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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

mardi 15 janvier 2019

Feignants et déconneurs

Au lieu de 35 questions , il suffisait d'en poser une :

Quelles sont les mesures imposées par Berlin et Bruxelles que vous souhaitez voir mises en oeuvre en priorité ?

Et puis, côté écologique, ça aurait fait des économies de papier, donc d'arbres. Tous ces arbres abattus pour véhiculer une aussi indigente prose... Je serais des ONG environnementales, je monterais au créneau illico.

Et après les feignasses, voici donc les déconneurs.

Nan mais c'est vrai quoi, les feignasses n'ont pas le goût de l'effort et ces salauds de pauvres sont pauvres parce qu'ils déconnent...

Je répète que je ne crois pas à la stratégie de la tension. Je me trompe peut-être mais je pense vraiment que ce type croit dur comme fer à ce qu'il dit et ne peut pas s'empêcher d'en sortir une à chaque occasion parce qu'il n'a aucun contrôle de lui-même. Comme son Alexandre ne peut pas s'empêcher de castaner... C'est à mes yeux de l'ordre de la pulsion.

Sans doute même les saillies de Sarkozy étaient-elles, tout en exprimant sa personnalité profonde de parvenu mal élevé, plus politiquement réfléchies.

Lui ne peut pas s'en empêcher, il éjacule la haine de sa caste comme par réflexe.

Et, chaque fois que je l'entends, me revient désormais cette réflexion de Romain Gary : "La plus grande force spirituelle de l'humanité, c'est la connerie ".

Ce qui ne signifie pas, tout au contraire, qu'il ne soit pas dangereux. Il est extraordinairement dangereux parce qu'il est ce qu'il est - con.

Je rédige ce post et,pour voir si je ne pousse pas trop loin, je regarde "éjaculer" dans le dico en ligne du TLFI. Deuxième partie de la définition et citations parfaitement en accord avec ce que je veux exprimer:

"B.− P. métaph. ou au fig., souvent péjoratif. Le sujet désigne une pers., un groupe de pers.; le compl. des propos, des pensées, des sentiments intenses. Proférer, exprimer avec force, avec passion, sans délicatesse. "Éjaculer des injures, une tirade. Une causerie sur les plus grands sujets (...) cela me permettrait d'éjaculer un tas de choses que j'ai en moi et que je ne serais pas fâché de voir sortir" (Goncourt, Journal,1888, p. 831).

"Je me mettrai à écrire. Tout cela dans l'unique but de cracher sur mes contemporains le dégoût qu'ils m'inspirent. Je vais enfin dire ma manière de penser, exhaler mon ressentiment, vomir ma haine, expectorer mon fiel, éjaculer ma colère, déterger mon indignation." Flaubert, Corresp.,1872, p. 57.

dimanche 13 janvier 2019

Athènes-Paris

Nous voici donc rentrés.

Vous vous souvenez peut-être qu'à la fin du débat sur RT, chez Dominique Taddéi, où François Asselineau et moi étions opposés à deux calamiteux européistes, l'ultime argument, massu, de ces derniers, une fois les autres démontés par nos soins, fut que l'euro permettait d'aller en vacances... sans payer de frais de change.

Eh bien celui-là aussi tombe à l'eau. C'est en Grèce... pour l'instant, mais comme la Grèce est depuis 10 ans le laboratoire, attendez-vous à savoir (comme disait la regrettée Geneviève Tabouis) qu'il vous arrivera bientôt la même chose, à savoir que tous les retraits aux automates de toutes les banques (que ce soit la vôtre ou pas... sauf Alpha Bank pour l'instant) sont désormais taxés à hauteur de 2,5 euros pour un retrait de 200 euros (soit 1,25% si je compte bien).

A part ça, nous avons eu le privilège de croiser Merkel à Athènes. Enfin, croiser... pas vraiment car tout le centre d'Athènes puis le quartier où elle dînait avec Alexis puis la route de l'aéroport ont été simplement bouclés pendant 48 heures, tant la dame est populaire en dehors du gouvernement de "gauche radicale".

Bilan de la visite : Merkel reconnaît la responsabilité des nazis dans les crimes nazis, c'est-à-dire allemands, en Grèce !

Veine !!! Quel progrès ???

Et la restitution du l'or volé, les réparations... Ach Nein bas question. Vous devriez être zatisfait que che reconnaisse que ce sont tes nazis qui ont commis les crimes nazis.

Ça valait la peine de bloquer Athènes pendant deux jours !!!

En réalité, la chancelière du Reich est venue resserrer les boulons pour s'assurer, schlag en main, que l'accord avec l'ARYM, une fois ratifié contre les résultats du référendum en ARYM et grâce à quelques députés achetés en dollars à Skopje, soit bien ratifié aussi à Athènes.

Il se dit qu'à Athènes aussi les valises de billets circulent ces jours-ci depuis les ambassades de es Etats-Unis et du Reich, vers... les valises des billets et les menaces. Un député grec de l'Union du centre a ainsi déclaré que les ambassadeurs d'Allemagne et des États-Unis lui avaient rendu visite.... Chacun à son tour.... Pour le menacer du "pire" s'il ne votait pas la ratification de l'accord signé par Tsipras avec l'ARYM.

Rappelons que l'ambassadeur des Etats-Unis en Grèce est celui-là même qui était en poste en Ukraine au moment de Maïdan.

Un expert !

Quant au ministre de la Défense, Panos Kamménos, il a démissionné ce matin, comme il avait annoncé qu'il le ferait si l'accord aec l'ARYM arrivait devant le parlement grec.



Kamménos est le chef du petit parti de droite des Grecs indépendants (ANEL) partenaire indispensable de coalition de Syriza depuis 2015. Virtuellement le gouvernement croupion de Tsipras, qui a déjà vu démissionner le ministre des Affaires étrangères négociateur de l'accord, n'a plus de majorité.

