qu’un nombre important d’élus soient résolus à compliquer le fonctionnement de la machine à validation.

L’enjeu intérieur

Si l’enjeu de ce scrutin au plan européen est faible, il se double d’un enjeu intérieur : alors que depuis un an le pouvoir macronien est confronté aux conséquences de sa désastreuse politique, de sa pratique tyrannique du pouvoir, de son insupportable arrogance désormais associée à un autoritarisme qui… crève les yeux, quand il n’arrache pas les mains.

L’élection européenne est donc un moyen de sanctionner le gouvernement.

À cet effet, l’abstention me paraît inopérante : vu l’état pitoyable du commentaire politique dans ce pays, on se lamentera durant cinq minutes sur le taux d’abstention en moulinant quelques imbécillités sur le vote obligatoire, puis on passera la soirée et les jours suivants à gloser sur la victoire de celui qui arrivera en première position.

Cette victoire sera évidemment, comme le reste, un dérisoire simulacre. De quelle victoire parle-t-on dans une situation où celle-ci est acquise par moins du quart des 40 % prévisibles de votants, c'est-à-dire probablement par à peine plus de 10 % du corps électoral ?

Et si LREM arrive en tête avec ces 10 ou 12 %, alors qu’elle regroupe, de Royal et Cohn Bendit à Raffarin et aux épigones de Juppé, un bloc qui pouvait représenter, il n’y a pas si longtemps, entre 60 % et 70 % du corps électoral, toute l’éditocratie criera au triomphe du tyranneau et à l’illégitimité des Gilets jaunes qui « ont mis le pays à genoux »…

Or, la seule manière d’empêcher ce scénario, c’est de voter RN, puisque le RN est le seul parti en position de ravir la première place à LREM. On peut le regretter, on peut, comme moi, considérer que ce parti est en somme l’assurance-vie du système puisque tant qu’il est là, il empêche une alternative politique crédible d’émerger, mais c’est ainsi et, comme disait de Gaulle, on ne fait de politique qu’avec des faits.

Pour autant, cette solution ne me convient pas. Non que je crois une seule seconde au retour de la peste brune cher aux antifascistes de carnaval. Mais ce parti porte des valeurs qui sont antithétiques avec celles du gaulliste que je reste. Et il est désormais, comme il l’était avant la séquence Philippot, aussi libéral que tous les partis de droite dure.

Alors que faire ?

Comment, en ayant écrit 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe, comment en croyant que la libération du carcan de l’euro et de l’UE est la condition nécessaire (même si elle n’est pas suffisante) à la renaissance de la démocratie dans mon pays, à la restauration d’un État social modernisé et efficace, au retour de la France dans le monde, à la reconquête d’une parole libre, de l’indépendance nationale, de la souveraineté monétaire indispensable à la reprise en main par le politique des leviers économiques, à la mise au pas des lobbys… comment pourrais-je ne pas choisir de voter pour une des deux listes qui ont mis au centre de leur discours cette nécessaire libération ?

Se libérer du carcan européen, c’est permettre la reprise d’un vrai débat démocratique, projet contre projet, c’est rendre au peuple la maîtrise de ses choix. Cela ne sera possible que par la construction d’un rassemblement à vocation majoritaire des souverainistes de toutes options politiques (il y avait dans le Comité national de la Résistance des communistes et des gens venant de l’extrême droite d’avant-guerre) et la mise au point d’un programme de législature destiné à relever en cinq ans tous les défis, nombreux et complexes, que suppose cette nouvelle libération de la France.

Le Brexit nous donne à cet égard deux leçons : l’UKIP, en gagnant les élections européennes de 2014, a forcé le pouvoir conservateur, qui n’en avait aucune intention, à organiser le référendum. Car faute de le promettre, les législatives suivantes, dont l’UKIP aurait polarisé la campagne sur l’enjeu européen, risquaient de se transformer, dans le système électoral britannique de scrutin majoritaire de circonscription à un tour, en déroute pour les tories. Mais également pour le Labour car, aux élections européennes et pour le référendum, l’UKIP et le Leave ont fait leurs meilleurs scores dans les bastions populaires travaillistes (alors que le Remain faisait le plein chez les bobo blairistes), qui s’apprêtent d’ailleurs à voter massivement pour le nouveau Parti du Brexit, créé par Nigel Farage après le virage de l’UKIP vers la droite radicale.

