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« Humeur : Se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités. » Le Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert est un pur chef-d’œuvre et l’on jouit à coup sûr dès qu’on le rouvre. Jamais déçu !
Or donc, mon corps (et mon esprit) contenant de si grandes quantités d’humeurs (généralement malignes), je me suis dit que crever de temps en temps les furoncles où elles s’accumulent me procurerait un ineffable soulagement – précieux à mon équilibre général et donc à mon travail. Mais qu’on ne s’attende pas à trouver ici des humeurs subtiles : nulle objectivité, nulle périodicité ; que de la mauvaise foi erratique, de la polémique jaculatoire.
Un modèle ? le Bloc-notes de Mauriac bien sûr, relevant le 14 novembre 1953, à propos du président du Conseil Joseph Laniel, qu’« il y a du lingot dans cet homme-là », ou le 22 novembre 1954 qu’« il existe une haine singulière, chez nous, contre la prééminence de l’esprit ».
De sa création au 6 mai 2012, ce blog a eu comme tête de Turc celui qui a tenu lieu de président, durant cinq ans, à une République qu'il a si souvent caricaturée, défigurée, ridiculisée. Si cette pénible parenthèse s'est refermée, rien n'a pour autant significativement changé parce que le changement d'équipe ne s'est traduit par aucun réel changement de politique, parce que la capitulation inaugurale devant la chancelière de fer du Monsieur Prudhomme qui a succédé à Caligula a vidé cette alternance du sens qu'elle aurait pu avoir, parce que, du fait de cette capitulation, ce qu'est devenu l'Europe au tournant des années 1980-1990 - une machine à imposer aux peuples européens la loi d'airain du néolibéralisme et du libre-échangisme qui met en concurrence des travailleurs protégés et des semi-esclaves - continue à vider la démocratie de sa substance et à réduire l'exercice de la souveraineté populaire - l'élection - à un concours d'élégance chargé de désigner celui qui conduira la seule politique possible, une Europe au nom de laquelle, depuis 2009, on martyrise ce peuple grec qui m'est si cher et qui m'a tant donné...

vendredi 21 septembre 2018

Tigrane dans France Arménie

Je ne sais pas pourquoi, avant de partir, je n'ai pas partagé cet entretien avec Tigrane Yegavian paru dans le numéro de juillet-août de France-Arménie.

Je reviens dans les jours qui viennent avec la tribune que j'ai publiée dans Ta Nea (Le Figaro grec) et l'entretien avec Coralie Delaume sur Polony TV/

Sinon tout va bien. Les amis puis mon homme sont repartis vers la France depuis une semaine. J'avance bien dans mon Thémistocle, entre plage et bricolage.

A bientôt !

vendredi 24 août 2018

A plus tard !

Bon les gens, je vais me faire plus rare. Je repars pour "notre" île demain et cette fois jusque vers la mi-octobre.

Le jeudi 11 octobre, pour ceux qui sont à Athènes, j'aurai le plaisir de présenter mon Tigrane l'Arménien, chez les excellents Odile et Iannis, à la librairie To Leikopoleio. Ne faites pas trop de bêtises tout de même pendant mon absence.

Moi, je vais tâcher de boucler le manuscrit de mes Mémoires de Thémistocle.

Cela dit, en principe, la revue Le Comptoir devrait publier dans les semaines qui viennent un entretien avec l'excellent Galaad Wilgos autour de mes 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe, et j'ai enregistré ce matin, avec l'excellente Coralie Delaume, un autre entretien, sur la situation en Grèce et en Turquie, pour Polony TV.

Donc vous ne serez pas totalement débarrassés de moi !

lundi 20 août 2018

Désastre grec et aveuglement idéologique

Libération publie aujourd'hui un papier de Fabien Perrier fort juste sur la description de la situation même si on pourrait y ajouter quelques éléments.

Ainsi pour des milliers de salariés grecs les salaires ne sont plus, depuis longtemps, versés régulièrement. La vaporisation du droit social jointe au chômage de masse a en réalité installé la toute-puissance des employeurs qui payent ce qu'ils veulent quand ils veulent. Le chantage au licenciement ou/et les difficultés des entreprises font que bien souvent les salaires ne sont versés que tous les deux, trois ou cinq mois.

Ainsi les commerçants dont les impôts et taxes divers, cotisations patronales, s'élèvent, du fait de la fiscalité délirante imposée par l'Euro-Germanie, jusqu'à 78 % du chiffre d'affaires - vous avez bien lu chiffre d'affaires et pas bénéfices, ce qui bien évidemment n'a fait que doper l'économie grise, sans quoi le nombre des faillites et des fermetures serait encore plus apocalyptique. Ainsi des nouvelles énièmes coupes tous azimuts que le gouvernement de "gauche radicale" s'est engagé à faire au 1er janvier 2019.

Dans ces conditions, on comprendra, qu'en absence de tout allègement de la dette, puisqu'on a fait qu'admettre les Grecs au privilège de payer plus longtemps plus d'intérêts d'une dette en partie odieuse, le discours actuel sur la sortie de la Grèce des "plans d'aide", qui n'ont jamais aidé que les banques allemandes et françaises qui s'étaient chargé, au-delà de toute raison et prudence en dette grecque.

On pourrait multiplier les exemples et les compléments à l'infini, tant les criminelles politiques euro-allemandes ont eu d'effets délétères et mortifères sur les Grecs - et qu'elles continueront à en avoir exactement autant qu'hier, et même plus, demain et après-demain, jusqu'à la saint glin-glin. Mais on ne saurait en faire reproche à Fabien Perrier (que je connais et que j'apprécie, qui fait un très beau travail sur la Grèce où il a choisi de vivre pour témoigner, ce qui n'a rien d'un choix de facilité ! même si, comme on va le voir, nous sommes en désaccord sur des points capitaux) qui devait bien entendu sélectionner pour tenir un calibre.