Les billets et les menaces visent donc à la mise en survie artificielle du gouvernement de "gauche radicale", grâce à des dissidents de l'ANEL, aux eurobéats de Potami et à ceux qui céderont aux dollars et/ou aux menaces, le temps de terminer le boulot qui permettra la validation des candidatures de l'ARYM à l'OTAN et à l'UE. Ensuite on pourra laisser revenir au pouvoir à Skopje une majorité de droite nationaliste, hostile à l'accord et qui bafouera en reprenant sa propagande irrédendiste. La Grèce, quant à elle, aura perdu tout moyen de pression par la levée des vetos grecs auxdites candidatures.

Ensuite viendra le temps pour le petit Gauleiter de "gauche radicale" le temps de restituer le pouvoir au petit Gauleiter de droite, encore plus germanolâtre, qui piaffe d'impatience et qui n'aura pas ainsi à assumer la marque d'infamie qui, pour une partie très majoritaire de l'opinion grecque, s'attache à cet accord. Jusqu'ici, je pensais que le but d'Alexis était de devenir vice-Premier ministre de Kyriakos (le futur Gauleiter de droite), mais des amis nous ont suggéré ces jours-ci que, pour dividendes des services rendus au Reich, Alexis viserait plutôt la présidence du pseudo-parlement européen... ou la place de Tusk... ou seul du poivrot luxembourgeois, qui sait ! Ainsi on pourrait dire que l'UE n'est pas de droite, qu'elle est même un peu de "gauche radicale" !

On verra !

En attendant, hier, dès mon retour, j'ai assisté à la réunion publique de l'Appel de La Sociale pour la défense de la souveraineté de la nation et des droits sociaux, en soutien au mouvement des Gilets jaunes, pour la défense des libertés publiques et des droits démocratiques, qui passe forcément par la récupération de notre entière souveraineté, face à une UE qui a été et qui est le prétexte et le moteur de la liquidation de ces libertés et de ces droits.

Quant aux interventions - notamment celle de Djordje Kuzmanovic, récemment éjecté de LFI et pour qui j'ai grande estime et considération - elles ont pour la plupart insisté sur la nécessité de rassembler, au-delà des vieux clivages privés de sens par ce qu'il est convenu d'appeler la construction européenne, tous ceux qui partagent la même conviction que la restauration d'une République démocratique et sociale passe par la récupération de notre souveraineté.

Pour ma part, j'ai évidemment tenu à exposer dans cette réunion ce que sont pour moi les leçons du martyre infligé au peuple et à la nation grecs depuis bientôt dix ans: combien il est illusoire d'attendre quoi que ce d'une alternance dite de gauche qui ne pose pas comme préalable la rupture avec l'UE et l'euro, combien la réalisation de ladite alternance dans le cadre de l'UE, forcément désastreuse, est politiquement ravageuse et démobilisatrice, stérilisante ; combien l'exemple grec nous impose donc, si nous voulons une alternance de politique et non d'hommes menant la même politique, il est vital de réorganiser le champ politique selon le seul clivage signifiant aujourd'hui: pour ou contre la rupture avec l'UE.

Dès lors que nous aurons rompu, nous pourrons recommencer à faire de la politique projet contre projet ; aujourd'hui, le seul débat qui vaille et qui transcende les vieux clivages que l'UE à tués, c est bien : récupère-t-on les instruments de la souveraineté qui permettent de faire de la politique, ou les laisse-t-on, sous couvert d'Europe, aux mains de l'oligarchie qui a conçu, dès l'origine, le projet européen comme le moyen de priver les peuples de tout moyen d'action sur leur propre destin ?

samedi 5 janvier 2019

Kitrina Gileka

C'est la traduction en grec de "Gilets jaunes".

A la taverne du village, hier soir, avec deux copains grecs. Bien sûr, on parle des Gilets jaunes. Iannis, qui fut cadre régional Syriza, membre suppléant du CC, et qui, depuis 2015 qu'il a démissionné après la trahison de "vous savez qui", a le plus grand mal à re-croire en qui et en quoi que ce soit, fait le parallèle avec les Indignés espagnols et grecs et dit : "oui mais tu vois bien sur quoi ça a débouché..." Et Dimitri : "oui mais avec la France, c'est pas pareil, les révolutions ils savent faire, les révolutions sont toujours parties de France".

Et oui, Françaises, Français, la France ça signifie toujours quelque chose dans le monde, et ça ne signifie certainement pas Macron.

mercredi 2 janvier 2019

Kali chronia kai chronia polla !

Bonne année, bonne santé, réussites et bonheurs ! je vous adresse mes voeux après les deux derniers bain de mer de l'année, le 30 et le 31, depuis notre coin du feu nisyriote.

Le 31, nous avons réveilloné à la taverne du village: nous deux, Iannis qui fait la cuisine et Stavroula la petite serveuse, le pope et deux autres personnes. Avant la crise, il fallait réserver et tout l'étage était bondé sans espace pour rajouter une chaise: la Grèce va mieux comme dirait Mosco!

A minuit, Stavroula est sortie sonner la cloche et Iannis a fait péter 4 pétards, puis raki cul sec et vassilopita (le gâteau des rois avec une pièce dedans) faite par la maman de Iannis - une merveille !

Hier on est allés à Avlaki mais vent du sud la mer était trop grosse pour se baigner... Aujourd'hui, deuxième jour gris depuis notre arrivée où on ne mettra guère le nez dehors. Il a plu la nuit dernière et la nuit d'avant, la citerne : 1,10 m de gagné depuis notre arrivée, 1,58, ce matin, on est tranquilles pour l'été !

Ah si, j'oubliais dans les voeux... L'effondrement de l'euro et la disparition de l'Union européenne pour 2019 ! Je crois vraiment que ça ne relève plus du voeu pieux !