C’est donc en faisant la jonction avec des électorats conservateur et travailliste qu’a été imposé puis gagné le référendum.

La seconde leçon, c’est que, si on laisse aux partis traditionnels le soin de conduire la libération, une fois la victoire acquise sur le principe, ils la convertissent en reconduction de l’asservissement.

Plus que jamais nous avons donc besoin d’un rassemblement qui met au centre du débat politique la nécessité de l’affranchissement et qui soit préparé à le conduire. Et là-dessus, tout reste à faire.

Un choix qui ne vaut pas ralliement

Réglons d’abord la question Philippot. Si on lit les sondages, il semble que sa liste soit la moins éloignée du seuil permettant d’obtenir des élus. Et je ne crois pas que Florian Philippot soit de près ou de loin un fasciste, un antidémocrate, un partisan du régime autoritaire (ce qui en revanche n’a rien d’évident pour Macron !). Mais il a fait une erreur tactique de taille : croire qu’en faisant de l’entrisme au FN il allait en changer le code génétique. La démonstration est faite que c’était une impasse, et le sera encore davantage quand la nièce succédera à la tante.

Philippot est donc aujourd’hui marqué, à tort ou à raison ce n’est pas le problème, d’un stigmate, et ce serait une erreur aujourd’hui que le souverainisme soit associé à cette marque-là.

La question se pose différemment avec l’UPR de François Asselineau. Il est évidemment absurde, si on lit les textes produits par ce parti, si l’on écoute son président à côté duquel je me suis retrouvé une fois en débat, d’y trouver des traces de droite extrême. Asselineau est en réalité une figure très (trop ?) classique de la vie politique française, énarque passé en politique par le biais de cabinets ministériels – de droite dans son cas. Lui reprocher telle ou telle amitié politique d’il y a 10, 15 ou 20 ans est aussi privé de sens que de reprocher à Jean-Luc Mélenchon d’avoir été sénateur socialiste et d’avoir voté Oui au traité de Maastricht. Chacun a son parcours et celui d’Asselineau, comme celui de Mélenchon, s’est fait dans le cadre des institutions démocratiques.

Quant aux militants de l’UPR, j’ai, comme tout souverainiste qui n’est pas membre de ce mouvement, eu maille à partir avec des excités, parfois agressifs, au zèle excessif et, au final, contre-productif. Passons. Je vois aussi que ce parti est l’un des rares à avoir une force militante réelle portée par des convictions fortes. Si je me suis joint à son cortège du 1er mai, c’est aussi que je voulais y voir de plus près. J’y ai vu des gens de tous âges, des personnes issues de l’immigration brandissant fièrement le drapeau tricolore et aucun crâne rasé, beaucoup de jeunes racontant facilement comment ils avaient été européennement formatés dès le collège et comment ils avaient pris conscience du mensonge. J’ai parlé avec des gens me disant que leur premier engagement politique avait été chez Montebourg, chez Chevènement, à la LFI…

Alors voilà, c’est décidé : je voterai UPR.

Non que je crois au destin d’Asselineau ! Assurément l’homme n’est pas sans qualités : il connaît les textes et ses dossiers. Trop, pourrait-on dire ; son discours est trop techno, trop juridique pour percer dans l’opinion, même s’il me semble qu’il commence à s’en affranchir. Il a surtout eu le grand mérite de prendre enfin à bras-le-corps la question de la sortie. Mais il n’articule aucun récit, ne donne corps à aucun imaginaire. On ne fait pas plus rêver un peuple avec un taux de déficit budgétaire qu’avec l’article 50 du traité…

Cet article, d’ailleurs, est un de mes points de désaccord avec l’UPR : on a vu de quel piège il s’agissait avec le Brexit. La libération ne peut être qu’un acte unilatéral, rapide, radical. Car si la France force la porte de la cage, la cage explose. Ensuite, on ira voir les autres pour négocier avec eux ce qu’on peut garder, dans un cadre strictement intergouvernemental.