Ce qu'on lui reprochera, en revanche, c'est cette sentence assénée d'emblée au lecteur, et qui n'a d'autre fondement que la doxa européenne élevée au rang de vérité révélée : "le pays vit, selon lui, le «dernier acte du drame des mémorandums» signés pour éviter à tout prix une sortie de la Grèce de l’euro, aux conséquences vraisemblablement encore plus dramatiques." Et voilà, le tour de passe-passe débouchant une fois de plus sur la conclusion que tout le monde aura compris : TINA. C'est bien malheureux, ce qui arrive aux Grecs mais c'est ainsi et il n'y avait pas d'autre solution, puisque la sortie de l'euro eût été pire. Rideau ! Pas de débat possible. La question ne peut même pas être posée.

Le peuple grec a beau avoir refusé les solutions euro-germaniques à plus de 61% à l'été 2015, alors qu'on lui répétait du soir au matin et du matin au soir que, s'il les refusait, il serait expulsé de l'euro et de l'UE, le peuple grec a beau avoir pris le risque de la sortie : la question ne sera pas posée", comme disait le président du tribunal aux défenseurs de Zola durant le procès du "J'accuse", dès lors qu'ils glissaient de la question de la diffamation au cas de Dreyfus qui avait justifié l'article accusé de diffamation.

La question de l'euro ne sera donc pas posée.

Pourquoi ? Parce que les sachants ont décidé que c'eût été pire.

C'est évidemment avec des escamotages de ce genre qu'on fait monter tous ceux qui ne croient plus en la démocratie, dès lors qu'en régime d'Union européenne la démocratie se résume au choix, sur la mine ou l'élégance, de celui qui sera chargé de mener la politique unique - quels que fussent ses dégâts qu'on déplore ensuite.

Eh bien non, Fabien Perrier, ce n'eût pas été pire si les Grecs étaient sortis de l'euro. Parce qu'avec une monnaie dévaluée de 20 ou 25 %, on aurait évité la désindustrialisation, la désertification économique, que le tourisme grec serait redevenu attractif par rapport aux pays comparables ayant des taux de change comparables, qu'on aurait dévalué la dette d'autant (lex monetae) pour autant que le gouvernement grec fût aussi patriote que celui de Nestor Kirchner en Argentine, que les Grecs auraient échappé à la spoliation massive et générale de leur patrimoine privé et public, que l'économie grecque aurait retrouvé des capacités d'exportation et de développements, et qu'elle ne serait plus enfermée aujourd'hui dans une impasse.

Car elle reste enfermée dans une impasse : l'impasse de l'euro. Car malgré la dévaluation intérieure par les salaires, les pensions, les dépenses publiques de toute sorte, malgré la paupérisation et le désastre sanitaire, l'économie grecque ne peut pas repartir avec une monnaie surévaluée par rapport à ses fondamentaux, d'autant plus surévaluée que ses fondamentaux, du fait de l'euro et des politiques qu'il suppose, n'ont cessé, ne cessent et ne cesseront de se dégrader.

Ainsi a-t-on avec cet article, un singulier exemple de lucidité sur les conséquences couplé à un total aveuglement - par idéologie eurolâtre qu'il serait anathème de mettre en question - sur les causes. Résultat de 50 ans de formatage des esprits.

dimanche 19 août 2018

Coralie Delaume parle de la Grèce sur France Culture

J'étais en train de préparer à déjeuner et j'ai éteint France Cu en entendant le titre sur la Grèce. Je ne savais pas que Coralie Delaume était l'une des intervenantes et je me suis dit que ça ne valait pas la peine que je me gâche mon aprème, qu'à 60 ans il me faut prendre soin de mon coeur, tout ça, tout ça...

Et puis paf, là j'appends qu'elle a causé dans le poste - et qu'en plus elle me cite. Du coup, je suis obligé d'écouter avant de retourner à mon Thémistocle !

Bon, si vous croyez encore qu'il puisse sortir quelque chose de bien de ce qu'il est convenu d'appeler l'Europe, vous pouvez écouter aussi le sieur Bertoncini - comme on dit sur un autre plan : c'est un vrai remède à l'amour. Si vous n'avez plus d'illusions et que vous voulez vous éviter les coups de sang, vous baissez le sang, vous zappez ce sinistre porte-voix de la doxa libéralo-eurocratique et le propagande berlino-bruxelloise, et vous n'écoutez que Coralie et Angélique Kourounis qui donne une image réelle de ce que pensent les Grecs de cette escroquerie syriziste de la "sortie" de crise" par le "retour sur les marchés".

Et puis le même jour, parce que tout est lié, on apprend ceci : Yawohl Madame ! Natürlich Madame ! Et vous pourriez me foutre une autre beigne sur la joue gauche, madame ? Signé le gouvernement de la "gauche radicale" grecque

vendredi 17 août 2018

Air France

Donc, il n'y aurait pas de Français capable de diriger Air France et il faut payer un Canadien trois fois plus que son prédécesseur pour refuser toute augmentation de salaire aux personnels.

Un Canadien spécialiste du bas coût...

Un Canadien réputé pour son absence d'inclination au dialogue social et sa grande sollicitude pour les actionnaires...

Un Canadien dont la candidature a été poussée par Delta Airlines, actionnaire minoritaire et concurrent d'Air France...

Un Canadien adoubé par l'inénarrable Lemaire.

Vous ne trouvez pas que ça sent très fort la vente des bijoux de famille sous pression euro-allemande, comme d'hab.

Vu que la croissance, mythique, impossible tant qu'on a l'irréformable euro, il va bien falloir vendre, et vendre et vendre et vendre encore le capital social, notre capital commun, pour satyisfaire aux exigences de Bruxelles et Berlin.

Le viaduc de Gênes, les 4000 pompiers grecs en moins qui font tourner un incendie à la tragédie : on s'en b... fout, on continue et on continuera, jusqu'au bout.

Après Alstom et les chantiers de l'Atlantique... bientôt Air France ? Avant ou après la SNCF ? La mondialisation heureuse continue. Enfin, chez nous... Bon vous nous laissez partir le 25 août et après vous pouvez vous mettre en grève tant que vous voulez.

