OD

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

vendredi 11 mai 2018

La Grèce après le mois d'août

Le CADTM a eu bien raison de recruter Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, cela nous permet d'avoir des papiers passionnants, comme celui que j'ai relayé récemment sur les tranferts massifs de propriété en cours, précis et documentés sur ce qui continue imperturbablement en Grèce, sur quoi les pouvoirs, allemand, français, européen, grec font de la désinformation servilement répercutée (à quelques exceptions près) par les médias dominants.

Ma seule réserve de détail sur le présent papier, consacré au maintien du pays sous tutelle germano-européenne après sa sortie annoncée à grand renfort des trompettes de la propagande, du régime des mémorandums, c'est que, même s'il y a sortie de la Grèce du plan dit d'aide (qui n'a jamais aidé personne sinon les banques françaises et allemandes à transmuter, par une opération d'alchimie européenne les créances sur la Grèce qu'elles avaient accumulées, contre tout principe raisonnable de gestion, en dette sur les contribuables européens), cette sortie ne pourra être que chaotique et provisoire - nonobstant les trompe l'oeil qu'on inventera - tout simplement parce que les politiques de prédation et de destruction massive de l'économie grecque appliquée par la Germano-Europe depuis 2010 ne peuvent permettre au pays de redémarrer.

jeudi 10 mai 2018

Cheval et lavabo...

La chancelière du Reich remet le prix du Reich à son Gauleiter français...

Ca me rappelle cette réponse de Pierre Juillet à Chirac, après que celui-ci l'eut remercié pour son rôle dans la conquête de la mairie de Paris : « c'est bien la première fois qu'un cheval remercie son jockey ».

Un peu plus tard, le même Juillet (d'autres attribuent la saillie à Marie-France Garaud, mais l'un étant l'alter ego de l'autre et réciproquement...), désabusé sur les qualités du poulain, aurait dit aussi : « Je le croyais taillé dans le marbre dont on fait les statues. Je me suis rendu compte que c'était du marbre dont on fait les lavabos »... Enfin, lavabo, c'est la version pour oreilles enfantines, on dit que la réalité se trouverait quelque part entre « chiottes » et «bidet » : qui fera jamais la lumière sur ce point... savoureux de l'histoire ?

En tout cas, « il se croyait » au lieu de « je le croyais » et ça peut resservir tel quel aussi.

mercredi 9 mai 2018

Vingt mille lieues sous les mers

Et pendant ce temps-là, Merkel vend six sous-marins dernier cri à Erdogan (et la technologie qui lui permettra d'en fabriquer d'autres) - sans doute histoire de foutre un peu plus le bordel en Egée et autour de Chypre : l'Europe, la paix, la solidarité, tout ça, tout ça...

Enfin, on ne pourra plus dire qu'il n'y a pas de retour sur investissement sur l'argent filé à Erdogan par l'Union européenne au titre de l'aide aux migrants.

mardi 8 mai 2018

Commémoration

Quand la soumission à l'Eurogermanie commémore la victoire sur l'Allemagne qui, pour la seconde fois en un siècle, d'abord sous la forme impériale et militariste, puis sous la forme impériale et racialiste, jeta l'Europe et le monde dans la guerre, afin de s'assurer un "espace vital"...

Quand le destructeur de l'Etat social, par soumission à l'Eurogermanie, commémore une victoire qui fut aussi celle d'un CNR, dans lequel se retrouvèrent tous ceux qui, de l'extrême droite d'avant-guerre aux communistes, avaient, à un moment où un autre, par réflexe patriotique ou réflexion politique, instantanément ou avec retard, rejeté l'occupation allemande et la collaboration avec l'ennemi, un CNR fondé - aux termes de quels efforts pour dépasser les calculs personnels et les oppositions ! - par Jean Moulin sous l'autorité du général de Gaulle, un CNR qui, conscient que le libre marché était à l'origine de la guerre à travers la crise de 1929, entreprit de nationaliser, de planifier, de réguler, d'assurer à chacun une sécurité minimale devant les aléas de l'existence, posant ainsi les fondations de ce qui fut la période de croissance la plus forte et de répartition de ses fruits la moins inégalitaire de l'histoire de l'humanité - d'un État social. Un CNR dont le démolisseur qui commémore démolit aujourd'hui méthodiquement ce que l'Eurogermanie a laissé subsister de cette oeuvre, liquide l'Etat social, l'intérêt général au profit des intérêts particuliers.