Et en PS : mon éditeur, H&0, a lancé une pub sur Amazon pour mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, il paraît que s'il y avait des commentaires (bons, de préférence) ça aiderait la diffusion de ladite pub, alors si vous l'avez lu et aimé, ne vous gênez surtout pas !

samedi 22 décembre 2018

Chronique nisyriote et hivernale

Ici, tout va bien... Depuis notre arrivée, j'ai réparé l'aspirateur de fumée - on peut utiliser cheminée, je m'en vais d'ailleurs allumer le feu -, ma branche de lunettes cassée au départ, et changé ce matin une douille électrique (l'ampoule s'est éteinte et quand j'ai voulu l'enlever, elle m'est restée entière dans la main, le culot soudé à la douille: jamais vu ça !).

Le désherbage avance aussi et mes plantations d'après chèvres ont repris dans une proportion honorable.

A part ça, temps sublime. Il a pas mal plu - enfin ! Après trois ans de sécheresse: c'est bien pour les citernes, la nature et les bêtes, mais il y a des éboulements un peu partout...

Premier bain de mer tout à l'heure. Délicieux, l'eau est je crois encore plus douce que l'an passé. Puis bain de soleil... Bains de jouvence!

Et sur la route du retour on s'est fait appeler par des gens du village (on est 10, cette année, nous compris, population divisée par deux en dix ans) et une copine de Pali: ils ont tué le cochon hier, font la découpe aujourd'hui. Dehors, à trente mètres de la mer, sous une treille avec encore des feuilles, trois grosses marmites noires de fumée sur trois feux d'enfer, les boukounies (du confit de porc, dirait-on dans le sud ouest...) à manger dès qu'elles sont cuites (les autres, ils les conservent dans le gras de friture), du riz, des salades, un petit vin aigrelet fait sur l'île (je ne savais même pas que quelqu'un faisait du vin...): juste une merveille !!!

Quant aux deux chattes, elles vont bien et sont insatiables... Je pense que la plus jeune est enceinte. Et a plus que jamais envie d'être chatte d'intérieur (mais elle ne connaît pas les contraintes!). Ce matin, alors que la fenêtre de Frédéric donnant sur un petit balconnet où il y a des plantes était ouverte, la plus vieille a tenté de sauter dessus depuis le muret d'en bas... Ratage et chute au premier essai. Cinq minutes plus tard, elles étaient toutes les deux sur le balconnet !

jeudi 20 décembre 2018

Petite chronique du racket au quotidien

La Grèce va mieux, comme dit Mosco:.

En transit à Kos, ce matin entre deux bateaux, nous nous installons dans un café. On commande deux thés, on les boit, en attendant d'en recommander deux autres. Soudain, deux agents du fisc débarquent, avisant notre table avec consommation mais sans encore de note. Et dresse un PV... Je comprends la situation, que la patronne et la serveuse tentent d'expliquer, je tente d'intervenir pour confirmer. Rien à faire !

Au final, nous recommandons deux thés et lorsque les deux notes arrivent, nous constatons que la première a bien été émise à l'heure même où nous avons été servis. Le cafetier est donc taxé non pour ne pas avoir édité de note, mais pour ne pas l'avoir déposée sur notre table en même temps que les thés.

Trois minutes plus tard, Frédéric voit sur un journal grec en ligne que le gouvernement a donné instruction de multiplier les descentes du fisc dans les commerces durant les fêtes de fin d'année. Pendant ce temps-là l'optimisation fiscale des gros au Luxembourg de Juncker est toujours parfaitement légale.

Et hier un ami nous disait qu'il attend depuis plus d'un an la restitution d'une saisie sur le compte de sa compagne reconnue comme indue par la justice... Mais qu'il se heurte à un mur.

Dans le même moment où le gouvernement Tsipras prétend faire un cadeau de Noël aux gens qu'il a contribué à paupériser, il fait les poches à ceux qui ne le sont pas encore tout à fait.

Comme dit Mosco...

dimanche 16 décembre 2018

Caviardage sur France 3

Donc, hier, malencontreusement, sans instructions, bien sûr (ce sera franchement complotisssssse de penser le contraire), comme à l'insu du plein gré de la chaîne, la mention "Dégage" a disparu d'un panneau de manifestant sur les marches de l'Opéra.

Chaque jour qui passe marque désormais une étape supplémentaire dans la montée en puissance d'une propagande destinée à neutraliser ou contrer le mouvement populaire. Après les charges éditocratiques, les pseudo interviews, exclusivement à charge (vous êtes un faux gilet jaune !) par de prétendus journalistes, vrais militants macronistes, qui s'assoient sur toute déontologie, les falsifications de chiffres, la promotion de "modérés", c'est-à-dire de ceux qui sont prêts à passer à la caisse, l'exhibition d'experts bidons démontrant les prétendues manipulations d'ultras (où l'on apprit que la croix de Lorraine était désormais un symbole d'ultra droite), les fakenews concernant de fantaisistes implications étrangères, les propos culpabilisateurs sur les pertes pour l'économie nationale (et l'euro, il nous coûte combien de points de croissance chaque année depuis plus de 20 ans?) ou les violences, les propos déculpabilisants pour les pauvres paniqués meurtriers de Gilets jaunes irresponsables, l'odieuse instrumentalisation d'un attentat, nous en voici donc rendus au stade du caviardage... Staline faisant effacer Iejov ou Mao Liu Chao Chi...

Manifestement les leçons du déchaînement médiatique de 2005 ont été oubliées. Ou bien on en est vraiment au stade où, ayant perdu les pédales, au bout du rouleau, l'oligarchie essaye tous les expédients...

vendredi 14 décembre 2018

Rendez-vous demain chez Desmos...

Enfin si vous n'êtes pas à la manif !

Je serai demain, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, à la Librairie hellénique Desmos, à 19h00, pour présenter et signer ''Tigrane l'Arménien''.

mercredi 12 décembre 2018

Complotisme...