Si, juste, après la définition de traître, la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie française donne l'exemple suivant : "On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l'on méprise toujours les traîtres."

jeudi 16 août 2018

Ah, la faute à pas d'chance !

Ou à ces salauds de peuples du sud qui ne savent pas se gouverner, et qui le seraient bien mieux depuis Berlin, si seulement ils avaient un peu de bon sens !

Et bien sûr, les idiots utiles vont nous dire que ce qui est arrivé à Gênes, c'est à cause de la Mafia, des carences de l'Etat italien, comme l'incroyable mortalité des derniers incendies en Grèce est la faute des constructions illégales et comme ce que subissent les Grecs depuis dix ans, ils l'ont mérité parce qu'ils sont voleurs, fraudeurs, feignants. Comme ce qui arrivera sur un des ponts français identifiés par le rapport du Sénat, ce sera la faute à... Comme ces salopards qui se noient sur les plages françaises, que c'est leur faute ou la faute à pas d'chance: 720 CRS sur les plages en 2002, 460 en 2015, 297 cette année... et un record de 1758 noyades (dont une sur cinq mortelle) du 1er juin au 9 août, soit deux fois plus qu'en 2015, alors que le nombre de CRS est un peu plus d'1,5 fois inférieur. Comme le prochain accident d'aviation en France n'aura rien à voir avec la vétusté du système d'aiguillage aérien (un avion dont on a perdu la trace il y a peu, pendant plusieurs minutes et qui en a frôlé un autre), sur laquelle ne cessent d'alerter les aiguilleurs du ciel, mais qu'on n'a pas remplacé... Parce que y'a pas d'sous ? Ben non, faut bien payer le coût de l'euro. Jour après jour. Mois après mois. Budget après budget. Service public après service public.

Mais non, ça n'a aucun rapport ! D'ailleurs, c'est bien bien simple, rien n'a jamais aucun rapport avec la vérité révélée qui fonde les traités européens et s'est incarnée dans l'euro. C'est la faute à la Mafia, aux Grecs, aux Ritals, à pas d'chance...

Alors trêve de plaisanteries : oui, bien entendu l'accident de Gênes a évidemment une cause principale. Le modèle euro- allemand qui nous détruits, nous nations européennes, nos démocraties, notre Etat social, nos capacités à concevoir et préparer l'avenir, à investir, comme à gérer et entretenir ce que nous avons hérité du passé. Le modèle euro- allemand, c'est-à-dire, la privatisation des infrastructures et des services publics dont le but est dé dégager du cash pour les actionnaires - pas d'assurer la sécurité des usagers. Le retrait de l'Etat, partout, toujours, toujours plus, jamais assez, pour laisser le champ libre aux prédateurs qui ne sont nulle part assez gavés, jamais. Les contraintes budgétaires générées par l'infâme, scélérate et stupide monnaie unique - et ses règles de fonctionnement allemandes, infâmes, scélérates et stupides - qui empêchent l'Etat et les collectivités locales d'investir, d'entretenir, de remplir leurs fonctions - à commencer par la protection des citoyens.

Atlantia, qui avait la concession du viaduc effondré (quels que soient ses défauts de construction, il revient au concessionnaire d'y assurer la sécurité plutôt de que de distribuer des dividendes à ses actionnaires) a aussi racheté les aéroports de Nice, Cannes, Saint-Tropez, elle est pour 15 % actionnaire du tunnel sous la Manche et l'actionnaire italien du tunnel du Mont-Blanc. Elle était favorite pour le rachat d'Aéroport de Paris.

Il faut être bien sourd et aveugle pour prétendre que tout cela n'a rien à voir avec l'Union européenne et le poids écrasant des lobbys à Bruxelles ? Alors que Bruxelles exige la privatisation du rail ou, en France, de quelques trois cents barrages. A Atlantia, qui les entretiendra aussi bien que le viaduc de Gênes ? Il faut être bien anesthésié par l'idéologie germano-européo-libérale pour soutenir que le désengagement de l'Etat de toutes ses fonctions n'a rien à voir avec le coût de l'euro.

L'Europe, ce n'est pas la paix. L'Europe, c'est la guerre permanente faite par les lobbys aux peuples, l'Europe c'est la prédation organisée et généralisée des biens publics par les intérêts privés, et les Etats réduits à l'impuissance par une monnaie dont les règles allemandes interdisent à ces Etats de remplir leurs fonctions parmi lesquelles la protection des citoyens. L'Europe ce n'est pas la paix, parce que désormais, en Grèce où des malades sont privés de traitements vitaux, en Italie ou ailleurs, chaque jour l'Europe tue.

Aucun aéroport n'est privatisé dans cet enfer bolchévique que sont les Etats-Unis. Et l'horrible, l'imbécile Trump est arrivé au pouvoir avec un programme de rénovation et développement des infrastructures inédit depuis le New Deal.

Mais sur Facebook, on apprenait avant-hier et hier, du spécialiste de l'Allemagne Mathieu Pouydesseau les informations suivantes :

"En Allemagne, le déficit d’investissement dans les infrastructures publiques est évalué à plus de 200 milliards, et des tunnels ferroviaires se sont déjà effondrés, heureusement sans victimes.

En Italie, même logique budgétaire, même effet :

“Nous avons un vaste problème de remise à neuf des infrastructures qui sont devenues obsolètes. A cela s'ajoute le problème de la maintenance et de la répartition des compétences au niveau de la gestion de la manutention », notait récemment Amedeo Genedani, président de Unatras, la confédération des transporteurs. La situation est d'une telle gravité que de nombreuses sociétés spécialisées dans la construction de ponts préfèrent jeter l’éponge, en raison d'un manque de moyens. « Il y a un problème au niveau des fonds qui se répercute sur toute la construction car il faut réduire les coûts tout au long de la filière. Ce mécanisme pervers remet en question la sécurité et la prévention », assurait l’an dernier Massimo Ferrarese, patron de la société de construction INVIMIT.”"