Commémoration, en somme, de la vertu par le vice.

Le livre de ce moment que nous vivons, c'est incontestablement L'Etrange Défaite de Marc Bloch.

lundi 7 mai 2018

De la morgue à l'odieux

Tous les médias dominants français se scandalisent aujourd'hui de l'utilisation de morts, par le président américain, afin de justifier sa politique de maintien en l'état du deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, datant de 1791, et interprété depuis lors comme la reconnaissance du droit des Américains à porter des armes.

Mais naturellement, aucun de ces médias ne voit de rapport - vieille histoire de paille et de poutre - entre cette déclaration et celle de celui qui occupe la fonction de président de la République, ici et maintenant.



Car ce soir, une chaîne de "service public" (on se demande d'ailleurs ce que cela peut encore signifier dans le système médiatique d'aujourd'hui, puisqu'il ne s'agit plus, dans ce système, que de propagande, telle que les Etats totalitaires du siècle précédent en rêvaient : une propagande totalement intériorisée comme quelque chose de naturel par ceux qui la serinent, qui n'ont plus besoin ni d'instructions ni de contrainte) va bien diffuser tranquillement ce morceau choisi de propagande dans lequel celui qui occupe la fonction de président de la République se sert d'un mort - le colonel Beltrame, son acte de courage et d'abnégation - afin de faire la promotion de sa politique de démontage de l'Etat social et de clouer au pilori ceux qui s'indignent de la suppression pour les plus faibles d'une aide au logement.

En pesant mes mots, je considère que ce propos relève d'un cynisme "proprement" dégueulasse. Et ceci d'autant plus que celui qui fait fonction de président de la République, dans ce répugnant exercice de rhétorique, à travers un discours inversant désormais systématiquement les valeurs pour faire dire aux mots l'exact inverse de ce qu'ils signifient, utilise ceux de patriotisme et de souveraineté, à la Pétain, pour escamoter son rôle de larbin de l'Allemagne et d'une Commission européenne aux ordres de celle-ci.

On vient de descendre une marche de plus - de la morgue à l'odieux.

dimanche 6 mai 2018

Transfert de propriété

Comme je l'écris depuis maintenant plusieurs années, la Grèce vit désormais sous la loi des vautours. C'est à dire que la trahison tous azimuts de Tsipras (une trahison qu'un lecteur de ce blog présentait dans son commentaire à mon précédent billet comme une énième version de sainte TINA : s'il a fait ça, c'est bien entendu qu'il ne pouvait faire autre chose. On n'en a donc jamais fini avec les sophismes ! Car non, en effet, on ne peut mener une autre politique sans s'affranchir du double carcan de l'euro et de l'UE, mais on peut choisir de s'affranchir du double carcan de l'euro et de l'UE pour mener une autre politique, ce que les Grecs choisirent par référendum en 2015, puisqu'on leur avait répété, sur tous les tons, du matin au soir et du soir au matin, que s'ils votaient NON on les expulserait de l'euro et de l'UE, et qu'ils votèrent NON à plus de 61 %. Avant que le gouvernement Tsipras ne s'assoie sur leur vote, comme le gouvernement français s'assit sur le vote des Français de 2005, comme... on s'assoit sur tous les votes dans l'UE, dès lors que ces votes ne correspondent pas à ce que des "élites" en sécession ont décidé de ce qu'ils devaient être) se traduit aussi par un immense transfert de propriété, une spoliation à grande échelle, une expropriation des Grecs de leur propre pays.