Protéger Bernard Arnault ou arrêter sans motif Julien Coupat qui écope d'un... rappel à la loi : on comprend bien les priorités en matière de sécurité intérieure des Français.

Hier un ami publiait sur Facebook le récit d'une journée au tribunal de Paris. Je vous en donne connaissance parce que je crois vraiment que nous sommes dans une dérive autoritaire d'un pouvoir français et européen aux abois qui cherche tous les moyens de criminaliser ses oppositions. Voilà donc ce témoignage :

"On s'est rendus avec Lucie Radler aux comparutions immédiates du Tribunal de Grande Instance (TGI) et pour etre franc je suis encore sous le choc. Alors voilà brièvement comment ça se passe.

Enfermés depuis samedi, sans possibilité de communiquer avec leurs proches et sans avoir pu faire leur toilette, les prévenus font subitement face au président du tribunal lui-même entourré de deux juges, au procureur ainsi qu'à l'avocat de la partie civile, le cas échéant. On avait pu lire ici ou là que les accusés appartenaient à des groupes hétérogènes allant du prof à la retraite à la petite coiffeuse des Batignolles mais ce n'est pas tout à fait ce que l'on a pu constater... Pour commencer, on a trouvé les prevenus fatigués, appeurés, les observant cloitrés dans leur cage de verre d'où ils n'entendaient rien, obligés de se plier en quatre pour parler au micro qui, trop bas, les obligeait à courber le dos. La procédure est expéditive. L'histoire de la personne n'est pas fouillée, à peine réduite à quelques stigmates. Il est alors difficile, voire impossible, de prendre la mesure des trajectoires de vie de ces personnes dont je ne peux donner hélas qu'un bref aperçu.

Des hommes de moins de trente ans, pour beaucoup arrêtés à la sortie du métro ou dans les parkings où ils venaient de garer leur voiture. Concernant l'un des prévenus, désosseur de poulets en arrêt de travail pour une blessure à la main droite, un des juges a alors émis une réserve sur le fait qu'il ait été arrêté dans un parking souterrain : la personne pouvant faire l'objet de certaines procédures sur la voie publique, mais pas forcément au-dessous... Nuance qui, je dois bien l'avouer, nous avait jusque-là échappé ! Un conseil donc : évitez les parkings aériens... surtout si vous comptez acheter des outils de bricolage pouvant paraître suspect en ces temps troublés où l'état d'urgence frappe de nouveau à nos portes...

C'est ainsi qu'on a pu assister aux comparutions de ces désormais célèbres casseurs professionnels (le fameux BTS Casse Pro sponsorisé par les médias français) qui, en l'occurence, ne s'étaient rendus coupable que de posséder des genouillères, des fumigènes – que le procureur a tout simplement confondu avec des lance-flammes - mais également des masques à gaz et des bouchons d'oreille. Un des prévenus s'est vu reprocher d'en posséder une dizaine... Le bouchon d'oreille pouvant être considéré comme... On n'en sait rien, à vrai dire on n'a pas trop compris quel était le problème.

Ce qu'on a bien capté, en revanche, c'est qu'il ne s'agissait que de mecs dans la merde, et pas la petite merde, mais bien l'océan de merde. Le jeune homme qui s'est vu reprocher son masque « avec cartouche » a répondu qu'il se protégeait parce qu'il avait un cancer des poumons. L'avocate a alors précisé qu'il vivait avec sa mère, handicapée, qui l'appelait toutes les heures depuis la veille pour savoir ce qu'il adviendrait de son fils. « J'aimerais rentrer chez moi. Je suis son seul soutien physique et moral », a ajouté le type, intérimaire blondinet, arrêté arbitrairement en possession d'une raquette de tennis alors qu'il sortait du métro Le Pelletier dans le 9ème arrondissement. Que dire encore de ce garçon grenoblois de 23 ans, domicilié chez sa grand-mère, accusé d'avoir monté une barricade avec une... poubelle... à qui un CRS demande 1500 euros de dommages et intérets parce qu'il a résisté à son interpellation en l'insultant de « pute à Macron »... Le mec qui suivait n'a quant à lui opposé aucune résistance mais son visage portait tout de même des traces d'écchymoses. On n'a pas trouvé de médecins dans la salle pour le confimer mais à vue de nez, le sien avait doublé de volume. Accusé d'avoir lancé des lacrymos sur la police, il a tenu à préciser : « Je m'en suis pris une dans la cuisse. J'ai pas réfléchi et je l'ai renvoyée là d'où elle venait. », a priori simple réflèxe de bon sens que le président du tribunal n'a pas eu l'air de saisir. Le jeune, boulanger, aimerait travailler en Suisse pour réussir à gagner sa vie et être... mieux traité. Ça a fait rire quelques personnes... A vrai dire pour nous ça commençait à faire beaucoup.

Je me souviens aussi de ce garçon de Lannion. Au chômage avec un prêt sur le dos. Il touche 900 euros et verse 200 euros de pension alimentaire à son ex-compagne. Il nie avoir lancé des pavés. Selon lui, ayant perdu son groupe d'amis, chargé par les CRS, il n'a fait que fuir pour se mettre à l'abri. En a-t-il ou non jeté ? Lui dit que non. La police dit que oui. Les procès verbaux des CRS ne comportant aucune preuve, c'est parole contre parole. Comme le dirait Christophe Hondelatte, on a plutôt l'impression que tous étaient « au mauvais endroit, au mauvais moment » et qu'ils n'ont de toute façon par le meilleur des CV pour échapper à la justice.