Puis :

"Je vous ai dit hier que les communes allemandes avaient accumulé 48 milliards de retard d’investissement rien que dans les écoles et collèges?

On arrive ici au summum de l’acmée culminante de l’apogée triomphante de de la raison stupide:

Aujourd’hui, on a appris que les collectivités locales allemandes ont accumulé un ... excédent budgétaire de plus de 7 milliards, faisant suite l’an dernier à un ... excédent de 6 milliards....

Mais ne vous inquiétez pas : d’après les éditorialistes, « les collectivités locales ne sont pas encore sorties d’affaire, et doivent continuer à épargner ».

Dans un pays au solde net vis à vis du reste du monde de 200 milliards par an...."

Logique délirante, évidemment... La logique des 4000 postes de pompiers en moins en dix ans en Grèce et des incendies qui tuent ! La logique d'Atlantia et du viaduc de Gênes qui tue !

Combien faudra-t-il encore de catastrophes pour que les peuples comprennent que, depuis Maastricht, nos prétendues élites nous ont engagés collectivement dans une spirale délirante et mortifére ?

Privatisations, retrait de l'Etat, coupes budgétaires pour satisfaire à l'idéologie ordolibérale allemande qui est le fondement idéologique de l'euro : le "modèle euro-allemand" est à l'évidence à bout de souffle ; mais nos prétendues élites, bornées, obnubilées par leur idéologie qui date du XIXe siècle, confites dans leurs certitudes, refusent de le voir. A l'imitation des élites soviétiques des années 1980. Reste à savoir si l'effondrement du viaduc de Gênes, qui révèle de manière spectaculaire et tragique les tares mortelles de ce système dans lequel on nous a englués depuis des décennies sous prétexte d'Europe, sera quelque chose du même ordre que Tchernobyl pour l'empire soviétique en son temps. Le symptôme avant-coureur de l'implosion d'un empire, le symptôme avant-coureur de l'effondrement d'un empire qui, sur le billet de 500 euros, a fait figurer un pont reliant deux nulle part.

Demain, on parlera d'Air France, tiens, pour changer... ou pas.

mardi 14 août 2018

L'Europe, ce n'est pas la paix, en fait ; c'est le pont !

Dix ponts écroulés en Italie depuis cinq ans. Et ce n'est pas la faute à pas de chance.

Il y a quelques jour, notre délégué à la sécurité routière, ici, en France, déclarait à BFM : "Quand les routes sont en mauvais état les gens roulent doucement".

Il dit quoi aujourd'hui le délégué, après l'effondrement du viaduc de Gênes ?

La réalité, c'est que les politiques européennes, à force de couper partout dans les crédits, tuent !

Qu'il s'agisse des pompiers en moins en Grèce ou de l'entretien des infrastructures.

En Allemagne, ce modèle indépassable, devant lequel il est hérétique de ne pas faire au moins trois génuflexions par jour, les camions doivent parfois faire des dizaines de km de détour pour livrer une usine parce que 40 % des ponts sont vétustes et ne sont plus entretenus comme il faudrait. Le réseau routier français, qui fut le meilleur du monde, se dégrade - avec l'approbation satisfaite du guignol à la sécurité routière - et les collectivités locales, privées des crédits nécessaires - afin de payer le coût de l'euro -, ne peuvent plus consacrer les sommes nécessaires à leur remise en état.

On nous dit que le viaduc de Gênes avait fait l'objet de travaux en 2016... Des travaux suffisants ou au rabais pour satisfaire aux exigences budgétaires auxquelles se sont soumis les gouvernements du Parti démocrate ?

Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, n'a pas tout-à-fait la même analyse que notre Gugusse à la sécurité routière : «Il y a une bonne partie de l'Italie qui doit être mise en sécurité. S'il y a des engagements extérieurs qui nous empêchent de dépenser l'argent que nous devrons mettre pour la sécurité des écoles et des autoroutes, il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option.»

Ah oui, mais ça ne compte pas, Salvini c'est un vilain, un méchant... un fasciste. Le problème c'est que votre euro et votre Europe allemande, irréformables, verrouillés, cadenassés de toute part, ils sont en train d'en fabriquer par milliers. Partout en Europe.

lundi 13 août 2018

Ils ont des dollars, nous avons Allah...

Dixit le sultan.

Le match s'annonce passionnant !

Kravmaga, boxe thaï, MMA, pancrace, ultimate fighting... ou lutte à l'huile ?

En tout cas, la dégringolade de la livre turque se poursuit. Après avoir touché de nouveau un plus bas ce matin, puis avoir tenté un rebond, le cours de la monnaie turque face au dollar affiche une baisse de 8 à 9 % au moment où j'écris ces lignes.

Erdogan (outre le match Allah-billet vert) : c'est un complot. Non.

Le PIB turc, qui a culminé à 950 milliards de dollars en 2013 était de 840 milliards en 2017.

La bulle qu'a gonflée l'AKP, arrivée au pouvoir en 2002 après la ravageuse crise financière de 2000-2001, et que l'AKP a exploitée à fond par un système de corruption généralisée qui lui a permis de financer son système clientéliste islamiste (charité islamique du Parti substituée à la politique sociale de l'Etat), était fondée sur l'aide américaine, les fonds européens de préadhésion et de chantage aux migrants, l'afflux de capitaux à court terme et une croissance intérieure fondée non sur les salaires (le mouvement syndical a été durement réprimé, comme toutes les forces constituant un ferment démocratique dans la société turque, afin de maintenir un niveau de salaire attractif pour les industries délocalisées d'Europe occidentale) mais sur l'endettement des particuliers, dans un pays où il n'existait pas, encouragé par le gouvernement de manière totalement irresponsable (d'où une hausse des importations à forte valeur ajoutée ajoutée, alors que les exportations turques sont à faible valeur ajoutée).

Aujourd'hui, la politique étrangère d'Erdogan l'a brouillé avec les Etats-Unis, et ceci après que les capitaux à court terme ont commencé à fuir depuis un bon moment déjà : la balance courante (balance commerciale, solde du revenu des placements, solde des transferts financiers) est négative depuis 2002 et a atteint 5,57 % du PIB en 2017 (0,86 % pour la France).