Ce pays était en Europe, avec la France, celui qui avait fait la réforme agraire la plus accomplie et le peuple grec était un peuple de petits propriétaires ; la fiscalité confiscatoire imposée par l'UE depuis 2010 contraint aujourd'hui ces petits propriétaires qui ont un capital mais pas de liquidités (puisqu'ils sont réduits par les politiques déflationnistes de la Germano-Europe à une précarité telle que même beaucoup de ceux qui ont encore un travail salarié ne sont pas payés régulièrement ou à des niveaux de salaires insuffisants pour vivre, voire survivre), soit à le vendre à n'importe quel prix pour se soigner ou subsister six mois de plus, soit à la confiscation - faute de pouvoir acquitter des obligations fiscales qui n'ont plus rien à voir avec la faculté contributive des Grecs.

Ainsi le gouvernement Tsipras, dit de gauche radicale, préside-t-il avec zèle (notamment en ayant fait passer en urgence une loi, exigée par l'UE, qui permet de pratiquer par Internet les ventes aux enchères des biens confisqués, lesquelles ne pouvaient avoir lieu physiquement du fait des mobilisations populaires), non à la collectivisation ou socialisation d'une partie de la propriété - qui fut autrefois un des marqueurs des politiques dites de gauche - mais à la spoliation pure et simple des petits propriétaires pour l'essentiel au profit du capital étranger, et accessoirement de la partie de la population grecque la plus riche. Ou quand le libéralisme, dont le respect du droit de propriété a toujours été présenté comme le pilier fondamental, aboutit, dans sa forme euro-germanique, à la violation généralisée de ce droit de propriété.

C'est à ce phénomène que Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis, qui dirigea naguère l'ouvrage collectif : Les Grecs contre l'austérité. Il était une fois l'histoire de la dette (Le Temps des cerises, 2015) dont j'ai eu l'honneur d'écrire la contribution conclusive : "La fable du boa et du lapin" (où le lecteur de ce blog cité plus haut trouvera une manière de réponse anticipée à son commentaire à mon précédent post en ce qui concerne Tsipras), vient de consacrer, sur le site du Comité pour l'abolition des dettes illégitimes, un article détaillé que je ne peux que vous recommander de lire.

jeudi 3 mai 2018

Le milliard des émigrés

Comparaison n'est pas raison, l'histoire ne se répète jamais à l'identique, tout ça tout ça...

N'empêche... quand vous êtes historien (ce qui dénote déjà une forme de pathologie mentale), il y a des choses qui font tilt et vous ne pouvez vous empêcher de faire des allers-retours qui sont parfois éclairants, voire pertinents.

Ainsi ce matin, à l'hosto où je n'avais rien d'autre à faire, après une intervention chirurgicale bénigne hier, qu'à attendre ma sortie en lisant ce qui apparaissait sur mon fil Facebook, après une intervention bénigne hier, me suis-je dit que ces 803 nouveaux millions de cadeaux aux très riches et très citoyens qui font émigrer leurs capitaux... m'éveillaient un souvenir.

Retour à la maison, une fois réveillé d'une bénéfique sieste, je m'empare donc du Jardin et Tudesq, "La France des notables, 1815-1848", vol 6 de la nouvelle histoire de la France contemporaine, paru au Seuil en 1973. Bingo !

Arrivé sur le trône à la mort de son frère Louis XVIII, le 16 septembre 1824, Charles X hérite du ministère Villèle, appuyé sur une "chambre retrouvée" élue en mars, où siègent seulement 19 opposants libéraux (la "gauche" de l'époque) dans une assemblée de 430 membres composée au 3/5e de nobles et pour moitié d'anciens émigrés.

Charles X hérite aussi d'une "opération extérieure" décidée sous son prédécesseur : l'armée française, commandée par le duc d'Angoulème, s'en est allée, en avril, tailler des croupières (jusqu'au fort de Trocadéro) aux Cortes et aux Espagnols libéraux, afin de restaurer l'absolutisme à Madrid.

Ce roi, ce ministre, lui-même chevalier de la Foi, et cette chambre conduisent aussi une vigoureuse politique de rapprochement du trône et de l'autel, s'employant ainsi en quelque sorte, à réparer le lien abîmé par la Révolution entre l'Etat et l'Eglise catholique.