Aucun des prévenus que nous avons croisés ce jour-là ne touchait ne serait-ce que le SMIG. On avait plutôt l'impression d'assister aux comparutions immédiates de ceux qui, désormais célèbres dans ce pays, ne sont rien, accusés d'avoir envisagé de hausser la voix, de posséder un équipement de protection quand samedi dernier, nombre de manifestants sont tombés, touchés au visage par les tirs des forces de l'ordre, blessés, défigurés, certains plongés dans le coma... On aurait plutôt tendance à réclamer un port du casque obligatoire pour ces manifestants qu'il serait plus juste d'accuser d'être des opposants au pouvoir, ce que n'a pas manqué de faire un des avocats, rappelant au passage que le délit politique ne peut faire l'objet d'une comparution immédiate. Pour ma part, je la déconseille vivement. On ne résume pas l'histoire d'une personne en deux minutes, pas plus que ce qui peut la pousser à agir, à hurler, à sortir de chez elle pour réclamer justice, celle que loin des tribunaux on nomme justice sociale, la violence exercée par la société à l'encontre des prévénus n'ayant jamais été mentionnée.

N'ayant pu être dans la salle durant les délibérés, on n'a pas vraiment de quoi vous rassurer si ce n'est que le procureur a demandé pas mal de sursis... Ce qui nous semblait déjà disproportionné...

Gros bisous à tous"

Puis il y eut l'attentat de Strasbourg et l'évidence qui devrait s'imposer à tous : on prive de liberté de manière arbitraire et on juge à la chaîne des citoyens lambda dont le seul crime est d'avoir sur eux des bouchons d'oreille et du sérum physiologique, mais les fichés S peuvent sortir leur flingo et tirer dans le tas.

Tout va très bien, Madame la marquise !

Et depuis, naturellement, toute la macronie et la presse de servilité s'époumone : rentrez au bercail ! Vous ne POUVEZ pas continuer à manifester !

Puis tout de suite après : si vous dites que ce pouvoir est incompétent en tout, que ses choix diplomatiques favorables aux puissances extérieures qui financent et soutiennent le terrorisme sont erronés, qu'il réprime sans aucune mesure et de manière intolérable des citoyens en colère en faisant juger à la chaîne des gens arrêtés sans motif ou parce qu'ils détenaient ces fantastiques armes par destination que sont des bouchons d'oreille et le serum phy, qu'il instrumentalise honteusement un attentat pour casser la protestation sociale et rmultiplier les injonctions prétendument morales à rentrer à la maison, que la place du ministre de l'Intérieur est dans un bac à sable... et quelques autres choses encore, relèverait du complotisssssse et du refus irresponsable de l'indispensable union sacrée.

Bon d'accord, c'est vilain tout plein d'être complotiste et contre un gouvernement et un président que le monde entier nous envie et dont les annonces étaient tellement cousues de gros fil blanc que ça c'est vu très vite.

Pourtant, si Coupat a écopé d'un ubuesque rappel à la loi à la suite d'une arrestation manifestement arbitraire, comme tant d'autres depuis plusieurs jours que se multiplient les lettres de cachet, qu'on me permette un léger "rappel à l'histoire".

Je ne vais pas même vous parler des relations avec le Qatar ou la monarchie wahhabite - financiers et propagateurs de l'islamisme qui engendre les dingues à flingo quand ils ne découpent pas leurs opposants à l'égoïne. Juste du Kosovo et de la dernière étape de la récente et déjà trop oubliée itinérance mémorielle de Kizyvienne.

Rappelons donc que le Kosovo, nid de tous les trafics, dont le trafic d'armes, réservoir sans fonds d'icelles pour les terroristes de l'Europe entière, sanctuaire de Daesh dans les Balkans, est patronné, financé, protégé par les Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et la Turquie.

Rappelons donc que les président et Premier ministre de ce prétendu Etat islamo-mafieux, Thaçi, surnommé Le Serpent (soupçonné, entre autres exploits chevaleresques, d'avoir patronné le prélèvement d'organes, aux fins de trafic, sans anesthésie, sur des prisonniers civils et militaires serbes), et Haradinaj (ordonnateur d'innombrables massacres) qui n'ont échappé à la condamnation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal (exclusivement anti-serbe) pour l'ex-Yougoslavie, par la mort inopinée ou la rétractation providentielle des témoins de l'accusation, ont été chaleureusement reçu à l'Elysée par Kizyvienne.

Rappelons enfin que Le Serpent avait une place de choix (derrière Poutine) sous l'Arc de triomphe, près de l'islamiste Erdogan, notre ami notre allié qui a tant fait pour Daesh et continue à tant faire pour recycler ses restes contre nos alliés kurdes, le 11 novembre dernier, quand on exilait le président de la Serbie (nation martyre et alliée de la premier guerre mondiale) sur une tribune secondaire...

mardi 11 décembre 2018

En Grèce, dixième hiver de crise... En France, Gugusse pend la parole

C'est Panagiotis Grigoriou, comme d'habitude ça serre le coeur, mais il faut le lire. D'abord parce que, dans ce papier, il parle de Séféris et de Makriyannis - deux références essentielles que nous partageons, parmi bien d'autres -, suite parce que depuis dix ans les Grecs sont les animaux du laboratoire européen de notre avenir. Pour comprendre où nous allons - si nous ne détruisons pas la machine infernale euro/UE, dont Macron n'est que le "passe-plats" - il faut regarder et regarder encore où ils en sont.

Enfin si vous pouvez l'aider, faites-le (rubrique dons) : grâce à vous il aura un peu moins froid pour continuer à nous informer : 43% des Grecs, selon une étude d'août dernier, ne peuvent plus se chauffer. C'est ça l'Europe et la "gauche radicale" en régime européen !

"Sur les ondes radio, une femme médecin en chef au sein d’une unité de soins intensifs dans un hôpital public dénonce pour une énième fois le manque de moyens. “Nos unités sont à moitié fermées. Nous manquons de personnel et de budget, le matériel manque aussi. Le gouvernement se vante de son excédent primaire, il distribue des cadeaux à sa clientèle politique tandis que nos malades meurent. Je suis chef de service, j’ai plus de trente années d’ancienneté et je gagne 1.800€ net après tant de diminutions successives de mon salaire, tandis que mes collègues jeunes, ils gagnent moins de mille euros par mois. D’après nos calculs, les médecins du public ont perdu en moyenne 55% de leurs revenus en huit années. Heureusement que nous oublions tout cela devant nos malades, dans les salles d'opération... pour ainsi revenir dans la réalité une fois rentrés chez nous. Nos jeunes médecins ont quitté et quittent encore le pays par milliers”."