J’entends aussi toutes les réserves, les critiques, les intelligentes analyses sur les défauts et les insuffisances de l’UPR. Et pour certaines, je les partage. En outre, comme je ne cesse de l’expliquer aux militants UPR avec lesquels je suis en contact sur Facebook, on ne se décrète pas CNR à soi tout seul, on ne fait pas un rassemblement par injonction au ralliement, de surcroît quand, malgré une base militante active, on a un socle électoral inférieur, selon toute vraisemblance, à 2 %. Un rassemblement, cela se construit. Que l’UPR et Asselineau aient leur place dans un tel rassemblement relève de l’évidence ; ils ne peuvent pas l’être à eux seuls.

Mais enfin de quoi est-il question le 26 mai ? D’élire un président ? De désigner une majorité au Parlement dont sera issu un gouvernement ? Non. Quoi qu’on vote le 26 mai, cela ne changera rien, ni en France ni en Europe.

Dès lors que j’ai éliminé l’abstention et le vote RN pour « empêcher Macron d’arriver en tête », il s’agit pour moi de dire que je crois indispensable pour mon pays, pour mon peuple, pour la démocratie, de nous libérer de l’euro et de l’UE. Et pour cela, je n’ai à ma disposition qu’un bulletin : celui de la liste UPR.

Je pense que cette prise de position va provoquer des réactions… disons contrastées, sans doute hostiles, de la part de gens aussi sincères dans leurs convictions souverainistes que je le suis ou que le sont les militants UPR. Je n’y répondrai pas, non par mépris, mais parce que je m’interdis de polémiquer avec qui que ce soit qui partage la conviction que la France doit briser les barreaux de cette nouvelle prison des peuples qu’est l’UE. Nous aurons un jour ou l’autre à travailler ensemble. Je ne veux pas insulter l’avenir.

dimanche 19 mai 2019

Au fond de la poche droite...

Pour tous ceux qui, dans ce monde de brutes, voudraient passer un superbe moment de lecture, entre un moine et un chiot, dans un monastère perdu sur un rocher battu par les vents et où le moine Vikentios est le dernier survivant, je vous recommande plus que vivement Au fond de la poche droite de Yannis Makridakis, remarquablement traduit par Monique Lyrhans.

La mort de sa seule compagne, la chienne Sissi, plonge Vikentios dans la tristesse, la confrontation avec la mort et la solitude absolue. Mais la chienne est morte en mettant au monde trois chiots... C'est dense, immobile et pourtant si vivant, poignant.

Ce livre est un petit bijou.

Un des avantages de Nisyros, c'est qu'ici je peux me remettre à lire tout en écrivant... ce dont je suis parfaitement incapable à Paris.

Hier soir, après la soupe de poissons maison (poissons achetés au pêcheur le matin), j'ai donc attaqué un livre d'une nature un peu différente mais qui s'annonce déjà passionnant et, pour meszigues, jubilatoire - en plus de la qualité de l'écriture sensible dès les premières pages. Il s'agit de Vers la Révolution. Et si la France se soulevait à nouveau ? de Fabrice Grimal, écrit et publié avant les Gilets jaunes. Sans aucun doute, je serai amené à vous en reparler!

jeudi 9 mai 2019

L'imposteur Tsipras en grandes manoeuvres

Nous voilà donc de retour à Nisyros...

Et à peine arrivés, nous apprenons que l'imposteur Tsipras, vient de sortir de son grand chapeau toute une série de mesures (baisses de la TVA sur ceci, baisses d'impôts, 13e mois ou les pensions...) : il y en a pour tout le monde... mais seulement à partir de 2019 et surtout 2020 !!!

Enfumage préelectoral... L'imposteur n'est plus à une imposture près. Le voilà qui promet le contraire, à moins de trois semaines des élections municipales, régionales et européennes, de ce qu'il a fait depuis 2015, en sachant fort bien qu'il ne sera plus au pouvoir dans six mois et que ce qu'il propose ne sera pas appliqué.