Ce roi, ce ministre et cette Chambre s'employèrent également à faire voter, en avril 1825, la loi dite "du milliard es émigrés", destinée à "indemniser" les émigrés "spoliés" par la Révolution. En réalité, nous apprennent Jardin et Tudesq, le capital effectivement mobilisé pour la constitution d'une rente à 3% versée aux bénéficiaires fut de... 867 millions. A 64 millions près, notre Charles X, notre Villèle havrais et notre chambre retrouvée semblent bien suivre un modèle... trouva son terme, cinq ans plus tard, avec les Trois Glorieuses.

Ensuite, vous allez renoncer à une journée chômée pour travailler sans salaire afin de financer la dépendance. Ensuite les retraités doivent faire des efforts. Ensuite comme on a mis la SNCF dans l'impossibilité de remplir correctement ses missions pour justifier l'ouverture à la concurrence, évidemment prélude à la privatisation, on va mettre l'hôpital public un peu plus hors d'état de fonctionner correctement afin de pouvoir le privatiser et l'on dit froidement aux personnels de santé qu'il n'y a pas d'argent magique (pour eux, mais pour les très riches, il y a des réserves apparemment inépuisables de magie !) et qu'il faut qu'ils se bougent (ils se bougent, il est vrai, ceux qui vont mettre leur argent au Luxembourg, chez le président de la Commission européenne, aux Caïmans ou aux Bermudes...).

Et puisque je sors de trois jours d'hôpital, je finirai ce billet par un hommage vibrant aux personnels hospitaliers : compétents, attentifs, humains, gentils. Merci à eux !!! Surtout quand on sait sans qu'elles conditions ils doivent travailler... Le brancardier qui m'a emmené hier au bloc 10h30, avait fini à 21h00 la veille au soir et ne devait reprendre qu'à 18h30 le lendemain. Il avait été rappelé en urgence à 6h30 pour reprendre son service à 7h30. c'est lui qui m'a ramené à ma chambre à 16h30 et il avait encore 3h00 à travailler : argent magique ou insupportable arrogance de notre petit Charles X ?

samedi 28 avril 2018

La croissance ralentit...

Ralentissement de la croissance de 0,7 % au dernier trimestre 2017 à 0,3 % au premier trimestre 2018, en raison notamment (dixit l'INSEE) d'une consommation des ménages peu dynamique. Et (dixit Bibi), surtout de l'euro.

Lorsque vous avez une monnaie surévaluée par rapport aux fondamentaux de votre économie, celle-ci de freine pas que vos exportations. Car comme vos exportations sont trop chères, du fait de la surévaluation de votre monnaie, votre seule variable d'ajustement ce sont les salaires, les salaires différés (retraites, allocations chômages et autres) les prestations sociales. Mais plus vous comprimez ces ressources des ménages, et moins ces ménages consomment. D'autant moins que les pactes de discipline budgétaires imposées par l'Allemagne vous conduisent à alourdir la pression fiscale sur les classes moyennes qui consomment. Et d'autant d'autant moins que en allégeant la fiscalité sur les très très riches, qui ne consommeront pas plus avec ce surcroît de revenu, et qui n'investiront pas ici, mais placeront ce surplus dans des produits financiers aussi spéculatifs que dangereux et improductifs, les délocaliseront dans des paradis fiscaux ou les investiront dans des pays où la main d'oeuvre est tenue dans un état proche de l'esclavage (dont le p'tit célébrait aujourd'hui l'abolition, lors même que sa politique contribue à l'encourager).

Or, on sait bien que, dans les pays développés, c'est entre les deux tiers et les trois quarts de la croissance qui repose sur la consommation des ménages.

J'écris depuis des mois, que la croissance légèrement plus dynamique ici - la stabilisation en Grèce -, n'est due qu'à une chose : l'effet décalé de la baisse du taux de change de l'euro entre 1,05 et 1,10 dollar d'octobre 2016 à mai 2017, et que la remontée de l'euro au dessus de 1,20 dollar depuis allait mécaniquement étouffer ce qui - du fait de la structure déflationniste de l'euro - ne pouvait être qu'un rebond du chat mort (restockages après des déstockages excessifs, achats retardés auxquels on procède, etc.)...