Pour le reste, Gugusse nous a fait son show hier soir... Manifestement, sa professeur de théâtre n'a pas dû être à la hauteur ! Le texte était mauvais et l'acteur exécrable.

Embrouille sur toute la ligne : l'augmentation du SMIC n'est pas une augmentation du SMIC, mais une augmentation de la prime d'activité financée par l'impôt des juste au-dessus du SMIC (il faut lire là-dessus ce qu'écrit aujourd'hui David Cayla, un de nos meilleurs économistes non conventionnels); et la dispense de CSG n'est pas ce qu'on pense, comme le précise Marianne : "Concrètement, si les 33.000 euros annoncés restaient bien le chiffre définitif, cela signifie que, dans le cas d'un couple, pour bénéficier de l'exonération de l'augmentation de la CSG, il faut que le montant des deux pensions mensuelles ne dépasse pas 2.750 euros. Avant cette annulation, seuls les couples percevant moins de 1.841 euros par mois en étaient affranchis. Par conséquent, les retraités qui reçoivent un peu plus de 1.375 euros chacun devront toujours payer la CSG à taux plein, soit environ 15 euros par mois. Attention, encore : l'âge des retraités peut modifier cette équation. Si l'un des membres du couple a plus de 65 ans, il bénéficiera d'un abattement fiscal de 1.176 euros. Ce dernier s'élève à 2.352 euros si chacun d'entre eux les dépasse." C'est quand même pas mal que Mme Polony ait accédé à la tête de ce journal !

Oh la belle embrouille ! Bien tenté mais du coup, gamin ! On ne doute pas que beaucoup de crânes d'oeufs ont bossé dur pour trouver tout ça. Manque de pot : la ficelle, façon cordage de marine (sans mauvais jeu de mots), est un peu trop voyante. On attend en tout cas avec impatience les commentaires outragés des Déconneurs/Décodeurs de tout acabit des chaînes publiques et bien entendu du Monde, experts en débusquage de fèqueniouzes !

En tout cas, à France 2 on jouit ! On ne sait pas si c'est Lapix ou Saint-Cricq - ou les deux ? - qui ont manifesté leur enthousiasme devant le génie présidentiel, mais on sent toute la difficulté à retenir les épanchements quand on voit le "like" de France Télévisions à un tweet de cet esprit d'exception qui illumine la macronie tout entière de sa fulgurante intelligence Aurore Bergé...

Devant tant d'intelligence (remarquez le "ce qui a été vécu"... sous-entendu : par des crétins qui n'ont pas ma fulgurante intelligence et ne sont pas capables de comprendre le vrai sens des propos du Génie qui nous dirige et que le monde entier nous envie".... enfin de moins en moins !), on comprend l'enthousiasme de France Télévisions, financée par nos impôts... Il est vrai qu'entre dindes, il est un peu normal qu'on se soutienne !

Perlimpinpin, donc... faute d'autres poudres hallucinogènes, ça risque d'être bien juste, pour calmer un populo qui, à chaque interview m'apparaît singulièrement lucide ! Et non moins singulièrement décidé à ne pas se laisser avoir par des gros pièges techno-euro.

Perlimpinipin, mais il n'en faut pas plus pour alerter Berlin et Bruxelles : j'imagine la banane qui ne doit plus quitter Salvini et Di Maio ! Eh oui, même la poudre de perlimpinpin est insupportable au nez des "responsables" du Reich européen ! Mais alors quid du coup de main que Mosco s'était fit prêt, il y a peu, à donner en se faisant élire sur la liste à son pote Manu patronnée par ces géants de l'histoire contemporaine que sont Juppé et Raffarin ? Dilemme ! cornélien ! shakespearesque !!!

Ou bien alors, comme me le soufflait un ami Facebook hier soir, le perlimpimpin serait... cousu de fil blanc ??? Du genre Mosco, Juncker et les deux kapos baltes de la Commission font les gros yeux, tapent du poing sur la table et Manu dit : je suis désolé, j'voudrais ben, mais j'peux point !

En tout cas, il faut lire aussi aujourd'hui cette tribune cosignée par une vingtaine de personnalités, dont Emmanuel Todd et Jacques Sapir, et intitulée : "L’existence de l’euro, cause première des Gilets jaunes" ; comme il faut lire la tribune de Coralie Delaume dans le Figaro Vox : "Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne". Oui évidemment, les lignes commencent à bouger, le mur de la propagande commencent à se fissurer et, dans ce processus, la pression des Gilets jaunes sera historiquement déterminante. L'euro et l'UE vont vers leur fin : partout l'ordre européen vacille sous l'effet de la convergence des crises et d'une façon différente selon les histoires nationales, les contextes nationaux : gouvernement paralysé en France, à l'agonie en Allemagne, en Grèce, en Espagne (où l'extrême droite a réalisé une impressionnante poussée, inédite depuis la fin du franquisme et imprévue de tous les sondeurs) et depuis hier en Belgique... Ma conviction est que nous vivons un temps comparable à celui qui, à l'Est, a précédé l'effondrement sur elle-même, et sous le poids de de ses propres tares, de l'URSS.