Aujourd'hui, la Banque centrale turque n'a pas les moyens de soutenir sa monnaie, ses réserves de change (moins de 100 milliards de dollars) ne lui permettant pas d'acheter durablement de la livre pour soutenir son cours.

Quant aux taux d'intérêt, ils sont de 17,75 % depuis juin et une hausse supplémentaire conduirait à éteindre complètement le moteur de la croissance intérieure fondée justement sur l'endettement des ménages... Raison pour laquelle Erdogan exclut - pour l'instant - une intervention de la Banque centrale dans ce sens.

A suivre !

vendredi 10 août 2018

La bulle turque en train de crever ?

Jusqu'à -27% en séance aujourd'hui (-15,57 % à l'heure où j'écris ce billet) pour la livre turque qui ne cesse plus de dévisser depuis des semaines (-40 % depuis le début de l'année).

En conséquence, Trump annonce le doublement des taxes sur l'acier et l'aluminium décrétées au début de l'année.

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C'est une lutte nationale", a déclaré le sultan dans un récent discours. Nul doute que les Turcs l'entendent !

L'AKP est arrivée au pouvoir à la faveur de la crise financière de 2000-2001 qui avait marqué l'échec complet des partis au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire de 1980 et qui n'a été jugulée que grâce à l'aide économique américaine (en raison de la situation géostratégique de la Turquie).

Depuis 2002, l'AKP est restée au pouvoir grâce à une croissance économique, largement artificielle, reposant sur trois piliers : les fonds européens de préadhésion, puis issus du chantage aux migrants ; la délocalisation d'activités industrielles d'Europe de l'Ouest permise par une libéralisation à marche forcée de l'économie et une répression du mouvement syndical, l'explosion de l'endettement privé qui, comme en Grèce dans les années 2000, est assigné par le pouvoir au rôle de palliatif du faible niveau des salaires.

Dans La Grèce et les Balkans, en 2013, je relevais ainsi les similitudes entre les deux économies :

"Les deux économies sont moins dissemblables qu’il y paraît : déficit structurel des balances commerciales, poids des invisibles, la croissance grecque des années 1996-2007 et la croissance turque depuis 2003 reposent sur un afflux de capitaux à court terme qui peuvent se retirer rapidement, des salaires bas et une consommation des ménages jusque-là pas ou peu endettés dopée par un encouragement inconsidéré du recours au crédit (+40 % au premier semestre 2011 en Turquie) qui contribue à creuser le déficit courant, puisque l’industrie nationale, à faible valeur ajoutée, ne produit pas les biens achetés, à forte valeur ajoutée (les ventes d’automobiles augmentent, par exemple, de 75 % au premier semestre 2011 en Turquie)."

Bref, une économie de bulle.

Parallèlement, la corruption organisée par le pouvoir (président, clan familial, parti), prélevait une partie de la manne pour enrichir la caste proche du pouvoir et alimenter la "charité islamique" du Parti chargée de suppléer les carences de Etat en matière sociale, et de financer ainsi un système de clientélisme à grande échelle grâce auquel, en plus de la fraude et de la répression de complots imaginaires, l'AKP a pu se maintenir au pouvoir depuis 2002.

Aujourd'hui, c'est tout ce système qui apparaît en bout de course. Au moment même où le sultan est parvenu à installer un pouvoir quasi dictatorial.

Mais l'aventurisme criminel du régime en Syrie et le flirt appuyé avec Moscou (qui n'a, à mon avis, jamais été dupe d'un retournement d'alliance turc : comment un chef d'Etat aussi russe et pragmatique que Poutine pourrait-il croire à une alliance russo-turque ??? Il tire pragmatiquement ce qu'il peut tirer du sultan, et voilà tout...) n'ont fait qu'exaspérer le protecteur américain qui, aujourd'hui, est défié sur sur tous les plans (géostratégique en Syrie où Ankara joue les restes de Daesh contre les Occidentaux et leurs alliés Kurdes, militaire par l'achat de matériel russe alors que la Turquie est la deuxième armée de l'OTAN, symbolique avec l'exigence de l'extradition de Gülen réfugié aux Etat-Unis et maintenant l'arrestation d'un pasteur américain...) semble jouer l'accélération de la chute.

Le gouvernement AKP arrivé au pouvoir en 2002 avec le mot d'ordre "0 problème avec les voisins" est aujourd'hui totalement isolé dans son environnement régional (hormis la dictature azérie): de l'ex-allié israélien au régime du Caire, de Damas à Erevan bien sûr, Erdogan a créé un climat diplomatique régional hostile à la Turquie quasi général. Le rapprochement avec l'Iran chiite (alors qu'Erdogan aspire au leadership du monde sunnite) n'est que de façade, les provocations à l'égard de la Grèce ont atteint à la fin du printemps un niveau rarement atteint depuis 1974 et deux soldats grecs, égarés ou enlevés sur la frontière du nord, sont détenus au secret pour "espionnage" depuis plus de cinq mois. Quant au néo-ottomanisme qui se manifeste sans vergogne dans les Balkans (ARYM, Bosnie, Albanie, prétendu Etat kosovar...), il est aussi agressif que... sans réel débouché.

Certes l'irresponsable et lâche UE (j'ai écrit ici sur le surréaliste sommet de Varna en mars, avec l'inénarrable Juncker) continue imperturbablement à se taire sur les provocations du tyranneau, et à le financer - avalant sans brocher, l'une après l'autre, toutes les couleuvres turques. Mais dans des pays européens de plus en plus nombreux (Autriche, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Belgique...) l'instrumentalisation par le pouvoir AKP et sa succursale d'extrême droite des minorités turques locales commence sérieusement à inquiéter : vote massif en faveur de la dérive dictatoriale du sultan, enfants revêtus d'uniformes et défilant devant le drapeau turc, ou "manifestations culturelles" dans lesquelles les mêmes enfants doivent mimer une bataille dans laquelle les glorieux Ottomans mettent en déroute des chrétiens infidèles...