Mais non, rien à faire : personne ne veut parler de l'effet destructeur de l'euro et de son taux de change dans la fixation duquel l'économie allemande jour un rôle déterminant, ce qui conduit les autres à la destruction systématique de leur potentiel productif et de croissance.

Personne ou presque : coïncidence, ce même jour, un jeune media Internet, Le Journal international, sous la signature de Pierre-Alix Pajot, son rédacteur en chef web, consacre à mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe un excellent papier qui insiste justement sur les effets destructeurs de l'euro dans un certain nombre d'Etats de l'UE.

mardi 24 avril 2018

Question de posture

Je préviens charitablement le prochain qui parle de "posture gaullienne" pour la visite du p'tit chez les Yankees que je sors mon revolver.

D'abord il n'y a pas de posture gaullienne, il y a une politique qui répond à des principes.

Ensuite, qu'on pense ce qu'on veut de De Gaulle et de sa politique étrangère, celle-ci était précisément l'inverse, dans ses prémisses comme dans ses manifestations, de celle du p'tit. De Gaulle rompt en effet avec la doctrine diplomatique de la IVe République, qui est de nouveau celle des gouvernements français depuis Sarkozy jusqu'au p'tit : s'aligner sur les Etats-Unis afin de tenter de les influencer en montrant qu'on est un bon élève (c'est d'ailleurs le même précepte qui dirige notre politique européenne, avec l'Allemagne en place des Etats-Unis).

Pour de Gaulle, on n'influence jamais rien en s'alignant, on pèse en ayant une parole et des mains libres.

Ca s'appelle l'indépendance et c'est l'exact opposé de la diplomatie du p'tit.

vendredi 20 avril 2018

Le p'tit, la Cheffe et la sortie du "plan d'aide"

Une partie de la CDU/CSU veut la tête de la Cheffe qui a "trop lâché" au SPD et tremble que la moindre concession ne fasse encore grimper l'AFD... cette partie n'ira qu'en se renforçant avec le temps et les sondages favorables à l'AFD.

La Cheffe, esprit étroit qui n'a jamais pris de décision, depuis qu'elle est au pouvoir, en matière européenne comme en toute autre matière, qu'en fonction d'étroits intérêts de politique intérieure, ne lâchera donc rien au p'tit qui peut toujours se carrer ses projets de réforme de la zone euro... On pourrait presque aller jusqu'à l'en remercier !

D'autant que la "crise grecque" va sans doute faire un joyeux come-back durant l'été : contrairement au discours officiel rien n'a redémarré, l'effet-retard de la baisse de l'euro sous 1,10 dollar (qui, seule, a permis d'arrêter la dégradation en Grèce et s'est traduite par une molle reprise ailleurs) s'efface, en Grèce comme ailleurs ; la remontée autour de 1,23-1,25 va de nouveau étouffer les économies les plus faibles de la zone et replonger les autres dans une stagnation à la baisse. Quant à la sortie du "plan d'aide" européen (qui n'a jamais été un plan d'aide, sinon aux banques françaises et allemandes gavées de dette grecque), présentée jusqu'ici comme un triomphe annoncé, elle risque fort de se transformer, comme je le dis depuis des mois, en débâcle à côté de laquelle le Blitzkrieg de 1940 fera figure de guerre de position. Ce qui, apparemment, commence à se chuchoter dans les médias aux ordres et provoque la dénégation outrée de Moscovici... C'est dire si on est rassuré !!!

La Frankfurter Allgemeine, elle, a récemment publié un article au vitriol (on dirait raciste, s'il y avait juif, arabe ou noir, en place de grec) à l'égard des Grecs, comme au bon vieux temps des débuts de la "crise grecque", dont la "philosophie", pour faire court, est qu'il n'y a rien à faire avec ces gens-là, que rien ne change dans ce pays de m..., que plus on les aide et plus ils sont pareils. Bref, qu'il n'y a aucune chance d'en faire jamais de bons Allemands.