Du coup le petit bijou sorti sur le Net hier soir, après la sinistre pitrerie de Gugusse, en prenait une particulière saveur : il s'agit du dernier discours public du regretté Nicolae Ceaucescu, annonçant, le 21 décembre, pour calmer les colères de son peuple une augmentation, au 1er janvier suivant, de 200 leis du salaire minimum et une autre des retraites... Je n'y ai d'abord pas cru... mais lorsqu'un autre ami partagea la vidéo plus longue et sous-titrée en anglais, je dus bien me rendre à l'évidence. Evidemment, je ne résiste pas à vous les mettre en partage !

dimanche 9 décembre 2018

Tribune sur les Gilets jaunes dans Ta Néa

Merci une nouvelle fois à Alexia Kefalas qui m'a demandé cette tribune parue hier dans ''Ta Néa'' (les grincheux vous diront que le patron, gnagnagna gnagnagna, et celui de Libé, ceux du Monde ???) sur le mouvement des Gilets jaunes. Je vous mets la Une ... et le texte en français : le bandeau rouge où apparaît ma binette est intitulé "Les gilets de la colère".

"Pourquoi un écrivain et historien comme moi, qui vit entre Paris et le Dodécanèse, sans voiture depuis 25 ans, qui appartient à cette partie de la population qui ne se sent pas menacée de déclassement, a-t-il soutenu dès l’origine et manifeste-t-il avec les Gilets jaunes ? Par solidarité bien sûr, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être paupérisé pour comprendre que, au stade terminal – comme on parle du cancer –, la paupérisation à l’œuvre menace l’existence même de la démocratie. Mais surtout par réflexion. Comme tout mouvement social – comme celui qui, en 2012, a secoué la Grèce, laboratoire de notre présent –, celui des Gilets jaunes naît de la rencontre entre long terme et circonstances. Les causes profondes sont documentées depuis longtemps : hausse vertigineuse des inégalités durant les 40 ans du cycle néolibéral qui s’achève, rétraction des services publics sous prétexte « d’économies », délocalisations qui désertifient des régions entières et génèrent un chômage de masse, bradage au privé du patrimoine public, notamment des infrastructures, précarisation sans fin des salariés, culpabilisation des retraités accusés de vivre trop bien aux dépens des actifs… Ce qui est moins dit, c’est qu’en Europe, l’UE et l’euro ont été à la fois le prétexte et le moteur de ces évolutions qui atomisent la société, dépouillent l’État, détruisent les solidarités. Or, lorsque les instances européennes, agissant hors de tout contrôle démocratique réel, ont privé les politiques de tous les leviers de commande essentiels – la monnaie, la maîtrise du budget, le droit social, l’aménagement du territoire qui n’est plus possible quand on a perdu la maîtrise du budget et privatisé les infrastructures… –, il reste aux politiques, comme seules variables d’ajustement, l’augmentation des impôts, la pression sur les salaires, les pensions et les prestations sociales. Dès lors, comme l’a signifié Juncker au lendemain de la victoire de Syriza, l’alternance politique perd toute signification puisque le changement de têtes ne saurait signifier celui des politiques prédéterminées par les traités européens. Confrontés à cette situation, les citoyens cherchent une issue vers des partis qui n’ont jamais exercé le pouvoir, ils désertent les urnes, et parfois il finissent par se révolter. La différence entre la Grèce de 2012 et la France de 2018, c’est qu’après Syriza on sait qu’une gauche dite radicale, en régime européen, devient aussi une droite ordinaire. Quant aux causes immédiates de l’explosion, elles tiennent au hasard et aux lobbys qui ont porté la candidature de Macron (l’adhésion de ses électeurs du premier tour est historiquement basse), à l’imposture qui fait confondre jeunesse et renouveau (après Tsipras et Renzi), et à l’absence d’intelligence politique comme de profondeur historique du chef comme de son armée de députés zombies. La France reste en effet façonnée par l’idéal d’égalité, elle n’a jamais été libérale. Or elle élit en 2017, à contretemps de l’histoire, alors que le cycle mondial néolibéral agonise, un président libéral dont le projet est celui d’une Troïka de l’intérieur et qui constitue le gouvernement le plus technocratique que la France a connu depuis celui de Vichy en 1940. De surcroît, imbu de la très haute idée qu’il a de sa personne, Macron manifeste – de préférence à l’étranger – un souverain mépris de ses concitoyens, notamment de ceux qui n’appartiennent pas à sa caste, étincelle probablement déterminante pour mettre le feu à une poudrière prête à exploser depuis longtemps. Dès lors, l’appel des gouvernants au dialogue est une incantation vide de sens. Car ce que réclament les Gilets jaunes, c’est qu’on se ressaisisse des leviers qui permettent d’agir sur leur quotidien. Ce qui suppose, même s’ils ne le formulent pas encore (la propagande européiste reste pour l’heure trop écrasante), la reconquête de la souveraineté nationale sur l’oligarchie de l’UE. Alors que le code génétique de Macron et des siens est la liquidation de ce qui reste de cette souveraineté au profit de cette oligarchie. C’est la raison pour laquelle, après le Brexit et les dernières élections italiennes, la révolte des Gilets jaunes constitue sans doute une étape supplémentaire vers la disparition de l’euro et l’effondrement (à la manière de l’URSS) de l’UE – ce qui serait une excellente nouvelle pour tous les Européens ! "

mercredi 5 décembre 2018

Entretien "Le Comptoir" : 2e partie

La deuxième partie de mon entretien avec Galaad Wilgos vient de sortir sur Le Comptoir.

Elle est intitulée : L’UE est une construction fondamentalement anti-démocratique ; et elle tombe à pic ! Parce que si j'ai répondu aux questions de Galaad il y a quelque temps, les réponses que j'y apporte ont quelque rapport avec la situation historique que nous vivons.

Merci aussi à la rédaction pour la superbe iconographie !

vendredi 30 novembre 2018

Demain et dimanche je serai à Armen'livres (Alfortville)

Demain après-midi et dimanche après-midi, contrairement à samedi dernier, je ne serai que par l'esprit avec les Gilets Jaunes, puisque je serai physiquement au 14e salon Armen'livres d'Alfortville pour présenter Tigrane l'Arménien.