De fait, une économie ne vit pas indépendamment de la géopolitique et une économie de bulle finit toujours par crever. De sorte que lorsque l'aiguillon géopolitique s'approche de la bulle...

Mais avec quel effet domino ? Je serais curieux de connaître l'exposition... - au hasard - de la Deutsche Bank, spécialiste en actifs pourris, au risque turc...

mercredi 8 août 2018

Il y a cent ans...

Le 8 août 1918, alors que les armées alliées sont sous pression depuis mars et la paix de Brest-Litovsk, signée par les bolcheviks, qui à permis au grand état-major allemand de concentrer ses troupes sur le front français, alors qu'il a fallu tenir sous les coups de boutoirs répétés de l'Empire allemand en attendant la montée en puissance de l'armée américaine, Foch, commandant en chef interallié depuis le 26 mars lance une attaque franco-britannique entre Amiens et Albert.

Ludendorff, adjoint du chef de l'état-Major Hindenburg, mais qui assure en réalité le commandement opérationnel, futur suppôt de toutes les extrême droites allemandes, y compris le NSDAP d'Hitler dont il sera député en 1924 et qui le soutient à l'élection présidentielle de 1925 avant qu'Hitler ne le marginalise, qualifiera le 8 août, dans ses mémoires, de "jour de deuil de l’armée allemande".

Et l'offensive lancée ce jour-là ne s'arrêtera plus avant la signature de l'armistice du 11 novembre.

Dans cette bataille d'Amiens, dernier tournant de la guerre, la Ire armée française, la IVe armée britannique (Anglais, Canadiens, Australiens), ainsi qu'une division américaine perdront près de 50 000 hommes.

Aujourd'hui, le prince héritier et la Premier ministre du Royaume-Uni étaient à Amiens pour célébrer cette bataille et ses combattants qui ont mis fin aux ambitions impérialistes du Reich allemand.

La France était représenté par... la ministre de la Défense. Encore heureux qu'elle était libre ! On a échappé à Benalla ou Schiappa !!!

Il est vrai que le Premier ministre était en randonnée et que ce qui nous tient lieu de président de la République avait piscine, récemment payée par le contribuable, et qu'il est très occupé à manigancer son prochain lamentable petit coup de com, un serrage de louche d'une quinzaine de figurants, baptisé "bain de foule" par des médias à côté desquels ceux de la Roumanie des Ceaucescu commencent à faire province et petit genre, ou un baiser donné à un gamin dans un mouvement absolument spontané que n'auraient renié ni Nicolae ni Elena, ces Etoiles polaires, Danubes de la pensée et Génies des Carpates que notre Jupiter est incontestablement en passe de surpasser dans l'amour délirant que lui porte son bon peuple.

"Non, mais vous ne croyez tout de même pas que je vais quitter ma piscine pour célébrer une bande de pouilleux qui se sont fait trouer la peau pour libérer le sol français et lancer le mouvement qui aboutirait à la défaite de mes patrons allemands !"

samedi 4 août 2018

Panagiotis et les incendies en Attique

J'attendais bien sûr avec impatience l'analyse de Panagiotis Grigoriou, mon ami, sur les jours tragiques qu'a vécus l'Attique.

Comme d'habitude, je vous recommande de le lire (et de l'aider si vous le pouvez : il en a besoin pour continuer à nous informer, hors de ces médias qui griment la réalité en fonction de leur choix idéologique unique, lorsqu'ils en parlent).

Et je n'ai, évidemment, pas été surpris de constater, combien, une fois de plus, nous sommes d'accord.

mercredi 25 juillet 2018

Pour aider les Grecs : arrêter les mensonges et donner, si on peut

Hier je me suis fait insulter, sur Facebook, par un zigomard, doublé d'un paltoquet dont le "feedback" (dixit) était que l'Eurogermanie n'est pour rien dans cette catastrophe et que les seuls responsables sont les Grecs, feignants, corrompus... On connaît cette saloperie de chanson, on ne l'a que trop entendue depuis dix ans, mais manifestement elle continue à courir sur les lèvres, jusque sur celles des expatriés français dans ce pays que, au coeur de la catastrophe, ils ont encore le coeur de dénigrer et d'accabler.

La réalité c'est qu'en bientôt dix ans, sous le règne eurogermanique, tous les services publics grecs ont été saccagés, réduits à l'impuissance, que les matériels n'ont pas été renouvelés, que les effectifs des pompiers et de la protection civile ont fondu (4000 en moins, chiffre à vérifier : nous sommes un certain nombre à nous y employer), qu'on leur a refusé, malgré de nombreuses grèves, un statut permanent, qu'on a porté l'âge de leur retraite à 67 ans et diminué tout ensemble leur salaire (850 euros).

On atteint les 80 morts et on recherche encore des dizaines de disparus.

Au cas où vous souhaiteriez venir en aide aux victimes de cette tragédie, la mairie de Rafina (région la plus touchée pour l'instant, mais l'incendie de l'Ouest Attique inquiète beaucoup aussi), la Croix Rouge et Médecins du monde ont ouvert des comptes dédiés. Je vous en communique ci-après les références :

1) La mairie de Rafina-Pikermi :

TRAPEZA PIREOS - Banque du Pirée

ΙΒΑΝ: GR20 0172 1860 0051 8609 2291 418

2) Médecins du monde :

ETHNIKI TRAPEZA TIS ELLADOS - BANQUE NATIONALE DE GRECE

IBAN: GR27 0110 1410 0000 1412 9611 217

ALPHA BANK

IBAN: GR06 0140 1990 1990 0200 2002 401

ΤΡΑΠΕΖΑ ΠΕΙΡΑΙΩΣ - Banque du Pirée

IBAN: GR03 0172 0180 0050 1800 5706 640

3) Croix Rouge Grecque :

ΤΡΑΠΕΖΑ EUROBANK ΕΡΓΑΣΙΑΣ A.E. - TRAPEZA EUROBANK ERGASIAS A.E.