En réalité, la Grèce n'est sortie de rien du tout. Au dernier trimestre 2018, sa dette a atteint son plus haut historique par rapport au PIB (+ de 181 %), son potentiel productif a fondu du tiers, le chômage n'a été stabilisé en trompe l'oeil que par le départ en émigration des plus jeunes ou des mieux formés, perte sèche pour l'économie du pays, l'activité ne redémarre pas et le seul moteur qui tourne encore est celui du tourisme dont les recettes sont délocalisées par le all inclusive alors que les coûts environnementaux, sans cesse plus lourds, sont à la charge du pays, dont les biens publics ont été bradés et tandis que les petits propriétaires vivent une spoliation d'une ampleur inédite en temps de paix...

La dette reste donc insoutenable et il faudra bien entendu, après les élections, demander un nouveau prêt aux institutions européennes qui sera conditionné par un nouveau mémorandum dont la première exigence sera l'annulation des mesures que Tsipras vient d'annoncer ; s'il obtient la confiance de la Chambre pour les mettre en oeuvre.

Mais il faut bien tenter à tout prix de limiter la casse électorale. Depuis un moment déjà, j'écris que l'analyse de Tsipras est sans doute que, puisque la droite discréditée durablement et dirigée par une figure caricaturale du système qui a conduit la Grèce où elle est aujourd'hui ne parviendra sans doute pas à la majorité absolue, Syriza, tout aussi discrédité, doit tout tenter afin d'être assez haut pour être le partenaire obligé d'une grande coalition à l'allemande dont Tsipras a fait de vibrants éloges.

Cette dernière manoeuvre est en parfaite cohérence avec ce schéma. La question qui se pose est de savoir s'il veut "tomber à gauche" tout de suite - il demande un vote de confiance sur sa nouvelle version de 'on rase gratis", mais demain et après-demain - afin de pouvoir faire une campagne "de gauche" à des élections législatives très rapides avant l'été, ou s'il pense que ces mesures en trompe l'oeil lui permettront de tenir jusqu'à l'automne, dans la mesure où il est impossible aujourd'hui à l'eurogroupe et à la Commission Juncker expirante, en pleine campagne européenne puis composition d'une Commission qui va sans doute être très compliquée à constituer avec les commissaires nommés par des gouvernements eurosceptiques et après la poussée électorale des différentes formations non eurobéates, de prendre des mesures immédiates de rétorsion contre un gouvernement Tsipras qui joue donc les affranchis à bon compte.

Exécrable stratège, Tsipras confirme ainsi qu'il est un excellent tacticien. Est-ce que ce sera suffisant vu le niveau de rejet et d'exécration de son gouvernement ? L'avenir nous le dira.

dimanche 28 avril 2019

Χριστός ανέστη !

Joyeuses Pâques à tous mes amis grecs !

Bien plus encore que dans le monde catholique romain, Pâques est la plus grande fête du monde chrétien orthodoxe, et donc de Grèce.

Dans Les Ombres du levant (1996 pour l'édition papier chez Critérion, épuisée, et 2013 pour l'édition électronique chez H&O) j'évoquais les si particulières Pâques de 1941, alors que la Wehrmacht déferlait sur l'héroïque Grèce qui avait repoussé l'attaque d'une armée italienne disposant d'une écrasante supériorité numérique et matérielle. Un pays expirant sous la botte allemande (italienne et bulgare), mais qui ne tarderait pas à ressusciter dans une Résistance quasi instantanée et bientôt massive - victime aussi d'une occupation particulièrement meurtrière et sauvage.

Alors oui, amis grecs ! Χριστός ανέστη ! Et qu'une fois encore, la Grèce occupée, martyrisée depuis bientôt dix ans, renaisse enfin, elle aussi !

