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dimanche 21 janvier 2018

La question macédonienne peut-elle faire tomber Tsipras ?

Comme les jeunes gens à la tête bien faite de "Le Vent de lève" viennent de partager la version corrigée et complétée après la manifestation d'Athènes, le 4 février, je remplace le "brouillon" que j'avais publié ici par le lien vers cet article désormais définitif.

mercredi 17 janvier 2018

Kali Chronia, Chronia polla !

Comme on dit "chez moi", à Nisyros, d'où je reviens d'un hiver qui avait des airs d'été cette année.

Je souhaite donc à mes lecteurs, ceux de mes livres et ceux de ce blog (et ces des deux !) une année meilleure que 2017, la meilleure possible, pleine d'espoirs réalisés, de bonheurs multiples et du moins possible de malheurs collectifs.

Mais je dois bien vous avouer que ce rituel, j'y crois de moins en moins, pris que nous sommes dans l'étau toujours plus resserré de la dictature euro-allemande et que les collaborateurs locaux, en Grèce comme ici, sont chargés de visser toujours davantage afin de détruire ce qui reste de démocratie et d'Etat social - c'est à dire ce qui a fait de l'Europe occidentale la zone dans laquelle l'homme, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, a vécu dans l'état de confort, d'égalité des chances, d'accès aux soins, de sécurité le plus élevé jamais atteint dans l'histoire de l'humanité.

Ainsi pendant que nous jouissions de la paix, de la sérénité de notre ermitage sur le volcan, la destruction systématique par l'euro et l'UE de ce pays et de ce peuple qui me sont si chers a continué bon train.

Et la "révision" opérée par la tutelle euro-germanique a une fois de plus accouché de 1531 pages de mesures législatives (énième sous-mémorandum) que, par la grâce du gouvernement de gauche dite radicale, le Parlement grec a été requis d'adopter.

Selon un rite, aussi régulier depuis 2010 que celui des voeux, les fondements même de la démocratie parlementaire ont été piétinés en Grèce par l'Euro-Allemagne, les députés ne pouvant ni prendre connaissance de ce qu'ils devaient voter, ni encore moins amender.

Rappelons que, lors de l'élection du début 2015, Syriza s'était solennellement engagé à mettre fin à cette pratique qui est la négation même de la démocratie parlementaire - et qu'il n'a cessé depuis l'été 2015 d'utiliser pour faire passer les mesures exigées par un étranger dont il s'est fait la docile courroie de transmission.

Malgré les manifestations jusqu'au seuil des locaux du Parlement où l'on a de nouveau senti les lacrymogènes, malgré une nouvelle grève générale, le Parlement a donc adopté, au terme d'une parodie de débat sans objet ni intérêt, le contenu des 1531 pages par 154 voix contre 141. Quant au TAIPED, l'organisme de l'Euro-Allemagne chargé de liquider le patrimoine national, il a décidé d'accélérer le rythme des mise sur le marché et des procédures des biens et sociétés nationales à liquider.

Il faut comprendre enfin, en ce début 2018, que nous ne vivons plus en démocratie parlementaire - et la Grèce encore moins que nous. Nous vivons, comme le dit souvent Panagiotis Grigoriou (, lisez le dernier papier de son blog et aidez-le si vous le pouvez : il en a besoin pour continuer à nous informer) en métadémocratie, c'est à dire dans une dictature de fait, euro-allemande, qui n'a conservé, pour faire illusion, que la coquille de la démocratie.

Je doute donc, de plus en plus et chaque jour davantage, qu'on puisse sortir de cette situation, si tant est que les peuples, hors le peuple britannique qui a la démocratie chevillée au corps et au coeur, aujourd'hui comme en 1940, veuillent en sortir et qu'ils ne se vautrent pas indéfiniment dans le confort de l'esclavage (s'en remettre à autrui de son destin est finalement une forme de confort), pacifiquement et fraternellement.

Notons enfin que les résistances de toute sorte se manifestent : les "radicaux" du groupe anarchiste Rubiconas ont envahi aujourd'hui le ministère des Finances, parvenant jusqu'au 6e étage, celui du bureau du ministre Tsakalotos, tandis que les militants de "den plirono" ( Je ne paye pas) ont envahi, malgré la garde policière, l'immeuble où se trouve l'étude du notaire Stefanos Vassilakis de la Banque du Pirée qui devait effectuer deux ventes aux enchères par voie électronique (que le gouvernement a récemment fait autoriser par le Parlement, les ventes publiques ne pouvant se tenir en raison des protestations populaires), lesquelles concernaient des biens d’une valeur inférieure à 300 000 euros - contrairement aux déclarations gouvernementales.

Voilà, il reste que notre séjour sur notre volcan fut, comme d'habitude pour moi, un ressourcement qui m'a permis de refaire le plein d'énergie (sinon d'optimisme ; je suis en réalité de plus en plus désabusé ET pessimiste) et de travailler avec acharnement à mon prochain roman. Avec vous, j'ai donc le plaisir de partager cette carte de voeu bricolée avec des images de là-bas.