Dans ces conditions, le seul but de la Cheffe est de durer encore et encore et elle sait très bien que son attelage des perdants moribonds n'ira pas au bout du mandat. La Grosse Ko c'est les soins palliatifs : ne rien faire et attendre la mort en espérant qu'elle viendra le plus tard possible.

mardi 17 avril 2018

Je viole le droit, mais pour sauver l'honneur...

Si je viole le droit international en attaquant un pays souverain sans mandat de l'ONU ni déclaration de guerre (ce qui me permet de violer, au moins dans son esprit, la Constitution qui prévoit que la déclaration de guerre doit être autorisée par le Parlement), c'est pour défendre "l'honneur de la communauté internationale". En somme, si je viole les lois de la communauté internationale c'est pour défendre son honneur.

Il faut lui reconnaître une chose, au p'tit : il ne manque jamais d'air.

C'est en somme la justification du crime d'honneur : il a regardé ma soeur avec un oeil irrévérencieux, donc l'honneur me commandait de le tuer. Et l'honneur étant une catégorie juridique sur le contenu de laquelle, en matière de relations internationales, j'attends des précisions, à ce compte-là, n'importe quelle nation pourra, à l'avenir, justifier n'importe quelle agression dans à peu près n'importe quelle circonstance en prétendant, elle aussi, défendre l'honneur au mépris du droit...

A part ça, il croyait sans doute être acclamé en sauveur de "l'Europe", alors qu'il s'est pris quelques belles volées de bois vert (parions que nos chers médias aux ordres n'en lèveront pas la langue !).

Ne reconnaissant aucune légitimité à l'assemblée qui n'a aucun titre à porter le nom de Parlement européen - parce qu'elle n'a rien d'un Parlement et qu'il n'y a pas de peuple européen - je ne partage pas d'images venant de cet aréopage sans légitimité.

Mais c'est assez drôle tout de même.

Après le trompe-l'oeil de la réforme de la directive "travailleurs détachés" qui n'a rien réformé du tout et le gros Nein de la capitale du Reich aux projets de réforme de la zone euro et de l'UE du petit gouverneur de province, la campagne d'Europe du p'tit commence à prendre des airs de Bérézina.

Finalement, avec sa morgue, il n'est pas exclu qu'il soit l'étincelle qui fasse pour de bon sauter le bastringue européen. On peut toujours rêver !

samedi 14 avril 2018

Je frappe, tu frappes, nous frappons...

Donc ça y est ! Le p'tit a tiré son coup. Au prix du missile, ça fait tout de même cher le dépucelage.

La meilleure analyse de la chose, comme souvent quand il s'agit de la Russie, car il s'agit de la Russie - n'est-ce pas ? -, la Syrie et les armes chimiques à la Colin Powell présentant sa fiole de sucre en poudre au Conseil de sécurité de l'ONU, ne sont dans cette affaire qu'une très grosse ficelle, la meilleure analyse, disais-je, est celle de Jean-Robert Raviot, immédiatement suivi de Jacques Sapir. Voici donc ce que le premier écrivait ce matin sur Facebook :

"Je suis assez vieux pour avoir vécu en pleine conscience l'opération "Belgrade-1999" et l'opération "invasion de l'Irak-2003", toutes deux aussi illégales, d'ailleurs, que les frappes qui viennent d'être faites cette nuit sur Damas.



Ces dernières n'ont rien de comparable. Pour les Occidentaux, il s'agit juste, si vous me permettez, de "tirer sa crampe" et de se rassurer sur sa force. Et aussi, bien sûr, de tenter d'entraver la procédure de vérification, par les inspecteurs de l'ONU qui devaient arriver aujourd'hui, des fameux bombardements chimiques de Douma.

Sur 103 missiles tirés, nous dit le Mindef russe, plus de 90 ont été détruits ou détournés. Aucun des missiles visant l'aéroport de Damas n'a atteint son but. Au prix du missile, ça fait quand même cher la petite sortie... En gros, cette opération est un désastre. Mais chut!...