IBAN : GR6402602400000310201181388

mardi 24 juillet 2018

Nouvelle tragédie grecque

L'Attique brûle.

7 foyers allumés en même temps semble-t-il, dont certains dans des régions désertes où personne ne va

Puis un feu qui se propage grâce à un vent terriblement déchaîné: plusieurs centaines de maisons brûlées, et déjà au moins 70 morts : un désastre.

Tragédie absolue... une de plus qui s'abat sur mon pays de coeur, martyrisé depuis 2010 par l'Euro-Germanie...

Quels que soient les causes - criminelles d'après l'Exécutif, il reviendra à l'enquête de l'établir et si oui, criminalité économique, intérieure ou extérieure en vue de déstabiliser un peu plus un pouvoir à l'agonie ? - et les dysfonctionnements propres à la Grèce (permis de construire, constructions illégales, défaillances des services locaux), ce bilan tragique et qui ne cesse d'augmenter est bien sûr lié au milieu (un des incendies a gagné des zones d'habitat dispersé dans une immense pinède), à des conditions météo exceptionnelles (un vent d'une force inaccoutumée) ; il ne peut être pour autant découplé des politiques criminelles imposées à la Grèce par la Germano-Europe depuis 2010, qui ont écorché ce pays, qui l'ont affaibli à tous les points de vue, qui ont aggravé tous les dysfonctionnements auxquels elles prétendaient remédier (évidemment les coupes dans les salaires et les droits sociaux ne font que renforcer la petite corruption des "enveloppes" qui devient un revenu de complément nécessaire pour permettre aux fonctionnaires de survivre, comme elles diminuent l'efficacité de tous les agents publics, municipaux comme les autres, qui doivent occuper un ou deux autres emplois) et, comme il et qui ont touché, bien entendu, les pompiers comme les moyens matériels de lutte contre l'incendie.

Seule face aux spéculateurs qui ont mis la Grèce à genou en 2010, seule face aux provocations et violations de sa souveraineté par une Turquie (dont on sait aujourd'hui, par le témoignage de l'ancien Premier ministre Yilmaz, que ses services spéciaux furent à l'origine de vagues d'incendies dans les îles durant les années 1990...) financée par l'UE dans le même temps où celle-ci étrangle la Grèce, affaiblie par bientôt dix ans de politiques euro-germaniques criminelles dont les Nomenklaturas locales, y compris celle de gauche dite radicale, se sont faites les serviles relais, seule face au renvoi de 1500 migrants dont la si généreuse Merkel ne veut plus, la Grèce se trouve aujourd'hui confrontée à une tragédie d'ampleur exceptionnelle - une de plus .

lundi 23 juillet 2018

Papy fait de la résistance

Résumé de l'audition de Gégé par la commission des lois de l'assemblée nationale de la République française érigée en commission d'enquête : c'est pas moi, c'est ma soeur, k'a cassé la machine à vapeur...

En plus d'être crédible, c'est suprêmement élégant !

Ou le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, numéro 3 du gouvernement, soutien de la première heure de Minus Ier, qui a eu un rôle déterminant du début à la fin de sa campagne est un naze de chez naze, et il devrait rentrer dans son EPHAD, ou il se paye allègrement la fiole des parlementaires et du peuple français en prétendant ignorer qui est le voyou favori qui marque Minus à la culotte depuis le début de ladite campagne.

Si je ne me trompe, dans le second cas, ça s'appelle du parjure. Et il devrait rentrer dans son EPHAD après la case tribunal.

Bref les Branquignols ne sont pas que sur les bancs parlementaire de La République en Baffes ; ils dirigent aussi le ministère de l'Intérieur.

dimanche 22 juillet 2018

Caligula à l'Elysée

"Son goût pour tous ceux qui lui avaient plu allait jusqu'à la folie. Il embrassait en plein spectacle le pantomime Mnester ; et si, pendant que cet histrion dansait, quelqu'un faisait le moindre bruit, il se faisait amener le perturbateur, et le flagellait de sa main. (...) Il donna, un jour, au cocher Eutychus, comme présent de table, après une débauche, deux millions de sesterces. Il aimait tant un cheval nommé Incitatus, que, la veille des courses du Cirque, il envoyait des soldats commander le silence dans tout le voisinage, afin que le repos de cette bête ne fût point troublé. Il lui fit faire une écurie de marbre, une auge d'ivoire, des couvertures de pourpre, des colliers de perle : il lui donna une maison complète, des esclaves, des meubles, enfin tout ce qu'il fallait pour que ceux qu'on invitait, en son nom, à venir manger chez lui, fussent traités magnifiquement. On dit même qu'il lui destinait le consulat." (Suétone, Vie des Douze Césars, Caligula, LV)

Alors, où est le problème ?!

En vérité, l'avalanche de révélations que nous subissons peut nous interroger : qui a été élu président, Caligula ou Ubu ?

Tabassage de citoyens par un nervi de 26 ans promu pour on ne sait quelle raison par Ubu ou Caligula, usurpation de fonction et d'insignes pour tabasser plus tranquillement, port d'armes contre l'avis du ministère de l'Intérieur, logement de fonction attribué après la prétendue sanction "la plus dure", au Quai Branly où ne sont en principe logés que des responsables de très haut niveau, passage d'une réserve à l'autre du grande de sergent à celui de lieutenant-colonel affecté au cabinet du directeur général de la gendarmerie, puis radiation pour être recruté par la gendarmerie comme expert (mais de quoi ? de tabassage de citoyens ???), attribution à un gros bras d'une habilitation à entrer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale (niveau supérieur de l'habilitation réservé, de l'aveu même du président de l'Assemblée, à une demi-douzaine de collaborateurs du président de la République, mais pourquoi au juste ? aller secouer des députés récalcitrants jusque dans les chiottes du Palais Bourbon ?), voiture de police dernier cri dont les plus hauts responsables policiers ne sont pas tous dotés (les policiers de terrain, qui travaillent avec des bouts de ficelle et des moyens vétustes, dans des commissariats délabrés apprécieront) alors que le type n'est ni policier, ni assermenté, n'au aucune compétence reconnue par aucun diplôme et que l'Elysée le poussait même à candidater au tour extérieur pour être sous-préfet... sans avoir ni l'âge minimum ni les titres requis, attitude méprisante envers les policiers et gendarmes sur lesquels il s'arroge une autorité que rien de lui confère, et l'on apprend désormais qu'il avait toute licence pour réorganiser la sécurité présidentielle à sa main, aux dépens des professionnels et des hiérarchies régulières...