"Cette année-là, la semaine sainte orthodoxe commença le lundi 14 avril. Cette année-là, comme chaque semaine sainte, chaque Grec flétrit la trahison de Judas et la dérobade de Pilate, revécut dans sa chair la passion du Dieu vivant. Le mercredi saint, le front d’Albanie céda ; le jeudi saint, l’armée yougoslave capitula ; et les nazis déboulèrent sur la Grèce centrale. Les Anglo-Grecs s’arc-boutèrent aux Thermopyles, là où jadis une poignée de Lacédémoniens avait barré la route au Mède, jusqu’à ce que la trahison permît aux multitudes barbares de les prendre à revers. « Passant, va dire à Sparte que tous ici sont morts en respectant ses lois. » Léonidas et Christ. Au son du glas, j’emmenai Rod et Biche, le soir du vendredi saint, à la plus poignante des cérémonies orthodoxes, celle de l’Épitaphios (la mise au tombeau) au cours de laquelle on porte en terre une icône, simulacre du crucifié ; on apprit dans la nuit que le Premier ministre Koryzis, coincé entre ses Weygands qui exigeaient la capitulation et son roi qui refusait de sanctionner les officiers félons, s’était suicidé. « Vous avez compris, vous, Alexandre, si en Grèce, à Pâques, on fête la résurrection d’Adonis, celle de Dionysos, ou seulement celle de Christ ? » me demanda Séféris, juste avant de s’embarquer pour la Crète. En tout cas, cette année-là, c’était bien la Grèce qui vivait sa Passion.

La nuit de Pâques, à Halandri, le faubourg d’Athènes où Éléni m’avait convoqué, je participai au rite nocturne de la Résurrection (ανάστασις). Sans elle : rentrée tout juste de Kalamata, elle y repartait dans l’heure, une histoire de cache, une mystérieuse cargaison ; elle avait tenu à me dire adieu : « Pars maintenant, la suite ne te regarde plus. » Puis elle m’embrassa fougueusement et disparut dans la foule massée devant l’église pleine à craquer malgré les sirènes, malgré la menace des Stukas. À minuit, le pope apparut, un cierge à la main, dans l’embrasure de l’iconostase : « Χριστός ανέστη ! » (Christos anesti ! Christ est ressuscité !) La phrase magique se murmure en confidence, la flamme se dédouble, se multiplie, l’étincelle court au-dessus de la foule. Panaghiotis allume le cierge de Kostas, son voisin avec qui il est en procès depuis cinq ans pour une histoire de clôture, et Iannis à celui de Stratis, bien que tout le quartier sache que c’est à Stratis que Iannis doit ses cornes. Kassiopi tend le sien vers cette garce d’Irini qui lui a pris son frère, pendant que le père Patsaris en profite pour effleurer le décolleté de la mignonne Polyxéni et que Mme Papaioannou, en allumant le sien à celui de Sotiris, le locataire qui n’a pas payé son terme depuis trois mois, lui glisse qu’elle lui laissera encore une quinzaine de grâce. Nikos, l’épicier, se jure de ne plus voler personne – en appuyant d’un index invisible sur le plateau de la balance – jusqu’à la fin de la guerre ; quant à Miltiadis, il promet de ne plus rosser sa femme chaque fois qu’il rentre après l’avoir trompée. Photini prie de toute son âme le Seigneur d’épargner son Dimitri – son fils unique qui se bat et dort dans les montagnes depuis tant de mois, lui qui est si frileux ; et Maria pleure en suppliant le Tout-Puissant qu’il lui rende à temps son Théodoros, avant que son ventre ne commence… Il avait la peau si douce Théodoros, qu’avant son départ au régiment elle n’a pas pu lui dire non encore une fois, mais elle est sûre que son père la tuera si… Et tous pensent aux héros qui sont vaincus mais qui n’ont pas failli, aux frères du nord déjà sous le joug, à la résurrection, à demain. De la loupiote est née une vague de lumière qui déferle à présent sur la place, dans les rues adjacentes ; la rumeur s’enfle en un cri d’allégresse : Χριστός ανέστη ! Et moi je prie pour Éléni, en répétant avec les autres : Χριστός ανέστη ! et pour la France aussi : « la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre », nous a dit de Gaulle. Elle ne s’éteindra plus.