Au fond, cette petite sortie sonne comme un aveu d'impuissance de plus dans une guerre où les Occidentaux n'ont que la supériorité de la force alors que tout se joue par la ruse, l'intelligence des situations, la maîtrise de la bonne information, le sens du timing...

Les Occidentaux sont donc "en retard d'une guerre". Ils n'ont pas vraiment compris que leur supériorité militaire écrasante n'était plus que relative, à l'heure de la généralisation des conflictualités asymétriques. Pour les Américains, la "full spectrum dominance" est devenue impossible. Beaucoup l'ont déjà compris, mais, apparemment, pas ces imbéciles de néo-cons et leurs aficionados politiciens et autres experts de divers acabits, américains comme européens, et en particulier nos néo-cons à la française, totalement à la ramasse... Le naufrage stratégique total de la France se poursuit, bref, nihil novi sub sole..."

En réalité je crois qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter. Il y a en effet, de manière récurrente dans l'histoire, des démonstrations de force (en l'occurrence essentiellement à usage des opinions de ceux qui roulent des mécaniques et dans l'espoir de regagner quelques points de popularité dans les sondages en jouant au chef de guerre) qui traduisent surtout la faiblesse intellectuelle et militaire des perdants et qui sont une expression d'impuissance.

Il serait bien sûr déterminant de savoir combien, réellement, parmi les missiles tirés ont été détruits. Des sources laissent entendre que sur la centaine de missiles balancés par les occidentaux, 70 à 90 auraient été abattus avant d'atteindre leurs cibles par la défense aérienne russe et sans qu'elle ait eu besoin d'employer ses armes les plus modernes. Il faut bien entendu être prudent, cette guerre est une guerre de propagande des deux côtés. Mais enfin cette démonstration de force occidentale n'est sans doute pas très loin du fiasco.

Ce que nous cachera évidemment le bourrage de crâne médiatique, le plus probable étant que les pseudo-journalistes et les pseudos experts n'évoqueront même pas la question, trop occupés qu'ils sont à tresser des couronnes de laurier à notre Cesarion de carnaval.

Il y a trois jours, j'écrivais : "Sacrée pub pour les S400 russes s'ils arrêtent tous les missiles que Trump et son roquet français crachent - s'ils les crachent. Cela dit je ne suis pas certain que Trump les crachera autrement que pour la forme (...) M'est avis en tout cas que, si les S400 ne laissent pas passer les Tomahawk, les usines russes vont devoir accélérer les cadences pour satisfaire la demande. Et que ça va serrer des fesses à l'OTAN..."

Si la défense anti-missiles russe de la Syrie a bien abattu 71 ou 90 de la centaine de missiles tirés, ce qui s'est passé cette nuit serait une vraie belle claque pour l'OTAN et une excellente nouvelle pour l'industrie de défense russe. La courbe des commandes des systèmes anti-missiles sera sans doute, dans les mois prochains, un indicateur sur ce qui s'est passé réellement, bien plus fiable que la parole aboyée en boucles depuis ce matin par tous les chiens du système.

Pour le reste, la question de l'usage par le gouvernement Assad d'armes chimiques dont l'Organisation pour l'interdiction des armées chimiques a été chargée de la destruction et a assuré qu'elles avaient été détruite à 100 %, reste entière. Ce qui est certain, c'est que le bombardement de cette nuit rend toute enquête sérieuse et impartiale impossible. Ce qui est non moins certain, c'est que les djihadistes de la Ghouta étaient les seuls à avoir intérêt à provoquer des frappes occidentales alors que le régime était de toute façon certain de reprendre à bref délai, le contrôle de la région en question et n'avait aucun intérêt à y faire usage de ces armes. Disposaient-ils de chlore ? Chacun sait que c'est parfaitement possible et que de précédentes attaques avec de telles armes ont déjà été opérées par ces groupes djihadistes qui n'ont jamais hésité à se servir de la population sous leur emprise, comme bouclier, pour couvrir leurs opérations. Enfin, si les Occidentaux ont bombardé des unités de production reconstituées par le régime, y a-t-il eu dissémination de produits toxiques dans les populations ? Ou alors comment ont-ils opéré pour faire en sorte qu'il n'y en ait pas ?

jeudi 12 avril 2018

Crash en mer Egée

Un Mirage 2000-5 grec s'est crashé aujourd'hui en Egée au retour d'une énième mission d'interception de chasseurs turcs violant l'espace aérien grec, et après avoir été baladé par les Turcs de Mytilène à Rhodes et retour...