On nous annoncerait demain que le nervi de 26 ans était pressenti pour remplacer le directeur général de la DGSE, qu'il allait être promu général en chef de la Garde républicaine et commandant des Pompiers de Paris qu'on ne s'en étonnerait pas plus que ça !

Tout cela est époustouflant, ahurissant et évidemment inconcevable dans un Etat de droit. Dans n'importe quelle démocratie, le ministre de l'Intérieur, sinon le Gouvernement tout entier, le directeur de cabinet du président de la république, le secrétaire général de l'Elysée et le préfet de police - au moins ! - auraient démissionné.

Dans cette affaire de cornecul, personne ne relève cependant ce qui me semble être pourtant la plus grosse (et la plus signifiante) peut-être des innombrables bizarreries : dans ce genre de situation, à ce niveau de l'Etat, un collaborateur qui plombe son chef, on lui demande sa démission et on l'obtient en quelques minutes, au pire en quelques heures.

De surcroît s'il ne s'agit que d'un "gros bras".

Un poste de ce genre ne tient que de la confiance de qui vous y a nommé.

La procédure de licenciement, dans ce genre de circonstance est, sauf erreur de ma part, une première absolue.

Elle signifie donc que le type a refusé de démissionner. Comment est-ce diable possible ?

A moins que celui qui refuse ait cru avoir de quoi tordre le bras au bout duquel est la main qui l'a élevé et nourri.

Quant à la leçon de cette affaire - pour l'instant ! - c'est que la Ve République, comme je l'ai expliqué maintes fois ici, est bien un régime parlementaire... quand les députés choisissent de jouer leur rôle au lieu de subir.

En 48h00 l'Exécutif, le président de l'Assemblée, la majorité composée de larbins aux ordres qui ont fait preuve comme jamais de leur inexistence, ont été obligés de concéder une commission d'enquête, la publicité des débats de celle-ci et finalement la suspension des débats sur la scélérate réforme constitutionnelle, dont on peut espérer désormais que les sénateurs auront l'estomac de la faire capoter définitivement comme ils en ont le pouvoir.

Comme je l'avais annoncé ici et ailleurs dès les lendemains de l'élection législative, la majorité d'ectoplasmes et de branquignols s'est évanouie au premier coup de pétoire ; pire, le maître des horloges, Jupin en personne est terré dans son château et la totalité des ministres est aux abonnés absents. Même Castaner, ministre des relations avec le Parlement et patron de la République en Baffes, plutôt qu'en Marche, et à ce titre employeur du nervi adjoint du nervi présidentiel, n'ose plus aventurer un doigt de pied dans l'hémicycle !

Mais qui sont donc ces gens, arrivés au pouvoir par effraction la seule grâce de circonstances exceptionnelles et de réseaux dont on aimerait bien, aujourd'hui, connaître la nature et la nationalité ?

Des réseaux qui, aujourd'hui, ont apparemment, au moins en partie, lâché le petit génie. Car que l'offensive soit partie du Monde et qu'elle ait été à ce point relayée par la presse de révérence et de service ne laisse guère de doute, à mon avis, sur le fait que "on" ait mis un certain nombre de journalistes - peu soucieux, à l'ordinaire, de chercher noise au pouvoir - sur un certain nombre de pistes.

Des réseaux de la haute fonction publique, fatiguée d'être méprisée, malmenée, violentée par un prince capricieux aspirant à l'autocratie et qui promeut en fonction de la seule faveur personnelle dont on voit, dans l'exemple qui nous occupe qu'elle est accordée sur des critères qui ne prennent en compte ni la compétence, ni la dignité, ni l'honneur ?

Ou/et réseaux étrangers ?

Visite ratée du petit génie à Washington, G7 explosif, sommet de l'OTAN qui ne le fut pas moins, déclaration de Trump rangeant l'UE parmi les ennemis des Etats-Unis qui en ont été historiquement les parrains et les patrons de cette UE, déclaration sur l'usage de la planche à billets qui a pour but de faire remonter le cours de l'euro (surévalué pour la plupart des pays européens, mais massivement sous-évalué pour l'Allemagne pour qui elle est un instrument de dumping massif devenu intolérable pour Washington) à des niveaux qui conduiront mécaniquement à son explosion, offensive de la CSU contre une Merkel à l'agonie, affaiblissement de May par les brexiteurs durs, sortie inopinée de cette affaire de nervi qui date de deux mois et demi et avalanche en un temps record de révélations s'enchaînant sans laisser le temps à l'Exécutif de reprendre haleine : il y a là une chronologie qui peut poser question.

Qu'on me comprenne bien : je ne dis pas qu'il s'agit d'un montage. Juste d'une mise en musique et tempo. Peut-être.

Les services d'intelligence et d'influence américains sont solidement implantés, en France comme ailleurs en Europe, depuis 1945. Ils ont leurs correspondants et leurs caisses de résonance dans les médias et chacun sait qu'à l'ambassade américaine, on écoute avec attention la plupart des choses qui se disent à l'Elysée voisin. Tout cela n'est bien sûr qu'une hypothèse, mais si le petit génie pouvait être un pion qu'on a aidé à accéder au pouvoir à un moment, il peut être aussi devenu une cible alors que les orientations fondamentales de ceux qui l'ont poussé ont changé. C'est le risque pour les marionnettes.

Et ce risque est plus grand encore lorsque la marionnette cultive à ce point la suffisance, le culte de soi, l'arrogance - l'hybris - de se faire piéger.