Lundi de Pâques, les œufs rouges s’entrechoquent, le roi part pour la Crète. Χριστός ανέστη ! Papagos démissionne et Tsolakoglou, le Judas, capitule. Tsoudéros, le libéral déporté aux îles par Métaxas, forme un gouvernement peuplé de métaxistes. Χριστός ανέστη ! Les Anglais, les Néo-Zélandais et les Australiens rembarquent ; Wilson quitte Athènes sous les fleurs comme s’il était victorieux et les murs se couvrent d’images de la Vierge. Χριστός ανέστη ! Le 24, John met Rod et Biche à l’abri et me souhaite bonne chance ; les Thermopyles ont cédé, mais qu’importe ? Χριστός ανέστη ! Le 26, Corinthe est prise. Chaque Grec trouve un Anglais à aider, une planque, une crique encore libre. Χριστός ανέστη ! Jour de désolation : le 27, la croix gammée flotte sur l’Acropole. Χριστός ανέστη ! Et le 28, Kalamata, tout au bout, tombe aux pattes des nazis ; mais après des combats acharnés. Encore une fois, l’honneur est sauf. Tout est fini. Χριστός ανέστη ! Puisque c’est maintenant que tout commence."

vendredi 26 avril 2019

La Grèce va mieux...

Bon on va passer vite sur la calamiteuse exhibition du freluquet au sourire de hyène et à la voix de fausset débitant ânerie sur mensonge. C'est simple : je ne peux plus ni le voir ni l'entendre. Ca me met en rage et me fait dresser les cheveux sur la tête. Pas bon pour mon coeur. Donc je me suis contenté de lire les résumé. Néant. Coblence : l'émigré de l'intérieur n'appendra ni ne comprendra jamais rien. Rideau.

Yeux crevés, mains arrachées, citoyens usant de leur droit constitutionnel de manifester jetés à terre, matraqués sans raison, tabassés, piétinés, justice aux ordres - fidèle aux bonnes vieilles traditions de Vichy -, journalistes coffrés pour un doigt d'honneur et maintenant... Fallait faire barrage, hein, les castors ? Des fois que les nouvelles chemises brunes auraient ordonné aux médecins de violer le secret médical pour ficher les opposants ! Ou des fois que des anciens candidats des sucesseurs du GUD deviendraient ministres et têtes de liste aux européennes ! Allez vous n'allez tout de même pas reprocher à une cervelle de Loiseau en 4e année de Science po de ne pas savoir où elle posait ses escarpins. Tête en l'air, va ! Non mais vous ne comprenez rien à l'amour ! Elle se faisait un petit facho qu'elle aurait suivi jusqu'au bout du monde ! Il était blond, il sentait bon la Kro et maniait le gourdin comme personne ! Zêtes pas romantiques, alors forcément...

Et puis ça n'est pas nouveau - Madelin, Longuet, Ponia... - que l'extrême centre, depuis Pinay et Giscard, offre le nid le plus douillet à l'extrême droite qui veut se montrer respectable.

Quant à la Grèce, c'est désormais plus que sûr et certain : elle va mieux !

La dette grecque a atteint, au quatrième trimestre 2018, son plus haut par rapport au PIB à 181,1 % (malgré une baisse en valeur absolue, mais c'est l'effet imparable de la déflation : le PIB fond plus vite que la dette ne baisse !). Son précédent plus haut était à 180,8 % en 2016, suivi d'une léger tassement à 178,6 % en 2017.

Rappelons que les infaillibles experts de l'UE et du FMI prévoyaient en 2010 que les plans de "redressement" ramèneraient la dette grecque à 120% du PIB en 2018, puis en 2011 ils révisaient leurs infaillibles prévisions à 130% en 2018, et en 2012, ils la voyaient à 140% en 2018... Damned, encore raté !

A quand le prochain mémorandum ? Après les élections bien sûr !

Ce sont les mêmes infaillibles experts qui prescrivent aujourd'hui à l'économie française, sous prétexte d'une dette excessive, les remèdes du bon docteur Kizyvienne...

jeudi 18 avril 2019

Episode II

Voici donc la deuxième partie de mon entretien avec Olivier Rousseau pour l'excellent site Soverain.