Selon les informations disponibles, le pilote volait bas - en dessous de 6 000 pieds - en raison de la forte nébulosité de l'humidité qui régnait dans la région. Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune mention de dommages mécaniques. Il a apparemment fait un tour au-dessus de Mykonos, train sorti, peut-être pour tenter de se poser sur l'aéroport de l'île, puis est reparti et s'est crashé en mer au nord-est de Skyros, le pilote ne s'est pas, ou n'a pas pu s'éjecter. Apparemment, l'avion avec lequel il faisait équipe a failli connaître le même sort... se retrouvant "cloué à la mer", peut-être en raison d'un problème de radars donnant des informations erronées d'altitude dû à la météo...

Le pilote, Geogios Baltadoros, 34 ans, père de deux enfants, est mort.

L'étonnant c'est que ça n'arrive que maintenant !

Que dit l'UE ? la France ?

Comble de cynisme : ce soir, Erdogan présente ses condoléances à Tsipras !

Macron à la télé...

« Nous avons les preuves... »

Et à ce moment-là Jean-Pierre, du tac au tac, en interviewer incisif que rien n'effraye : "Oui, monsieur le président, et on est obligés de vous croire sur parole après une demi-douzaine d'entubages du même genre depuis le Kosovo ?

Et Jean-Pierre d'enchaîner aussitôt, avec l'intrépidité et l'absence de révérence qui le caractérise : "Au Yémen, monsieur le président, que pensez-vous des massacres commis avec des armes françaises sous les ordres du prince héritier d'Arabie Saoudite que vous receviez hier avec tant de déférence ?"

Puis Jean-Pierre, n'écoutant que son courage et sa déontologie : "Pourriez-vous, monsieur le président, expliquer aux Français, pourquoi vous avez récemment accueilli, et si cordialement, à l'Élysée, le pseudo-président du pseudo-État du Kosovo, que ne reconnaissent ni l'ONU ni l'Union européenne, cet Hashim Thaçi, soupçonné de trafic d'organes prélevés sans anesthésie sur des prisonniers serbes vivants, civils et militaires, qui n'a échappé au Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie que par la disparition ou la rétractation providentielles des témoins de l'accusation, chef d'un État mafieux, plaque tournante des trafics d'êtres humains, de drogue et d'armes qui irriguent nos banlieues, État qui abrite en outre sur son territoire des camps d'entraînement de Daesh ?"

Enfin, Jean-Pierre, répudiant tout reste de pusillanimité, intrépide comme on le connaît : "Et sur les continuelles provocations turques à l'égard de la Grèce et de Chypre, États de l'UE, de la part de la Turquie que l'UE finance à fonds perdus au titre de sa préadhésion et de son chantage aux migrants, alors qu'elle liquide, grâce à cet argent que nous lui versons, nos alliés kurdes de Syrie après leur avoir tiré dans le dos durant des années et soutenu par tous les moyens imaginables ce Daesh dont la même Turquie réorganise et réarme aujourd'hui les rescapés afin d'en faire des supplétifs de son armée, qu'auriez-vous à dire aux Français ?"

Vous comprenez, maintenant, pourquoi j'ai fait romancier ?

samedi 7 avril 2018

Une conférence sans doute passionnante

Ca c'est mardi à 19h00, à la Maison de la Grèce, à l'initiative de l'association Théatra II (Espace du drame antique et scène contemporaine), avec la participation de la Librairie hellénique Des mos, et ce sera sans doute passionnant.

Vinciane Pirenne-Delforge est la nouvelle titulaire de la chaire de religion de la Grèce antique au Collège de France et elle traitera de "Loi des dieux, loi des hommes ? Quelques réflexions sur les honneurs rendus aux morts en Grèce ancienne".