Et pour les Parisiens, le samedi 15 décembre au soir, je présenterai (et dédicacerai) le même livre, en dialogue avec le journaliste Tigrane Yégavian, qui en a chroniqué la premièreédition et m'a interviewé pour la ressortie chez H&O dans France-Arménie, à la Librairie hellénique Desmos, 14 rue Vandamme, 75014.

mercredi 28 novembre 2018

Les ambiguïtés se lèvent

Enfin, les ambiguïtés se lèvent, c'est le destin des ambiguïtés ! [Et merci à Djordje Kuzmanovic de le faire avec autant de courage, de détermination, de clarté ! |https://www.marianne.net/debattons/tribunes/pourquoi-je-quitte-la-france-insoumise-djordje-kuzmanovic|fr]

Djordje, tu le sais, mais je le dis ici publiquement : sur cette ligne-là, sans la moindre ambiguïté sur la nécessaire sortie de l'UE et de l'euro, la restauration de la République sociale et de la Ve République défigurée par les révisions de convenance, le refus de tout compromis avec l'indigénisme sur la laïcité, etc., le gaulliste que je suis est disponible - pour la première fois depuis mon bref engagement post-Appel de Cochin (au RPR), appel vite renié (du fait de l'opposition de l'appareil, contre la volonté de la base...), au tout début de ma vie politique.

Il nous faut entre souverainistes de tous horizons, pourvu qu'ils soient acquis à la démocratie et à une République sociale bâtir enfin ce CNR dont le but doit être, en une législature, de rétablir la nation dans ses droits et le peuple dans sa souveraineté, sur la base d'un programme de gouvernement qui permette, une fois cette législature achevée et la souveraineté reconquise, de revenir à un véritable débat politique, libéré du carcan européen, projet contre projet.

"Pour gagner, il faut aller chercher les classes populaires abstentionnistes, les « fâchés mais pas fachos », les souverainistes soucieux de justice sociale, les classes supérieures en deuil de la grandeur de leur pays ou simplement conscientes que de telles tensions et inégalités entre gagnants et perdants de la mondialisation ne sont pas tenables. Pour résumer, il faut un programme renouvelé du Conseil national de la Résistance, qui parle à tous les Français sauf ceux qui se sont abîmés dans le projet néo-libéral ou les chimères du nationalisme xénophobe – mais ceux-ci ne sont pas si nombreux. Il faut poursuivre la stratégie salutaire de dépassement du clivage gauche-droite pour, face à Macron qui a réuni les libéraux de tous bords, fédérer les républicains sociaux de toutes tendances."

mardi 27 novembre 2018

Tir groupé...

Hier à 19h00 sur RT (Russia Today en français), j'étais l'un des invité de l'émission "Interdit d'interdire" de Frédéric Taddéi consacrée à l'UE et à comment en sortir. Pour tout vous avouer : je me suis bien "amusé". A plusieurs reprises, je me suis dit qu'il fallait que je me calme, que j'étais trop agressif, mais les énôôôrmités des deux eurobéats que nous avions en face de nous, François Asselineau (dont je suis heureux d'avoir fait la connaissance à cette occasion; sans s'être concertés, puisque nous ne nous connaissions pas, je crois que nous avons parfaitement bien "fonctionné"... même si le coup des clics m'a paru superflu et un brin interminable quand il y avait d'autres choses à dire au fond) étaient d'une telle grosseur, que c'était un peu mission impossible.

Evidemment, je m'étais dit que mon devoir était de rappeler le martyre européen des Grecs, et je suis heureux d'avoir pu le faire à plusieurs reprises et à des propos différents.

Enfin il faut avant tout dire immense merci à Frédéric Taddéi (et à RT) qui, depuis des années, refuse de se plier à la règle des médias dominants qui interdisent tout véritable débat sur cette question européenne - bien que, ou parce que, elle conditionne toutes les autres. Alors oui, c'était un vrai plaisir de pouvoir enfin faire valoir nos arguments. Aux spectateurs de juger mais entre les banalités et les mensonges des uns, assaisonnés de la morgue très macronienne du gars de "Sauvons l'Europe" (sils n'ont que ça en magasin pour la sauver, nul doute que nous aurons le dernier mot !), et les argument que nous avons portés, je pense sincèrement qu'il n'y a pas photo. A vous de juger !

C'est en outre un hasard, puisque la parution a été retardée plusieurs fois, mais Le Comptoir publie aujourd'hui la première des deux parties de l'entretien que j'ai eu cet été avec Galaad Wilgos. Et en somme cet entretien est parfaitement complémentaire du débat d'hier puisqu'il me permet de revenir sur des points essentiels de l'histoire de ce qu'il est convenu d'appeler la "construction européenne", de développer et préciser, ce qui, dans un débat, se dit toujours trop vite.

Enfin, puisque nous sommes dans une période de clarification, et contrairement à ce qu'a dit Ran Tan Plan samedi matin, à ce qu'ont répété les médias de servilité depuis et à ce que serinent les chasseurs obsessionnels de Rouge-Bruns, aucun des gardés à vue suite à la manif de samedi ne sont fichés comme appartenant à l'ultra-droite. Une fois de plus, comme après l'arrestation des prétendus préparateurs d'un attentat à a lime à ongle, les manipulations enfantines du ministre de l'Intérieur se dégonflent à une vitesse étonnante.

Amateurs, technos et bras cassés, voilà aujourd'hui à quoi se résume cette prétendue élite élue mi par hasard et mi par effraction grâce à l'appui massif de médias appartenant à des intérêts qui ont mis leur fondé de pouvoir là où il est. Je doute que cette comédie aille à son terme. On verra bien.

Dernière clarification en date, mon ami Djordje Kuzmanovic, orateur national de la LFI, conseiller de Mélenchon pour les affaires étrangères et de défense, vient d'être évincé de la liste européenne de LFI, sous un prétexte qui cache mal l'exclusion de deux souverainistes. désormais les choses sont donc claires : le Plan B n'a jamais été qu'un Plan pipeau.